Cartographie énergétique

jameschristensen

(cette image n’a rien à voir avec le sujet, c’est juste pour faire joli. L’auteur de cette merveille est James christensen, pour ceux qui veulent zieuter)

Je passe mon temps à déménager en ce moment, et me voici de retour en ville après quelques mois passés à la campagne.

J’avoue que j’appréhendais la chose. Les voitures, les gens, le bruit, la pollution, et surtout cette stagnation et cette sensation d’étouffement propre aux villes, là ou le béton empêche la terre de respirer et l’énergie de circuler. La sensation que toutes les pores de ta peau sont scellées par de la cire, l’impression d’être un poisson hors de l’eau.

Et j’ai été étonnée de voir que tout circulait super bien. Un je-ne-sais quoi d’aisé, de fluide, de vif , une mouvance , une sensation d’harmonie. C’est possible dans une ville? Et comment, pourquoi? Pourquoi ça circule?

Pour répondre à ces questions, je me suis baladée dans la ville. J’ai essayé de comprendre sa structure. Ses artères, ses organes, ses membres, sa peau, ses orifices. Je me suis arrêtée aux points névralgiques, pour ressentir l’énergie qui y circulait. Les rues sont les artères, les bâtiments les organes, les enceintes sont la peau, les portes les orifices , le fleuve est son poumon. A croire que toute structure qui veut se perpétuer dans le temps se doit de répondre aux mêmes lois universelles d’expansion et de transmission de l’énergie, ou que l’homme reproduit inconsciemment à l’extérieur le propre schéma de sa structure interne, parce qu’il sait qu’elle fonctionne.

Et c’est là que j’ai réfléchit à la notion de cartographie énergétique. Il en existe bien du corps (les points d’acupuncture, les chakras), il en existe bien du cosmos, pourquoi pas des villes?

Je repensais à un bouquin d’Annick de Souzenelle potassé il y a quelques mois. Des correspondances qui font sens, maintenant que je les rassemble en un tout cohérent.

Il existe deux monde: le monde physique, celui qu’on peut percevoir avec nos cinq sens, et le monde non-manifesté (ou monde du rêve chez les aborigène d’australie, monde Noir ou monde des Esprits chez les Tsaatan, monde de la réalité non manifestée chez les hindous, le Te Kore ou monde de toutes les potentialités chez les maoris). Les deux sont en lien permanent , chaque chose dans le monde physique est sensée avoir son équivalent dans l’autre monde. Les corps, les bâtiments, les plantes, les pays.

Le non-manifesté donne du sens au monde physique, et le monde physique donne du corps au non manifesté. C’est comme un système de vases communicants;  l’énergie passe en permanence par ces Axis mundis plus ou moins grands créés par le canal qui relie l’objet physique à sa réalité intangible. Et si ce lien n’existe plus, ou est brisé, ou bloqué, et que l’énergie ne circule plus entre les deux, chacun finit par dépérir dans son coin, et si celui-ci n’est pas réparé, il y a dissolution.

 

On peut recréer ces liens par la symbolique, par la musique, par la visualisation, par la couleur; par l’imagination qui fait le lien entre l’expérience des sens et le monde intangible.

“In the universe, there are things that are known, and things that are unknown, and in between, there are doors.”

William Blake

Le corps humain, la façon dont il se place dans l’espace, sa danse, son chant, tout est prétexte à servir de Porte vers ce deuxième monde. L’homme à la capacité de lier, et de créer ces portes, de faire passer toutes ces choses qui viennent de cet autre monde dans le monde tangible. Les animaux, les plantes, mêmes les pierres, sont reliées instinctivement à cette autre « eux » non manifesté; on les appelle Esprits, c’est avec eux que les chamans conversent. Mais si l’on perd de vue le Sens et l’harmonie, on ferme les portes, et on aboutit à des créations absurdes. L’homme est celui qui doit réapprendre à ouvrir toutes ces portes et à servir de relais.

C’est quelque chose qu’on sait tous, instinctivement. Les cartes énergétiques des villes en sont un bon exemple. En vertical, on peut percevoir des relais; des clochers qui servent de colonne, d’antenne qui fait passer l’énergie d’un monde à l’autre. On voit les murs, qui comme la peau se chargent de protéger chaque structure vivante des agressions extérieures, et les « sas » qui exercent un contrôle sur l’échange avec le monde du dehors. En horizontal; on peut voir les artères-routes qui font circuler les globules d’un organe à l’autre, les fleuves et points d’eaux qui apportent l’oxygène et qui se chargent d’évacuer l’énergie.

On peut également étendre le concept aux forêts; aux montagnes, à la mer. Rien n’est placé de manière chaotique, il y a toujours les pistes-artères créées par les animaux qui passent d’un point d’eau à un endroit ou la nourriture se concentre, il y a ces axis mundis portés par les arbres gigantesques, il y a la peau formée par le couvert des arbres et les branches-capillaires, et feuilles-alvéoles; on pourrait même se demander si la terre, et même l’espace qui nous entoure ne possède pas sa propre structure.

 

Mais d’abord, je vous laisse juste regarder ce qui se passe dans votre jardin.

 

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Art: Jérémy Bastian

 

 

 

 

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