L’alimentation fermentée, ou l’apologie du moisi

Oui je sais, le titre de l’article est long et pas tès ragoutant. Pas très paien non plus. Mais vous aller voir, je vais trouver un moyen de vous connecter tout ça (je suis très forte à ce jeu! Donnez moi deux mots aussi éloignés que banane et assemblée nationale et je vous trouve un lien…Bon là en l’occurrence c’est easy, l’assemblée nationale est remplie de singes…mais bref, nous ne sommes pas ici pour parler politique!)

Parlons donc alimentation fermentée. Figurez vous qu’énormément de choses que l’on mange sont fermentées: le cidre, le vin, les yaourts, les fromages, la choucroute (ééééééé oui!), le pain…et aussi des choses un peu moins connues, comme le Miso, et les deux autres dont je vais vous parler ici, le Kombucha et le Kéfir.

Le processus de fermentation, c’est tout simplement la décomposition d’un composant par un organisme, souvent des bactéries ou/et des champignons, qui produit d’autres composants, comme des vitamines ou des minéraux, ou des gazs. C’est une transformation, c’est un truc auquel on a pas trop envie de penser, parce que ça nous rappelle trop la mort (qui est une transformation aussi, un genre de dissolution), mais c’est ce qui nous permet de vivre.

Et oui! La fermentation, c’est ce qui nous permet de digérer! On vit en symbiose avec un nombre de bactéries impressionnant (autant de bactéries dans nos intestins que de cellules dans notre corps, oui ça fait bizarre desuite), qui digèrent pour nous tout ce que nos sucs digestifs ne peuvent dissoudre, les fibres, certains sucres ou graisses…Pour en extraire les minéraux et vitamines et permettre leur assimilation pour l’organisme. C’est une symbiose. L’intestin est tapissé de neurones dont le nombre rejoint celui du cerveau d’un petit chien, et toutes ces neurones communiquent en permanence avec notre cerveau de la tête. C’est pour ça que quand vous êtes stressés vous digérez moins bien, que quand vous avez faim vous êtes de mauvais poil…Et inversement, si vous mangez mal et que vos bactéries ne sont pas contentes parce qu’elles n’ont pas de bon produits a digérer (on appelle ça une dysbiose, c’est le contraire de symbiose), elles envoient des signaux à votre tête, vous vous sentez mal, énervé ou sans énergie, et cela peut même favoriser des maladies comme l’obésité et le diabète.

imzefdqx

Il parait que ce bouquin est très bien, mais je ne l’ai pas lu.

On a donc tout intérêt à prendre soin de tout le microcosme qu’on habite! C’est notre univers intérieur, sens ésotérique mis à part. Et comment on fait pour en prendre soin, de nos petites bactéries?

on mange des légumes frais sans pesticides, s’il reste encore un peu de terre dessus c’est pas grave, c’est même bien. Il y a plein de microorganismes dans la terre et sur les plantes, ce sont eux qui se chargent de fixer les minéraux pour les plantes, tout comme le mycélium des champignons (vous voyez! ça fonctionne pareil que dans notre ventre. Quand un bébé mange de la terre il enrichit sa flore intestinale,tout comme quand il tête ou suce n’importe quoi, et une flore intestinale variée est signe de bonne santé, c’est comme un jardin, c’est mieux s’il y a de la diversité). L’alimentation que l’on a aujourd’hui, qu’elle soit bio ou autre, est beaucoup trop stérile. Notre peur des germes a finit par avoir raison de nos propres bons germes. N’oublions pas que chez les bactéries c’est comme chez les plantes: il y en a une majorité de « bonnes » et quelques unes pas drôles du tout. Et que le meilleur moyen de prévenir le développement des mauvaises, c’est de prendre toute la place libre avec des bactéries dites « utiles ».

On mange varié, et équilibré. C’est pour ça que c’est bien de manger à la fois des fibres, des féculents, et pas trop de sucre. Si tu ne manges que du pain par exemple, et bien il va n’y avoir que les bactéries qui digèrent le pain qui vont se développer dans ton ventre, et tu va avoir du mal a digérer le reste. C’est pour ça aussi que l’on peut devenir intolérant au lactose si on ne boit plus de lait pendant longtemps: les bactéries qui digèrent le lactose disparaissent juste de l’organisme. Et si on a perdu l’habitude de manger varié, on réintroduit un peu de tout dans l’alimentation, en petites quantités tout d’abord

Manger des trucs fermentés en complément de l’alimentation , qui aident la flore intestinale à se reconstituer, après des prises d’antibiotiques par exemple: yaourts, fromages, kéfir, miso, kombucha, légumes lacto-fermentés comme le kimchi, attention juste à l’acidité , tout est question de mesure

 

Ce qui nous mène à la question que vous vous posez tous.

MAIS QU’EST CE QUE C’EST DIABLE QUE LE KOMBUMACHIN ET LE KEFIR?

kombuchae

Sââââlut c’est moi Charlène le Kombucha

Le Kombucha, c’est un mélange de bactéries et de levures en symbiose que l’on utilise déja depuis des siècles au japon , en corée et en chine. On l’appelle « champignon de longue vie », car il est réputé purifier l’organisme,et augmenter le « chi » ou l’énergie vitale. Il est arrivé au début du XXème siècle en Russie, puis en Allemagne et en Europe. Il se nourrit d’une préparation de thé vert ou noir sucré (c’est très important de mettre du sucre, c’est ce qui sert de carburant au champignon) , et produit tout un cockail de vitamines et minéraux. Il aide à renforcer le microbiote intestinal, et par là renforce le système immunitaire. Evidemment, si vous allez sur internet, on va vous le vendre comme recette miracle pour régler tous vos problèmes, même votre cancer en phase terminale. Attention aux effets de mode!

Alors comment qu’on fait du Kombucha?

Vous pouvez tout d’abord aller jeter un coup d’oeil sur ce site là qui vous explique en détail la fabrication d’une souche de Kombucha: http://cfaitmaison.com/kombucha/kombucha-boisson.html

La chose principale qu’il faut retenir c’est de surtout ne jamais utiliser d’instruments en métal quand on travaille avec de l’alimentation vivante (miso, kombucha, kéfir…)

Les levures et bactéries ont la sale habitude de concentrer tout ce qu’il y a dans leur milieu, et elles vont carrément prendre le métal là ou il se trouve, c’est a dire dans votre cuillère ou votre casserole. Et ça va se retrouver dans votre boisson. Utilisez des récipients en terre (attention aux revêtements qui contiennent parfois du plomb),l’idéal étant un bocal en verre, ou en plastique. Lorsque vous filtrez, utilisez un linge plutôt qu’une passoire en métal.

Et surtout, ne fermez pas les bocaux. Les bactéries ont besoin d’air pour travailler, recouvrez les plutôt d’un linge tenu avec un élastique. Ces deux règles essentielles s’appliquent au Kéfir, au Kombucha et à la fabrication d’un levain maison.

Personnellement, j’ai simplement acheté une petite bouteille de Kombucha au magasin bio du coin, en vérifiant qu’elle n’était pas pasteurisée (si elle est pasteurisée, toutes les bactéries dedans sont mortes, et ça n’a donc plus d’intérêt), et puis j’ai rajouté la moitié de thé vert sucré, au préalablement refroidit pour ne pas tuer les levures. Et puis j’ai attendu une dizaine de jours le temps qu’une pellicule se forme. J’ai recommencé l’opération plusieurs fois, et puis je suis arrivée à un truc de l’épaisseur de cette espèce de vieille crêpe:

 

zedasqx

Image:Urbanherwifery

En général, je fais un litre de thé vert sucré avec de l’eau de source dans un gros bocal, je laisse reposer une semaine, puis je goûte et je mets en bouteille avec 2/3 de Kombucha, et 1/3 de jus de pomme, pour donner un côté pétillant et adoucir le goût assez fort et vinaigré du Kombucha.La formation d’un dépôt un peu plus sombre est elle aussi normale, vous pouvez le nettoyer en le filtrant a travers un linge ou en passant délicatement votre souche sous l’eau non chlorée (évitez l’eau du robinet, c’est moyen top) Vous inquiétez pas si vous foirez un peu au début, si le Kombucha est trop fort ou pas assez, ça demande un peu d’ajustement!

Et puis le Kombucha c’est comme un tamagochi ou une plante, ou un animal: il faut le nourrir en permanence, sinon il meurt. C’est à dire que si vous ne buvez pas de kombucha régulièrement (un verre par jour c’est bien pour commencer, au delà ça surcharge un peu le foie qui travaille trop fort à la détox) , il vaut mieux en acheter du tout fait une fois de temps en temps. En tout cas perso, j’aime bien le fait de prendre soin de quelque chose et le nourrir pour qu’il m’apporte plein de vitamines et du confort intestinal en échange , c’est un échange de bons procédés on dirait!

Pour le Kéfir, c’est plus ou moins le même principe, sauf que là on laisse un peu moins longtemps pour fermenter (environ une journée pour 1L), et que les levures se présentent sous la forme de grains, ou de poudre que vous pouvez trouver en magasin bio. On fait fermenter le lait de vache, de chèvre, ou le lait de soja sucré pour le kéfir de lait, ou le jus de fruit pour le kéfir d’eau. Pour plus d’infos, je vous conseille encore le super site de C fait maison!

kefirrr

A gauche: Firmament le Kéfir de lait et a droite, Firenze le  Kéfir d’eau avec des framboises et du citron, ça vient du site http://vertmasante.blogspot.ie/2012/05/kefir-deau-et-de-lait.html

Voilà, j’espère que ça vous aura fait aimer un peu plus le moisi et les champignons, parce que ce sont nos amis (on dirait une conclusion de mauvais dessin animé pour enfants, merci Aalzen-derien tout le plaisir est pour moi)

Poutoux plein de bactéries. (miam)

 

 

 

 

Publicités

Un chant pour le Gardien

A Hard Rain’s a gonna fall, Bob Dylan

Oh, où étais tu donc, mon fils au yeux bleus,

Et où étais tu donc, mon jeune ami,

J’ai trébuché sur les flancs de douze montagnes embrumées

J’ai marché et nagé le long de six autoroutes tortueuses

J’ai traversé le coeur de sept forêt tristes

J’ai fait face à des douzaines d’océans morts

J’ai parcouru dix mille kilomètres dans la bouche d’un cimetière.

Et c’est une pluie drue, une pluie drue, qui va tomber.

Oh, qu’à tu donc vu, mon fils au yeux bleus

Et qu’à tu donc vu, mon jeune ami

J’ai vu un nouveau né entouré de loups

J’ai vu une autoroute de diamant déserte

J’ai vu une branche noire qui dégouttait du sang

J’ai vu une pièce emplie d’hommes aux marteaux ensanglantés

J’ai vu une échelle blanche recouverte d’eau

J’ai vu dix mille beaux parleurs aux langues arrachées

J’ai vu des fusils et des épées acérées dans les mains de jeunes enfants
Et c’est une pluie drue, une pluie drue, une pluie drue qui va tomber.
Et qu’à tu donc vu, mon fils au yeux bleus?
Qu’à tu entendu, mon jeune ami?
J’ai entendu le tonnerre résonner sans avertissement
Entendu le rugissement d’une vague qui pourrait engloutir le monde entier
Entendu cent tambours dont les mains brûlaient
Entendu dix mille chuchotements et personne pour les écouter
Entendu une personne mourir de faim, j’en ai entendu beaucoup rire
Entendu le chant d’un poète qui mourrait dans le caniveau
Entendu le gémissement d’un clown qui pleurait dans la rue
Et c’est une pluie drue, une pluie drue, une pluie drue qui va tomber.
Qui as tu donc rencontré, mon fils aux yeux bleus?
Qui as tu donc rencontré , mon jeune ami?
J’ai rencontré un jeune garçon derrière un poney mort
J’ai rencontré un homme blanc qui appelait un chien noir
J’ai rencontré une jeune femme dont le corps brûlait
J’ai rencontré une jeune fille qui m’a donné un arc en ciel
J’ai rencontré un homme blessé par l’amour
J’ai rencontré un autre homme blessé par la haine

Et c’est une pluie drue, une pluie drue, une pluie drue qui va tomber.

tumblr_nkwnsabO5y1r4c2c6o1_400

Le prochain article sera un peu plus drôle, promis! On va parler recettes, moisi et cocktails sur-vitaminés parfaits pour une petite cure de printemps.

A la prochaine!

Le pouvoir de désillusion et le charme d’internet

Les choses qu’un homme a vu et entendu sont des fils de vie, et s’ils arrivent à démêler ces fils de la quenouille emmêlée de la mémoire , ceux qui le désirent peuvent les broder en la tapisserie de croyance qu’ils désirent. Moi, comme n’importe qui d’autre, ai brodé ma propre tapisserie, mais j’espère qu’elle me tiendra chaud; et qu’elle ne finira pas par prendre ma place.

L’espoir et la Mémoire ont une fille , et son nom est Art, et elle  a construit son nid bien au delà du champs de désespoir ou les hommes accrochent leurs tapisseries sur des bâtons fourchus pour qu’ils leurs servent d’étendard de bataille.

Oh, fille aimée de l’Espoir et de la Mémoire, reste avec moi encore un peu.

William Butler Yeats, préface de The Celtic Twilight, 1893

J’ai lu un article formidable coécrit par deux personnalités que j’adore: John Howe, illustrateur attitré du Seigneur des Anneaux, et Robin Hobb , auteure du merveilleux cycle de fantasy l’Assassin royal et Les aventuriers de la mer. Ils y décrivent leur rapport au merveilleux, tout d’abord par une courte description des transformations des divers personnages de foklore à travers les âges , puis ensuite par un reflexion personnelle sur notre perception du monde centrée sur l’humain et notre rapport à internet.

Vous pouvez aller lire l’article entier par ici: http://www.john-howe.com/blog/2016/03/15/the-spell-of-disenchantment/

 

On peut se demander de manière légitime « mais ça sert à quoi de fantasmer sur des mondes de fantasy , des trolls, des licornes, des dragons et des elfes, ça va pas te faire avancer dans la vie ni t’aider à trouver de la bouffe, il est où le côté pratique? » Ce à quoi John Howe répond:

Notre monde est tellement plus riche de toutes ces informations non-pratiques. Cela ne nous aidera pas à trouver une place de parking, un restau sympathique ou un bon plombier, mais ça nous permet d’ouvrir nos horizons, autant les horizons de l’esprit que ceux qui nous sont plus lointains. Mutatis mutandis, tout change, tout reste pareil.

Peut importe à quel niveau tes capacités de rationaliser peuvent s’appliquer, peut importe à quel point tu appliques le doute, peut importe à quel point tu peux être  pratique, peut importe jusqu’à quel point on porte aux nues le progrès, ni à quel point tes sciences sont scientifiques; peut importe ta vitesse de téléchargement, le fantastique refusera toujours de s’incliner avant de quitter la scène.Tout troll qui se respecte ne se laisse pas abattre si facilement.

Oui je sais, je me contredis. Moi qui prônait l’application de la méthode scientifique à tout rituel et qui ne prétendais que la magie n’avait d’intérêt que si elle était pratique, me retrouve maintenant à dire qu’en fait, on s’en fout de la praticabilité.

Il faut dire que je suis quelqu’un de morcelé. Quelqu’un qui, comme Paragon dans les Aventuriers de la mer de Robin Hobb, marche en permanence sur le fil du rasoir qui sépare le blanc du noir, le ying du yang, la science de la magie, le masculin du féminin, le pratique de l’imagination. Quelqu’un qui cherche désespérément à rassembler les pièces éparses de son Soi malmené, pour regagner un équilibre. Et regagner cet équilibre passe par le fait de tisser des liens entre toutes ces notions en apparences contradictoires, parce qu’elles font toute partie de moi. C’est a dire chercher à trouver un lien entre science et magie; me rassurer en corrélant découvertes scientifiques et pratique, douter de ma magie et de ma sanité , parce que d’un je ne suis pas de celles qui arrive a chaneller directement avec esprits et divinités (comme je l’expliquais, j’en suis à une phase d’ancrage, c’est a dire couper toute relation direct avec l’autre monde afin d’être assez solide si la porte s’ouvre à nouveau), essayer de museler cette imagination débordante par une main de fer afin de garder un équilibre entre ciel et terre.

tumblr_o3wn3nfYLS1qhmfh4o1_400

Image : sarakipin

Enfin plutôt que de continuer à tergiverser là dessus, je vais vous traduire quelques extraits de l’essai de Robin Hobbes. Parce que c’est important en ce moment. Parce qu’internet est devenu une hydre incontrolable dans laquelle on a vite fait de se perdre. Parce que la magie existe, et qu’il est important que chacun trouve la sienne, sans chercher à copier celle d’autrui.

« Tout d’abord, il y a une question que j’adore poser aux enfants. Le enfants de 8 ou 9 ans sont parfaits, mais parfois on peut avoir une réponse interessante avec un enfant de 14 ans.

« Est ce que tu as découvert ta propre magie? »

Quelques enfants malheureusement, ont déjà été désenchantés. Privés de ce droit de croire. Ils sont persuadés que la magie est tout aussi imaginaire que le père Noel ou l’homme vert. Et si tu laisse ces enfants en ma présence assez longtemps, je peux parfois essayer de la faire revivre. Mais ça prend du temps. Ca n’arrive pas dans une maison ou en face d’un ordinateur. Ca n’arrive même pas avec un livre et une tasse de thé devant un feu de cheminée, même si c’est un enchantement d’une sorte différente.

Ca se passe en dehors, dans le monde. Ca n’a pas besoin d’être une forêt primordiale. Tu peux trouver la magie dans une ferme ou dans un jardin de balcon. John, je le crois, la trouve dans les vieilles pierres moussues travaillées et touchée par l’humain, sur les plages sauvages et dans le tronc des très vieux arbres. Il y a une sorte d’enchantement dans les tracteurs rouillés, et la magie se trouve dans un nid d’oiseau orné de coquilles vide. La magie, c’est un rang de radis qui perce le sol noir et humide. Elle est la respiration d’un bébé chien. Elle est dans la vieille machine à coudre de ma mère, et dans les pipes sculptées de mon père.

tumblr_o3nhokC3BC1qe8pboo4_r1_1280

Image:junyiwu

Non. Je ne parle pas de métaphores, similitudes ou autres pirouettes littéraires.Je vous dis quelque chose de vrai.

Et vous le savez qu’il y a du vrai là dedans, et vous ressentez un certain inconfort à l’admettre. Mais il fait sombre dedans et j’ai une tasse de thé chaud et un chat sur mes genoux entre moi et mon clavier. Alors pour une fois, parlons en.

Avez vous découvert votre Magie?

C’est mon cas.

Non, je ne vais pas vous le prouver. Je ne vais même pas vous dire en quoi elle consiste. Et je ne ressens aucun besoin de le justifier.

Tout simplement parce que tout comme tout auteur de fantasy ou de SF le sait si bien, » toute science suffisemment avancée n’est pas bien différente de la magie », « toute magie qui peut être prouvée devient de la science ».

Demander à la magie qu’elle se « prouve » par une méthode scientifique et tout aussi déraisonnable que de prouver le pouvoir de l’amour en psychologie. Clamer que l’enchantement et la science ne peuvent cohabiter est une restriction qu’on s’impose, qui , pour moi, n’a aucune base logique. Ca me rappelle tout ces gens qui me insistent sur le fait que les e-books seront la mort du livre!

Voici le problème que je rencontre dans ma vie de tous les jours. Il y a une restriction terrible qui s’opère dans le flux que vous êtes autorisés à avoir. Il y a une forte tendance, tout du moins ici, aux US, de croire que vous avez à choisir. La science. La religion. L’enchantement. Faites votre choix.

Désenchanter les jeunes est vu comme une étape nécessaire dans leur évolution vers l’âge adulte. Quand est-ce qu’on vous a dit qu’il n’y avait pas de père Noel? Et est ce que c’était véritablement nécessaire qu’on vous dise quelque chose comme ça? Quand est ce que la petite souris a cessé de laisser des pièces d’argent sous votre oreiller? Quand est ce que votre trèfle à quatre feuilles a-t-il été relégué au rang de « superstition stupide »?

Et surtout, pourquoi?

Vous n’avez pas à laisser tomber ça. Je peux souder un circuit électronique, aller au Liddl le dimanche, et soigner votre verrue en vous l’achetant pour une pièce d’argent. Mes parents m’ont donné tout cela, et ne m’ont jamais demandé que j’abandonne aucune de ces choses pour en avoir une autre.

Voici une histoire vraie. J’ai vécu pendant un an tout près d’une station de surveillance de satellite du nom de Chiniak, sur l’île de Kodiak, en Alaska. Et durant toute cette année, ils commencèrent à avoir des problèmes avec l’équipement. Des bugs inexpliqués aparaissaient. Un grand nombre d’hommes qui travaillaient là avaient des ancêtres Hawaiens, et ils firent venir une sorte de chaman (désolé, je ne connais pas le nom exact) qui leur conseilla de faire un cercle de sel tout autour de l’installation. Ils commencèrent donc à le faire, ce qui prit des tonnes de sel et beaucoup de temps.

Pendant ce temps, un autre expert vint. Son analyse scientifique était que l’électricité produite par la terre à cet endroit était mauvaise pour les instruments. Son conseil? Saler la terre aux alentours pour permettre une meilleur conductivité.

Et ainsi le problème fut résolut grâce à la convergence de la science et de la magie. Très pratique, j’ai toujours pensé. Personne n’a a être en tort. Personne n’a besoin de déposer les armes.

Mais revenons à la question que j’adore poser aux enfants. « Avez vous donc trouvé votre magie? »

Il y a des enfants qui bloquent complètement quand je leur demande. Parce que cette question implique que s’ils ne l’ont pas encore trouvée, c’est qu’il la trouveront dans le futur. Qu’ils peuvent la trouver. Que j’espère qu’ils la trouveront. Ca leur donne le droit. Certains me disent immédiatement ce que leur magie est. « Les oiseaux font attention à moi ». » Je peux faire souffler le vent ».

Et beaucoup d’enfant deviennent immédiatement suspicieux, si ce n’est en colère. « La magie, ça n’existe pas » qu’ils assurent, comme si je les avais insultés. Comme si j’avais volé une pièce de l’âge adulte qui venaient de gagner, juste en posant une question. Et si jamais je pose cette question en la présence d’adultes, certains reculent direct comme si je venais de corrompre leur enfant « De quoi parlez vous? » une mère me demandait. « La magie, ça n’existe pas ».

(‘ De quel conte de fée vous êtes vous retirée? » J’ai voulu lui demander)

Dans quelques articles précédents, John mis le doigt sur quelque chose d’important à propos des enfants et du dessin. Tous les enfants savent dessiner. Jusqu’à que quelqu’un leur dit qu’ils ne peuvent pas, que c’est pas bien ou pas assez bien. A ce niveau là, beaucoup d’enfants s’arrêtent de dessiner et ne recommencent jamais plus.

Et ça se passe de la même manière pour notre capacité d’émerveillement. Cela existe pour nous, jusqu’à ce que quelqu’un nous dise que c’est pas bien, ou que ça ne peut pas être prouvé.

Qu’est ce qui se passerait si vous vous donniez là permission, pour une seule journée, de croire que vous possédez de la magie en vous? Qu’est ce qui se passerait si vous autorisez ce don à coexister avec la science, la religion et internet, sans conflits et contradictions?

Même si je ne vous demande pas de me croire quand je vous dit que j’ai trouvé ma magie, je vous demande de penser à la chose suivante: « Peut être que ça veut dire qu’il n’est pas encore trop tard pour trouver ma magie. »

Je me suis éloignée très loin de mon sujet originel.

Mais dans l’espace qu’il existe entre les chapitres que je devrais être en train d’écrire, j’aimerais suivre l’un des affirmations intrigantes que John à fait: « Nous nous sommes inévitablement placés au centre de l’univers avec nos préoccupations envers notre univers intérieur. »

Wow, est ce qu’on en est vraiment arrivé là. Internet est bien évidemment la première chose qui me vient à l’esprit. Mais laissez moi revenir en arrière un peu juste avant de plonger là dedans.

Chacun de nous créons notre propre réalité. Lorsque j’étais enfant, je passais des heures à me demander comment chacun d’entre nous voyait le monde. Littéralement « voir ». Est ce que mon « vert » est le même que le « vert  » de mon voisin? Il n’y a aucun mot qui nous permettrait le savoir, car tous les mots qui sont reliés au « vert » sont subjectifs. Peut être que si je me branchais sur votre cerveau, je découvrirais que votre gazon est mon rouge et que le votre est en fait marron (je ne parle pas des cônes et batonnets qui se trouvent au fond de la rétine, mais de l’expérience subjective qu’on en a) Je me demande si le temps passe de la même façon pour chacun d’entre nous. Est ce que ta minute subjective est la même que la mienne? Parfois mes minutes sont très rapides, et parfois je me déconnecte complètement du monde des autres, et je suis en retard pour un rendez vous (ça m’arrive souvent quand je vais dans la forêt. Je pense que je suis partie pour une heure, je reviens et je vois que le dinner est déja passé et que les gens sont partis devant la télé. Ou, encore plus bizarre, je me dépêche de rentrer à la maison pensant que je suis partie pendant des heures, et qu’une seule heure à passé pour les gens que j’y ai laissé. Est ce que j’ai passé une frontière du pays des fées ou le temps passe différemment? Est ce que c’est grave si c’était le cas?)

Mais je disgresse.

Je suis déjà partie bien trop loin de ce que je pensais que j’allais dire.

Nos univers personnels incluent nos codes personnels de bien et de mal, notre reconnaissance ou déni d’une présence divine, une supposition de l’endroit où nous trouvons dans la hiérarchie sociale et de toutes les pièces qui forment notre identité. Nous créons ce « normal » comme une armure dans laquelle nous vivons. Pour certains d’entre nous, cela inclus la race, le sexe, et l’identité nationale. Nous sommes, chacun de nous, un petit château sur la colline et certains d’entre nous ont de très petits pont-levis par lequels nous régulons qui nous laissons entrer et ce que nous acceptons comme « ce qui doit être ». Certains d’entre nous dénient la science. Certains dénient la spiritualité. La plupart se positionnent quelque part entre ces deux extrêmes. Certains admettent l’émerveillement. Une petite part d’entre nous seulement non seulement l’admettent, mais le chérissent et le nourrissent.

Mais cela m’attriste de dire que j’ai rencontré un grand nombre de personnes qui n’admettent aucun émerveillement dans leur monde personnel. Aucune magie, aucun mysticisme, aucune spiritualité. Pas de dieu, ni de Satan, pas de djinn, pas de fées dans le jardin. Les elfes, les nains, les licornes, les trolls, les divinités qui vivent dans les fontaines. Ne soyez pas bêtes! Ils n’ont jamais jeté de sel par dessus leurs épaules.

Qui vit dans leur monde? Uniquement des gens, et ces sacs de viande qui bougent, les animaux. Les arbres ne leurs paraissent vivants que parce qu’ils ont besoin d’eau et qu’ils grandissent. Ca me parait vraiment bizarre de m’imaginer que certains d’entre eux lisent de la fantasy. Ils n’admettent pas la possibilité de l’émerveillement dans leurs vies de tous les jours, et si je la mentionne dans la mienne, je suis gentiment (ou parfois brusquement) rabrouée. Comment donc un adulte, cette entité rationnelle dotée d’une éducation occidentale croire en de choses pareilles?

Et pourtant ils tombent parfois sous le coup du plus grand enchantement de notre temps. Dans l’armure de ce qu’ils croient que le monde est, ils s’aventurent en dehors, pour combattre ceux qui n’admettent pas leur réalité.

Vous vous rendez bien compte que je parle d’internet.

Nous vivons aujourd’hui dans un temps ou nous créons communément un monde électronique où nous, humains, vivons et jouons et travaillons et les hommes sont au centre de cette création. Ca n’est pas qu’un simple jeu multiplayer en ligne dont les humains sont le point central. Ca n’est plus simplement Second Life, qui depuis 10 ans est encore d’actualité pour beaucoup de gens. Ca représente TOUT CELA à la fois.

Et ce monde est entièrement humain.

Pas de chiens autorisés. Pas de rennes, pas d’herbe, pas de moustiques, pas de virus. Juste des gens. Juste des pensées de gens et juste de l’interaction humaine. La nature est encadrée avec précision et reléguée au rang de jpgs, gifs et tifs. Les chats portent des chapeaux et disent des trucs marrants. Le monde naturel n’est admis qu’à travers un filtre anthropocentré. Et si jamais quelque chose va mal dans ce monde, cela ne peut être qu’un homme le responsable.

Tous les jours je m’aventure dans ce monde anthropocentré. Et tous les jours je pense qu’on à fait un mauvais taff lorsqu’on à créé cette nouvelle réalité.

Et il n’y a aucun charme là dedans.

Comme j’aimerais pouvoir dire cela.

Mais ça n’est pas vrai.

Car le charme de ce monde est plus captivant que même la Foret. Plus prenant que l’Histoire. Fait par les humains, taillé pour les humains, il nous appelle, encore et toujours, comme les Sirènes sur les rochers. J’ai vu des mariages rater parce qu’une personne à oublié sa maison et sa famille pour rejoindre des potes de World of Warcraft. « je dois y aller. Ils ne survivront pas sans moi. » Des parents jouent alors que leur enfant meure de faim.

Et pas qu’une fois.

Dans un monde fait par les humains pour les humains, le charme est surpuissant.

Tout les réseaux sociaux et blogs que nous créons impliquent que lorsqu’on poste quelque chose à propos d’une situation, quelque chose est changé. Le fait de l’écrire est important, et poster devient la marque d’une importante incantation. On en rigole, mais combien d’entre nous pouvons ignorer un avis qu’on ne supporte pas sur internet? Ou se réfréner de « liker » quelque chose qui résonne avec nous? A la fin de la journée, combien d’entre nous reviennent à leur page facebook pour observer les réactions que l’on à reçu, ou retourner sur cette discussion sur Reddit ou Twitter pour ajouter un commentaire final? On a toujours ce petit sentiment d’accomplissement lorsqu’on le fait. Gagner un badge sur ce site là, devenir un Top reviewer sur Amazon, passer les mille post ou avoir 1000 follower sur Twitter! Des prouesses magiques.

C’est le miroir magique duquel on ne peut détourner notre regard. On peut commander à notre propre reflet, être ce qu’on choisit d’y projeter. L’étang dans lequel Narcisse se regarde n’est rien sur internet. Choisissez votre avatar. Devenez ce que vous voulez.

Je suis tout aussi coupable que quiconque.Il y a 30 ans, je ne passais aucun temps sur le net. Le téléphone était assez rapide pour moi, et la piscine d’AOL m’offrait toute l’interaction online dont j’avais besoin ou pour laquelle j’avais du temps.

Et maintenant, en plus de mon monde réel et de ma famille, de la ferme, des mes animaux et des tâches ménagères, j’appartiens à un monde virtuel tout aussi demandant. Non, même plus encore. Ma famille sait qu’il y a mieux à faire que de débouler dans mon bureau et me taper sur l’épaule lorsque j’écris. En tout cas, au moins les membres de la famille qui marchent sur deux pattes et sont à mes côtés depuis au moins 10 ans le savent! Mais les mails, twitter, et Instagram ne connaissent pas ces barrières. Si je ne les fais pas taire, ils s’incrustent, et ceci 24H par jour, car mon monde virtuel est basé en Europe, en Asie, mais aussi en Australie. Littéralement, à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, si je le permets, mon téléphone et mon ordinateur émettent de petits couinements qui m’avertissent que mon univers électronique à besoin de mon attention. Facebook. Deux sites web. Instagram. Twitter. Tumblr. Vine. Oui. Tous à la fois, et peut être même plus si je ne peux les en empêcher.

tumblr_nxpg9d82Ax1r71sa0o1_400

A quel point cet enchantement est-il réel?

Sans aucun doute, c’est une création extraordinaire. Les téléphones portables sous les angles des tables nous enchantent. Les amis imaginaires qui existent sous forme d’avatar sur l’écran nous tirent hors de nos dinners de famille et de nos conversations dans les voitures. Les voilà, les trolls de John, les voila revenus à la vie, puissants et qui menacent les ponts de pixels que les gens essayent de construire entre eux. « Ne nourissez pas les trolls! » on nous prévient. Imaginez un monde ou les trolls peuvent faire du Vaudou. Vous pouvez l’appeller lynchage online si vous préférez. Les trolls attaquent un teenager en une horde mâchant et mordante. Les autres rassemblent, tout comme les corbeaux appellent au meurtre qui veut molester une chouette. Les becs et les machoires ne cessent tant que le suicide n’à pas lieu. Le tout accomplit grâce au toucher intangible de l’électronique.

 

Des dieux mineurs font retentir leurs blogs sur le firmament. Les puissants sont aussi cruels et racolleurs que les anciens dieux de l’Olympe. Si vous n’êtes pas d’accord avec eux, vous serez la cible de moqueries. Les chiens de l’enfer et les harpies ne sont rien en comparaison de la colère de centaines de posts et d’emails qui pleuvent sur vous et coulent de votre écran dans votre « vraie » vie. Soyez dans l’offense, et vous serez bannis dans le monde de la non-existence, « unfriended » ou bannis de votre ISP. Si vous vous aventurez dans les sites interdits aux gens de bien, où vous pensez pouvoir tout trouver pour presque rien, et les nains de l’envie découvriront votre identité et infiltrer votre machine avec spywares ou virus.

Une chasse aux sorcières? Salem ne peut même pas espérer en faire autant.

Y’a t’il des elfes clairs dans le monde de l’internet? Ceux qui postent des images de chat, partagent leur photos, leur art et leurs histoires, peut être qu’ils s’agit d’eux .
Ils sont comme de petits brownies, ils font un peu de bien sans qu’on ne les remarque. Ils fondent des campagnes pour permettre au monde d’être un peu plus égal, en demandant à chacun un don. Ils repostent les annonces pour retrouver des chats errants ou des enfants en fugue. Ils cliquent sur une petite icône souriante en dessous de l’un de vos commentaires. Ca n’est pas si mauvais que ça par ci , à partir du moment où tu restes sur le chemin du vent qui passe entre ces forêts de données et d’utilisateurs.

Rappellez vous l’ancienne magie. Ne révélez jamais votre véritable nom à un étranger, car cela lui donne un grand pouvoir sur vous.

John écrit  » l’émerveillement échappe à toutes les tentatives d’organisation, et de dogmatisation, il sera toujours changeant et fluctuant comme un feu follet, passant outre les définitions faciles, et lorsque piétiné, il ressurgit toujours autre part. »

Il a tout a fait raison. »

 

tumblr_mdwvzaxU8K1qd9m9xo1_r1_400

JOSEPH STELLA. The Virgin, 1926

 

 

 

 

La spiritualité est-elle compatible avec l’esprit scientifique?

La dissonance cognitive n’est pas une transe extra-corporelle vers les annales Akhashiques qui renferment toutes les connaissances de l’univers et dont aucun visiteur n’a jamais pensé à ramener quoi que soit d’utile. Ce n’est pas non plus un voyage astral au plafond de la chambre permettant de s’isoler le temps d’un coma éthylique de l’écrasante présence d’un surmoi surmené par des séances enfumées d’introspection du moi kundalinique.

 

La dissonance cognitive est un malaise, une tension, un état déplaisant voir extrêmement désagréable où l’individu se trouve lorsqu’il se trouve en présence d’éléments cognitifs contradictoires.

Cf: le mec ci dessous avec les gants jaunes.

J’aime bien me faire du mal. Par là, ne comprenez pas que j’aime chausser le cuir , le baillon et les menottes et me mettre à quatre pattes, mais que j’aime bien me mettre dans des situations inconfortables. Mon amour des Tricksters peut être. Un certain esprit de contradiction, que je teste en premier lieu envers ma propre logique et mes propres croyances.

 

Si tout comme moi vous êtes souvent pris de grosses crises de doute en mode « mais je suis juste timbrée en fait! Je me fais des films, avec mes histoires de magie, de dieux, c’est juste que je me suis construite une grosse histoire dans mon petit crâne de piaf parce que j’ai jamais reçu ma lettre de Poudlard!« , vous savez de quoi je parle. Ce gros doute qui vous effleure en permanence, qui vous fait penser qu’en fait, bah vous n’êtes qu’un Moldu frustré atteint du syndrome de Peter Pan.

Vernon_Dursley_2

Feuque.

Venant d’un milieu cartésien, ayant pour papa un gars qui travaille dans les fusées , un frère thésard, une soeur en école de commerce et un bac scientifique option physique-chimie,  je suis très loin de posséder une éducation qui me dirige naturellement vers l’ésotérisme. Et pourtant j’y suis tombée les deux pieds dedans. Mais comment j’en suis arrivée là? Et est ce que l’approche sensitive et instinctive de la pratique spirituelle peut être corrélée par une approche scientifique et méthodique des fait, où est ce que je cherche juste à prouver mes croyances par des raisonnements biaisés histoire de me rassurer dans ma démarche et d’éviter ces fameuses dissonances cognitives?

tumblr_o2nlsz536g1qafq9co2_500

Salut. Je vais te poser un dilemme qui ne te laissera pas indemne. (image: Rachel Suggs )

J’imagine que tout le monde les expérimente. Et que tout le monde les fuis comme la peste. Les dissonances cognitives, c’est cette sensation désagréable, un mélange de honte, de confusion et de déni que l’on ressent lorsqu’on fait quelque chose qui n’est pas en accord avec nos valeurs, ou qu’on se rend compte que quelqu’un vient de démonter nos arguments et qu’il existe une faille dans notre raisonnement.Et là, c’est le drame. Le fragile édifice qui donnait sens à notre vie s’effondre dans une faille trans-dimensionnelle.

Et pour éviter de tombe dans le trou, l’homme a développé plusieurs techniques d’esquive. (on appelle ça dans le jargon: retrouver une consonance cognitive, càd retrouver une certaine harmonie dans notre façon de de comprendre le monde)

1)tu construis un pont par dessus l’abîme:

esquive

Technique d’esquive N° 1

On appelle ça « rajouter des éléments consonants ». Prenons l’exemple d’une croyance , je sais pas, en les ovni par exemple.

Si quelqu’un te démonte ta théorie par des arguments lambdas , et que tu sens que ça menace ton estime de soi (parce que tu pourrais potentiellement avoir tort, ce qui est un gros coup dans la face de ton égo), tu vas te réconforter en lisant des articles sur des témoignages de gens qui ont vu des ovnis, ou regarder des émissions sur la question. Ouf, il existe donc des preuves que tu as raison, ton honneur est sauf.

Prenons un autre exemple.Si tu es vegan mais que quelqu’un te propose un gâteau aux oeufs qui a l’air absolument délicieux et que tu finis par craquer…Tu te sens mal. Tu expérimentes une DISSONANCE COGNITIVE , parce que tes principes-ne pas manger d’oeufs- entrent en conflit avec le fait que…tu en ai engouffré un bon nombre.

 

Passons donc à la deuxième technique de fouine anti-dissonances:

2) Reboucher le trou, ou ne pas lui laisser l’occasion de se former.

  • dodgeq

Easy.

C’est ce qu’on appelle « ôter les éléments dissonants. » : en gros, on change nos comportements , nos actions pour qu’elles soient consonantes.

Je m’explique: si par exemple, ta pote revient ENCORE UNE FOIS pour te proposer un flan breton bourré d’oeuf alors que tu ne manges TOUJOURS pas d’ovules de poule, tu va juste …dire non à ta pote. Tu ne manges pas d’oeufs, tu n’expérimentes donc pas la dissonance parce que tu es resté réglo avec toi-même.

C’est la technique qu’utilisent les stoïciens, qui partaient du principe que l’univers était régit par le Logos, le principe logique. Selon eux, on peut scinder le monde en deux parties:

-ce sur quoi on a pas d’influence, donc ce sur quoi on a aucune raison de se prendre la tête. Tu mets juste toute ce gloubiboulga de côté et tu laisse l’univers faire ce qu’il veut avec son joujou astronomique.

-ce sur quoi tu peux avoir une influence, càd tes propres pensées et opinions. Et afin de garder une cohérence là dedans, il suffit simplement de coller à une éthique personnelle. Tu te fixes des règles morales, tu hiérachises l’importance de ces règles, et tu t’y tiens. Ca te permets de garder un pratiquement parfait alignement pensées-paroles-actions; et donc…de garder une consonance cognitive.

 

Pfiouh. J’vous sens fatigués là. Un peu de patience.

 

3)Prétendre qu’il n’y a pas de trou.

sdcsjhxsqox

 

Ah bah on est dans la matrice de toute façon. On fait tout ce qu’on veut. Et puis la cuillère n’existe pas.

En gros , tu va chercher à justifier ton comportement mental en modifiant l’importance à tes yeux des éléments les uns par rapport aux autres. Tu vas trouver que les éléments qui amènent une dissonance ne sont pas importants, et tu va porter aux nues ceux qui amènent une consonance – qui te font te sentir bien-.

Et cette théorie, figurez vous que les grecs l’avaient bien illustrés par la fameuse histoire du renard et du raisin.

The_Fox_and_the_Grapes_-_Project_Gutenberg_etext_19994

C’est l’histoire d’un renard qui a très faim, et qui voit une belle grappe de raisin. Il veut la chopper, mais après plusieurs essais infructueux, il décide d’abandonner. Et pour se rassurer, il se dit:

« bah, finalement, les grains étaient tout petits, et puis chuis sure qu’ils étaient même pas murs et tout amers »

En gros, si tu te trouve face à quelqu’un qui va démonter tes croyances, tu va te rassurer en le descendant « bah, c’est qu’un scientifique, ils n’ont aucune intuition, on ne peux pas tout expliquer avec la logique« . Il est très difficile de douter, bien plus que de rester engoncé dans ses opinions comme un Bernard l’ermite dans sa coquille, il est beaucoup plus facile de rester au milieu de gens qui partagent nos opinions et de de lire des articles qui nous confortent que de risquer de ressentir cette désagréable dissonance cognitive en lisant, ou écoutant des choses qui pourraient nous faire plonger dans le doute.

Bon. Mais je suis en train de vous dire quoi là? Qu’en fait, vous n’êtes qu’une bande de baltringues illuminés de croire en des choses aussi floues que des « esprits » ou des « dieux » dont l’existence n’a encore été jamais démontrée par aucun protocole purement scientifique?

Non. J’aime juste voir sur quoi reposent nos croyances, et si l’on s’est posé les bonnes questions: par exemple: si vous êtes capables de regarder les vidéos du mec en jaune ou d’argumenter avec quelqu’un sans ressentir cette fameuse dissonance cognitive, c’est que vous avez déjà bien exploré la question, étudié les contres arguments et construits votre pratique sur une base assez solide pour ne pas être ébranlée par le premier coup de vent. Il ne s’agit pas de s’enfermer dans une opinion, mais bien de rechercher systématiquement le grain de sable dans l’engrenage qui pourrait mener à une perception illusoire et erronée du monde. Mais comment faire pour être sûre qu’on est pas victime d’un biais de confirmation?(clique clique donc sur cette autre vidéo si tu veux en savoir plus! )

C’est le problème de la synchronicité évoqué par Carl Jung: ou quand par exemple, tu penses à un dieu, et la BAM, tu vois dans ta vie de tous les jours un élément qui « confirme » de ton point de vue sa présence. Ou quand tu penses a Zeus et que tu te retrouves avec un camion qui croise le chemin JUSTE DEVANT TOI avec écrit en très très gros ZEUS dessus. Ou que tu vois une boite d’abricot du nom d’ODINa alors que tu demandes une confirmation d’Odin. Comment être sure qu’il ne s’agit pas de ton cerveau qui a sélectionné une information plutôt qu’une autre (la mémoire sélective) pour la relier à ton imagination ou que l’univers, plutôt sympa, a gentiment semé des indices dans la vie pour le petit poucet perdu que tu es? Comment être sure que les tirages qu’on effectue ne sont pas que des banalités que la personne en face interprète en fonction de sa propre histoire personnelle ? Comment être sur que de se donner une « ligne de vie », se faire prédire l’avenir ou croire au Karma ne sont pas que des shémas qui nous enferment un peu plus dans une vie plus tracée, et donc plus sûre, afin de nous éviter les affres du doute liées à la prise de décision?

 

Bon. Je trolle.

Trolls

NON…Je…Vous êtes moches de toute façon, allez bzzzzt, déguerpissez!

MAIS NON PAS VOUS! REVENEZ! JE VOUS AIME!

On va essayer de trouver des solutions pour éviter de se faire troller, ou de se faire gonfler l’égo parce qu’on a toujours envie que le monde soit beaucoup plus merveilleux qu’il le l’est , et que l’univers nous aime d’un amour infini.

Rester PRAGMATIQUE . Les shamans des sociétés primitives de s’amusaient pas à gigoter comme ça pour amuser la galerie. On n’allait pas voir un shaman pour savoir si on devait se teindre en blonde ou pas, ou si on était un atlante dans une vie antérieure. En fait, on s’en fout de tout ça. Ce qui comptait, c’était guérir les épidémies, trouver de la nourriture , un campement , comprendre pourquoi telle femme était stérile ou pourquoi bidule se tapait une poisse tellement monstre qu’il pouvait se mettre en danger. Comme disait La tronche en biais, on peut se demander pourquoi personne n’a jamais ramené des anales akhashiques des solutions concrètes pour aider a traiter le cancer, trouver des concepts qui nous permettent d’utiliser des énergies autres que fossile ou tout simplement vérifier nos dires en faisant une question test par exemple (du type « est ce que machin est ceci, ou cela », partir dans les annales akashiques sachant qu’une personne extérieure au pratiquant connait la réponse, et attendre de voir si la personne qui revient des annales nous propose la même réponse que celle qui la connaissait depuis le départ. Là, on pourrait avoir une confirmation de la légitimité de cette expérience (je ne dis pas qu’elles n’existent pas, je demande juste des applications concrètes autres que de me dire ce que j’étais dans une vie antérieure, pour être honnête j’en ai rien a faire, ce qui compte pour moi c’est maintenant, et ce que je vais faire dans le futur de ce Moi de maintenant)), et l’utiliser à bon escient.

Utiliser des techniques de confirmation à chaque fois qu’on a l’impression de faire l’expérience d’une synchronicité ou qu’on reçoit un message : par exemple si j’ai une intuition, je vais ensuite tirer un ou plusieurs oracles pour vérifier que cela concorde avec mon intuition, qui peut être biaisée par ma propre vision du monde et mon égo. Ou je vais demander plusieurs signes si un dieu ou un esprit me fait coucou, et si plusieurs signes concordent, en m’étant tout d’abord assurée que je ne me faisait pas un film en m’imaginant que la feuille là avait la forme d’une grue et que HO MON DIEU ça veut surement dire que je vais marcher sur une peau de banane!

Vérifier ses sources: Si tu trouves un texte qui parle de telle ou telle divinité ou telle ou telle technique de divination, faire une petite recherche sur l’auteur, ses motivations (s’il est scientologue, il va forcément te raconter des histoires destinées à prouver que Dieu existe et qu’il nous sauvera tous de l’apocalypse). Le relais des articles et leur écriture est souvent motivée par ce fameux Biais de confirmation dont nous parlions plus haut: on a juste envie de lire ou d’écrire des textes qui vont nous conforter dans nos opinions. Alors si on veut être objectif autant qu’on peut l’être, on remonte à la source (j’adore remonter à de très vieux textes quand je travaille sur le paganisme nordique) , et on essaye de trouver des sources fiables (par exemple, je note lorsque je trouve un auteur que j’estime fiable de mon point de vue, il y a moins de chance pour que je remette en cause d’autres travaux de lui par la suite, même s’il faut toujours garder l’esprit critique)

 

PRATIQUER, PRATIQUER, ET ENCORE PRATIQUER. On ne le répètera jamais assez, l’expérience est encore le meilleur moyen de s’assurer que telle ou telle chose marche: si tu as fait pousser un poireau a côté d’une patate, et qu’il a vachement mieux poussé que celui qui était à côté de la carotte, tu peux recommencer l’expérience à plus grande échelle. Et si tu te rends compte que tes récoltes de poireau sont vachement plus grandes que les précédentes lors de la récolte d’après, tu sais que tu peux compter sur cette méthode là (même s’il faudra toujours s’adapter, les conditions changent en permanence, s’il fait très sec une année, cette méthode ne sera peut être pas la plus adaptée) . Tu fais ton expérience, tu notes les effets concrets et tu vois ce qui peut être amélioré, ou ce qui est à mettre à la poubelle. Je persiste à le dire: ma pratique ne fait sens que si elle aide concrètement autrui et que j’en vois les effets psychologiques et/ou physique sur le monde dans lequel je vis. Même si ces effets ne peuvent pas toujours être mesurés dans l’instant, ou qu’ils ont des répercussions inattendues.

Autrement, tu ne fais que ça  que pour te faire mousser. Ce qui nous amène au cinquième point:

METTRE SON EGO DE COTE. Le plus important n’est pas d’avoir raison pour conforter notre égo malmené, c’est juste de proposer une solution qui amène à une harmonie avec le monde qui nous entoure. Et ça passe aussi par le fait d’aider autrui, lorsque c’est dans nos moyens. Et ça veut dire avoir une bonne conscience de nos capacités, et de nos limites. Avoir conscience que nous sommes aussi faillibles. Ce qui nous emmène jusqu’au dernier point:

Ca n’est pas la fin du monde si on se plante. Personne n’a science infuse, tout le monde fait des erreurs, et ça n’est pas grave. Au contraire, il vaut mieux être conscient qu’on ne sait pas tout, qu’il est donc possible qu’on soit dans l’erreur, et rester perméable au doute. J’avais une phobie de l’erreur quand j’étais plus jeune, au point que ça me paralysait totalement, j’en devenais incapable de faire la moindre action, parce que je pensais à toutes les conséquences potentielles qu’elle pouvait engendrer, je cherchais l’action parfaite qui m’amènerais à la synchronicité totale en m’évitant toute possibilité d’erreur.

Ce qui n’est évidemment pas possible. Les tricksters m’ont aidé à dédramatiser, à me dire que peut importe le fait d’être potentiellement en train de commettre ou de dire une connerie; il vaut mieux parfois agir que de rester bloquer éternellement dans les potentialités et dans l’esprit; et que l’action et la parole juste viennent avec la pratique.

 

Voilà! c’était bien long comme article mais la prochaine fois je vous parlerais de trucs marrants et bien concrets: le MOISI. (hmmm; ça donne envie gertrude!) Ou comment faire moisir des trucs chez vous pour faire des trucs chouettes, comme son propre levain, vos yaourts maison ou du Kombucha, une super-boisson-pleine-de-vitamines.

kombucha

Saluuuut c’est mouaaaaa le Kombuchaaaaaa je suis ce truc dégueu qui flotte comme une vieille crêpe! (mon appareil photo est tout pourri alors j’ai pris une photo sur le net)

Allez. Une dernière petite vidéo pour vous prouver que la science, ça peut faire rêver.