Le chemin des oghams

FeigeFind

 

J’avais commencé à travailler avec les oghams il y a de ça un peu plus d’un an, à l’aide d’un jeu que j’avais gravé en argile. Etant donné que je voulais travailler avec les plantes, ça me semblait être un bon outils pour communiquer avec; j’ai donc commencé à me plonger dans les racines de ce langage ancien, originaire d’Irlande.

Je ne referai pas ici d’explications sur l’origine ni la signification des ogham, je pense que vous pouvez en trouver assez facilement sur internet, à la place, je vais plutôt vous exposer ma manière de travailler avec, ainsi que quelques expériences plutôt marrantes avec ces ladies de feuilles et de racines.

J’aime utiliser des oracles différents en fonction des dieux, divinités ou esprits avec lesquels je travaille; certains réagissent mieux, ou préfèrent certains oracles qui sont plus adaptés au contexte dans lequel ils évoluent, ainsi qu’à la nature de leurs énergies. Les runes par exemple, sont assez impersonnelles et plus « brutales » dans le sens ou elles m’évoquent des forces primaires hors de l’humain, telles que le feu, le vent, l’eau, la grêle…Bien sur, il y en a certaines qui sont liées à des concepts humains, mais il n’y a rien de personnel en elles dans le sens où l’on ne fait pas référence comme dans les jeux de tarots a des archétypes tels que le pape, l’empereur, l’amoureux…

Les oghams sont clairement plus végétaux, ils sont verticaux, je les utilise du coup par exemple pour cerner les blocages énergétiques: je les tire en ligne, de bas en haut, avec un ogham pour chaque chakra; et si certains oghams sont à l’envers, je vois où se trouve le blocage, et quelle est sa nature. Leur énergie est plus douce que celle des runes, elle enracine et s’étend vers le ciel en colonnes.

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Mais revenons à mes expériences avec les ogham. Les runes me boudaient un peu depuis que j’étais arrivée en Irlande, il m’a semblé donc de circonstance que de renouer avec mes oghams que je n’avais pas utilisés depuis trois plombes.

J’avais un mal de chien à m’ancrer. J’avais les plus grandes difficultés à me concentrer au travail. J’avais les nerfs à fleurs de peau, cette sensation désagréable d’être submergée d’informations, noyée dans un flux constant de bruits, de pensées, plus encore que des images où sons, j’avais l’impression qu’il s’agissait de parasites, embrouillant tes sens, ta communication, ton rapport au monde. Echos du parking d’en dessous, pubs qui popent partout sur tes fils d’actualité, présences et réflexions d’un faux monde né de quelques emballages, étiquettes, affiches publicitaires et  machines aux engrenages de plastique.

 

« Le rugissement de Londres, dit Louis, est tout autour de nous. Les motocycles, les voitures, les omnibus passent et repassent continuellement. Tous fusionnent en une seule roue formant un seul son. Tous les sons séparés — les roues, les cloches, les cris des ivrognes,  des commerçants– sont fondus en un seul son, d’un bleu acier, circulaire. Puis une sirène hurle.  Ce rivage se retire, les cheminées s’aplanissent, les bateaux sont près à prendre la mer.

« Percival est prêt à partir, dit Neville. Nous sommes assis ici, entourés, illuminés, colorés; toutes les choses — les mains, les rideaux, les couteaux et fourchettes, les autres gens qui dînent — s’entre-pénètrent. Nous sommes emmurés ici. »

Virginia Woolf, la vague

J’ai essayé le yoga, la méditation, les exercices de respiration. Rien à faire. Rien ne restait, si ce n’est l’impression fugace et fortement désagréable que quelque chose n’allait pas. Comme si j’avais dérivé du chemin que je devais prendre, ou qu’une infime bifurcation m’avais emmené sur un chemin qui n’était pas le mien.

Les nerfs tendus comme un arc et le cerveau en bouillie, en proie à une agitation dont je n’arrivais pas à me débarrasser, les crocs dehors et sens aux abois, je décidais finalement de me fier à mon instinct, de prendre mon sac, un truc chaud, un Kway, de l’eau et mes oghams et d’aller dormir dehors, à même le sol.

Il est 22h. J’enfourche mon vélo pour pédaler jusqu’à un coin tranquille que j’avais repéré.J’ai pour habitude de donner des noms à certains objets que j’aime bien, ma bicyclette s’appelle donc Seamus. Ça m’est venu comme ça en l’enfourchant pour la première fois. Ma première réaction ça a été « Quoi? Seamus? Mais c’est pas la blonde en armure de je sais plus quel jeu vidéo?  » Je googeul. Ah non, la blonde c’est Samus, pas Seamus. Seamus est un nom Irlandais apparemment (tiens donc, ça tombe bien) qui veut dire  » Celui qui porte le talon ». Plutôt de circonstance pour un vélo! Parfait, Seamus, adjugé vendu, partons donc à l’aventure.

La campagne irlandaise est sublime; le ciel s’enflamme, les oiseaux diurnes chuchotent et laissent leur place aux nocturnes; l’air est saturé d’odeurs de fleurs , de vert, de terre fraîche, comme s’il s’agissait de l’exhalation de la terre toute entière avant de s’endormir, ou qu’au contraire de sa forme nocturne s’éveillait. J’aime plus que tout ce moment entre chien et loup, la rencontre entre deux univers et le moment de tension qui en résulte, tout y est plus flou, comme si l’on se retrouvait à marcher sur deux chemins à la fois, ou regarder dans deux directions à la fois.

J’arrive dans le champs que j’avais repéré. J’avais fait une balade la semaine d’avant, je m’étais posée dans le champs, j’avais chanté pour l’esprit d’Irlande, pour les esprits du lieu. Ca m’avait fait un bien fou. J’avais tiré les oghams; qui me disaient qu’en gros « je n’y connaissais pas grand chose aux esprits d’ici ». Je suis en terrain inconnu, étrangère en terre de légende, où je me dois de m’intégrer, de communiquer, d’échanger.

Je m’enroule dans mes pulls, mon Kwai qui m’isole partiellement de l’humidité du sol, pose ma tête sur mon sac. Je demande aux esprits s’ils veulent bien me laisser pioncer ici. Oui. Ah,  chouette! Je pose un peu de pain pour eux sur le côté, et un peu d’eau de ma gourde, infusée avec de la menthe. Le sol est super froid, ça me glace les os. Et oui, c’est loin d’être la canicule ici, la nuit, la température passe en dessous des 10 degrés!

C’est vraiment froid. Je jette un coup d’oeil à mon bouquin Survie douce en pleine nature, de François Couplan ». Ah, il faut faire un matelas en plantes pour s’isoler du sol? Je prends mon couteau, je commence à couper les herbes toutes autour de moi.J’en entasse assez pour que ça soit confortable. Ah oui, c’est beaucoup mieux, mais j’ai fuckin’ froid aux jambes! Penser à la couverture de survie, la prochaine fois, pour s’isoler complètement de l’humidité et garder un minimum la chaleur. Je ferme les yeux et reste là, sentant la terre vivante sous moi. C’est très étrange comme sensation, tu as le cœur qui commence à battre fort, comme porté par une énergie gigantesque, comme si tes sens et ta propre énergie commençaient à se mettre au diapason avec cet immense cœur qui bat. Je commence à avoir peur de cette énergie gigantesque, j’ai soudain envie d’avoir quelqu’un là, à côté de moi, une présence chaude et rassurante.

Nos sens se sont étendus. Membranes, toiles de nerfs qui pendent blancs et mous, se sont gorgés et s’étendent puis flottent tout autour comme des filaments, rendant l’air tangible et captant tous les sons éloignés que nous n’entendions pas auparavant.

Virginia Woolf, La vague

Ton ego se rétracte et se dissout pour faire soudain face à l’immensité des forces dont tu es dépendant et que tu ne perçois pas au quotidien, protégé, ou plutôt coupé par les énergies humaines, par le béton, par ta maison, par la communauté. La communauté et ton chez toi te protège de cette énergie et puissance écrasante, mais lorsque la communauté s’enferme dans une forteresse et qu’elle s’y dissout, réduisant les rapports humains à de simples interactions numériques, il y a un vrai problème.

Personnellement, j’ai tendance à croire que les rapports humains et interactions sociales sont engendrés entre autre par le fait que seuls, nous serions écrasés par cette puissance de la Terre, de la nature. Nous ne sommes pas prêts, physiquement et mentalement, à supporter ça. S’associer, échanger, comme les cellules d’un organisme qui travaille en harmonie, est une condition indispensable à la survie.  En l’absence de forces opposées, les cellules retournent à leur individualité, stagnent et puis se décomposent.

Je n’ai pas tenu face à ces forces. Il faisait trop froid, je n’étais pas assez équipée. Vers 1h du mat, je me décide à retourner dormir chez moi. A la prochaine, Eireann. Cette expérience n’étais pas vaine, je me sens malgré tout plus calme que je ne l’ai été depuis longtemps. J’ai les mains qui chauffent, et le corps qui vibre, comme emporté par un courant puissant.

 

NorthernLights

Je poste un dernier petit extrait de La Vague de Virginia Woolf parce que j’arrête pas de retomber dessus et que ça me perturbe grandement (m’est avis que c’est un message de Loki qui tourne dans le coin , ce p’tit malin ne me lâchera jamais les basques, et quand il veut dire quelque chose il insiste jusqu’à ce que tu saisisses son message)

Je ne suis pas vulgaire; je ne suis pas snob. Si je m’ouvre à la pression de la société, je m’en sors souvent par des pirouettes linguistiques en introduisant quelque chose de difficile dans la conversation. Regardez donc mes petits jouets, tordus en moins d’une seconde, voyez comme ils aiment ça. Je ne suis pas quelqu’un qui entasse les possessions– Je laisserais très certainement  moins d’une valise de vêtements lorsque je mourrais — et je suis pratiquement indifférent à toutes les petites vanités de la vie qui causaient à Louis tellement de tortures. Mais j’ai sacrifié beaucoup. De part le fer qui coule dans mes veines, marbré d’argent et de boue quelconque, je ne peux pas serrer le point fermement comme le font ceux qui ne dépendent pas des stimulus. Je suis incapable de dénier quoi que ce soit, je suis incapable du moindre héroisme à la manière de Louis et Rhoda. Je n’arriverais jamais, même à l’oral, à construire la phrase parfaite. Mais j’aurais au moins contribué bien plus au moment qui passe que chacun d’entre vous. Je me dois d’aller explorer encore de nouvelles pièces, bien plus de pièces que n’importe qui présent . Mais parce qu’il y a quelque chose qui vient de l’extérieur, et non pas de l’intérieur, je serais oublié; lorsque ma voix sera silencieuse vous ne vous souviendrez plus de moi, car elle sera enregistrée comme l’écho d’une voix qui une fois transformait les fruits en phrases.

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Le charme des Neuf Herbes sacrées

Je vous ai fait la présentation des neufs herbes sacrées dans l’article précédent , et maintenant voici le moment que vous attendez tous…

*roulements de tambours*

Le chaaaaaaaaarme! (en vieil anglo-saxon puis en français , comme ça si vous êtes des puristes vous pourrez le réciter en anglo-saxon.) Désolée pour la trad un peu à la one again, vous pouvez trouver une version anglaise par ici.

Gemyne ðu, mucgwyrt, hwæt þu ameldodest,
hwæt þu renadest æt Regenmelde.
Una þu hattest, yldost wyrta.
ðu miht wið III and wið XXX,
þu miht wiþ attre and wið onflyge,
 
þu miht wiþ þam laþan ðe geond lond færð.

Rappelletoi, Armoise, ce que tu as fait savoir,
Ce que tu as arrangé à la Grande proclamation.
Tu étais alors appellée Una, la plus ancienne des herbes,
Tu as le pouvoir contre trois et contre trente,
Tu as le pouvoir contre le poison et contre l’infection,
Tu as le pouvoir contre le fou répugnant qui vagabonde à travers les terres.

Ond þu, wegbrade, wyrta modor,
eastan openo, innan mihtigu;
ofer ðe crætu curran, ofer ðe cwene reodan,
ofer ðe bryde bryodedon, ofer þe fearras fnærdon.
Eallum þu þon wiðstode and wiðstunedest;
swa ðu wiðstonde attre and onflyge
and þæm laðan þe geond lond fereð

Et toi, Plantain, mère des herbes,
Qui s’ouvre depuis l’Est, la grandeur incarnée,
Par-dessus toi les chariots craquent, par-dessus toi les reines chevauchent,
Par-dessus toi les mariées crièrent, par-dessus toi les bœufs renâclèrent.
Tu leur résistes tous, tu tiens bon contre leurs assauts.
Puisses-tu de la même façon résister au devant du poison et de l’infection
Et contre le fou répugnant qui vagabonde parmi les champs.

Stune hætte þeos wyrt, heo on stane geweox;
stond heo wið attre, stunað heo wærce.
Stiðe heo hatte, wiðstunað heo attre,
wreceð heo wraðan, weorpeð ut attor.
þis is seo wyrt seo wiþ wyrm gefeaht,
þeos mæg wið attre, heo mæg wið onflyge,
heo mæg wið ðam laþan ðe geond lond fereþ.
Fleoh þu nu, attorlaðe, seo læsse ða maran,
seo mare þa læssan, oððæt him beigra bot sy.

Stune est le nom de cette herbe, elle grandit sur une pierre,
Elle résiste au poison, elle se bat contre le poison
Elle se nomme Ortie, elle attaque le poison,
Elle rejette celui qui fait preuve d’hostilité, elle fait sortir le poison.
C’est l’herbe qui a combattu contre le serpent, elle a le pouvoir contre les infections,
Elle a le pouvoir contre le fou répugnant qui vagabonde le long des champs.
Fais donc s’envoler, Venom-loather (Vipérine?), les poisons les plus grands
Même si tu es un poison moindre, jusqu’à temps qu’il soit soigné des deux.

Gemyne þu, mægðe, hwæt þu ameldodest,
hwæt ðu geændadest æt Alorforda;
þæt næfre for gefloge feorh ne gesealde
syþðan him mon mægðan to mete gegyrede.

Rappelle-toi, Camomille, ce que tu es censée savoir,
Tout ce que tu as accompli à Aloford,
Jamais un homme ne devrait perdre sa vie à cause d’une infection
Après avoir eu de la Camomille comme aliment.

þis is seo wyrt ðe wergulu hatte;
ðas onsænde seolh ofer sæs hrygc
ondan attres oþres to bote.
ðas VIIII magon wið nygon attrum.

Il s’agit de l’herbe qui est appelée « Wergulu » (nb: il s’agit du cresson d’eau).
Un phoque l’a envoyée depuis l’étendue de la mer,
En guise de barrière contre le poison, d’aide pour autrui.
Elle se dresse contre la douleur, elle combat le poison,

 
Wyrm com snican, toslat he man;
ða genam Woden VIIII wuldortanas,
sloh ða þa næddran, þæt heo on VIIII tofleah.
þær geændade æppel and attor,
þæt heo næfre ne wolde on hus bugan.

Un ver vint en rampant, il ne tuait rien.
Puis Woden (nb: le nom germanique d’Odin) prit neuf brins de gloire,
Il frappa la vipère qui se scinda en neuf parties.
Là la Pomme accomplit ce qu’elle devait faire contre le poison
qu’ainsi Il [le grand serpent] ne puisse jamais entrer dans la maison.

odin

« Méhéhé, je vais te défoncer, petit bâtard de serpent » dit le grand Odin

Fille and finule, felamihtigu twa,
 
þa wyrte gesceop witig drihten,
halig on heofonum, þa he hongode;
sette and sænde on VII worulde
earmum and eadigum eallum to bote.
Stond heo wið wærce, stunað heo wið attre,
seo mæg wið III and wið XXX,
wið feondes hond and wið færbregde,
wið malscrunge manra wihta.

Cerfeuil et fenouil, duo de grande valeur,
Ils furent créés par le Grand sage,
Sacré au paradis alors qu’il se pendit:
Il  les plaça et les envoya dans les sept mondes,
Parmi les démunis et les fortunés, en guise d’aide pour tous.
Ils se dressent contre la douleur, ils se battent contre le poison,
Ils marchent tout aussi bien contre 3 et contre 30,
Contre la main du fou et contre les nobles intrigues
Contre les enchantements des viles créatures.

Nu magon þas VIIII wyrta wið nygon wuldorgeflogenum,
wið VIIII attrum and wið nygon onflygnum,
wið ðy readan attre, wið ðy runlan attre,
wið ðy hwitan attre, wið ðy wedenan attre,
wið ðy geolwan attre, wið ðy grenan attre,
wið ðy wonnan attre, wið ðy wedenan attre,
wið ðy brunan attre, wið ðy basewan attre,
wið wyrmgeblæd, wið wætergeblæd,
wið þorngeblæd, wið þystelgeblæd,
wið ysgeblæd, wið attorgeblæd,

Maintenant les neuf herbes ont le pouvoir contre neuf esprits mauvais,
Contre neuf poisons et contre neuf infections:
Contre le poison rouge, contre le poison fou,
contre le poison blanc, contre le poison bleu pâle,
contre le poison jaune, contre le poison vert,
Contre le poison noir, contre le poison bleu,
contre le poison brun, contre le poison écarlate,
contre les cloques de ver, contre les cloques d’eau,
contre les cloques de dards, contre les cloques d’épine,
contre les cloques de givre, contre les cloques de poison,

gif ænig attor cume eastan fleogan
oððe ænig norðan cume
oððe ænig westan ofer werðeode.
Crist stod ofer adle ængan cundes.

Si un seul poison vient en volant depuis l’Est,
Ou d’aucun venant du Nord, [ou d’aucun venant du Sud],
Ou d’aucun venant de l’Ouest jusqu’aux gens .
Le Christ se dresse contre les maladies de toute sorte

 
Ic ana wat ea rinnende
þær þa nygon nædran nean behealdað;
motan ealle weoda nu wyrtum aspringan,
sæs toslupan, eal sealt wæter,
ðonne ic þis attor of ðe geblawe.

Moi seul connais un courant bondissant
Et les neuf vipères s’éloignent de celui-ci.
Que toutes les herbes germent depuis leurs racines,
les mers se retirent, toute l’eau salée,
lorsque je souffle ce poison hors de toi.

Mugcwyrt, wegbrade þe eastan open sy, lombescyrse,
 
attorlaðan, mageðan, netelan, wudusuræppel, fille and finul,
ealde sapan. Gewyrc ða wyrta to duste, mængc wiþ þa
sapan and wiþ þæs æpples gor. 
 
Wyrc slypan of wætere and of axsan, genim finol, wyl on þære slyppan and beþe mid æggemongc, þonne he þa sealfe on do, ge ær ge æfter. 
 
Sing þæt galdor on ælcre þara wyrta, III ær he hy wyrce and on þone æppel ealswa; ond singe þon men in þone muð and in þa earan buta and on ða wunde þæt ilce gealdor, ær he þa sealfe on do.

L’armoise, le Plantain qui s’ouvrent depuis l’Est, le Cresson d’eau, la Vipérine, la Camomile, l’ortie, la pomme sauvage, le cerfeuil et le fenouil, du vieux savon;
Broyez ces herbes jusqu’à obtenir une poudre, mixez-les avec le savon et le jus de pomme.
Puis préparez une pâte avec de l’eau et des cendres, prenez le fenouil, mettez-le à bouillir avec la pâte et puis rincez-le avec un œuf battu , à la fois avant, et après avoir appliqué le baume.
Chantez ce charme trois fois au-dessus de chacune des herbes avant de  les préparer, faites la même chose avec la pomme. Puis chantez le même charme au-dessus de la bouche de l’homme que vous voulez soigner, dans chacune de ses oreilles, puis sur la blessure, juste avant d’appliquer le baume.

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*Gloups* Elle est dégueu ta soupe Jean-Jacques!

Les neufs herbes sacrées

Je vous avais parlé précédemment du fameux Charme des Neuf Herbes, qui mentionnait neuf plantes sacrées.

Ce texte provient d’un manuscrit anglo-saxon dantant du Xème siècle après JC (pas Jacques Chirac hein, on parle bien du barbu qui multipliait les pains là), nommé le Lacnunga, et nous indique, assez précisémment d’ailleurs, comment utiliser les 9 herbes sacrées pour soigner toutes sortes de maux.

Il est assez difficile de savoir dans quelle mesure ces herbes étaient utilisées à l’époque Viking étant donné que le texte en question date d’une époque postérieure, où la religion chrétienne était déja passée avec son bon gros rouleau compresseur. Tout ce qu’on sait, c’est qu’il y est fait mention d’Odin (Wotan) qui « coupe » un « ver » (le dragon/serpent, symbole de mal et de maladie dans les textes chrétiens) en neufs maux, pour que ceux-ci puissent être soignés par les Neuf Herbes.

Vu que vous mourrez tous d’entendre ce que sont ces Neuf Herbes sacrées, les voici. On est pas encore tout à fait sûr de l’équivalent de certains des noms anglo-saxons de ces plantes, je vous donnerai du coup les associations les plus probables.

1) Mucgwyrt : l’Armoise (Artemisia vulgaris), aussi plante d’Artémis qui aurait, selon la légende, enseigné au centaure Chiron leurs vertus médicinales pour qu’il en fasse des médicaments. Les armoises étaient majoritairement des plantes qui assistaient les femmes dans leur vie intime (qui pouvaient même provoquer un avortement), on les utilisais aussi selon Pline et Dioscorides pour soigner l’épilepsie ou les calculs rénaux.

On l’appellait aussi « herbe de feu », car elle était brûlée sur les autels, elle est un très bon purificateur avant un rituel. Lorsqu’on la porte sur soi, il est dit qu’elle protège des enchantements et du mauvais oeil, et des dangers qui guettent le voyageur.

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2) Wegbrade : Le Plantain, le truc que vous retrouvez partout dans votre jardin sans trop savoir à quoi ça sert:

Il fait partie des plantes du jardin d’Hécate, mais était aussi consacré à Ares/Mars. D’après Dioscorides, il fallait cueillir le plantain après le coucher du soleil, en lune descendante et de la main gauche pour qu’elle aie le maximum d’efficacité (tout comme la Verveine) Favorise la guérison, soulage les piqûres d’insecte, désinfecte et cicatrise; même Hildegarde de Bingen vantait ses bienfaits.  La plante portée en amulette soulagerait des maux de tête (elle est liée au signe du Bélier)

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3) Stiðe : l’Ortie (Urtica Urens)

On ne compte plus les vertus de l’ortie aujourd’hui, très riche en minéraux, acides aminés et vitamines (en particulier en fer, c’est parfait pour nous les filles! Ca a une texture un peu dégueu mais en soupe ou dans des pains comme le pain à l’ortie et au fenouil d’Hildegarde, c’est super bon. ) Elle est reminéralisante, hémostatique, dépurative, galactogène, diurétique…plein de noms à coucher dehors pour dire que si vous avez des bons gants et pas peur d’écumer la campagne, tous ses bienfaits seront votre!

Si vous avez de l’asthme, vous pouvez les mixez avec du miel et de l’eau, mais attention à avoir un trèèès bon mixer si vous ne voulez pas vous retrouver avec le palais qui pique. Lorsque vous les cuisez, plus de problème, toutes les substances qui causent les irritations sont dégradées; vous pouvez les ruminer sans craindre de retours de dard.

Portées sur vous séchées, les orties sont sensées renvoyer les sorts à l’émetteur, elles gardent les esprits à distance lorsque disposées tout autour de la maison.

On peut l’utiliser dans un bain purifiant, ou les brûler.

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Attorlaðe , ou Venom-Loather: on est pas certain de l’herbe à laquelle ce terme fait référence, ça pourrait être la Vipérine ( Echium vulgare ), des plantes de la famille des Solanacées comme la Belladone, ou encore de la Bétoine.

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Deux types de vipérine : On peut la consommer en thé contre la fièvre, c’est un diurétic et expectorant, fonctionne aussi contre les inflammations. Selon Dioscoride, quiconque porte de la vipérine sur lui se prémuniera des morsures de serpents (on croyait que la forme de la fleur, qui ressemblait à un machoire ouverte de serpent, les repoussait grâce à son aspect; ce lien forme/utilité était assez courant en magie )

5 : Mægðe : la Camomille (Chamaemelum nobile ): c’est une herbe qu’on peut utiliser sans trop de contre-indications: on la connait surtout pour ses vertus calmantes , mais elle est aussi antifongique, antispasmodique, anti-inflammatoire. Elle est très bonne pour tous les problèmes d’estomac, qu’il s’agisse de brûlures (Hildegarde de Bingen conseillait de la bouillie de camomille pour les problèmes de digestion), problèmes de gaz, ou autres.

En externe, on peut l’utiliser sur les yeux fatigués (gardez les sachets d’infusion à la camomille, mettez les au frigo et après sur les paupières, c’est super pour dégonfler les yeux de patate du matin!) Ca marche aussi sur les brûlures légères, et les irritations anales et génitales (vous le savez maintenant!)

En magie, elle est associée au soleil, aux dieux Baldr, Ra, Cernunnos, Lugh…du moment que ça brille et que c’est jaune c’est bueno. Vous pouvez mettre des feuilles tout autour de votre maison pour lever des sorts qui se seraient égarés là, ou l’utiliser en infusion et en asperger les fenêtres pour éviter aux entités de venir vous embêter chez vous alors que vous avez besoin d’intimité, merde.

En bref, la camomille est un excellent relaxant, et c’est parfait si vous avez des mioches un peu trop agités. (TIENS! DORS! *attaque marteau camomille* )

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-6  : L’ æppel : la pomme (sauvage)

Je vous passe sous silence (ah bin non, finalement) les multiples qualités de la pomme. Comme dirait l’adage « une pomme par jour garde le docteur à l’écart!’ Les pommes sont des excellentes coupe faim, rafraichissantes, elles aident à baisser le taux de cholestérol dans le sang, aident à la digestion .

Au niveau mythologique alors là c’est la Panacée, entre les pommes d’or de l’immortalité gardées par la déesse nordique Idunn, la pomme interdite croquée par cette grande fenouille d’Eve, la pomme de Blanche Neige (sisi c’est mythologique!) , on a de quoi faire! Elles font de très bonnes offrandes à Idunn, Freyja, Eris, Pomona; on peut les utiliser coupée dans leur largeur pour les rituel de récolte (ça fait une étoile à 5 branches yeah) , ou verser du cidre sur le sol avant de planter quelque chose en offrande.

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7 : le Wergulu : Cresson de fontaine (Nasturtium officinale)

Alors lui, il est bourré en Fer, en Calcium et en Vitamine C; et il n’est pas en reste pour toutes les autres vitamines et minéraux présents en quantité non négligeable chez ceux de son engeance. Je ne vous conseillerais pas de manger du cresson sauvage parce qu’il peut abriter la douve du foie, un parasite pas cool du tout; même si la chance est négligeable, mieux vaut ne pas tenter. Les romains et les Grecs en faisaient déja une grosse consommation, Diosorides en vantait les propriétés aphrodisiaques (il a fumé je pense), on le présente aussi comme contre poison à la nicotine. Attention à ne pas en abuser, c’est purgatif!

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8 : Fille :Cerfeuil musqué (Myrrhis odorata ), ou thym. Il y a eu la aussi pas mal de débats quand à savoir de quelle plante il s’agissait, mais il est plus probable qu’il s’agisse du cerfeuil musqué (le même qui ressemble à la ciguë!. Evitez de cuisiner ce que vous pensez ressembler à du cerfeuil, déja en général on mange la racine, ensuite il a pas mal de cousin toxiques)
Avec le fenouil, il est dit que ce sont les deux herbes qui sont nées d’Odin lorsque celui-ci se pendit durant 9 jours et 9 nuits pour découvrir le secret des runes. Je n’ai pas trop d’autres informations au niveau magique et mythologique sur le cerfeuil, si quelqu’un a je prends!
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9 (et dernière! ouf) Le Fenouil  ( Foeniculum vulgare )
L’autre plante née des tendances maso d’Odin, donc. C’est une plante qui peut ressembler (avec beaucoup d’imagination, z’ont encore fumé) à un gros phallus ; on peut la lier aussi à Dyonisos. Elle possède pas mal de propriétés médicinales: carmitative (contre les prout), galactogène ( aide à fabriquer du lait chez les femmes enceintes), diurétique (pour faire pipi), emménagogue ( stimule l’afflux sanguin dans les régions sexuelles , bah voila on y vient au pénis) , expectorant, antispasmodique.
Elle est super pour tous les problèmes d’estomac, tout comme les graines  d’anis (d’ailleurs, si vous avez la gerbe, buvez un petit verre de pastis ça marche très bien, mais attention que ça ne devienne pas une habitude hein) , et elle était utilisée en magie blanche et magie rouge , grâce à ses propriétés aphrodisiaques.
Pour les autres propriétés magiques, j’ai pas trouvé grand chose, il y a pas mal de bullshit aussi ( « it is also widely believed to be a Protective Herb with the specific power to Ward Off Troublesome and Meddling Individuals, especially those who work for the Police, Immigration Services, Tax Department, and other Government Agencies. « …allez les mecs, on sait bien que tout ça c’est juste pour faire vendre à ceux qui ont des problèmes avec le FBI , qui s’appellent Edward Snowden ou qui ont pas envie de payer leurs impôts)
fenouil, aneth doux
Pour le charme des neufs Herbes sacrées en lui même, je vous le mettrais dans un prochain article, ça fait trop long là.
Enjoy and keep smiling, witches and wizards!
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De l’essence de la Magie

La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles;
L’homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l’observent avec des regards familiers.

Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent. […]

Baudelaire, Correspondances

robert fludd

Robert Fludd

J’ai un peu de temps pour moi en ce moment, du coup je jardine, je lis, je glande au soleil, je prends du temps pour cuisiner et tester des trucs avec des orties , de l’ail des ours et de la ciboulette sauvage. Et entre les deux, je réfléchis. A un peu de tout et n’importe quoi , aux gens, à ma relation avec le monde, à ma perception . Un ami me disait que chacun était enfermé dans sa propre bulle de perception du monde, armé chacun de sa propre perception dépendante des 5 sens, qui sont, comme disait Blake, «  the chief inlets of Soul in this age »  (les canaux de l’âme dans cet âge-ci) . « C’est un peu comme si chacun jouait en réseau sur son propre PC et ne percevait le monde qu’à travers l’écran » qu’il me disait.

A partir de ce précepte là, comment pourrait on tirer des conclusions généralistes sur le fonctionnement du monde, ou ce que sur ce que doit être un homme et sa vision du monde? Et si nous partons sur ce principe là, n’y a-t-il pas du coup un danger réel de se dire « j’men fous, c’est ma vision, je reste là dedans et allez tous vous faire mettre », et du coup, de ne plus laisser la place à la moindre évolution? Comment pourrions nous dans ce cas interréagir avec autrui , échanger des informations, si notre vision est totalement différente des autres? (j’ai écris en premier lieu « Dieux » à la place « d’autres », c’est ce qui s’appelle un lapsus bien placé)

Pour moi , la réponse vient dans les signes. J’ai déjà abordé la questions des signes dans un article précédent ; ces signes sont à mon avis notre moyen de communiquer avec les gens, avec le monde, avec les dieux, avec les esprits. Nos problèmes de communications viennent souvent d’un problème de référents: si nous n’avons pas le même langage, les mêmes codes, la même culture, ou si nous ne sommes pas par exemple fichus de la même manière que la chose avec laquelle nous voulons communiquer, il nous sera plus difficile d’échanger. Moins nous possédons de choses en commun, moins nous pouvons nous transmettre des informations. Il nous faut alors trouver d’autres biais.

Le problème aujourd’hui , c’est que nous comptons uniquement sur le langage pour communiquer avec autrui, alors qu’il suffirait de faire fonctionner d’autres langages: le langage des signes (au sens plus large que le langage des signes utilisé par les sourds muets) , le langage du corps, le langage des formes, le langage des couleurs, le langage des sons…. Tout fonctionne pour moi par connections, interprétations, correspondances: c’est la qu’apparaît l’utilité du signe et du symbole dans tout ça. Selon Eduardo Kohn, la différence entre signe et symbole est de l’ordre de la sémiotique (l’étude du sens) : un signe, est d’après Peirce , quelque chose qui va faire une référence directe vers à un objet, à un concept, à une chose, n’importe laquelle. Ca peut être n’importe quoi, du moment que la chose désignée entre dans un processus sémiotique, c’est à dire qu’elle fait sens aux yeux de celui qui la perçoit. Un symbole, lui, est plus de l’ordre du code: c’est un signe qui réfère à quelque chose de plus global, en vertus de « lois » communes , de référents communs à ceux qui doivent l’interpréter: par exemple , les mots sont des symboles: le mot maison n’est pas une maison en lui même, mais il réfère au concept de maison tel que nous nous le représentons; par tous ceux qui partagent la connaissance de la langue française.

Pour moi, toute magie est fondée sur ces correspondances ; correspondances entre le pouvoir d’un objet et ce qui le représente, pouvoir du nom sur ce qu’il représente, pouvoir de la forme sur ce qu’elle fait naître ou contrôle comme forme d’énergie.

En conséquence, le tout de la magie réside dans la foi que nous professons en ces pouvoirs de l’homme, et, plus concrètement, dans le choix, la valeur symbolique et comme irrésistible du rite: ainsi, partout, on mettra en relief la puissance du Nom et de la Parole, la science du geste et de l’image. De là vient que les circonstances qui entourent le rite magique sont d’une importance capitale, circonstances de temps (minuit, sostice d’hiver ou d’été, « nuit des mères » ect), de lieux (les « hauts lieux », les tertres funéraires, les cimetières), d’outillage (le chaudron, le tambour, la baguette) et de matériaux (ossements, ongles, cheveux, métaux..)

Regis Boyer, le monde du double

J’avais lu un truc marrant dans un bouquin de fantasy qui m’avait fait bien rire, parce que ça correspondait bien au shmilblick « la loi de la connection, la loi de la similarité »: plus les connections sont nombreuses, plus le transfert de pouvoir se fait bien, plus l’objet représentatif est similaire à celui qu’il représente, plus celui-ci est efficace; d’ou l’utilisation, par exemple, de cheveux, d’ongles ou autres parties de la personne visée dans les rites vaudous où l’on se sert d’une poupée comme de symbole de la personne que l’on vise. Les mots sont également puissants; et c’est pour moi une des raisons principales de l’utilisation des kennings (un genre de figure de style utilisée en poésie scaldique qui fait figure de métaphore) : en faisant des connections entre la force que l’on veut manipuler et d’autres forces possédant des caractéristiques similaires (ex: le bateau était le « cheval de la mer ») , on en renforce le pouvoir.

On distinguait en gros trois types de « magies » dans les croyances scandinaves:

-le Sejdhr, lié surtout à Freyja qui, dit-on, l’a enseigné à Odin , qui est une forme de chamanisme, ou le praticien entre en transe, et communique de par ce biais avec les esprits, ou dieux; il peut effectuer des sorties hors du corps, ou se faire posséder (« chevaucher ») par les esprits appelés. La transe était provoquée à l’aide de chants , d’incantations, et de danses ou de tambours effectuées par des personnes entraînées et désignées. L’une des descriptions de Sejdhr les plus marquantes vient de la Saga d’Eirikr le rouge : la prophétesse s’installait sur un coussin rempli de plumes de poules sur une chaise haute (le sejdhr était pratiqué majoritairement par les femmes, car il était dit que ça rendait Ergi, autrement dit « tapette » ou effeminé, ce qui était une très grosse insulte à l’époque ou un homme, ça se devait d’être bourré de testostérone jusqu’à déborder de barbe de par les narines. ) Elle portait un manteau bleu a fermoir orné de pierreries, un collier de perles de verre, un capuchon en peau d’agneau noir sur la tête doublé d’une peau de chat blanc a l’intérieur, et tenait à la main un bâton terminé par un pommeau, et orné de laiton . Certains reconstructivistes néo paiens pensent qu’il s’agirait d’un baton qui lui permetterais de voyager dans les différents mondes d’Yggdrasil, en suivant les encoches du bâton. Elle portait également une ceinture en amadou avec une peau qui lui servait à stocker des objets divers et variés, des gants en fourrure de chat à long poil, des chaussures en peau de veau.

Lorsqu’elle fut installée, on lui servit des mets, puis les femmes firent un cercle autour de l’échafaudage (chez certains rites amazoniens, on forme aussi des cercles autour du chaman, et chaque homme du cercle joue d’une longue flute durant le rituel, ce qui sert de protection). Une femme déclâma un poème, puis la prophétesse fut en mesure de livrer les informations collectées auprès des esprits.

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Disablot, par Malmström

-le Blot  , ou sacrifice : on sacrifie quelque chose de vivant, dans l’idée de donner la force de vie à l’esprit qu’on invoque, ou d’utiliser cette énergie dans un but donné; c’est quelque chose qui a été beaucoup pratiqué chez les cultures méso-américaines, ou le sang représentait « l’eau de la vie » et faisait figure d’une des plus hautes offrandes; on retrouve cette idée de sacrifice chez les Orishas à Cuba, mais également dans l’hindouisme, ou par exemple la déesse Kali était reconnue aimer le sang.Il y avait par exemple le haustblot (sacrifice d’automne), le sumarblot (sacrifice d’été),le Disablot (le sacrifice aux Dises, ces esprits qui protègent la lignée familiale), le Freysblot (sacrifice a Freyr). Lors du Freysblot par exemple, on lui sacrifiait un cheval, on récupérait son sang qui sert d’offrande, et pour ne pas faire de gachis et parce que le cheval était un sacrifice de très grande valeur, on préparait puis consommait la viande lors d’un banquet.

Pour Odin, on prenait l’habitude de lui sacrifier soit des animaux, soit des humains, par pendaison , comme il se doit avec son passif de masochiste (pour le rappel: Odin s’est pendu durant 9 jours à Yggdrasil pour apprendre le secret des runes) Après ce sacrifice, on consultait les augures, en jetant par exemple des fragments de branches (hêtre ou (tchêne) sur un linge blanc, et en essayant d’en déchiffrer les formes et les signes, ou en servant de buchettes (trois buchettes jetées qui avaient chacune un côté noir, un côté blanc. Tiens donc on dirait du Yi King). Et puis venait finalement le temps du banquet sacrificiel , ou l’on mange l’animal sacrifié, et surtout où l’on boit des coups (bière, hydromel) aux gens, dieux ou esprits que l’on a envie de remercier: on consacre la corne a boire, puis on la fait circuler parmis les convives.

le Nidh, qui est utilisé dans la plupart des textes comme une malédiction. On distingue deux types de Nidh: le trénidh exécuté a l’aide d’un bâton de bois (souvent en noisetier), parfois d’une tête de cheval, et le tungunidh qui utilise la langue comme support principal.Les Nidh s’accompagnent la plupart du temps de formulations poétiques (les nidhvisur) , qui sont tout autant de moyens de se servir de l’énergie. Par le Nidh, on invoquait les esprits du lieu (landvaettir), les Ases, les Vanes , les godh, bönd et rögn . Pour le trenidh par exemple, il existe un exemple dans la Saga d’Efill fils de Grimr le chauve  : Egill, le héros, fut chassé d’Angleterre par le roi Eirikr. Il décide de remonter sur l’île, puis pris une tête de cheval, l’empala sur un poteau de noisetier, puis récita la formule suivante:

« J’érige ici un poteau d’infamie et je tourne le nidh contre le roi Eirikr et la reine Gnnhildr – il tourna la tête vers le pays – , je tourne ce nidh contre les esprits tutélaires qui habitent ce pays, afin qu’ils s’égarent tous, que nul ne parvienne a s’y retrouver avant qu’ils n’aient expulsé du pays le roi Eirikr et la reine Gunnhildr. « 

Puis il enfonca le pieu dans une fente de rocher, tourna la tête vers l’intérieur du pays et grava des runes sur le poteau, puis il récita une autre formule avec ses compatriotes, et remonta enfin sur son bateau.

La plupart des Nidh cités dans les sagas nordiques sont souvent pas très sympa, mais m’est avis qu’on peut très bien utiliser ce genre de rite , en évitant d’empaler des têtes a tour de bras, pour des pratiques bénéfiques. Pour les esprits du lieux, pour protéger, ou défendre. le Mot prend ici toute son importance, ainsi que la façon dont on le récite, son rythme , et les métaphores et correspondances qu’il porte.

Pour finir parce que ça fait long comme article, ces trois rites ne sont qu’une porte d’entrée, j’imagine qu’il en existe autant de formes qu’il existe de magies; j’aimerais bien parler de ces spécificités dans des prochains articles, on verra si je ne m’égare pas encore en chemin!

Bonne soirée les loulous et faites pas trop de cauchemards de têtes de cheval tranchées ou de peaux de chat!

Le_cauchemar-J.H.Füssli

(mouahahahaha *rire sardonique*)

Sources: Le monde du Double de Régis Boyer, et How Forest think, d’Eduardo Kohn

La magie scandinave, par Regis Boyer

Je voulais vous poster ce petit texte tiré du Monde du Double, de Régis Boyer.

Il y fait une description de la magie que j’aime beaucoup, et que je voulais vous faire découvrir. Certaines choses vous paraitrons surement évidentes, mais ça fait toujours plaisir de se les remémorer!

Valknut Odin Hammars Stone Sweden

« En définitive, il n’est pas aussi difficile qu’il pourrait le paraître de justifier l’importance capitale de la magie chez les anciens scandinaves. C’est un univers où la notion d’ordre est fondamentale, conjuguée à un réalisme et un pragmatisme que dit encore, aujourd’hui, la civilisation de ces pays. Ce n’est pas un hasard si le splus anciens documents germaniques que nous possédons sont des textes de lois, d’ordinaire d’une surprenante minutie ; et si nous hésitons à juste titre à considére Loki comme le dieu du « mal » : responsable du désordre; fauteur de chaos serait certainement plus approprié, notre notion de « mal » n’ayant guère cours sous ces latitudes.

Or, le monde est en ordre, tel qu’il est, c’est à dire double, réel et surnaturel, matériel et spirituel, composé des vivants et des morts : j’aurais insisté autant que je l’aurai pu sur le non-sens de la dichotonie mort-vif dans le Nord. J’aurais constamment fait valoir l’imprécision des marges entre naturel et merveilleux, la constance du passage , son extrême facilité aussi, d’un règne a l’autre, les incessantes interférences : j’ai pu laisser, plusieurs fois, échapper le mot osmose.. Tout comme ce roi- lointain ancêtre de Saint Olafr qui lui doit son nom – qui devient alfe après sa mort et bénificie d’un culte en tant que tel, Olafr Geirstadhaàlfr (alfe des Geistradir) , il n’y a guère de départ catégorique entre les « dieux » et les hommes. […]Partout, ce ne sont que réincarnations, métamorphoses, dédoublements, abolitions des catégories spatiales ( hamfar) et temporelles (spà)

Voila pourquoi le domaine propre de la mort est si mal défini, d’une imprécision si redoutable. Le revenant, draugr, a une réalité physique tout a fait comparable a la notre : a l’inverse, on voit des vivants dresser un procès en bonne et due forme à un mort : c’est le duradomr dont le verdict revient, en somme, a obliger le trépassé à cesser d’interférer avec notre monde.

C’est que s’impose absolument la notion transcendante de Vie dont chaque vivant n’est qu’un vecteur : il est ouvertement conçu comme un lien dans une vaste chaîne  qui part des ancêtres dont il perpétue jusqu’au nom et qu’il élargit à toute la famille ou le clan, pour aboutir à la prospérité – chaîne qui n’est pas seulement d’ordre sanguin et affectif, mais légal et même philosophique puisqu’un être humain porte, ou bien un prénom qui allitère avec ceux de ses ancêtres, ou bien un prénom qui , traditionnellement , revient au premier né de chaque génération à l’intérieur d’un clan donné.

[…]

Ainsi le Réel reste nettement conçu comme une seule face d’un dyptique plus vaste: c’est bien ce que vérifie l’importance, dûment mise en relief ici, des sjonhverfingar (mirages), rêves de toute sortes, don de seconde vue, ect…La magie, ici, ne serait qu’extra lucidité ou nécessaire connaissance de l’autre face.[…]

Il y a un ordre du monde, une norme, un équilibre dont le maître mot est la paix. Inviolé se dit fridhheilagr : sacré parce qu’en paix. Pour se faire, il faut que chaque chose, chaque être soit a sa place : le thème de ces liens, que nous avons si souvent rencontré, ressortit, obscurément sans doute, à une conception de ce genre.

Et il me semble que c’est bien en fonction de cet ordre, de cette paix qu’existe, qu’intervient le rôle de la magie. Si elle est bénéfique, c’est en moyen de restaurer un ordre défaillant : tel est le rôle de la loi sacrée, qui ne soucie pas d’édicter un idéal, mais de restaurer l’état des choses tenu pour cohérent par un consensus général ; tel est le fondement de la notion de mannhelgi qui est la justification de la valeur d’un individu parce qu’il se tient a sa place, selon les prescriptions immémoriales. A l’inverse, si la magie est maléfique, c’est qu’elle cherche à détruire cet ordre: cela nous est dit dans la Saga de Njall le brûlé ; c’est un personnage détestable parce qu’il « abîme le tout ». Et enfin, si elle explore le temps, passé ou a venir, c’est pour s’informer de l’ordre idéal et de s’y conformer. […] C’est par là que s’établit la liaison intime entre magie et sacré: la magie est, en somme, célébration, restauration – ou a l’inverse, destruction – du vivant en soi. Son but est de rompre la paix, ou de restaurer la paix, prévoir la paix. Tous les rites que nous avons soit simplement relevés ou analysés avec quelque détail partent toujours de la conscience , claire ou diffuse, d’une norme.

Or ce type de mentalités, qui ne conçoit pas plus le statique qu’il ne se plait a la contemplation ou à la méditation, a, une bonne fois pour toutes, défini l’ordre, l’équilibre, non comme un énorme moment immobile, mais comme une perpétuelle tension, un effort agonistique, bref, un jeu de balance entre forces antagonistes.[…]

The_Ash_Yggdrasil_by_Friedrich_Wilhelm_Heine

Freidrich Wilhelm ,ash Yggdrasil

Nous avons fréquemment soulignés l’importance que prennent, dans cet univers, avant toute élaboration mythique ou théologique, les grandes forces naturelles: soleil, eau omniprésente, terre avec sa faune et sa flore, le tout ramassé autour de l’image superbe du grand arbre du monde, Yggdrasil, source de toute vie, de tout savoir et de toute destinée. Un symbolisme finalement simple, centré autour de quelques représentations animales facilement accessibles (l’ours, le loup, le cheval, le serpent) exprime cette colusion dont le dynamisme est le trait frappant : il reste la marque de cette décoration animalière que, des pierres runiques aux stackirker en passant par les bateaux et bijoux vikings, nous retrouvons partout.

Il n’est donc pas surprenant qu’il en aille de même dans le domaine que nous avons parcourut dans ce livre: énergie (kraftr), puissance (màttr, megin) sont au rendez vous de tous les rites et pratiques que nous avons abordés. Pour ne revenir que sur un point, nous avons noté combien la prière , à des fins magiques, est rare : elle est remplacée par le cri, le hurlement, à la limite -dans les strophes scaldiques- le mètre fortement scandé, sinon incanté. »

Coin BD : Vinland saga et La Valholl (le valhalla)

Bon vu que j’étais en plein dans les trucs happy et cool , la mort et autres joyeusetés, je me suis dite que c’était le bon moment pour vous mettre dans l’ambiance en vous postant ça. Ames sensibles s’abstenir, si vous espérez des lapins roses passez votre chemin (je vous aurais prévenu!y’a des morts vivant, du sang et des larmes! Et puis cet extrait est super long mais super cool, ne vous découragez surtout pas)

Je suis profondément pacifiste, quelle connerie la guerre comme dirait l’autre, et je trouve que ce genre de truc te font VRAIMENT réfléchir (et puis ça parle de la volonté de s’en sortir, du sentiment de culpabilité et du pardon, ça me touche). On est bien au chaud chez nous dans notre petit cocon en espérant que la violence continue gentiment à massacrer dans son coin sans faire d’éclaboussures sur le pas de notre porte, on est prêt à se mettre la tête dans le sable pour ne pas voir ce qui se passe chez le voisin.

Sauf que non, la violence, les massacres, ça nous concerne tous. On ne peut pas faire semblant, on est tous connectés. On porte tous le poids de tous ceux qui sont morts avant nous, qui nous ont permis d’être ce que nous sommes aujourd’hui, nous portons tous en nous le futur et la possibilité de le modeler de nos propres mains. Ca n’est pas qu’on se doive d’être abattus et de pleurer sur les tombes d’inconnus pendant tout notre temps libre, ni que ça nous enlève le droit de se faire plaisir en faisant des cakes ou mangeant du chocolat, seulement que parfois, on est obligé de passer par cette prise de conscience pour grandir, pour apprendre la compassion , nous donner envie d’agir et enfin nous secouer les puces pour que tout cela cesse .

(oui je suis super grandiloquente, j’aime rigoler aussi je vous assure mais desfois faut être sérieux et grandiloquent, avec trop de second degré les gens finissent par ne plus vous croire)

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(nb de moi: lui il est trop bien (pardon je vous laisse reprendre la lecture))

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Vinland saga, tome 10 (GROS SPOIIIIIIL pardon)

The Soul Map

Après des mois passés à laisser trainer la chose dans un coin, j’ai enfin eu le temps de la terminer durant des petites vacs bien méritées (profitez en après j’arrête l’orgie de posts, vous allez pouvoir souffler un peu)

L’idée avait germé après avoir lu l’article de la Cailleach (https://lacailleach.wordpress.com/2014/03/04/soul-map/ ) qui m’a elle même mené au site de Raven Kaldera  . Le principe, en gros, c’est que vous avez à votre disposition un outils qui va vous permettre d’y voir plus clair dans ce que vous êtes , dans ce que sont les autres, et voir ou ça bloque et ou concentrer vos efforts selon ce que vous avez en tête et ce à quoi vous êtes confrontés, ou juste pour faire un check général comme celui que vous faites quand vous allez voir votre médecin traitant, sauf que là, on scanne la partie non visible de l’iceberg.

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Si vous avez besoin d’avoir un peu plus de détails sur la méthodologie et la symbolique de la Soul Map, vous pouvez allez zieuter les deux liens que je viens de vous poster ; mais revenons  à nos moutons (noirs).

Les circonstances dans lesquelles j’ai fabriquée cette map sont un peu particulières; j’étais en repos forcé parce que j’avais eu un truc chelou aux yeux, un genre de réaction allergique aux lentilles (d’ailleurs ils m’ont bien fait flipper au taf « TU VA PERDRE TON OEIL T’sais j’ai un pote il a eu un problème avec ses lentilles, il a été à l’hopital, en fait c’était une amibe qui lui a bouffé la cornée, et depuis il est borgne! » welll merciii les gars je suis rassurée desuite) . Je n’avais pas mes lunettes, interdiction de remettre les lentilles, et évidemment  je n’y voyais pas a un mètre. Alors pour conduire c’était mort, pour taffer c’était mort, pour les balades je distinguais pas une vache d’un cheval , j’étais donc condamnée à rester tranquillement chez moi.

Heureusement, je voyais très bien de près. Ca a donc été une période ou j’ai fait une indigestion de bouquins, je me suis enfilée presque tous les Robin Hobbs et bouffé du dragon, du vif et de l’Art jusqu’à plus soif, et je me suis mise à broder cette soul Map que voici:

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Chaque cercle correspond à une « zone » de l’âme: le Hame (l’aura), le Litr (la couleur de l’aura, perso je lie ça aussi a la sexualité et au chakra sacré), le Lich (le corps physique), le Vili (la volonté), le Mod (les émotions), l’Ond (l’énergie vital, le Chi, le Ki…), Hyge (l’esprit) et Mynd (la mémoire) , les deux corbeaux d’Odin, Godhi ( le Soi de Carl Jung, ou le « haut moi ») , la Fylgja (guide, protecteur) et la Kingfylgja (relation aux ancêtres), la Maegen (la Volonté), la Hamingja (la « chance » ou cet espèce de « pouvoir social »), le Ve (le potentiel psychique), le Wod (capacité à entrer dans des états de conscience alternée) et enfin le Wyrd (concept nordique du destin) et l’Orlog (la capacité à influencer son destin)

J’ai changé le design des cercles à ma sauce , et je les ai brodé en fonction , puis je les ai relié par des lignes , afin de bien visualiser les rapports et les échanges entre chacune des parties (du coup ça me permet en même temps d’avoir un aperçu, lorsqu’il y a blocage, de ce sur quoi le blocage influence et des parties à travailler en fonction)

Pour le tirage en lui même,Raven Kaldera utilise des pierres de 5 sortes ; j’avais utilisé 5 sortes de boutons, vous pouvez utiliser aussi des pierres transparentes pour les aquarium de poissons.

Vous aurez à votre disposition un sac contenant:

18 pierres « normales » (bleu foncé pour R Kaldera, mais vous pouvez utiliser n’importe quoi ) : indique en gros un état..bin dans la norme quoi.

-5 pierres « faibles » (bleu clair) indiquent quelque chose qui fonctionne en dessous du niveau d’équilibre, et qui est donc à travailler ou renforcer

6 pierres « exceptionnelles« (noir irisé) indiquant des aptitudes ou des forces hors normes

6 pierres « blocage »(blanc). Pas besoin d’être un génie pour comprendre que ça indique…un blocage.

5 pierres de « Wyrd« (transparent): indique qu’un esprit, ou un dieu s’est mêlé du schmilblick, en bien ou en mal.

1 pierre de « manque » (noire) : indique l’absence de cette partie de la personne concernée.

Vous effectuez ensuite ce tirage en posant une pierre sur chaque cercle, et en vous réferrant ensuite au symbolisme de chaque partie (en anglais sur le site de Raven Kaldera).

Personnellement, j’aime bien utiliser les ogham plutot que les pierres , les runes ne marchaient pas forcément bien avec cet outils là, alors que les ogham ont un côté plus « racine » et une verticalité qui matchait bien avec le shéma de la soul map. Utiliser le système des pierres peut être utile pour un premier tirage même si j’avoue ne pas trop aimer ce système quantitatif (genre tu tombes sur une pierre « faible » ça veut dire que t’es un boulet alors que si tu tombes sur des pierres de Wyrd ou des pierres « exceptionnelles » tu te sens plus péter) , mais je préfère les ogham. Selon le sens sous lequel elles tombent (à l’endroit, à l’envers) on en déduis s’il y a blocage ou pas, et quelle peut être la nature du blocage.

Voila! enjoy et see ya soon!