Cueillette de plantes sauvages: Alliaire officinale, nombril de vénus et douce-amère

Hello les gens! Ca faisait longtemps non? (au moins UNE SEMAINE!)

Bref. Me revoici, surfant sur les vagues de mon installation en Irlande. Sans vouloir trop m’attarder sur ma vie, je me suis installée tranquillou, je commence la reconnaissance des environs, je me balade pour trouver des coins tranquilles pour me ressourcer dans la nature (je suis tombée sur un tilleul gigantesque juste à côté d’une petite rivière…sublime, dommage qu’il y aie pas mal de déchets, va falloir que je ramasse tout ça , ça sera une bonne offrandes aux esprits du lieux) , j’essaye d’être sociale comme je peux , je reconstruis tout doucement mon espace en tissant ma toile un fil après l’autre.

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Illustration: Lucien Lévy-Dhurmer

J’essaye de ralentir. Prendre conscience de tout ce qui me reste à faire, y aller étapes par étapes . Se structurer au sein d’un nouvel espace n’est jamais facile, la perte de repères est toujours extrêmement fatigante pour le moral et le le physique, tu dépenses une montagne d’énergie hallucinante à trouver un compromis entre essayer de te protéger  et en même temps s’adapter et apprendre de son nouveau milieu, tel un petit poisson rouge balancé au milieu de l’océan (NEMOOOOOOOO!)

Je ne suis pas quelqu’un de particulièrement sociable à la base, je me sens toujours mieux seule au milieu des arbres qu’en compagnie nombreuse; j’adore les gens, c’est juste que je me sens très vite enfermée, ou opressée au sein d’un grand groupe . Tu as l’impression d’être décalée, à côté de la plaque, obligée d’exercer un contrôle sur ce que tu es pour rentrer dans le moule sociétal. Et même si ce jeu en société est indispensable dans les relations humaines, il m’a manqué durant toute ma jeunesse, et encore maintenant, je n’ai pas encore ce petit quelque chose qui fait que tout coule de source dans la relation avec l’autre; c’est comme si je m’imposais en permanence un « filtre » qui m’empêcherais de ressentir trop profondémment ce qui m’entoure.

Mettre à bas ce « filtre », comprendre pourquoi et quand il se met en place, et comment le contourner pour prendre du plaisir à être avec les gens au lieu de se perdre dans les méandres des suggestions et projections mentales qui ne font que t’enfermer encore plus en toi même est un sacré travail de tous les instants.

C’est un travail de prise de conscience, de compréhension des mécanismes de défenses qu’on a pu développer à cause/grâce à nos expériences passées et notre sensibilité.

Simplement laisser les choses couler lorsqu’on les sens venir, laisser couler les sensations qu’on capte, celles qui viennent de nos défenses. Ne pas fermer nos portes, laisser le flux du monde et des autres entrer en nous. Ne pas laisser l’eau stagner en nous, tous ces souvenirs, peurs, angoisses qui se transforment en une eau noire qui nous enlise, transforme une partie de nous en un marais insalubre (et vive les moustiques et les crocos là dedans) .

Demande à l’eau de couler. Ne te ferme pas. Si tu es en colère contre quelqu’un, c’est que ça te renvoie à quelque chose que tu n’aimes pas chez toi. Si tu es dure avec les autres, c’est parce que tu es dure avec toi même . Si tu traites autrui avec respect , tolérance et gentillesse, tu fais de même avec toi même.

Chère Baba Yaga, les gens me disent parfois que j’ai l’air faché alors que c’est juste que je m’ennuie. Est-ce qu’ils voient quelque chose en moi que je ne vois pas moi même?

Baba Yaga

L’ennui est comme le dessus d’une vieille souche détrempée, l’eau de pluie qui tombe dans ce petit puits rend possible la décomposition vers laquelle les cellules se laissent naturellement aller. Que se passe-t-il donc en toi pour que tu stagnes si facilement? Remues l’eau morte et regarde ce qui se passe tout au fond.

Via Taisia Kitaiskaia

Il me reste encore pas mal de travail à faire là dessus, mais j’ai l’espoir d’arriver à renverser la tendance!

En attendant je m’attelle à reconnaître les plantes du coin que j’intègre petit à petit à mon alimentation. Je me suis achetée un mini-blender, c’est ultra pratique pour faire des genre de pestos végétaux: tu prends tout ce qui te passes sous la main, tu mixes avec de l’huile d’olive, du citron et de la sauce soja et hop! T’as un super truc à tartiner sur ton pain du midi (tu peux même pousser l’awesomitude jusqu’à faire ton pain toi même, mais bon faut avoir un four et du temps devant soi!) Je fais déja quelques salades avec du plantain, des jeunes feuilles de tilleul (ultra bon et très doux, je vous conseille!), quelques orties cuisinées comme des épinards et de la vesce comme dans l’article précédent, et j’ai appris à reconnaître trois nouvelles plantes que je vais vous présenter par la suite (toutes les plantes que je vous présenterai dorénavant sur ce blog seront des plantes que j’aurais touchées, senties,et goutées quand comestibles, et cueillies avec mes petites mimines):

-L’Alliaire Officinale ou herbe à ail ( Alliaria petiolata )

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Elle est aparemment devenue envahissante aux états-unis, en tout cas en France je n’en ai presque pas croisé, mais j’en ai trouvé par ici. Elle aime bien les clairières et les lisières de forêt, les bords des murs, il ne faut pas la confondre avec les Dentaria, Osmorhiza claytonii,et Saxifraga virginica : vous pouvez la reconnaître facilement grâce à l’odeur légèrement aillée que dégagent ses feuilles lorsqu’on les froisse (l’odeur est un très bon moyen de reconnaître les plantes médicinales et/ou toxique) et la forme caractéristique des feuilles.

Vous pouvez en faire des pestos, des salades, cuire les feuilles comme des épinards, ou encore se servir de ses graines pour faire un genre de moutarde (d’où le nom anglais Garlic Mustard ) . Les feuilles sont tendre , pas poilues ou coriaces comme peuvent l’être d’autres plantes sauvages; et en plus ça a plein de propriétés médicinales: elle est diurétique, on l’utilise aussi pour traiter l’asthme, ou la goutte, ou encore fraiche en cataplasme, pour désinfecter .

Et nos ancêtres les utilisaient déja depuis trèèès longtemps, la preuve, on a même retrouvé des traces de graines sur des poteries datant de 6000 AVT JC! (whouuu, prends ça dans les dents)

Le Nombril de Venus (Umbilicus rupestris)

Alors celle-ci, impossible de la confondre avec une autre plante. Ca ressemble un peu a une espèce de cactus qui aurait copulé avec une girolle, c’est gorgé d’eau (une plante « succulente » on dit aparemment en botanique, et je vous assure que mon palais la confirme comme succulente également au niveau culinaire). Elle aime les vieux murs, les vieilles pierres toutes humides, les endroits ou le soleil ne passe pas très souvent. Je ne me souviens pas en avoir vu en France mais je sais qu’il y en a , en tout cas ici, au royaume de l’humidité et des vieilles pierres, elle s’en donne à coeur joie la petite!

Celle-ci par contre , il vaut mieux éviter de la cuire, c’est un peu un gros gâchis; le meilleur moyen de la cuisiner, c’est fraîche, en salade. N’oubliez pas de cueillir celles qui sont hors d’atteinte des pipis et cacas de renards ou autres ragondins (qui transmettent la leptospirose), c’est préférable lorsqu’on consomme les plantes crues. En plus elle a un super goût, qui peut être légèrement amer lorsqu’elles sont vieilles ou qu’elles produisent des fleurs.

Nicholas Culpepper , un physicien, astrologiste, botaniste et herbaliste (qui n’est pas très considéré aujourd’hui, car il appliquait une classification astrologique aux plantes, on comprenne que ça plaise moyens aux scientifiques modernes) lui prétait des vertus dépuratives, et un effet particulièrement bénéfique sur les reins: elle est sensée être efficace contre la plupart des maux d’origine « chaude »:

« Boire le jus ou l’eau distillée de nombril de Vénus est très efficace contre toutes les inflammations ou échauffements non-naturels, pour refroidir une brûlure d’estomac, un foie chaud, ou les intestins: les feuilles, le jus, ou l’eau distillée, appliqués en externe, soignent les boutons, l’ergotisme (un genre d’intoxication provoqué par la consommation d’un champignon présent dans le seigle), ainsi que d’autres échauffements externes. Le jus ou l’eau aide à purifier les reins stagnants, qui sont blessés ou ulcérés par les calculs; ils font aussi uriner, sont efficaces contre les oedèmes et aident à dissoudre les calculs rénaux. Lorsque qu’on l’ utilise dans un bain, ou écrasée pour en faire un onguent, elle calme les veines enflammées; et est également très efficace contre la goutte et la sciatique, et combat les noeuds présents dans le coup ou la gorge, qui se nomment le mal du roi: Le jus ou l’onguent soignent les engelures et les bleus, en les aidant a disparaître rapidement. »

Pour plus d’infos , n’hésitez pas à aller checker la vidéo suivante, qui vous permettra de bien reconnaître le nombril de Vénus:

Nous allons donc finir notre petit article avec une PLANTE TOXIQUE! (yeaaaah vous l’attendiez celle là, avouez! Une plante magique :D) j’ai nommé la très jolie Douce Amère (Solanum dulcamara)

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(dorénavant, j’utiliserai cette illus de Pam Wishbow pour parler des plantes toxiques, histoire d’être sure et certaine que quelqu’un qui aurait lu l’article en diagonale ne s’amuse pas à les ajouter à sa salade)

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Jasmin à gauche, douce-amère à droite, et l’insecte c’est un magnifique sphinx à tête de mort et sa chenille de toutes les couleurs

La douce-amère fait partie de la famille des Solanacées (en anglais on les appelle les Nightshade, c’est quand même vachement plus classe), dont font partie entre autres la Belladone, la Datura et la Mandragore, et aussi…la patate. Et oui la patate on dirait pas comme ça, mais c’est sacrément badass. On consomme les tubercules (donc la chose informe que nous appellons « pomme de terre »), mais les feuilles , et toutes les parties vertes des turbercules sont toxiques et contiennent de la solanine, un poison assez violent, que seule la larve de quelques papillons comme le Sphinx tête de mort peuvent boulotter tranquillou, alors que ça peut vous allonger raide mort . La solanine provoque des troubles cardiaques, vomissements, nausées, diarrhées, paralysies, fièvres, hallucinations; évitez de manger des feuilles de patate si vous voulez vous tapez un trip, les effets secondaires risquent de vous gâcher le voyage.

La Douce Amère aime les endroits un peu sombres, et surtout très humides, comme les bords de vieux murs ou les points d’eau.

En magie, elle est réputée être protectrice lorsque accroché dans un endroit secret de chez vous, ou aider a soigner les souvenirs amers lorsque portée sechée, dans un petit sachet par exemple. Elle est utile si vous faites de la magie Faery (ce que je ne pourrais pas confirmer, je n’en fais pas) , et est associée à Mercure et Saturne.

La Douce-amère est moins toxique que ses congénères, aparemment les amérindiens l’utilisaient en pommade pour traiter l’arthrite, les tumeurs, les problèmes digestifs… Mais là encore, je ne vous conseillerais pas de faire de même!

Vous pouvez trouver d’autres informations sur la douce amère par ici, mais c’est en anglais!

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Allez des bisous à tous, et à la prochaine!

Les Mariris, langues de feu des esprits des plantes

Pour continuer avec les plantes, voici un petit extrait de Journal d’une apprentie chamane , de Corine Sombrun. Elle y raconte sa rencontre avec un chaman d’amazonie (un vrai hein, pas un de ces énièmes gars qui se prétendent chamanes parce que c’est un moyen sur et efficace de s’en mettre plein les poches, aux détriments des pauvres touristes en mal de magie dans leur vie qui finissent par la risquer, leur vie , car prendre des substances comme l’ayahuasca sans contrôle strict d’une personne expérimentée, ça peut être extrêmement dangereux) , qui lui enseigne ce que sont les Mariris, les esprits des plantes.

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Je parle des serpents à Francisco. Ceux dont j’ai eu la vision hier. Il sourit. Il me dit que le serpent est le symbole de l’ayahuasca. Les avoir vu sortir de mon corps et se transformer en branches veut dire que l’esprit de l’ayahuasca est entré en contact avec moi et qu’il a accepté le processus de guérison. Il ajoute que c’est toujours sous cette forme que l’esprit de la plante apparaît. Surprise. Silence. Pensée profonde. Si cette vision est commune à plusieurs personnes, c’est peut être qu’elle est une réalité. Quel est cet esprit-serpent qui entre en contact avec nous? Je commence à comprendre pourquoi, partout à Sachamama, on peut lire des petits panneaux qui serinent : « Une vision est une réalité. »

Faut travailler en plus. Cours sur le Mariri. Moi je ne ris pas. Bon. Alors commençons par le début. Un malade vient voir le chaman. Le chaman doit organiser une séance d’ayahuasca pour entrer en contact avec l’esprit qui fait souffrir le malade. Une fois le contact établi, le chaman doit « aspirer » le mal du corps du patient. Pour ça il a une arme : le Mariri. Ce Mariri est l’esprit qui, au travers du chaman, va aspirer le mal du patient. Il est représenté comme une langue de feu, qui sort de la bouche du chaman et sur laquelle va venir se coller le mal du patient. C’est donc grâce à ce Mariri que le chaman peut aspirer le mal, sans craindre de le voir « pénétrer » en lui. Un peu comme un aspirateur à miasmes. Que le chaman doit donc obligatoirement posséder. C’est le maître qui apprend à son élève la technique d’aspiration du mal.

Comment un chaman peut-il obtenir ce Mariri? Grâce aux plantes maîtresses qu’il va « diéter » et qui, s’il le demande, vont faire don d’un Mariri à l’apprenti chaman.

La formule magique pour demander un Mariri? Elle se prononce dans le language des plantes, qui sont les icaros.

Un étudiant particulièrement doué peut obtenir un Mariri en trois mois. Il doit pour cela faire une diète spéciale, tout en demandant à la plante de bien vouloir lui donner ce Mariri. Puis s’en remettre à son maître, qui va également demander à la plante de bien vouloir donner un Mariri à son élève.

Si la plante accepte, elle appelle l’esprit d’un Mariri et le transmet à l’apprenti chaman par l’intermédiaire des rêves. L’apprenti va alors rêver que la plante lui offre le choix entre quatre Mariris, sous forme de quatre flammes, de quatre couleurs différentes: blanc, vert, rouge ou noir. Il n’a plus qu’à choisir celui qu’il fera sien. S’il choisit le blanc ou le vert, c’est qu’il est décidé à soigner, à faire du bien. S’il choisit le rouge ou le noir, c’est qu’il est décidé à faire du mal, de la magie noire. Il deviendra un black shaman.

Une fois ce choix fait, le Mariri entre dans le corps du chaman. Au début, il est petit, il n’a pas un grand pouvoir, il est alors comme un « bébé » qu’il va falloir nourrir et entretenir pour le rendre fort et puissant. Sa nourriture sera le tabac, que le chaman va fumer ou boire en potion. Sa nourriture sera également le parfum, dont le chaman va se servir pour l’honorer.

Les disciplines de diète et d’isolement sont destinées à faire en sorte que le chaman reste « en contact » permanent avec son Mariri. S’il ne suit pas la discipline requise, s’il boit de l’alcool par exemple, et qu’il perd le contrôle de sa raison, le chaman va perdre son Mariri. Lors de vomissements sans fin. Le Mariri pourra alors se retourner contre lui et le tuer.

Mais comment on « diète » une plante vous me direz? Il faut , comme son nom l’indique, observer une diète très stricte (pas l’alcool, pas de sucre, pas d’excitants , ni de piment, ni de graisse, ni de sel) durant un certain temps, afin de nettoyer l’organisme et de devenir plus « perméable ». L’ayahuasca se charge, lui aussi, de nettoyer le corps (lorsqu’on en prends, il parait qu’on vomit, qu’on peut avoir des grosses crises de caca liquide…c’est un peu le gros ménage de printemps super bourrin, les blocages physiques, émotionnels et psychiques ressortent sous une forme solide) .

Ensuite on va en forêt avec le chaman, on va voir la plante qu’on veut diéter, on lui demande la permission de la couper, puis on lui chante un « icaro », les chamans lui soufflent aussi de la fumée de tabac dessus en guise d’offrande. On met les feuilles à macérer toute la nuit dans de l’eau , et on garde quelques branches avec soi , sous son lit par exemple, pour attirer l’esprit de la plante. Le lendemain matin, on prend la tasse , on chante un icaro et hop re-fumée de tabac sur la tasse. On boit le contenu d’un trait, et ensuite, on ne doit voir personne de la journée, pour entrer en contact avec la plante, et observer 8 jours de diète .

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Image tirée du livre rouge, de Carl Jung

Quelques plantes sauvages pour commencer la cueillette

Je vous mets quelques photos de plantes que j’ai ramassées dans ma belle campagne (oué, je vous soule un peu avec mes articles, mais demain je pars pour dix mois en Irlande  et internet est tout pourri la bas, du coup je ne sais pas trop quand je reviendrai) . Celles-ci sont suffisemment caractéristiques pour être reconnues facilement, j’espère que ça vous aidera pour la cueillette!

Au pire, ça vous fera ptêt tilt si vous les croisez au détour d’un chemin ou d’un jardin 😉

On commence par…

LES PLANTES TOXIQUES (yeaaaah!)

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On commence avec la fameuse Hellebore Verte , que j’ai trouvé à la lisière d’un bois. Il existe de nombreuses espèces d’hellébore, dont la noire (appellée ainsi parce que ses racines sont noires), celle habituellement utilisée en magie, et la blanche. L’hellébore verte était cultivée dans les jardin de moine pour soigner des affections cardiaques et nerveuses, mais je ne vous conseillerais pas de vous faire une tisane avec , elle est fortement toxique. Elle est l’un des quatre poisons de sorcière, avec la Cigüe, la jusquiame et la belladone, et entrait souvent dans la composition du fameux onguent de vol des sorcières, dont elles se tartinaient à l’époque pour entrer en transe. Vous pouvez utiliser en nécromancie, ou pour les sortilèges de banissement: elle est extrêmement puissante, à approcher avec respect et circonspection. Elle a une sacré énergie, il me suffisait de rester au dessus avec les mains tendues vers le plan d’hellébore pour ressentir aussitôt des vertiges. Pour ce qui est d’entrer en contact avec, perso c’est pas encore le cas, je pense que ça demande du temps et du doigté, madame est capricieuse.

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Le chèvrefeuille, que vous pouvez trouver en abondance dans les sous-bois. Attention, celui-ci est aussi toxique. En magie, il est dit attirer l’amour et l’argent, et protéger le jardin du mal . On peut bruler les fleurs qui sentent hyper bon en guise d’encens pour purifier l’atmosphère.

LES PLANTES COMESTIBLES

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On utilise la consoude pour faire le fameux purin , qui équilibre le compost en raison de sa teneur en potasse. Mais autrement vous pouvez utiliser ses grandes feuilles poilues un peu comme les feuilles de vigne, vous les faites cuire à l’eau une minute pour les ramollir, puis vous faites une farce à base de ce que vous voulez (riz/petits légumes/noix par exemple) , vous enroulez les feuilles de consoude autour de la farce et hop à griller au four avec un filet d’huile d’olive, c’est extra. Autrement, au niveau magique, c’est une plante eau/saturne, une des plantes sacrées d’Hécate.  On peut la brûler avec de l’armoise pour aider à la divination, ou en garder une feuille dans son bagage pour se protéger pendant le voyage. On l’appellait Con-soude parce qu’il était dit que prise en aliment ou en tisane, elle aidait à ressouder les os. Vous la trouverez un peu partout dans les prés humides et en lisière de forêt.

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Le plantain est l’une des plantes du charme nordique des Neufs herbes sacrées. Il est coriace, sert a peu près à tout, soigne les blessures et piqures (vous en mâchez quelques feuilles et les appliquez sur les blessures) , est très efficace en cas de rhumes ou de bronchites pris en tisane, c’est un peu l’herbe qui ne paye pas de mine mais qui cache bien son jeu. Vous pouvez faire un pesto plantain/feuilles de framboisier, il parait que c’est très bon (ma mère a testé). Au niveau magique, le plantain est sensé aider dans tous les charmes liés à la force, la protection et le soin. C’est une plante très sympa, toujours prête à aider, vous pouvez la cueillir sans trop de soucis. Vous le trouverez surtout sur les chemins en terre.

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Le Cerfeuil musqué, dont je ne vous conseillerais pas la cueillette si vous êtes novices, parce qu’on peut le confondre avec sa pote moins sympa la cigüe. Au contraire de le cigue qui a une odeur désagréable de pipi de chat, le cerfeuil sent très bon, et il n’a pas de taches rouges sur sa tige, qui est creuse et crénellée. En magie, le Cerfeuil musqué est l’une des 9 herbes sacrées, il est sensé protéger et purifier, comme ses confrères du charme.

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La grande Berce (et pas la grande Bertha, pardon c’était nul comme blague) , aussi appellée l’herbe à lapin, est assez commune dans les prés. Ca ressemble un peu à une grande rhubarbe, en plus dentelé. Attention à ne pas la confondre avec la Berce du caucase, qui est phototoxique: la Grande Berce a plein de petits poils doux sous les feuilles et sur la tige, que la Berce du caucase n’a pas, les feuilles de la grande berce sont aussi moins dentelées.

On peut utiliser les jeunes feuilles comme des épinards (n’essayez pas les grandes, c’est dégueu, j’ai testé), par contre vous pouvez faire des super salades avec la tige, que vous épluchez comme une tige de rhubarbe et que vous coupez en petit morceaux avec de la feta, des tomates, des concombres… Elle est hypotensive et diurétique , et riche en vitamine C au printemps. Je ne lui connais pas d’usage magiques, mais sait on jamais!

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L’Egopode est très commune dans les sous bois, on peut la consommer jeune en salade, ou plus vieille comme des épinards. Sa saveur est plutôt sympa, assez forte, et sa texture plutot douce, comparée à d’autres plantes sauvages. Pas d’usage magique connu, mais elle était appellée Herbe aux goutteux, car elle était réputée aider à soigner…la goutte.

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Le Geranium herbe à Robert n’a rien a voir, contrairement à ce que son nom indique, avec le géranium de ton balcon, qui lui doit être un poil toxique. On la trouve un peu partout sur le rebord des chemins et pieds des murs, son odeur est très agréable, on peut en faire des vins parfumés. On utilisait son infusion pour lutter contre la dysenterie et les hemorragies utérines, pour aider à stabiliser le taux de sucre dans le sang et pour désengorger les mamelles des vaches .

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La Vesce commune est intéressante parce que riche en protéines. Elle a un très agréable gout de petits pois, on la trouve surtout sur le bord des chemins et dans les champs, elle est aussi beaucoup utilisée en agriculture biologique. Pas d’utilisation magique connue au bataillon, mais par contre on sait qu’elle était une part certaine de l’alimentation de certains hommes du néolithique, et qu’elle était cultivée par les romains.

Voilà! On arrête la pour ce soir, bonne nuit les coccinelles et a bientôt! Une petite photo de Melchior et Balthazar mes nouvelles mini-opales, comme promis (pas plus grandes que l’ongle de mon pouce, mais costaudes! J’ai du mal à les apprivoiser ces saligaudes)

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(On dirait des minis Icebergs, c’est vraiment rigolo)

Débuter avec la cueillette sauvage

Me revoici dans l’arène pour vous donner, comme promis dans le dernier article , quelques détails concernant la cueillette sauvage.

Si vous avez envie de vous y mettre, pour récolter vos plantes vous même et les utiliser soit à des fins magiques, soit à des fins culinaires, soit à des fins médicinales, ou pour toute autre raison, il y a quelques règles à respecter afin que la cueillette et la dégustation, ainsi que la conservation se déroulent dans les meilleurs conditions possibles.

Sachez qu’il est plus facile d’utiliser les mêmes règles et de faire preuve des mêmes précautions pour toutes les plantes que vous cueillez, du moins lorsque vous commencez, comme ça si par exemple vous voulez utiliser votre aubépine pour en faire une tisane calmante ou en fumigation pour purifier un endroit, et bien y’aura pas de soucis en aval.

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La première difficulté à laquelle vous aurez à vous confronter, et non la moindre, est celle de l‘identification des plantes que vous cherchez. Soyez sur, et absolument certain, qu’il s’agit bien de la plante que vous voulez cueillir. Certaines plantes ont des cousines toxiques, comme par exemple le cerfeuil musqué qui ressemble à la cigüe. Pour éviter de passer de vie à trépas pour une bêtise, prenez un bouquin avec vous comme L’herbier a croquer , de François Couplan pour les débutants, ou Le régal Végétal pour ceux qui ont envie d’un truc plus consistant. Je préfère personnellement les ouvrages « non magiques » pour ce qui est de reconnaître les plantes sauvages, ils sont en général mieux documentés et plus complets; je recherche ensuite en aval les applications magiques des plantes qui m’intéressent , par exemple sur ce site là. Si vous n’êtes pas sur, cueillez quelques brins de la plante et ramenez les chez vous pour essayer de les identifier; ça peut etre un exercice sympa pour commencer .

Ensuite, soyez au courant des risques de maladies transmises par des parasites ou virus transmis par l’urine des animaux, comme l’echinococcose ou la douve du foie. (bon courage si vous allez lire les articles, c’est super dégueulasse. Mais que ça ne vous effraie pas, si l’on respecte quelques règles on a aucune chance de chopper ces saloperies) .

L’echinococcose est transmise par l’urine d’animaux sauvages, les cas sont très rares (15 par an environ) , et la plupart se concentrent dans l’est de la France et le massif central (voir la carte de Wikipédia), si vous allez ailleurs y’a aucun soucis. Mais si vous avez vraiment peur, cueillez les herbes qui se trouvent a plus de 50 cm du sol, ou dans votre jardin, aucun risque qu’il y aie du pipi de renard dessus.

Pour la douve du foie, on la trouve dans le cresson sauvage et dans les pissenlits qui se trouvent en aval des ruisseaux ou paissent des bovins ou ovins (vaches et moutons), du coup évitez simplement d’en ramasser et préférez le cresson cultivé.

Si malgré tout ça ça vous fait encore grave flipper toutes ces histoires de parasites qui vous bouffent le foie (nooooon reveneeeez je vous assure c’est bien les plantes sauvages!) , dites vous qu’il existe une solution toute simple qui permet une consommation sans risque des légumes.

Et oui. La cuisson. Normalement, si vous cuisez vos légumes, y’a plus aucun soucis. Bon par contre, la plupart des vitamines et micro-organismes nécessaires à la digestion se trouvent dans le légume cru et sont détruites à la chaleur, du coup c’est vous qui voyez!

Si vous partez pour une longue balade, n’oubliez pas votre pince à tique, pour la retirer vite fait, essayez de portez des collants ou leggins, afin d’éviter de chopper la maladie de lyme qui est une belle saloperie et transmise par les piqures de tique. Prenez aussi un petit flacon d’huile essentielle de lavande aspic, efficace contre tout type de piqures (ou mâchez du plantain avant de l’appliquer sur la piqure, ça marche aussi), et puis une bonne bouteille d’eau contre la désydratation, ainsi que quelques offrandes pour les esprits du lieux et pourquoi pas un outil de divination pour etre sur qu’on vous autorise à cueillir les plantes concernées.

Pour ce qui est de la cueillette proprement dite, ainsi que de la conservation et de l’utilisation des plantes , vous pouvez aller voir la vidéo de Lyra Ceoltoir (du blog Herbwitchery) qui est vraiment super bien faite; elle vous donne plein de tuyaux pour cueillir, faire sécher , conserver et enfin utiliser les plantes, comme par exemple:

Utiliser un panier en osier pour mettre les plantes qu’on cueille , afin de participer à la pollenisation et d’éviter d’abimer votre récolte (et puis c’est toujours sympa, le côté petit chaperon rouge en balade pour aller voir sa mère grand)

Ne pas utiliser de couteau en fer , certaines plantes n’aiment pas ça, en particulier celles qui sont liées à la faery. J’en ai eu la confirmation lorsque j’ai été cueillir de l’hellébore, j’avais des branches d’aubépine dans mon sac et je mets la main pour chopper mon couteau afin de l’utiliser pour couper l’hellébore, et BIM je me pique, mais bien méchant. J’ai essayé quand même (je n’avais aucune idée à l’époque que certaines plantes puissent ne pas aimer le fer), rien a faire, je n’arrive pas à couper les tiges. Solution: utiliser un couteau en céramique style celui là que j’adore, ou vos petites mimines .

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Faites juste attention si jamais vous cueillez des plantes qui ont une sève corrosive comme l’hellébore, mettez des gants , sinon vous risquez d’avoir des surprises.Pour vous donner un exemple, j’ai été cueillir de l’hellébore , puis je me suis mise à décortiquer les cosses pour récupérer les graines (personne a empoisonner je vous rassure, mais l’hellébore est une super plante pour tout ce qui est de banir les trucs pas beaux et méchants) , et là je sens que le bout de mes doigts me pique et devient rouge, je commence à avoir des vertiges. Je vais vite me laver les mains et regarde sur internet, et je m’aperçois que le suc est corrosif, et que les principes actifs peuvent passer dans le sang. Je vous avoue que j’ai un peu flippé quand même, j’étais shootée pendant au moins 3h, rien de grave, juste la légère impression d’être un peu bourrée ou d’avoir fumé. Donc prudence, renseignez vous bien; bien que les plantes toxiques soient dans l’ensemble assez rares dans la nature, c’est important de savoir les reconnaitre.

Evitez les plantes de bord de routes . Les voitures qui passent relâchent pas mal de pollution, qui peuvent passer dans les plantes. Pareil pour ce qui est de la cueillette en milieux pollués, vaut mieux éviter; c’est une raison pour laquelle j’aime cueillir mes plantes moi même et savoir d’où elles viennent, car leur teneur en principes actifs dépend de l’endroit où elles poussent.

Cueillez vos plantes de préférences le matin,  et lorsqu’elles sont sèches. Je crois qu’il existe différentes heures ou jours , voir saisons spécifiques à la cueillette de telle ou telle plante, ça ne fait jamais de mal de se renseigner, mais en général c’est le matin que les plantes sont au « must » de leurs arômes .

Triez et Rincez bien votre cueillette, surtout si vous allez la consommer après. Lorsque ce sont des plantes aromatiques de votre jardin, on conseille souvent de ne pas rincer , car la encore, ça retire pas mal de principes actifs. Mais pour celles cueillies dans la nature, il y a souvent de la poussière, ou des insectes dessus; il vaut mieux les laver , avec un petit peu de vinaigre de cidre dans l’eau de rincage c’est parfait. Triez votre cueillette en cueillant, et en rinçant une deuxième fois, histoire d’être bien sur de ne pas avoir autre chose que ce que vous voulez ; en particulier si vous partez pour cueillir différentes plantes, c’est toujours mieux de les stocker dans des sacs différents ou de bien les séparer, surtout s’il y en a des comestibles et d’autres pas.

Mettez les à sécher dans un endroit sec, chaud, sombre et sans poussière. La technique la plus simple est simplement de suspendre les bouquets tête en bas, en les attachant à un fil qu’on serre bien (les plantes se rétractent en séchant) . Attention à la lumière, ça a tendance a détruire les principes actifs de la plante, c’est pour ça que les faire sécher au soleil est en général une mauvaise solution.

Stockez les dans des pots en verre, à l’abri de la lumière, avec un bon étiquettage. Il est préférable d’utiliser des pots en verre avec un bouchon de liège, afin que l’air circule et que les plantes ne moississent pas. Sinon, les sacs en papier (éviter le papier blanc, qui contient du chlore et des agents blanchissants) style sacs qu’il y a dans les magasins bio pour prendre les trucs en vrac ou les légumes, c’est parfait; ou encore des petits sacs en tissus, c’est plus facile à transporter si vous partez en voyage.

Voilà! J’espère que ça vous aura aiguillés, n’hésitez pas à apporter des précisions/corrections si besoin, je posterais quelques plantes faciles à reconnaître dans le prochain article, avant de partir en Irlande demain !

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Voilà le premier de la série pour vous mettre l’eau à la bouche : le lierre terrestre (Glechoma hederacea), cette mauvaise herbe qu’on trouve dans tous nos jardins. Au gout très fort, on l’utilise en condiment un peu comme le persil ou le thym, pour relever les salades, potages, omelettes… J’adore ce gout, c’est hyper agréable, et plein de vitamine C. Elle est anti-inflammatoire, diurétique, astringente, expectorante; et en magie on l’appellait « couronne de terre », et réputée redonner des forces aux jeunes maman après l’enfantement, lorsque placées sous l’oreiller; on peut aparemment l’utiliser aussi pour la divination.

A ne pas confondre avec le Lierre Grimpant qui ne lui ressemble en rien, et qui lui, est toxique.