Le charme des Neuf Herbes sacrées

Je vous ai fait la présentation des neufs herbes sacrées dans l’article précédent , et maintenant voici le moment que vous attendez tous…

*roulements de tambours*

Le chaaaaaaaaarme! (en vieil anglo-saxon puis en français , comme ça si vous êtes des puristes vous pourrez le réciter en anglo-saxon.) Désolée pour la trad un peu à la one again, vous pouvez trouver une version anglaise par ici.

Gemyne ðu, mucgwyrt, hwæt þu ameldodest,
hwæt þu renadest æt Regenmelde.
Una þu hattest, yldost wyrta.
ðu miht wið III and wið XXX,
þu miht wiþ attre and wið onflyge,
 
þu miht wiþ þam laþan ðe geond lond færð.

Rappelletoi, Armoise, ce que tu as fait savoir,
Ce que tu as arrangé à la Grande proclamation.
Tu étais alors appellée Una, la plus ancienne des herbes,
Tu as le pouvoir contre trois et contre trente,
Tu as le pouvoir contre le poison et contre l’infection,
Tu as le pouvoir contre le fou répugnant qui vagabonde à travers les terres.

Ond þu, wegbrade, wyrta modor,
eastan openo, innan mihtigu;
ofer ðe crætu curran, ofer ðe cwene reodan,
ofer ðe bryde bryodedon, ofer þe fearras fnærdon.
Eallum þu þon wiðstode and wiðstunedest;
swa ðu wiðstonde attre and onflyge
and þæm laðan þe geond lond fereð

Et toi, Plantain, mère des herbes,
Qui s’ouvre depuis l’Est, la grandeur incarnée,
Par-dessus toi les chariots craquent, par-dessus toi les reines chevauchent,
Par-dessus toi les mariées crièrent, par-dessus toi les bœufs renâclèrent.
Tu leur résistes tous, tu tiens bon contre leurs assauts.
Puisses-tu de la même façon résister au devant du poison et de l’infection
Et contre le fou répugnant qui vagabonde parmi les champs.

Stune hætte þeos wyrt, heo on stane geweox;
stond heo wið attre, stunað heo wærce.
Stiðe heo hatte, wiðstunað heo attre,
wreceð heo wraðan, weorpeð ut attor.
þis is seo wyrt seo wiþ wyrm gefeaht,
þeos mæg wið attre, heo mæg wið onflyge,
heo mæg wið ðam laþan ðe geond lond fereþ.
Fleoh þu nu, attorlaðe, seo læsse ða maran,
seo mare þa læssan, oððæt him beigra bot sy.

Stune est le nom de cette herbe, elle grandit sur une pierre,
Elle résiste au poison, elle se bat contre le poison
Elle se nomme Ortie, elle attaque le poison,
Elle rejette celui qui fait preuve d’hostilité, elle fait sortir le poison.
C’est l’herbe qui a combattu contre le serpent, elle a le pouvoir contre les infections,
Elle a le pouvoir contre le fou répugnant qui vagabonde le long des champs.
Fais donc s’envoler, Venom-loather (Vipérine?), les poisons les plus grands
Même si tu es un poison moindre, jusqu’à temps qu’il soit soigné des deux.

Gemyne þu, mægðe, hwæt þu ameldodest,
hwæt ðu geændadest æt Alorforda;
þæt næfre for gefloge feorh ne gesealde
syþðan him mon mægðan to mete gegyrede.

Rappelle-toi, Camomille, ce que tu es censée savoir,
Tout ce que tu as accompli à Aloford,
Jamais un homme ne devrait perdre sa vie à cause d’une infection
Après avoir eu de la Camomille comme aliment.

þis is seo wyrt ðe wergulu hatte;
ðas onsænde seolh ofer sæs hrygc
ondan attres oþres to bote.
ðas VIIII magon wið nygon attrum.

Il s’agit de l’herbe qui est appelée « Wergulu » (nb: il s’agit du cresson d’eau).
Un phoque l’a envoyée depuis l’étendue de la mer,
En guise de barrière contre le poison, d’aide pour autrui.
Elle se dresse contre la douleur, elle combat le poison,

 
Wyrm com snican, toslat he man;
ða genam Woden VIIII wuldortanas,
sloh ða þa næddran, þæt heo on VIIII tofleah.
þær geændade æppel and attor,
þæt heo næfre ne wolde on hus bugan.

Un ver vint en rampant, il ne tuait rien.
Puis Woden (nb: le nom germanique d’Odin) prit neuf brins de gloire,
Il frappa la vipère qui se scinda en neuf parties.
Là la Pomme accomplit ce qu’elle devait faire contre le poison
qu’ainsi Il [le grand serpent] ne puisse jamais entrer dans la maison.

odin

« Méhéhé, je vais te défoncer, petit bâtard de serpent » dit le grand Odin

Fille and finule, felamihtigu twa,
 
þa wyrte gesceop witig drihten,
halig on heofonum, þa he hongode;
sette and sænde on VII worulde
earmum and eadigum eallum to bote.
Stond heo wið wærce, stunað heo wið attre,
seo mæg wið III and wið XXX,
wið feondes hond and wið færbregde,
wið malscrunge manra wihta.

Cerfeuil et fenouil, duo de grande valeur,
Ils furent créés par le Grand sage,
Sacré au paradis alors qu’il se pendit:
Il  les plaça et les envoya dans les sept mondes,
Parmi les démunis et les fortunés, en guise d’aide pour tous.
Ils se dressent contre la douleur, ils se battent contre le poison,
Ils marchent tout aussi bien contre 3 et contre 30,
Contre la main du fou et contre les nobles intrigues
Contre les enchantements des viles créatures.

Nu magon þas VIIII wyrta wið nygon wuldorgeflogenum,
wið VIIII attrum and wið nygon onflygnum,
wið ðy readan attre, wið ðy runlan attre,
wið ðy hwitan attre, wið ðy wedenan attre,
wið ðy geolwan attre, wið ðy grenan attre,
wið ðy wonnan attre, wið ðy wedenan attre,
wið ðy brunan attre, wið ðy basewan attre,
wið wyrmgeblæd, wið wætergeblæd,
wið þorngeblæd, wið þystelgeblæd,
wið ysgeblæd, wið attorgeblæd,

Maintenant les neuf herbes ont le pouvoir contre neuf esprits mauvais,
Contre neuf poisons et contre neuf infections:
Contre le poison rouge, contre le poison fou,
contre le poison blanc, contre le poison bleu pâle,
contre le poison jaune, contre le poison vert,
Contre le poison noir, contre le poison bleu,
contre le poison brun, contre le poison écarlate,
contre les cloques de ver, contre les cloques d’eau,
contre les cloques de dards, contre les cloques d’épine,
contre les cloques de givre, contre les cloques de poison,

gif ænig attor cume eastan fleogan
oððe ænig norðan cume
oððe ænig westan ofer werðeode.
Crist stod ofer adle ængan cundes.

Si un seul poison vient en volant depuis l’Est,
Ou d’aucun venant du Nord, [ou d’aucun venant du Sud],
Ou d’aucun venant de l’Ouest jusqu’aux gens .
Le Christ se dresse contre les maladies de toute sorte

 
Ic ana wat ea rinnende
þær þa nygon nædran nean behealdað;
motan ealle weoda nu wyrtum aspringan,
sæs toslupan, eal sealt wæter,
ðonne ic þis attor of ðe geblawe.

Moi seul connais un courant bondissant
Et les neuf vipères s’éloignent de celui-ci.
Que toutes les herbes germent depuis leurs racines,
les mers se retirent, toute l’eau salée,
lorsque je souffle ce poison hors de toi.

Mugcwyrt, wegbrade þe eastan open sy, lombescyrse,
 
attorlaðan, mageðan, netelan, wudusuræppel, fille and finul,
ealde sapan. Gewyrc ða wyrta to duste, mængc wiþ þa
sapan and wiþ þæs æpples gor. 
 
Wyrc slypan of wætere and of axsan, genim finol, wyl on þære slyppan and beþe mid æggemongc, þonne he þa sealfe on do, ge ær ge æfter. 
 
Sing þæt galdor on ælcre þara wyrta, III ær he hy wyrce and on þone æppel ealswa; ond singe þon men in þone muð and in þa earan buta and on ða wunde þæt ilce gealdor, ær he þa sealfe on do.

L’armoise, le Plantain qui s’ouvrent depuis l’Est, le Cresson d’eau, la Vipérine, la Camomile, l’ortie, la pomme sauvage, le cerfeuil et le fenouil, du vieux savon;
Broyez ces herbes jusqu’à obtenir une poudre, mixez-les avec le savon et le jus de pomme.
Puis préparez une pâte avec de l’eau et des cendres, prenez le fenouil, mettez-le à bouillir avec la pâte et puis rincez-le avec un œuf battu , à la fois avant, et après avoir appliqué le baume.
Chantez ce charme trois fois au-dessus de chacune des herbes avant de  les préparer, faites la même chose avec la pomme. Puis chantez le même charme au-dessus de la bouche de l’homme que vous voulez soigner, dans chacune de ses oreilles, puis sur la blessure, juste avant d’appliquer le baume.

20550remedies

*Gloups* Elle est dégueu ta soupe Jean-Jacques!

Les neufs herbes sacrées

Je vous avais parlé précédemment du fameux Charme des Neuf Herbes, qui mentionnait neuf plantes sacrées.

Ce texte provient d’un manuscrit anglo-saxon dantant du Xème siècle après JC (pas Jacques Chirac hein, on parle bien du barbu qui multipliait les pains là), nommé le Lacnunga, et nous indique, assez précisémment d’ailleurs, comment utiliser les 9 herbes sacrées pour soigner toutes sortes de maux.

Il est assez difficile de savoir dans quelle mesure ces herbes étaient utilisées à l’époque Viking étant donné que le texte en question date d’une époque postérieure, où la religion chrétienne était déja passée avec son bon gros rouleau compresseur. Tout ce qu’on sait, c’est qu’il y est fait mention d’Odin (Wotan) qui « coupe » un « ver » (le dragon/serpent, symbole de mal et de maladie dans les textes chrétiens) en neufs maux, pour que ceux-ci puissent être soignés par les Neuf Herbes.

Vu que vous mourrez tous d’entendre ce que sont ces Neuf Herbes sacrées, les voici. On est pas encore tout à fait sûr de l’équivalent de certains des noms anglo-saxons de ces plantes, je vous donnerai du coup les associations les plus probables.

1) Mucgwyrt : l’Armoise (Artemisia vulgaris), aussi plante d’Artémis qui aurait, selon la légende, enseigné au centaure Chiron leurs vertus médicinales pour qu’il en fasse des médicaments. Les armoises étaient majoritairement des plantes qui assistaient les femmes dans leur vie intime (qui pouvaient même provoquer un avortement), on les utilisais aussi selon Pline et Dioscorides pour soigner l’épilepsie ou les calculs rénaux.

On l’appellait aussi « herbe de feu », car elle était brûlée sur les autels, elle est un très bon purificateur avant un rituel. Lorsqu’on la porte sur soi, il est dit qu’elle protège des enchantements et du mauvais oeil, et des dangers qui guettent le voyageur.

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2) Wegbrade : Le Plantain, le truc que vous retrouvez partout dans votre jardin sans trop savoir à quoi ça sert:

Il fait partie des plantes du jardin d’Hécate, mais était aussi consacré à Ares/Mars. D’après Dioscorides, il fallait cueillir le plantain après le coucher du soleil, en lune descendante et de la main gauche pour qu’elle aie le maximum d’efficacité (tout comme la Verveine) Favorise la guérison, soulage les piqûres d’insecte, désinfecte et cicatrise; même Hildegarde de Bingen vantait ses bienfaits.  La plante portée en amulette soulagerait des maux de tête (elle est liée au signe du Bélier)

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3) Stiðe : l’Ortie (Urtica Urens)

On ne compte plus les vertus de l’ortie aujourd’hui, très riche en minéraux, acides aminés et vitamines (en particulier en fer, c’est parfait pour nous les filles! Ca a une texture un peu dégueu mais en soupe ou dans des pains comme le pain à l’ortie et au fenouil d’Hildegarde, c’est super bon. ) Elle est reminéralisante, hémostatique, dépurative, galactogène, diurétique…plein de noms à coucher dehors pour dire que si vous avez des bons gants et pas peur d’écumer la campagne, tous ses bienfaits seront votre!

Si vous avez de l’asthme, vous pouvez les mixez avec du miel et de l’eau, mais attention à avoir un trèèès bon mixer si vous ne voulez pas vous retrouver avec le palais qui pique. Lorsque vous les cuisez, plus de problème, toutes les substances qui causent les irritations sont dégradées; vous pouvez les ruminer sans craindre de retours de dard.

Portées sur vous séchées, les orties sont sensées renvoyer les sorts à l’émetteur, elles gardent les esprits à distance lorsque disposées tout autour de la maison.

On peut l’utiliser dans un bain purifiant, ou les brûler.

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Attorlaðe , ou Venom-Loather: on est pas certain de l’herbe à laquelle ce terme fait référence, ça pourrait être la Vipérine ( Echium vulgare ), des plantes de la famille des Solanacées comme la Belladone, ou encore de la Bétoine.

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Deux types de vipérine : On peut la consommer en thé contre la fièvre, c’est un diurétic et expectorant, fonctionne aussi contre les inflammations. Selon Dioscoride, quiconque porte de la vipérine sur lui se prémuniera des morsures de serpents (on croyait que la forme de la fleur, qui ressemblait à un machoire ouverte de serpent, les repoussait grâce à son aspect; ce lien forme/utilité était assez courant en magie )

5 : Mægðe : la Camomille (Chamaemelum nobile ): c’est une herbe qu’on peut utiliser sans trop de contre-indications: on la connait surtout pour ses vertus calmantes , mais elle est aussi antifongique, antispasmodique, anti-inflammatoire. Elle est très bonne pour tous les problèmes d’estomac, qu’il s’agisse de brûlures (Hildegarde de Bingen conseillait de la bouillie de camomille pour les problèmes de digestion), problèmes de gaz, ou autres.

En externe, on peut l’utiliser sur les yeux fatigués (gardez les sachets d’infusion à la camomille, mettez les au frigo et après sur les paupières, c’est super pour dégonfler les yeux de patate du matin!) Ca marche aussi sur les brûlures légères, et les irritations anales et génitales (vous le savez maintenant!)

En magie, elle est associée au soleil, aux dieux Baldr, Ra, Cernunnos, Lugh…du moment que ça brille et que c’est jaune c’est bueno. Vous pouvez mettre des feuilles tout autour de votre maison pour lever des sorts qui se seraient égarés là, ou l’utiliser en infusion et en asperger les fenêtres pour éviter aux entités de venir vous embêter chez vous alors que vous avez besoin d’intimité, merde.

En bref, la camomille est un excellent relaxant, et c’est parfait si vous avez des mioches un peu trop agités. (TIENS! DORS! *attaque marteau camomille* )

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-6  : L’ æppel : la pomme (sauvage)

Je vous passe sous silence (ah bin non, finalement) les multiples qualités de la pomme. Comme dirait l’adage « une pomme par jour garde le docteur à l’écart!’ Les pommes sont des excellentes coupe faim, rafraichissantes, elles aident à baisser le taux de cholestérol dans le sang, aident à la digestion .

Au niveau mythologique alors là c’est la Panacée, entre les pommes d’or de l’immortalité gardées par la déesse nordique Idunn, la pomme interdite croquée par cette grande fenouille d’Eve, la pomme de Blanche Neige (sisi c’est mythologique!) , on a de quoi faire! Elles font de très bonnes offrandes à Idunn, Freyja, Eris, Pomona; on peut les utiliser coupée dans leur largeur pour les rituel de récolte (ça fait une étoile à 5 branches yeah) , ou verser du cidre sur le sol avant de planter quelque chose en offrande.

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7 : le Wergulu : Cresson de fontaine (Nasturtium officinale)

Alors lui, il est bourré en Fer, en Calcium et en Vitamine C; et il n’est pas en reste pour toutes les autres vitamines et minéraux présents en quantité non négligeable chez ceux de son engeance. Je ne vous conseillerais pas de manger du cresson sauvage parce qu’il peut abriter la douve du foie, un parasite pas cool du tout; même si la chance est négligeable, mieux vaut ne pas tenter. Les romains et les Grecs en faisaient déja une grosse consommation, Diosorides en vantait les propriétés aphrodisiaques (il a fumé je pense), on le présente aussi comme contre poison à la nicotine. Attention à ne pas en abuser, c’est purgatif!

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8 : Fille :Cerfeuil musqué (Myrrhis odorata ), ou thym. Il y a eu la aussi pas mal de débats quand à savoir de quelle plante il s’agissait, mais il est plus probable qu’il s’agisse du cerfeuil musqué (le même qui ressemble à la ciguë!. Evitez de cuisiner ce que vous pensez ressembler à du cerfeuil, déja en général on mange la racine, ensuite il a pas mal de cousin toxiques)
Avec le fenouil, il est dit que ce sont les deux herbes qui sont nées d’Odin lorsque celui-ci se pendit durant 9 jours et 9 nuits pour découvrir le secret des runes. Je n’ai pas trop d’autres informations au niveau magique et mythologique sur le cerfeuil, si quelqu’un a je prends!
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9 (et dernière! ouf) Le Fenouil  ( Foeniculum vulgare )
L’autre plante née des tendances maso d’Odin, donc. C’est une plante qui peut ressembler (avec beaucoup d’imagination, z’ont encore fumé) à un gros phallus ; on peut la lier aussi à Dyonisos. Elle possède pas mal de propriétés médicinales: carmitative (contre les prout), galactogène ( aide à fabriquer du lait chez les femmes enceintes), diurétique (pour faire pipi), emménagogue ( stimule l’afflux sanguin dans les régions sexuelles , bah voila on y vient au pénis) , expectorant, antispasmodique.
Elle est super pour tous les problèmes d’estomac, tout comme les graines  d’anis (d’ailleurs, si vous avez la gerbe, buvez un petit verre de pastis ça marche très bien, mais attention que ça ne devienne pas une habitude hein) , et elle était utilisée en magie blanche et magie rouge , grâce à ses propriétés aphrodisiaques.
Pour les autres propriétés magiques, j’ai pas trouvé grand chose, il y a pas mal de bullshit aussi ( « it is also widely believed to be a Protective Herb with the specific power to Ward Off Troublesome and Meddling Individuals, especially those who work for the Police, Immigration Services, Tax Department, and other Government Agencies. « …allez les mecs, on sait bien que tout ça c’est juste pour faire vendre à ceux qui ont des problèmes avec le FBI , qui s’appellent Edward Snowden ou qui ont pas envie de payer leurs impôts)
fenouil, aneth doux
Pour le charme des neufs Herbes sacrées en lui même, je vous le mettrais dans un prochain article, ça fait trop long là.
Enjoy and keep smiling, witches and wizards!
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La ciguë, l’empoisonneuse.

J’étais en train d’écrire l’article sur la Ciguë. J’avais presque terminé. J’en étais  à « je n’aime pas la ciguë , je ne pourrais que vous conseiller de la fuir le plus loin poss… »CLAC! Fausse manip. Je perds tout mon article sur la Ciguë. Impossible de le récupérer. Bin quoi Ciguë, tu me fais la tronche parce que j’ai dis que je t’aime pas?

Rune Wunjo à l’envers. Ah…T’as vraiment pas apprécié. Pardon. Je serais plus sympa next time. Je peux pas aller jusqu’à être vendeuse parce que je n’ai pas envie de servir de complice à des empoisonnements à la Game of Thrones , mais j’essayerai d’être honnête.

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Voici la belle, on la trouve dans les terrains humides, en bordures des haies justement. C’est une bisanuelle, la première année elle ne fait que des feuilles, la deuxième elle fait ses fleurs. On peut la confondre avec le Cerfeuil Musqué et la carotte sauvage, vous pouvez la reconnaître grâce à:

-son odeur: elle sent le vieux médicament pour grand mère et le pipi de rat. Un truc sympa dont tu adorerais te servir pour désodoriser ton placard quoi.

-les traces de rouge sur le bas de la tige, comme sur la photo ci dessous: (surement le sang de toutes ses victimes, pas très propre la sériale killer)

conium-maculatum-st-sdewey

La Ciguë est une des plantes d’Hécate, dans l’acte III de Mc beth, Shakespeare fait la description d’un potion sympatoche à base de Ciguë:

« … oreille d’un singe noir et de la ciguë arrachée un soir. Remplissez la chaudière et bouillez l’ensemble afin qu’opère ce mélange infernal, ce charme sans égal. »

En vieil anglo-saxon, la ciguë est appelée Wodwhistle , soit le sifflet de l’inspiration, où le sifflet d’Odin/Wotan; de par son rapport à la mort, j’imagine qu’on peut la lier également à Hel.

Socrate fait partie des victimes les plus célèbres de la Ciguë, qui provoque selon Platon des « éblouissements suivis de vertiges, convulsions, maux de tête, sensation brutale de froid, difficultés respiratoires et troubles de la vue, le tout conduisant à une paralysie progressive et inéluctable, qui aboutit au décès. » Les responsables? Les Alcaloïdes comme la coniine, qui paralyse le système nerveux.

Au moyen âge, on l’utilisait comme antidouleur grâce à ses propriétés sédatives, contre les crises de spasmophilie ou lors des dances de St Vitus, pour traiter l’asthme, et même…les hémorroïdes! (je vous le conseillerais pas, à mon avis vaut mieux ne pas pouvoir s’asseoir mais rester en vie ) . Il est dit que la Ciguë entrait aussi dans la composition des « potions de vol » que les sorcières prenaient afin d’entrer en transe, et qui comprenaient aussi souvent des plantes de la famille de la Datura ou de la Belladone.

Pourquoi je vous parle de Dame Ciguë? Et bien parce que l’autre jour, j’ai décidé en guise d’atelier pratique de cueillir des plantes au hasard et d’essayer de mettre un nom sur leurs frimousses:

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Oui je sais les cailloux ça ne sont pas des plantes.

Résultat des courses? Trois sur huit. La plupart ne sont pas répertoriées dans les bouquins que j’ai, le reste n’est pas facilement identifiable à cause de l’absence de fleurs ou des feuilles encore trop petites (oui je me donne des excuses)

J’ai donc reconnu le Lierre terrestre, un genre d’anémone et…la ciguë. Déja, j’avais un pressentiment bizarre. Un genre d’électrochoc en la cueillant, comme ton instinct de survie qui se réveille. Je froisse les feuilles, je sens. Mais c’est quoi ça? Une onde de chaleur qui se déclenche et des fourmillements dans les mains, comme à chaque fois que mon corps/esprit détecte quelque chose qui pourrait être considéré comme une « menace ». Je fais des recherches. L’odeur, la forme des feuilles..Pas de doute. Et dire que j’avais cueilli des plantes pour mettre dans ma salade dix minutes plus tôt.

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Bébé Ciguë pousse tranquille comme si de rien était derrière mes framboisiers. Je l’ai retiré de la, pour éviter des empoisonnements potentiels.

« Et si tu avais mis de la ciguë dans ta salade? T’aurais eu l’air fin! Tu crois quoi, que c’est la chocolaterie de Willie Wonka la nature? La nature est wild, regarde moi ce petit bout de vert! Ca peut te faire manger les pissenlits par la racine! »

Grosse réalisation. C’est pas que je suis pas consciente des risques. Quand je conduis, je peux me prendre un poteau ou déraper. Je peux me faire écraser en me baladant. Mourir d’une infection ou d’un virus quelconque. Me faire agresser. Mais je les ai ingérés tous ces dangers. Ou repoussé dans un coin de ma conscience ou ils me laissent tranquille. C’est autre chose que de se retrouver nez à nez avec l’incroyable potentiel de vie et de mort latent présent dans la nature.

Ah…oué. Merci pour cette leçon, Ciguë.

L’apprentie sorcière des haies

Je me creusais justement la tête pour savoir ce que j’allais écrire de nouveau. Et là , une phrase me vient à l’esprit.

« Sorcière des haies« .

Sorcière des haies? Ha! Mais ça vient de l’assassin Royal de Robin Hobbes ça! *éclair de compréhension* C’était les damoiselles qui fabriquaient des talismans, lisaient dans les lignes de la main , ou s’occupaient de sortilèges de fertilité et de tout ce qui concernait les récoltes!

Une sorcière des haies, ça m’évoque une vieille ancêtre vagabonde, récurant les bords des jardins et sillonant les clotures pour aller cueillir les orties et autres colchiques dans les prés, la petite vieille qu’on regarde du coin de la paupière en reniflant de dédain le jour et qu’on vient voir à la nuit tombée à reculons pour qu’elle nous aide à régler toutes nos bullshit de la vie de tous les jours. Adjugé vendu, ça correspond bien à ma démarche présente, l’âge en moins,– et puis le ptit côté brousaille, frontière entre le monde civilisé et le monde sauvage– n’est pas pour me déplaire.

Je suis donc passée à la fnac cet aprèm pour aller m’acheter Le guide des plantes sauvages et comestibles afin de commencer mon apprentissage solo BTS Sorcière des Haies (z’ont pas encore de cours à la fac pour ça ni d’écoles autre que l’école buissonière, what a shame)

J’en suis ressortie avec ça.

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(Et encore, je me suis contrôlée. Les coutures de mon sac ne l’auraient pas supporté, ma bibliothèque non plus)

Je vais vous faire une petite présentation de ces 4 superbes bouquins que j’ai très rapidement survolés en une première approche, qui sont bourrés d’infos précieuses et d’images sublimes. Commençons par Les Plantes Magiques, de Michèle Bilimoff

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On ne va pas se le cacher, c’est l’iconographie qui m’a attirée en premier lieu. Des illustrations sublimes d’anciens parchemins, des extraits du Vienna Dioscurides , de codices, manuscrits enluminés, accompagnés de descriptions des mythes, légendes et divinités qui entourent chacune de ces belles empoisonneuses/guérisseuses. C’est assez synthétique et abordable pour quelqu’un qui veut avoir un aperçu global de la question, mais pour qui voudrait pousser le bouchon un peu plus loin et connaître l’emploi, les posologies et l’utilisation précise de chacune d’entre elles, c’est un poil léger.

L’herbier toxique, codes secrets pour plantes utiles, de Bernard Bertrand.

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D’entrée, j’aime ce gars. Une plume acérée, un ardent défenseur du droit à se soigner par la phytothérapie comme on l’entends et de la préservation des espèces anciennes/sauvages, qui réussit l’exploit de bien définir ce qu’est un poison, de la notion de dose  très importante en phytothérapie, et dans la médecine en général: vous n’êtes certainement pas sans savoir que nombreux sont les poisons qui peuvent causer la mort lorsqu’ils sont présent en trop grande quantité dans l’organisme, mais peuvent être de précieux alliés dans le combat contre de nombreux maux lorsqu’ils sont utilisés en dose infimes. Il aborde également la question du rapport au « naturel » , du danger des extrêmes (le fait de croire que « parce que c’est naturel c’est forcément bon » ou, à l’inverse, de la peur totalement disproportionnée que l’on peut avoir des produits cueillis dans la nature, non seulement pour des histoires de pipi de renard sur les fraises des bois , ou de la désinformation, ou l’absence de connaissances du sujet (la connaissance c’est le pouvoir disait Tyrion! Bon j’invente OK)), la question également de l’impact des molécules chimiques de synthèse sur l’environnement, utilisées pour traiter les légumes et céréales, qui ne se dégradent pas mais s’accumulent dans toute la chaine alimentaire jusqu’a nous , contrairement aux molécules présentes dans les plantes, qui malgré leur forte toxicité pour certaines, vont se dégrader très rapidement une fois en contact du sol pour disparaitre totalement.

Que l’on soit clair, il n’est pas question de faire l’apologie du naturel et de le dédouaner de ses dangers potentiels et réels. Notre démarche n’est nullement angélique, ce n’est ni notre intention, ni notre propos. Nous souhaitons simplement favoriser une juste appréciation de cette notion si complexe qu’est la toxicité, en évitant tout catastrophisme ou au contraire toute candeur.

L’Herbier des plantes sauvages, de Pierre et Délia Vignes

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Un bon gros pavé comme je les aime. C’est pas le genre de livre que je mettrais dans ma poche pour aller me balader, mais il a le mérite de regrouper un grand nombre d’espèces sauvages, qu’elles soient toxiques, comestibles ou …autres (bon je sais , c’est soit comestible soit toxique mais j’imagine qu’il y en a qui présentent un intérêt nutritif et culinaire supérieur) , il y en a 291 de répertoriées au total. Les photos des plantes sont superbes, détaillées en planches botaniques qui permettent de les identifier sans aucun problème et sous toutes leurs coutures (racines, feuilles, fruits et graines en gros plant), avec un petite partie consacrée à la mythologie et l’éthymologie pour chacune de ces plantes, des descriptions plutôt techniques mais par contre, si vous cherchez à les cuisiner ou a les utiliser en lithothérapie, il vous faudra aller voir ailleurs!

Et finissons par le très classe Manifeste Gourmand des herbes folles , de Diana Ubarrechena, Georges Oxley et Gerard Ducerf.

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(oui, ce sont mes pieds qui tiennent les pages, les deux choses noires en bas de l’image)

Un livre superbe, d’une fraicheur et d’une originalité comme je les aime. Ca se prends pas la tête, ça n’est pas pompeux ni lourdingue, ça part d’une connaissance empirique des choses, ça joue avec les sens et le plaisir de la découverte. J’aime ce genre de livres, qui sont assez proche de ma manière de fonctionner: essayer d’opérer une révolution par l’intérieur, en ne jouant pas sur l’affront et sur l’épandage de vérités fatalistes et déprimantes, mais sur l’expérience de la joie apportée par la curiosité et le lien avec tout ce qui nous entoure, en l’occurence les plantes sauvages. C’est en nous mettant en contact direct avec notre environnement proche et en nous invitant a retrousser nos manches pour mettre la main à la pâte et profiter de l’effet positif de ces plantes sur nous que nous nous transformons véritablement et invitons le monde qui nous entoure à faire de même.

Et puis ça a l’air tellement bon!

Manger des mauvaises herbes, une provocation de plus? Ces plantes sauvages nous apportent les acides aminés essentiels, dont les huits acides que notre corps de sait pas synthétiser. Il est très rare de trouver ces acides aminés essentiels dans les plantes cultivées; l’alternative reste de manger de la viande ou du poisson, nourris de ces plantes sauvages. Difficile avec les élevages industriels...les grands chefs, de Ducasse à Nobu, sont tous d’accord: pour une nourriture saine, la viande doit rester un condiment. Ce précepte est valable uniquement si l’on dispose des éléments vitaux pour sa santé. Si ces acides aminés ne sont plus dans la viande, piochons-les directement à la source sauvage.

La magie dans ton jardin

Ce soir, j’ai décidé de prendre mon appareil et de faire des ptites photos de toutes les merveilles qu’on peut trouver dans son jardin en cette saison. Je n’ai eu même pas à faire dix mètres et pouf, voila tout ce que je trouve! Je redécouvre tout ça et m’émerveille à chaque pas. Faudrait que je pense à m’acheter le livre des plantes  sauvages comestibles et toxiques histoire de pouvoir barouder dans la nature et me trouver tout ce qu’il me faut en toute bonne sorcière qu’il se doit! (déja que je fais peur à mes voisins en allant cueillir des orties pour faire des soupes…Ils ont pas finit les pauvres). Je reviendrais sur leur usage magique un peu plus tard 😉

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La timide violette fait son apparition. On peut en faire des confitures , et même des bonbons maison!

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Le fameux Plantain aux milles vertus, l’une des 9 herbes sacrées d’Odin (je vous ferais un topic la dessus un autre jour, promiche!). Peut se consommer en tisane, à mettre dans le bain, à utiliser contre les piqures d’insecte , contre les rhumes et bronchites . Et oui! Moi aussi je pensais que ça servait à rien à part retirer une à une les nervures quand on s’emmerde dans l’herbe.

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La ciboulette sauvage, avec une petite fleur de prunus. Parfait en omelette!

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Le populage des marais. Plante de la famille des renonculae, plutôt toxique, attention les enfants ça se mange pas. (contient de la proto-anémomine et provoque rougeurs et gonflements sur les muqueuses ou les blessures, et peut procoquer paralysie , vomissements et convulsions en cas d’ingestion)

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La primevère. Chez elle par contre tout se mange! On peut mettre les fleurs avec la salade, ou utiliser les racines et les cuisiner, il parait que ça a un goût anisé, ou faire des bonbons comme avec les violettes.

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Les premières feuilles de Mélisse citronelle (a ne pas confondre avec la citronelle, utilisée en cuisine asiat) font leur appartition. C’est très bon en tisane, ça a été beaucoup utilisé au XIXème siècle pour ses propriétés toniques , digestives et calmantes. Elle a des propriétés antifongiques, et anti virales (à appliquer sur le bouton en cas d’herpès). Pour vous faire une tisane de mélisse, plongez deux branches dans l’eau froide, faites la chauffer jusqu’à ébullition, retirer du feu puis laisser infuser dix minutes, avant de servir.

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La menthe, dotée de propriétés digestives, spasmolytiques (contre les spasmes musculaires), carmitatives (ça vous évite de trop péter et d’évacuer les fart, en gros) , antiseptiques (contre les microbes), toniques et stimulantes. Sa cousine, la menthe poivrée, est très utilisée en aromathérapie.

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Le Romarin fait ses premières fleurs! (et les abeilles kiffent). Possède des propriétés cholérétiques (augmente la sécrétion de bile), anti bactérien et anti mycosique, antioxydant, améliore la circulation sanguine lorsqu’appliqué en externe .

Bon! C’est un petit début dans la reconnaissance des plantes sauvages, mais j’espère arriver à un certain level! (motivée!)

Rappellez vous juste que si vous vous mettez à la cueillette sauvage, soyez sure de bien reconnaître la plante en question (au cas ou elle aurait une soeur toxique), et rappellez vous qu’elles ne sont pas a l’abris de la pollution chimique ni des parasites, genre un renard qui pisse dessus ou quelque chose du genre.

Prudence donc, ami(e)s sorcièr(e)s , et bonne découverte!

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Graines

La première entreprise fut, dans le sentier déja empli de frais et blêmes éclats, une fleur qui me dit son nom.

Rimbaud, Illuminations

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Les petites graines germées c’est le persil qui montre le bout de son nez, autrement il y a de l’armoise, de la camomille, du thym d’hiver et de l’absinthe qui dorment encore; ainsi que du thym officinal, du fenouil (pour Odin) et de la verveine en pot achetés en jardinerie.

Vif d’air vif d’or

Coulant lumière au creux de l’athanor

Vomis ton vert en débris de sèves

Hélices délicates et faux échevelées

Se tordant vers le ciel comme des rêves

Echafourrées du daim vers sa promise

Les arbres s’élancent et gagnent la mise

Contre les fièvres des dernières gelées

Grandis, Graine, Germe

Gorges toi de soleil et gagnes la terre

Alchimie végétale tisse ta toile

Hue les dents d’airain et les souffles de chaux.

Poème de moi (on fait ce qu’on peut)

C’est pas une surprise, mais j’adore les plantes (sans dec!) . J’ai toujours ressenti très fortement l’énergie des plantes; je me rappellerai toujours le jours ou j’ai tendu une main hésitante vers un plant de Datura, dans un jardin botanique. Presque brulée. Piquée au vif par une énergie bouillonante. La « plante du diable » qu’on l’appellait la bas.  Et ça n’est pas pour rien: la Datura est considérée comme un excitant et hallucinogène très puissant. En Inde, on l’appellait la « plante de Shiva », parce qu’elle permettait à ceux qui la consommaient d’entrer dans une fureur guerrière proche de celles des Berserker . Vous pouviez souffrir de perte de mémoire, de mydriasis (dilatemment des pupilles, comme avec la Belladone), d’hyperthermie, tachycardie, hallucinations et autres symptômes sympa;  bref, ça déconne pas comme plante.

On disait souvent aux touristes « ne vous endormez jamais sous un plant de datura, si du pollen vous entre dans les naseaux vous êtes cuits! »

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Si vous croisez une datura au détour d’un chemin mal éclairé, courrez! Ces sales bêtes ne dépassent pas le 1m/an en vitesse de pointe, ça devrait vous laisser de la marge.

J’ai toujours beaucoup bougé, il m’était donc difficile de commencer à cultiver mes propres plantes. J’ai fini mon dernier contrat, et suis donc retournée chez mes parents en bonne tanguy que je suis, parce que oui je suis une feignasse et que non –payer un loyer alors que tu n’as que les assédics, ça n’est vraiment, mais vraiment pas une bonne idée–. Et c’était le printemps. J’ai pris mon temps pour souffler. Une année à courir dans tous les sens. Une année épuisante, enrichissante mais…déstabilisante. Changement de terre, d’environnement social, de travail, de température, de façon de vivre. Un épanouissement, un bon coup de pied au cul.

Mais je suis comme les chevaux: j’aime galoper dans les vastes plaines, mais quand c’est fini je suis contente d’aller manger mon foin à l’écurie.

Je suis rentrée chez moi. D’abord déstabilisée par le changement brutal d’environnement, je suis tombée bien malade, comme à chaque fois. Un réflexe d’adaptation du corps et du mental . Une nouvelle transformation. L’hiver se finissait. J’ai réapprivoisé tout doucement la nature, les gens autour de moi, une nouvelle fois. J’ai décidé de me consacrer aux esprits des lieux dans mon jardin. Je mets des graines de tournesol pour les oiseaux, messagers. Ca grouille dans le jardin! Mésanges bleues, charbonnières, chardonnerets, pies, bouviers, merles, grives, colombes, corbeaux qui viennent parfois chourrer les carcasses de poulets..Je ne me lasse pas de ce ballet sans fin. Une mésange a construit son nid dans le tilleul.

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J’ai fait un deal avec mon père:

« Ta terre est épuisée, regarde la tronche de tes carottes, elles sont de plus en plus rabougries ‘! A ce rythme là, ronger mes ongles sera plus nourrissant que de manger tes carottes en sauce citron huile d’olive »

Alors quoi faire pour régénerer la terre? Pesticides? Engrais? Plutôt mourir. *sent bouillir son sang de fille de Hulk et du Géant Vert*

Je fais quelques recherches sur internet. Agroforesterie, Permaculture? Hmm non, pas à aussi petite échelle et sur un temps aussi court. Ah, peut être que …

-« Je peux planter un engrais vert dans la moitié de ton jardin? » (PS: les engrais verts, ce sont un mélange de graines qu’on peut trouver dans le commerce (j’aime particulièrement le site Kokopelli qui propose des graines de très bonne qualité) , du trèfle, de la luzerne, du sainfoin, Lin, Caméline, Mauve, ect… qui vont pousser sur un sol pauvre, que l’on fauche au bout de quelques mois ou à la fin de l’année avant l’hiver, avant de retourner la terre. L’azote et les minéraux ainsi produits par les végétaux ressource la terre, la rééquilibre et la protège; et la plupart de ces espèces sont mellifères, les abeilles les apprécient tout particulièrement. )

-« Ok, mais tu me retournes une surface de gazon égale à celle sur laquelle tu veux planter tes  machins, là. Comme ça je pourrai y planter mes patates. »

Me voilà armée de ma bêche et de mes bottes jaunes, prête à conquérir le monde.

Quatre heures plus tard, je suis épuisée, j’ai des cloques au mains et un sacré mal de dos. J’ai dérangé quatre fourmilières en hibernation, trouvé deux scarabées en pleine mutation, quelques coccinelles, beaucoup de racines chiantes et viré trois tonnes de cailloux . Tiens , si je faisais avec ça un petit autel pour les Landsvaettir? (les esprits du lieu). Je dépose une petite fleur, puis un  jaspe rouge dans la terre. Je fais le tour de ma parcelle en aspergeant un peu d’eau tout autour.  Désolée d’avoir foutu le dawa, Terre. C’est pas grave me disent les ogham. Du moment que tu t’occupes bien de la terre et que tu t’investi dans ce que tu fais.

La nuit, je dors mal. Vous savez, ça fait le même effet que quand tu as fait des maths pendant toute la journée. Ton cerveau, dans un état de demi sommeil, fait une espèce de bouillie de toutes tes pensées/sensations éprouvées durant la journée/souvenirs et te le ressors sous la forme d’une espèce de purée sans structure ni sens particulier. C’est comme si ton esprit prenait le temps d’imprimer en toi tous les rythmes et shémas que tu as ressenti. Je me rappelle de la sensation, de l’odeur de la terre. Oh, c’est bon j’ai compriiiis laissez moi dormir maintenant!

Et puis hier, j’ai planté mes graines. J’ai demandé aux runes quel serait le jour propice. « Non, pas aujourd’hui. Pas demain. Après demain oui « .

Le soir, il gelait. Le lendemain, c’était sec. Je les plante le jour conseillé. Une petite pluie arrive, parfaite pour bien humidifier les graines. Je prie pour que le gel ne vienne pas saborder les graines ni les nouvelles pousses à venir.

Allez, à la prochaine pleine lune je fais ça!

Et si vous voulez des sites cool pour acheter des graines, allez checker Kokopelli , qui propose des semences bio et surtout reproductibles (ça veut dire que vous pouvez planter les graines récoltées l’année suivante, ce qui n’est pas le cas de beaucoup de graines vendues dans le commerce) , le site d’Ethnoplants qui propose plein de variétés sympa et exotiques, Graines de vies qui propose une grande variété de plante sauvages, et y’en a surement plein d’autres que je ne connais pas!

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Coin BD: Hellboy, l’appel des ténèbres

Sur l’oreiller du mal c’est Satan Trismégiste

Qui berce longuement notre esprit enchanté,

Et le riche métal de notre volonté

Est tout vaporisé par ce savant chimiste

Baudelaire, les fleurs du mal

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Hellboy, l’appel des ténèbres, de Mike Mignola (je le vénère, oui maintenant vous le savez.)

J’ai découvert cette BD dans une petite auberge de jeunesse en Islande. Dehors, c’était le blizzard, j’étais installée tranquillement à l’intérieur, une tasse de tisane à la main, entourée de vieux téléphones et antiquités collectionnées par le propriétaire. Et j’ai savouré. Je me suis émerveillée. Je me suis inclinée devant l’immense talent de Mike Mignola. Un dessin apparemment simpliste, mais toujours tellement bien composé, tellement dynamique, tellement bien senti. Des noirs placés là ou il le faut, qui appellent le mystère aux portes des pages et laissent s’inviter des armées d’esprits. Une atmosphère surréaliste, étrange, drôle. Et ce personnage de Hellboy, antihéros baroudeur, rustre et paumé, qui se retrouve aux prises de toutes les créatures de légendes: elfes, trolls, dieux grecs, russes, celtes, nordiques, et mêmes…nazis et créatures lovecraftiennes (ça serait pas drôle sinon, il fallait bien un point godwin quelque part) Fils du diable , vecteur de la destruction de l’humanité contre son gré essayant d’envoyer chier son héritage génétique et son « destin » aussi loin qu’il peut pour vivre comme il l’entends. Un pote amphibien cultivé et élégants aux mains immenses et à l’humour décalé. Une copine pyromane. Que demander de plus?