Le chemin des oghams

FeigeFind

 

J’avais commencé à travailler avec les oghams il y a de ça un peu plus d’un an, à l’aide d’un jeu que j’avais gravé en argile. Etant donné que je voulais travailler avec les plantes, ça me semblait être un bon outils pour communiquer avec; j’ai donc commencé à me plonger dans les racines de ce langage ancien, originaire d’Irlande.

Je ne referai pas ici d’explications sur l’origine ni la signification des ogham, je pense que vous pouvez en trouver assez facilement sur internet, à la place, je vais plutôt vous exposer ma manière de travailler avec, ainsi que quelques expériences plutôt marrantes avec ces ladies de feuilles et de racines.

J’aime utiliser des oracles différents en fonction des dieux, divinités ou esprits avec lesquels je travaille; certains réagissent mieux, ou préfèrent certains oracles qui sont plus adaptés au contexte dans lequel ils évoluent, ainsi qu’à la nature de leurs énergies. Les runes par exemple, sont assez impersonnelles et plus « brutales » dans le sens ou elles m’évoquent des forces primaires hors de l’humain, telles que le feu, le vent, l’eau, la grêle…Bien sur, il y en a certaines qui sont liées à des concepts humains, mais il n’y a rien de personnel en elles dans le sens où l’on ne fait pas référence comme dans les jeux de tarots a des archétypes tels que le pape, l’empereur, l’amoureux…

Les oghams sont clairement plus végétaux, ils sont verticaux, je les utilise du coup par exemple pour cerner les blocages énergétiques: je les tire en ligne, de bas en haut, avec un ogham pour chaque chakra; et si certains oghams sont à l’envers, je vois où se trouve le blocage, et quelle est sa nature. Leur énergie est plus douce que celle des runes, elle enracine et s’étend vers le ciel en colonnes.

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Mais revenons à mes expériences avec les ogham. Les runes me boudaient un peu depuis que j’étais arrivée en Irlande, il m’a semblé donc de circonstance que de renouer avec mes oghams que je n’avais pas utilisés depuis trois plombes.

J’avais un mal de chien à m’ancrer. J’avais les plus grandes difficultés à me concentrer au travail. J’avais les nerfs à fleurs de peau, cette sensation désagréable d’être submergée d’informations, noyée dans un flux constant de bruits, de pensées, plus encore que des images où sons, j’avais l’impression qu’il s’agissait de parasites, embrouillant tes sens, ta communication, ton rapport au monde. Echos du parking d’en dessous, pubs qui popent partout sur tes fils d’actualité, présences et réflexions d’un faux monde né de quelques emballages, étiquettes, affiches publicitaires et  machines aux engrenages de plastique.

 

« Le rugissement de Londres, dit Louis, est tout autour de nous. Les motocycles, les voitures, les omnibus passent et repassent continuellement. Tous fusionnent en une seule roue formant un seul son. Tous les sons séparés — les roues, les cloches, les cris des ivrognes,  des commerçants– sont fondus en un seul son, d’un bleu acier, circulaire. Puis une sirène hurle.  Ce rivage se retire, les cheminées s’aplanissent, les bateaux sont près à prendre la mer.

« Percival est prêt à partir, dit Neville. Nous sommes assis ici, entourés, illuminés, colorés; toutes les choses — les mains, les rideaux, les couteaux et fourchettes, les autres gens qui dînent — s’entre-pénètrent. Nous sommes emmurés ici. »

Virginia Woolf, la vague

J’ai essayé le yoga, la méditation, les exercices de respiration. Rien à faire. Rien ne restait, si ce n’est l’impression fugace et fortement désagréable que quelque chose n’allait pas. Comme si j’avais dérivé du chemin que je devais prendre, ou qu’une infime bifurcation m’avais emmené sur un chemin qui n’était pas le mien.

Les nerfs tendus comme un arc et le cerveau en bouillie, en proie à une agitation dont je n’arrivais pas à me débarrasser, les crocs dehors et sens aux abois, je décidais finalement de me fier à mon instinct, de prendre mon sac, un truc chaud, un Kway, de l’eau et mes oghams et d’aller dormir dehors, à même le sol.

Il est 22h. J’enfourche mon vélo pour pédaler jusqu’à un coin tranquille que j’avais repéré.J’ai pour habitude de donner des noms à certains objets que j’aime bien, ma bicyclette s’appelle donc Seamus. Ça m’est venu comme ça en l’enfourchant pour la première fois. Ma première réaction ça a été « Quoi? Seamus? Mais c’est pas la blonde en armure de je sais plus quel jeu vidéo?  » Je googeul. Ah non, la blonde c’est Samus, pas Seamus. Seamus est un nom Irlandais apparemment (tiens donc, ça tombe bien) qui veut dire  » Celui qui porte le talon ». Plutôt de circonstance pour un vélo! Parfait, Seamus, adjugé vendu, partons donc à l’aventure.

La campagne irlandaise est sublime; le ciel s’enflamme, les oiseaux diurnes chuchotent et laissent leur place aux nocturnes; l’air est saturé d’odeurs de fleurs , de vert, de terre fraîche, comme s’il s’agissait de l’exhalation de la terre toute entière avant de s’endormir, ou qu’au contraire de sa forme nocturne s’éveillait. J’aime plus que tout ce moment entre chien et loup, la rencontre entre deux univers et le moment de tension qui en résulte, tout y est plus flou, comme si l’on se retrouvait à marcher sur deux chemins à la fois, ou regarder dans deux directions à la fois.

J’arrive dans le champs que j’avais repéré. J’avais fait une balade la semaine d’avant, je m’étais posée dans le champs, j’avais chanté pour l’esprit d’Irlande, pour les esprits du lieu. Ca m’avait fait un bien fou. J’avais tiré les oghams; qui me disaient qu’en gros « je n’y connaissais pas grand chose aux esprits d’ici ». Je suis en terrain inconnu, étrangère en terre de légende, où je me dois de m’intégrer, de communiquer, d’échanger.

Je m’enroule dans mes pulls, mon Kwai qui m’isole partiellement de l’humidité du sol, pose ma tête sur mon sac. Je demande aux esprits s’ils veulent bien me laisser pioncer ici. Oui. Ah,  chouette! Je pose un peu de pain pour eux sur le côté, et un peu d’eau de ma gourde, infusée avec de la menthe. Le sol est super froid, ça me glace les os. Et oui, c’est loin d’être la canicule ici, la nuit, la température passe en dessous des 10 degrés!

C’est vraiment froid. Je jette un coup d’oeil à mon bouquin Survie douce en pleine nature, de François Couplan ». Ah, il faut faire un matelas en plantes pour s’isoler du sol? Je prends mon couteau, je commence à couper les herbes toutes autour de moi.J’en entasse assez pour que ça soit confortable. Ah oui, c’est beaucoup mieux, mais j’ai fuckin’ froid aux jambes! Penser à la couverture de survie, la prochaine fois, pour s’isoler complètement de l’humidité et garder un minimum la chaleur. Je ferme les yeux et reste là, sentant la terre vivante sous moi. C’est très étrange comme sensation, tu as le cœur qui commence à battre fort, comme porté par une énergie gigantesque, comme si tes sens et ta propre énergie commençaient à se mettre au diapason avec cet immense cœur qui bat. Je commence à avoir peur de cette énergie gigantesque, j’ai soudain envie d’avoir quelqu’un là, à côté de moi, une présence chaude et rassurante.

Nos sens se sont étendus. Membranes, toiles de nerfs qui pendent blancs et mous, se sont gorgés et s’étendent puis flottent tout autour comme des filaments, rendant l’air tangible et captant tous les sons éloignés que nous n’entendions pas auparavant.

Virginia Woolf, La vague

Ton ego se rétracte et se dissout pour faire soudain face à l’immensité des forces dont tu es dépendant et que tu ne perçois pas au quotidien, protégé, ou plutôt coupé par les énergies humaines, par le béton, par ta maison, par la communauté. La communauté et ton chez toi te protège de cette énergie et puissance écrasante, mais lorsque la communauté s’enferme dans une forteresse et qu’elle s’y dissout, réduisant les rapports humains à de simples interactions numériques, il y a un vrai problème.

Personnellement, j’ai tendance à croire que les rapports humains et interactions sociales sont engendrés entre autre par le fait que seuls, nous serions écrasés par cette puissance de la Terre, de la nature. Nous ne sommes pas prêts, physiquement et mentalement, à supporter ça. S’associer, échanger, comme les cellules d’un organisme qui travaille en harmonie, est une condition indispensable à la survie.  En l’absence de forces opposées, les cellules retournent à leur individualité, stagnent et puis se décomposent.

Je n’ai pas tenu face à ces forces. Il faisait trop froid, je n’étais pas assez équipée. Vers 1h du mat, je me décide à retourner dormir chez moi. A la prochaine, Eireann. Cette expérience n’étais pas vaine, je me sens malgré tout plus calme que je ne l’ai été depuis longtemps. J’ai les mains qui chauffent, et le corps qui vibre, comme emporté par un courant puissant.

 

NorthernLights

Je poste un dernier petit extrait de La Vague de Virginia Woolf parce que j’arrête pas de retomber dessus et que ça me perturbe grandement (m’est avis que c’est un message de Loki qui tourne dans le coin , ce p’tit malin ne me lâchera jamais les basques, et quand il veut dire quelque chose il insiste jusqu’à ce que tu saisisses son message)

Je ne suis pas vulgaire; je ne suis pas snob. Si je m’ouvre à la pression de la société, je m’en sors souvent par des pirouettes linguistiques en introduisant quelque chose de difficile dans la conversation. Regardez donc mes petits jouets, tordus en moins d’une seconde, voyez comme ils aiment ça. Je ne suis pas quelqu’un qui entasse les possessions– Je laisserais très certainement  moins d’une valise de vêtements lorsque je mourrais — et je suis pratiquement indifférent à toutes les petites vanités de la vie qui causaient à Louis tellement de tortures. Mais j’ai sacrifié beaucoup. De part le fer qui coule dans mes veines, marbré d’argent et de boue quelconque, je ne peux pas serrer le point fermement comme le font ceux qui ne dépendent pas des stimulus. Je suis incapable de dénier quoi que ce soit, je suis incapable du moindre héroisme à la manière de Louis et Rhoda. Je n’arriverais jamais, même à l’oral, à construire la phrase parfaite. Mais j’aurais au moins contribué bien plus au moment qui passe que chacun d’entre vous. Je me dois d’aller explorer encore de nouvelles pièces, bien plus de pièces que n’importe qui présent . Mais parce qu’il y a quelque chose qui vient de l’extérieur, et non pas de l’intérieur, je serais oublié; lorsque ma voix sera silencieuse vous ne vous souviendrez plus de moi, car elle sera enregistrée comme l’écho d’une voix qui une fois transformait les fruits en phrases.

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I feard the fury of my wind

I feard the fury of my wind

Would blight all blossoms fair & true

And my sun it shind & shind

And my wind it never blew

But a Blossom fair or true

Was not found on any tree

For all blossoms grew & grew

Fruitless false tho fair to see

William Blake, I feard the fury of my wind

J’eus peur que la fureur de mon vent

Ne détruise tous les fleurs de vérité et de justice

Et mon soleil brillait et brillait

Et mon vent jamais ne souffla.

Mais aucune fleur de vérité ou de justice

Ne se trouvait dans aucun des arbres

Car toutes les fleurs s’épanouissent

Sans se préoccuper de savoir si leur fruit sera juste ou bon.

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Image: victor ngai

Cet article sera surement plus intimiste que les précédents, mais j’ai besoin de l’écrire, ça a un côté cathartique. Le vent souffle de toutes ses voix dehors, ma mère dirait surement qu’il s’agit du « vent des fous », qui fait perdre l’esprit à ceux qui l’écoutent trop longtemps.

Je vais partir pour célébrer Litha à vélo, dans un cercle druidique. C’est la première fois que je m’y rends; jusqu’ici, les sabbats que j’ai fêté , je les ai toujours effectués en compagnie d’amis proches, des paiens tout aussi déjantés que moi qui n’ont de titre que celui du très fameux « coven des pizza » (moi c’est prêtresse Calzone d’ailleurs, faut bien rigoler un peu, j’ai du mal avec les gens qui se prennent trop au sérieux).

Ca va paraître super hérétique de dire ça, mais je n’ai jamais ressenti le besoin de fêter les esbats et sabbats. Je les fête parce que j’aime voir des gens pour cette occasion, j’aime avoir un contexte, j’aime cuisiner, préparer, partager avec un petit groupe de gens tout aussi tarés que moi avec lesquels j’ai l’impression que je peux enfin, pour une fois, arrêter de me cacher et de prétendre pour se fondre en société. Avec eux, pas besoin de se cacher pour aller faire un calin à un arbre, discuter a bâtons rompus d’esprits et d’énergie dans le métro sous les regards dubitatifs de passants en en ayant juste rien à taper de ce que le bon sens commun me dicte, s’arrêter pour ressentir une fleur, un arbre.

Aujourd’hui, ils sont tous en France, et ils fêtent Litha ensemble. Et oui, déménager, c’est ça aussi; manquer ces réunions qui m’étaient ô combien bénéfiques.

Les changements d’environnement me sont toujours difficiles. Depuis les quelques semaines que j’ai passé ici, je me réveille tous le jours a 4h du mat, je dors plutôt mal, et surtout j’accumule un stress incroyable. Tu te dis « OH! CHUIS UNE SORCIERE OU JE LE SUIS PAS HEIN? UNE BONNE PURIF’ ET C EST BON, A LA POUBELLE LE STRESS! »

Mais non. Ca ne fonctionne pas comme ça. Si la magie nous rendais infaillibles, ça se saurait. On peut , au mieux, toucher du doigt les choses qui sont responsables de notre état de stress et de faiblesse, et essayer de trouver des solutions pour les atténuer.

« OK. Je vais me faire un cercle super puissant autour de ma chambre, j’enfume tout avec de la sauge et je mets du sel autour de mon lit, ça devrait le faire.  »

Mes runes: « Nope. Tu ne te protèges pas. »

Je repose la question, une , deux fois. Ca ne peut pas durer les mecs! Faut que je me repose la! Laissez moi un peu de répit, laissez moi retourner dans ma grotte et me couper du monde le temps que je me reconstruise un minimum!

-Nope. et Re-nope.

Je pose la questions à mes autres oracles. Tous me redisent exactement la même chose.

« Ne te protège pas ».

Bon, ok. Merci les mecs, j’ai compris la leçon. Je suis fatiguée, épuisée. Il me suffit de fermer les yeux pour que des images étranges, des mandalas, des formes terrifiantes et magnifiques ne se meuvent au delà de mes paupières. Imagination? Ou est-ce qu’effectivement, le jour de Litha est bien, avec celui de Samhain, le jour ou la frontière entre les deux mondes est la plus faible? Je me souviens mon dernier Samhain. La nuit, je vais à ma fenêtre. Je ferme les yeux, et de nouveaux, toutes ces formes étranges et visions qui s’impriment , impression grouillante d’une farandole organique, comme l’expression visuelle de chants, des ondes sonores mises en couleurs, des odeurs transformées en sons, des peurs, des espoirs, des vies au delà de l’humain qui se pressent sur le pas de la porte. Flippant et exaltant à la fois.

Je décolle vers 3h30 de l’après midi. 30 minutes, ça devrait être suffisant pour aller jusqu’au jardin ou se tient la cérémonie, à 10 km de la ville. Je charge mon sac avec une infusion de plantes pour boire durant le trajet, quelques pierres, tarots et runes, un pain spécial aux herbes de ma confection pour le repas (un truc complètement random, avec de la betterave, de la sauge, de l’ortie, du plantain et de la menthe) , et mes petites gambettes qui j’espère tiendront bon sur tout le trajet.

Le vent souffle . Toujours plus fort, et contre moi. Pédaler est difficile. Putain de faux plats, putain mais c’est les montagnes russes ce pays! J’y vais doucement. Je m’arrête dès que je commence à être un peu épuisée. Oh, tiens, de l’achillée millefeuille. Hop, dans le sac. Le vent hurle toujours a mes oreilles, il semble me passer à travers, arracher tous les lambeaux de ce que je suis, me réduire à un fétus de paille balloté dans un ouragan; et les feuilles autour gémissent, les arbres frémissent, toute la plaine semble couchée sous la force de ce vent tout puissant, qui n’a que faire de ce qui essaye de lui résister. Il mugit, rugit, et je commence à avoir peur. Et si je n’y arrivais pas? Si je tombais de fatigue, là, sur le bord de la route? L’épuisement et ses symptômes reviennent, comme à chaque fois que je force trop physiquement. Les vertiges tout d’abord. La difficulté à respirer. Les tremblements. Je serre les dents. Nope, ça ne se passera pas comme ça. Tiens bon, petit corps. Je récite dans ma tête le mantra d’agni, en espérant qu’il opposera une résistance farouche à mes peurs qui se pressent sur le palier.

Je m’arrête. Suis-je au moins sur le bon chemin? Une voiture qui passe me réponds que oui « mais c’est à pétaouchnock, vous feriez mieux de revenir à la ville pour prendre le bus »! Non, pas question! D’ailleurs je tire une rune pour me conforter. Tiens, le chêne à l’endroit. C’est quand même pas mal pour une rencontre en clairière druidique!

Je continue sur mon chemin. Ça fait maintenant plus d’une heure que je pédale, je n’en peux plus. Et toujours aucun signe de l’endroit ou se trouve la clairière. Je décide de m’arrêter pour demander mon chemin à trois passants.

« ah mais c’est pas du tout par ici! Vous êtes au moins à 20 km de l’endroit où vous vouliez vous rendre! Il vous faut revenir à votre point de départ et puis reprendre une autre route ».

WHATTTT????

Je ne sais pas si c’est mon air dépité allié à ma teinte de tomate dégoulinante de sueur qui leur a inspiré de la pitié, mais le fait est qu’ils décident de me parachuter (façon de parler hein) à mon point de rendez vous. C’est que ces monsieurs ont une fourgonnette et qu’ils ont de la place pour ramener aussi ma bicyclette, vous voyez.

Je ne peux qu’acquiescer en hochant la tête, trop fatiguée et embuée de gratitude pour parler.

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tulutuuuutuuuuuu *petite musique d’interlude* Nous reprenons bientôt notre programme cher lecteur avec l »illustratrice Andrea Wan. Bonne après midi à vous et ne manquez pas nos prochains articles!

J’arrive finalement à la clairière , avec deux heures de retard. Il y a je ne sais combien de voitures parquées devant le jardin. He beh, je ne pensais pas que c’était aussi connu! Mes conducteurs s’enquièrent du genre d’évènement qui se déroule ici « heuuu vous savez, un genre de fête. Je sais pas trop, c’est la première fois que je viens ».

Le jardin est magnifique. N’importe qui y aurait juste vu un bordel innommable où la nature aurait décidé de faire ce qu’elle veut, j’y vois une explosions de formes, de couleurs, de vie qui vibre incroyablement. Tiens donc, mais y’a un genre de « sas » aussi! Oh, tiens , une aubépine ! Je te reconnais ma grande, ton énergie chaleureuse m’est tellement agréable. Oh!  De la consoude! De l’ajonc, de l’armoise!

Je suis aux anges. Je sens que je vais me plaire ici. Je me rends compte à quel point un coin tranquille m’avait manqué durant tout ce temps.

Les convives sont déja tous à table. Il y a des jeunes, des vieux, assez peu de gens de mon âge au final, tous bavardent tranquillement.  On est assis sous la véranda, à laquelle on accède par un petit chemin coincé entre les églantiers. La nature semble t’accueillir à bras ouverts. Des tableaux un peu kitsch sont accrochés un peu partout, des grisgris, des représentations de la déesse mère et du « green man » fleurissent sur les murs. Ici, une cane ornée d’une superbe ramure de cerf. Des capes vertes, violettes, noires sont accrochées sur le porte manteau. La cuisine, tout aussi chaleureuse, est toute de bois, de céramique et de tommette vêtue. Les plats sont disposés sur une grande table en bois brute, à gauche est accrochée une grande étagère qui sert de refuge à d’innombrables tasses en céramique émaillées, gravées de triscels, oghams et labyrinthes. Des paquets de chocobons , des bocaux, des statuettes en bois africaines et un réchaud à bois sur lequel trône une énorme théière en métal viennent parachever l’impression d’avoir passé un porte pour un autre monde.

Après avoir mangé un bout (je mourrais de faim!), le silence se fait soudain. Il est temps pour chacun qui le veut de partager les oeuvres qu’il souhaite. Tout le monde, jeune et vieux , mettent la main à la pâte, offrant leur voix, leurs mains qui font chanter leurs instruments, ou simplement leur attention. Certains sont extraordinairement touchants, on y sent une souffrance poignante et vibrante, qui semble toucher la maîtresse de cérémonie de plein fouet. Chez elle aussi, il y a une espèce de souffrance sourde, et un genre de réactivité extrême , comme un instrument très délicat que le plus petit souffle d’air ferait vibrer; le maitre de cérémonie, qui me fait penser au père noël à woodstock (il était paré d’un t shirt fantastique aux couleurs psychédéliques , je respecte profondémment ceux qui osent porter des trucs pareils), semble diminué, comme si on ne l’entendait que de très loin , comme si tous ses « sons » étaient comme étouffés. J’appris plus tard, en revenant en voiture avec l’une des convives qui avait un coffre assez grand pour y mettre mon vélo, qu’elle avait été très affectée par la perte d’un parent proche, et qu’elle ne faisait plus de cours d’herbalisme à cause de la maladie de son mari. (quel dommage, j’aurais adoré en savoir plus, cette femme semble posséder un vrai talent!)

Je revins chez moi le soir, fatiguée mais heureuse. Comme si l’effort physique, et le fait de résonner avec la souffrance d’autrui par leurs chants , poèmes et sons m’avait en quelque sorte « nettoyée ».

Le vent est retombé, après avoir chassé les nuages.

Traité de guérilla verte à l’usage des sorcie(è)r(e)s en herbe

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Avez vous déja entendu parler du Guérilla Guardening? C’est un mouvement activiste écologiste, originalement créé par Liz Chrystie en 1973 à New York , et dont l’objectif était de convertir un lotissement abandonné de Manhattan en jardin collectif. C’est un mouvement qui prône la réappropriation de terrains dans un intérêt commun, une transformation du paysage urbain (et autre!) , des actions en faveur de la biodiversité . Les Guérilla Guardeners sont pacifistes, et prônent une révolution des moeurs en semant tout aussi bien dans les consciences que dans tout terrain propice au retour en force tranquille du végétal: fissures, terrains vagues, murs, trotoirs… Ce mouvement a essainé partout dans le monde, et la France n’est pas en reste grâce au Guérilla Guardening France, leur approche est tout aussi sensible que politique, jugez plutôt:

Nos actions sont une forme d’art urbain qui a pour objectif bien plus que celui de faire joli. Il nous permet de faire passer un message, de questionner les passants, d’expérimenter des formes de communication diverses. L’incroyable diversité d’actions possible grâce au végétal permet à chacun de s’exprimer comme il le souhaite. Nous militons pour un retour au concret, au sensible (touché, vue, odorat, gout, ouïe…), l’utilisation du corps, d’une gestuelle, de la matière vivante ou organique, à utilisation des mains, des outils, des plantes et leur diversité de formes et de couleurs.  La guérilla jardinière est un laboratoire d’idées concrètes explorant les limites de l’art des jardins. La « gratuité » de l’acte artistique semble primordiale pour permettre une liberté d’expression, pour accepter de se mettre dans une autre temporalité : celle des saisons et du temps qui passe.

Nos médiums sont des terres, du compost, des graines, des plantes, des boutures, de la mousse avec comme cadre de l’eau, du soleil, du temps. Comme support le milieu urbain – délaissés , toits, trottoirs, fissures, murs, limite de jardin privatifs etc …

On pourrait remonter jusqu’au XVème siècle pour trouver l’origine du guérilla guardening, avec les actions des « Diggers » tels que Gerrard Winstanley et William Everard qui luttèrent contre l’enclosure ( l’appropriations  des terrains collectifs cultivés par de grands groupes qui mirent en place des taxes, une agriculture à grande échelle qui fut les prémisce du capitalisme) . L’enclosure enlevait aux petits fermiers jusqu’ici indépendants la possibilité de vivre du glanage, de mettre de côté pour faire commerce des récoltes en trop et surtout de disposer entièrement de leurs propres ressources. Elle a été à l’origine de la migration de beaucoup de fermiers vers la villes, qui ne pouvaient plus assurer leur subsistance. (c’est très bien expliqué dans le super bouquin Caliban et la Sorcière de Silvia Frederici, une paienne activiste (et féministe, mais c’est une autre histoire et je ne veux pas aborder cette problématique par ici, dans le sens ou je ne veux pas militer uniquement pour le droit des femmes, mais surtout et simplement pour le droit de la terre, des Hommes et du vivant en général) )

Bref! Devenir un guérilleros en herbe, c’est essayer, à sa façon et par plein de petites actions, de changer le monde à son niveau. Je ne crois pas en les grandes batailles érigées contre les grandes institutions pétrolières ou agroalimentaire comme Monsanto, je ne vois pas comment concrètement se battre contre l’arrivée au pouvoir de  tout un tas d’horreurs, je ne vois pas comment m’opposer aux lois totalement abberrantes comme le traité transatlantique ou ce catalogue de semences qui est une limitation insensée de l’expansion de la biodiversité.

Non. Je crois en la révolution de l’homme par l’intérieur, en le pouvoir de se changer soit même pour que le rayonnement se propage dans notre entourage , je crois en les consciences qui s’aiguisent et qui ne demandent qu’à adhérer à des micros mouvements et à toutes ces alternatives qui fleurissent en ce moment tels que les jardins partagés urbains, l’association de pierre rabhi Les Colibris , l’association Graines de troc qui permet de revendre sous le manteau n’importe quelle semence déloppée dans son jardin sans se préoccuper de ce satané catalogue ou encore Kokopelli , qui s’est d’ailleurs prise pas mal d’amendes pour avoir revendu des semences non répertoriées, mais qui tient bon envers et contre tout.

D’ailleurs leurs graines sont super, j’ai planté un mélange « engrais vert » ( ça nettoie et revitalise le sol, apporte de la matière organique pour l’année suivante) dans le jardin de mes parents avant de partir , regardez moi comme c’est beau! (il parait qu’il y a plein d’abeilles dedans, je suis happy 😀 )

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Et puis voila petite armoise plantée à l’entrée du jardin, qui j’espère deviendra grande. Je l’ai plantée là pour qu’elle serve de protectrice au jardin et à ses habitants.

Il me semble très important aujourd’hui de suivre de près toutes ces initiatives d’indépendance énergétique, la reprise du commerce à très petite échelle , privilégier l’artisanat (pour ça que j’adore les boutiques éso ou les petits stands aux events avec des gens qui fabriquent leurs onguents, leurs savons, shampoings, bougies ou pain eux même, ça possède un cachet et une énergie bien particulière) . Se poser comme sorcière, c’est petit à petit apprendre a se réancrer dans le monde, c’est renouer entre l’humain et la nature. Et dès que ce processus est enclenché, on devient de plus en plus sensible à tout ce qui nous entoure. On ne peut pas continuer à cautionner le gâchis, la pollution des eaux et de l’environnement, dans le sens où ce qui affecte l’environnement nous affecte nous. Faire des petits efforts tous les jours, comme essayer de réduire nos déchets, passer avec un petit sac poubelle dans un endroit un peu crado pour faire un peu de toilette à dame nature, utiliser des produits de nettoyage non agressifs pour l’environnement ( vinaigre blanc, savon de marseille, bicarbonate et j’en passe) , acheter des fruits et légumes de saison… Tout ça, c’est donner . On ne faisait jusqu’ici que prendre et consommer, il nous faut maintenant donner pour équilibrer la balance.

Depuis que j’ai déménagé, je me suis mise très sérieusement à la cuisine.

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Bon, pas exactement celle là mais ça s’en rapproche. Cuisiner, c’est une véritable alchimie, dont la pierre philosophale se trouve dans votre estomac une fois la transformation opérée. Quand tu cuisines, tu ajoutes ton énergie à l’énergie présente de base dans tes aliments, tu créée et tu confectionnes quelque chose d’équilibré: c’est le rôle des aromates (j’essaye d’utiliser de plus en plus de plantes fraiches) , des condiments. Lorsque ton palais te dis « mais c’est bon ça! » , c’est tout simplement un indicateur d’équilibre dans ton plat. Sucré et salé, amer et acide… mais aussi  toutes les senteurs et aromes , textures, couleurs de tes aliments créent un tableau olfactif, gustatif et visuel (j’ai pas encore entendu mon riz chanter, ça viendra ptêt) , dont non seulement toi tu te régales, mais aussi les esprits du coin. Et oui. Bizarrement, la cuisine dans laquelle je passe beaucoup de temps est la pièce de la maison dans laquelle les énergies sont les plus agréables; il y a une petite baie vitrée qui donne sur un tout petit jardin en friche dans lequel j’ai mis quelques pots de plantes aromatiques (catmint, ciboulette, sauge, camomilles achetées sur le marché à une petite grand mère qui faisait tout pousser chez elle, le persil et le basilic que j’ai acheté en supermarché sont mort au bout de deux semaines, ils ont pas supporté les conditions extérieures, et je n’avais pas envie de les garder à l’intérieur) .

Je n’oublie pas de lancer un petit bout de pain chaque fois que j’en fabrique un dans le jardin, pour les oiseaux et les esprits du lieu. J’aime pétrir la pate pendant longtemps, c’est relaxant, tu la sens gonfler sous tes doigts, devenir plus élastique, se transformer sous l’action de la levure et de l’eau.

Le problème dans la plupart des aliments qu’on achète aujourd’hui, c’est qu’ils n’ont plus d’énergie, c’est une des raisons pour lesquelles je bascule doucement dans l’alimentation sauvage. Les légumes cultivés (du moins ceux industriellement, et même les légumes bio souvent), c’est prouvé, ont deux fois moins de nutriments que les légumes sauvages. Et même quand tu fais ton jardin, sauf si c’est de la permaculture, ils sont souvent moins énergétiques. Pourquoi? Parce qu’on les force à pousser là. La vie appelle la vie; et par exemple lorsque tu ne cultives que des carottes, elles n’auront pas le privilège de profiter de telle ou telle plante qui pousse à proximité et qui va repousser telle ou telle limace ou mouche, ou qui va lui apporter de la matière organique nécessaire à son épanouissement: les végétaux, comme le restant du vivant, ont besoin de tisser une toile les uns avec les autres pour pouvoir grandir et exprimer tout leur potentiel; certains ont besoin de certaines conditions, plus sèches, humides, argileuses ou rocailleuses, froid ou chaudes, et toute cette différence entraîne une répartition homogène au sein de tout l’habitat disponible. Le corps sait ce qui est bon pour lui, mais lorsqu’on le « coupe » d’aliments naturels, en le saturant de trucs déja cuisinés par exemple, il y cherche l’énergie, ne la trouve pas, en redemande. Et on mange sans trop savoir pourquoi.

Voilà pour aujourd’hui! J’ai découvert quelques nouvelles plantes sauvages dont je vous parlerais la prochaines fois (toutes testées et mangées par ma personne évidemment 😉 : la Patience sauvage ( Rumex obtucifolius, de la famille de l’oseille), le tilleul, le Gaillet Gratteron et la ronce.

A la prochaine, les sorciers en herbe!

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Allez. Pour vous donner envie de vous mettre au vert.

Des histoires de polarités et de transmission de l’énergie

Je ne fais plus que de planter des arbres. Je sais très bien que je suis beaucoup trop vieux pour jamais profiter de leur ombre, mais je ne vois pas de meilleur moyen de m’occuper de l’avenir.

Correspondance de Voltaire âgé à ses amis, lorsqu’il était retiré à Fernais.

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Scuplture: Ellen Jewett

Je le répèterais jamais assez, mais j’aime les arbres. Ils me calment. Pour moi qui ai tendance à être un poil nerveuse (si peu!) Ils sont salvateurs. En période de stress comme maintenant, je m’efforce de me caler sur leur verticalité, leur ténacité, leur lenteur, leur stabilité. Leur osmose, leur chant .

Ca m’intéresse souvent de relier connaissances scientifiques et « magie » si j’ose dire; me demander s’il y a une corrélation entre notre ressenti et la physique pure. Concernant tout particulièrement les échanges d’énergies, ce genre de truc. Comment peut on transmettre de l’énergie, comment est-ce que ça se fait par exemple qu’on puisse « ressentir » de manière différente deux arbres, ou deux espèces d’arbres différentes, ou deux animaux différents, deux humains différents, deux dieux différents? Et puis j’ai envie de dire, ç’est toujours pratique de justifier le fait que tu « travailles avec les énergies » avec une bonne explication bien rationnelle histoire qu’on évite de te caser direct dans le tiroir « bon pour la camisole »

Au niveau du vivant, il existe ce qu’on appelle la bioélectricité, correllé au bio-éléctromagnétisme. (atchoum, à mes souhaits merci) Pour essayer de faire simple, il faut partir du principe que toute vie produit un champs électrique (depuis la plus petite bactérie unicellulaire jusqu’à la baleine bleue en passant par le hamster de ton voisin) . Les impulsions électromagnétiques, allant et venant au gré des émetteurs/récepteurs des cellules, servent à transmettre des infos diverses et variées, des plus simples au plus complexes (les émotions par exemples, ou..la réflexion )  La plupart des vivants podruisent un courant électromagnétique: la terre envoie ces ondes électromagnétiqes, de même pour vénus, ou Uranus. ( a écouter par ici, c’est super flippant d’ailleurs, on se croirait dans Alien)

Les êtres vivants sont évidemment très sensibles aux impulsions électriques des uns et des autres, certains, comme les oiseaux migrateurs par exemples, s’en servent pour se diriger (en se repérant par rapport au champs magnétique terrestre), il y en a qui sont même équipés de récepteurs spécifiques pour chasser leur proie, comme les requins par exemple; d’autres encore s’en servent pour se défendre ou attaquer, comme la fameuse anguille électrique, ou Pikachu.

Pour les transmissions d’énergie entre tout ce beau monde, ça se fait comme dans les circuits imprimés de votre ordi (vous vous rappellez les cours du lycée?) , grâce à des échanges d’ions, positifs ou négatifs.

Curieusement, chez la plupart des êtres vivants, on observe que l’intérieur de la cellule est souvent chargé plus négativement que l’extérieur ; cette différence de polarité entre l’intérieur et l’extérieure , c’est le potentiel de la membrane. Ce potentiel peut être changé, grâce à l’échange d’ions entre l’intérieur et l’extérieur de la cellule, séparés par la membrane qui sert de « sas » (oué! comme le sas dans les stations spatiales! )

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Courage les amis, on y arrive à la magie toussa. Un p’tit effort de neurones. Allez. Vous pouvez le faire. Et puis c’est toujours ultra classe de pouvoir sortir ça en soirée pour justifier scientifiquement que vous « travaillez avec les énergies » et vous éviter la case « fou à lier ».

Et quel est l’intérêt de tout ça vous me direz? Et bien toute polarisation créé ce qu’on appelle un champs magnétique (l’aura! on y arrive!)

Les cellules sont donc chargées naturellement négativement par rapport à l’environnement, et lorsqu’elles se chargent positivement , pour transmettre une info par exemple , en envoyant une impulsion électrique, il y a ce qu’on appelle une dépolarisation.

Pouf, la cellule chargée négativement devient chargée positivement. Et aparemment, lorsqu’on est « chargé » positivement, c’est là qu’on a tendance à se sentir pas forcément bien, déprimé, mal à l’aise, stressé. Alors que quand on est « négatif », on a tendance a être plus positif, psychologiquement parlant.

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Va falloir vous y faire, j’aime les paradoxes .

Il existe aussi un état dans lequel les cellules sont hyper-chargées en ions négatifs, c’est l’hyperpolarisation. En gros, c’est quand vos batteries sont chargées à bloc;je me demande pas si par exemple les gens qui font du reiki et entrainent leur corps à recevoir et transmettre de grandes quantités d’énergies ne déclenchent pas un genre d’hyperpolarisation; les cellules « chargées » ne demandent qu’à se décharger, pouf on envoie les ions aux cellules qui en ont besoin et qui sont dépolarisées, et hop! ça va mieux! Pareil avec le travail avec les pierres, les plantes, les objets… Les échanges et les flux d’énergies nous permettent de « charger » un objet, ou de diriger, concentrer l’énergie d’une manière ou d’une autre.

Voila pour la partie transmission d’énergie, passons maintenant à la fréquence ( noooon mamie Aalzen! Pas encore de la science! J’en ai marre!)

La fréquence, c’est plus ou moins la vitesse à laquelle le champs magnétique vibre. C’est ce qui va faire que vous allez plus ou moins vous synchroniser avec quelque chose. Imaginez vous une onde qui oscille , comme un serpent qui danse; et bien toutes les cellules, les choses, possèdent un genre de signature du genre, un rythme propre (qui peut être formé de plusieurs harmoniques, comme en musique, comme pour un son) , avec des ondulations plus ou moins grandes. Les choses possèdent une ou des fréquences de résonnance, qui vont les faire osciller de plus en plus haut si on leur applique une énergie ayant plus ou moins la même fréquence. Et ensuite, qu’est ce qui se passe?

Soit le système atteint un état d’équilibre (qui dépend des éléments dissipatifs, c’est a dire de la capacité à disperser l’énergie qu’on a accumulée en trop), soit ça claque. Rupture. La fin des haricots. (et ouais, on vous avait jamais dit qu’il ne fallait pas jouer avec la fréquence de résonnance? Z’avez déja entendu parler de Napoléon? Son armée à marché au pas sur un pont, et malheuresement pour eux la fréquence de la marche était la même que celle des matériaux du pont; Il s’est mis a osciller de plus en plus fort, jusqu’à craquer et précipiter tout ce beau monde dans le fleuve.)  Sinon on peut appliquer une certaine fréquence, ça commence à vibrer, et puis après ça retourne normalement à l’état d’équilibre.

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Bon pardon. C’est le dernier meme promis. J’essaye juste de garder un peu plus longtemps votre attention, cher public.

L’intérêt de tout ce baratin scientifique justement, c’est que ça nous permet de comprendre comment fonctionne l’échange d’énergie, et comment est ce qu’on peut appliquer ça a notre relation avec les pierres, les esprits, les gens, le plantes… Il est normal qu’on se sente plus à l’aise avec certaines pierres, plantes ou gens qui correspondent plus à notre(s) fréquence(s) de résonnance, qui vont permettre de faire circuler l’énergie plus ou moins intensémment. Pour cette histoire d’ions positifs/négatifs, on peut relier ça à ce qui nous « pompe » notre énergie, ou ce qui nous en donne, à notre capacité à nous charger/décharger. Evidemment, on ne se trimballe pas avec un laboratoire d’électromagnétique ambulant pour pouvoir « sentir » tout ce qui se passe et convertir tout ça en sinusoidales et autres joyeusetés, je pense plus simplement que nos ressentis énergétiques sont en quelque sorte une façon de transmettre tout ça en un langage plus simple et compréhensible à notre niveau, et de nous permettre à notre tout d’influencer sur notre environnement, d’agir consciemment lorsqu’on se sent « à plat ».

Normalement, il n’y a que les êtres vivants qui devraient être capable de produire un champs magnétique. Les « inanimés », comme les objets, ou les pierres, ou le son, ne sont pas sensés avoir de champs magnétique; mais par leur structure, ils peuvent l’amplifier (les cristaux par exemple, selon leur agencement, leur composition…sont de très bons amplificateurs…ou changeurs de fréquence) , ou le stabiliser, ou le recharger. Et puis il ne faut pas oublier non plus que la terre est pleine d’organismes vivants, pareil  pour l’eau .

Les couleurs, qui, on le sait maintenant, possèdent chacune une fréquence différente ( le rouge est la fréquence la plus basse, le violet est la fréquence la plus haute, du moins sur le spectre visible, car après il y a les infra-rouges et ultra-violets) sont autant de moyens d’agir également sur l’énergie, tout comme la musique, ainsi que tout ce qui possède un rythme, comme les mandalas, la danse… A nous d’utiliser celui avec lequel on se sent le plus à l’aise!

Un dernier petit truc: vous vous êtes certainement dit en lisant tout ça « ah mais c’est la fameuse « fréquence vibratoire » dont on nous rabat les oreilles en new age! Oui, certainement, mais là encore faut faire attention aux abus. J’entends partout que ‘le mieux c’est d’avoir une fréquence vibratoire élevée ». Mais non, pas du tout! Ca accumule juste plus d’énergie, mais rappellez vous l’histoire de Napoléon et du pont diantre! Trop d’énergie, ça détruit le système. Il faut juste atteindre un point d’équilibre, on peut avoir besoin de fréquences plus hautes , ou plus basses, selon les besoins. Et encore une dernière chose avant que je vous laisse cogiter sur tout ça: la purification, vous pensez que c’est quoi dans tout ça?

Pour moi, une purification, c’est juste ramener les cellules à leur état d’équilibre, tout simplement. Leur ramener des ions négatifs ou en donner, selon le besoin, créer une circulation dans notre propre corps, celui d’autrui ou une pierre , une chose, afin qu’elle regagne son équilibre. Et la charger, c’est la mettre en hyperpolisarisation, pour qu’elle puisse a son tour donner de l’énergie et des ions négatifs.

Allez. Je vous laisse avec le chant de la terre enregistré par la nasa, c’est magnifique, on dirait des chants de baleine! (au final, c’est ptêt elles qui ont tout compris avec leurs chants…)

Necropolis, par Jakes Wyatt-

Ca faisait longtemps que je n’avais pas fait d’interlude BD, alors voila le merveilleux Necropolis, de Jake Wyatt.

Il y a une nouvelle page qui sort toutes les semaines, vous pouvez suivre la série sur le Tumblr de Necropolis, mais bon courage, c’est en anglais !

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« Avant que les morts ne trouvent le repos, avant la fin des Merveilles ou le flétrissement du Mystère, bien avant  le commencement de la Guerre du Régicide , vivait la Reine Conquérante ( que son nom soit maudit et sanctifié, et qu’il ne soit jamais écrit) et son mari, un Roi Prophète ( que son nom soit loué et méprisé, qu’il ne soit jamais couché sur papier) qui firent la guerre aux Seize tribus d’ Hyberia, et qui la remportèrent. »

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« Ils prospérèrent. L’épée de la Reine gardait une paix sans faille sur Hybéria tandis que le Roi, grâce à de nombreux travaux sur ses terres, construisant cités et routes, aqueducs et terres-pleins, enrichissant son peuple et ravissant sa Reine. Les visions venant des rêves du Roi leur permettaient une abondance sans limite, et les lois de la Reine voyaient que ces richesses étaient distribuées à tous. »

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« Les premiers Hybériens moururent, et les générations naissaient et mouraient tandis que la Reine et le Roi guidaient Hybéria vers la prospérité et la paix. Certains disaient que le Roi gardait la mort à l’écart grâce à la mystérieuse Thaumaturgie, tandis que d’autres clamaient que la Reine, grâce à son épée encorcelée, qui pouvait blesser la Mort elle même, la gardait ainsi à distance. Mais d’autres encore décrivaient des méthodes plus sombres encore. »

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« La Mort seule connaît ces secrets, car tout en observant la Reine et le Roi qui continuaient leur existence en traversant les aeons sans vieillir, la Mort se tenait jalousement proche d’eux. Lorsqu’enfin une nuit s’ouvrit un chemin jusqu’aux conquérants, elle vint pour réclamer son dû, comme elle doit le faire avec chacun d’entre nous.

La Mort envoya au Roi un rêve.

Et le Roi Voyant connu la peur. »

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Elle était née dans l’arrière pays de la vieille Necropolis, là ou le ciel est gris, où les jours sont courts, et le vent souffle aigrement sur les champs.

La où le peuple craint les morts et méprise les vivants.

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Là ou le mur brisé de la cité en ruine ne protégeait en rien des choses qui y régnaient…Et le son de leurs rites étranges pouvait être entendu à des lieues à la ronde.

En cet âge-ci, les champs de la reine étaient secs et cassants comme un matelas de feuilles mortes. Les hommes de l’arrière pays faisaient ce qu’ils voulaient et prenaient ce qui était en leur pouvoir.

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Certains trouvaient le pouvoir grâce à des marchés et pactes avec les choses qui rampaient dans Necropolis, se rendaient au marché nocturne ou s’offraient aux démons.

-Viens. Achète.

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Certains trouvaient le pouvoir dans les connaissances anciennes, car l’arrière pays était proche du vieux royaume, et par là même des anciens chemins.

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Mais la plupart trouvaient le pouvoir en l’épée, car la plupart en possédaient. Les hommes et les femmes ravageaient le pays en bandes, prenant tout ce qu’ils pouvaient de ceux qui étaient plus faibles qu’eux.

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Son village était plus faible qu’eux.

-shhh, ne bouge pas!

Sa famille était plus faible qu’eux.

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Ils prirent la vie de son père.

Ils prirent les champs de sa mère.

Ils prirent son seul foyer.

Et la jeune fille vit, et compris le sens du mot pouvoir. Et sut que sans pouvoir, elle n’avait rien.

Cette nuit là, lorsque la pleine lune brillait dans le ciel, vint le temps du marché nocturne. Des lumières étranges brillaient parmi les arbres, elle entendait des voix qui braillaient des chants de choses désirées et du prix a payer.

Alors elle laissa sa mère et sa soeur qui dormait au milieu des cendres de son ancienne maison, et se faufila dans les bois pour parlementer et faire du troc avec les créatures inhumaines.

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Elle avait entendu l’appel déjà auparavant, mais elle ne lui avait jamais donné suite. Même les enfants de l’arrière pays savaient que le prix à payer en échange d’un marché avec les démons était bien trop lourd . Mais tout ce qu’il lui restait était une mère sanglotante, une soeur qui dormait, et sa propre vie.

Elle pensait qu’elle n’avait plus rien à perdre, et elle partit pour négocier.

Et ce fut le début de ses ennuis.

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– Bienvenue, jeune demoiselle. Viens tu pour acheter? Ou peut être pour vendre?

– Je viens pour acheter.

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– Est-tu intéressée par une longue vie? La richesse? L’espoir? La paix de l’esprit?

– Une longue vie peut être malgré tout emplie de souffrance, les richesses peuvent être prises par les plus forts, l’espoir est fragile, et la paix est pour les morts. Je viens pour acheter le pouvoir, qu’avez vous à m’offrir?

– Pour le pouvoir, demoiselle, nous avons un grand choix.

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– Quiconque boit dans cette coupe sera doté d’une langue d’argent, qui lui permettra de convaincre qui il désire. Voici une tablette, gravée de mots depuis longtemps oubliés, des mots pour secouer la terre et appeller le feu des cieux. Et enfin voici l’épée d’un ancien conquérant, lorsque tu l’as en main, aucun acier ne peut te toucher.

– Aussi longtemps que je tiendrais cette épée en main…Personne d’autre ne pourra me toucher?

– C’est bien celà.

C’est tout pour aujourd’hui! La suite à suivre sur le tumblr de Jake Wyatt .

Et une petite image bonus ^^

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Cueillette de plantes sauvages: Alliaire officinale, nombril de vénus et douce-amère

Hello les gens! Ca faisait longtemps non? (au moins UNE SEMAINE!)

Bref. Me revoici, surfant sur les vagues de mon installation en Irlande. Sans vouloir trop m’attarder sur ma vie, je me suis installée tranquillou, je commence la reconnaissance des environs, je me balade pour trouver des coins tranquilles pour me ressourcer dans la nature (je suis tombée sur un tilleul gigantesque juste à côté d’une petite rivière…sublime, dommage qu’il y aie pas mal de déchets, va falloir que je ramasse tout ça , ça sera une bonne offrandes aux esprits du lieux) , j’essaye d’être sociale comme je peux , je reconstruis tout doucement mon espace en tissant ma toile un fil après l’autre.

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Illustration: Lucien Lévy-Dhurmer

J’essaye de ralentir. Prendre conscience de tout ce qui me reste à faire, y aller étapes par étapes . Se structurer au sein d’un nouvel espace n’est jamais facile, la perte de repères est toujours extrêmement fatigante pour le moral et le le physique, tu dépenses une montagne d’énergie hallucinante à trouver un compromis entre essayer de te protéger  et en même temps s’adapter et apprendre de son nouveau milieu, tel un petit poisson rouge balancé au milieu de l’océan (NEMOOOOOOOO!)

Je ne suis pas quelqu’un de particulièrement sociable à la base, je me sens toujours mieux seule au milieu des arbres qu’en compagnie nombreuse; j’adore les gens, c’est juste que je me sens très vite enfermée, ou opressée au sein d’un grand groupe . Tu as l’impression d’être décalée, à côté de la plaque, obligée d’exercer un contrôle sur ce que tu es pour rentrer dans le moule sociétal. Et même si ce jeu en société est indispensable dans les relations humaines, il m’a manqué durant toute ma jeunesse, et encore maintenant, je n’ai pas encore ce petit quelque chose qui fait que tout coule de source dans la relation avec l’autre; c’est comme si je m’imposais en permanence un « filtre » qui m’empêcherais de ressentir trop profondémment ce qui m’entoure.

Mettre à bas ce « filtre », comprendre pourquoi et quand il se met en place, et comment le contourner pour prendre du plaisir à être avec les gens au lieu de se perdre dans les méandres des suggestions et projections mentales qui ne font que t’enfermer encore plus en toi même est un sacré travail de tous les instants.

C’est un travail de prise de conscience, de compréhension des mécanismes de défenses qu’on a pu développer à cause/grâce à nos expériences passées et notre sensibilité.

Simplement laisser les choses couler lorsqu’on les sens venir, laisser couler les sensations qu’on capte, celles qui viennent de nos défenses. Ne pas fermer nos portes, laisser le flux du monde et des autres entrer en nous. Ne pas laisser l’eau stagner en nous, tous ces souvenirs, peurs, angoisses qui se transforment en une eau noire qui nous enlise, transforme une partie de nous en un marais insalubre (et vive les moustiques et les crocos là dedans) .

Demande à l’eau de couler. Ne te ferme pas. Si tu es en colère contre quelqu’un, c’est que ça te renvoie à quelque chose que tu n’aimes pas chez toi. Si tu es dure avec les autres, c’est parce que tu es dure avec toi même . Si tu traites autrui avec respect , tolérance et gentillesse, tu fais de même avec toi même.

Chère Baba Yaga, les gens me disent parfois que j’ai l’air faché alors que c’est juste que je m’ennuie. Est-ce qu’ils voient quelque chose en moi que je ne vois pas moi même?

Baba Yaga

L’ennui est comme le dessus d’une vieille souche détrempée, l’eau de pluie qui tombe dans ce petit puits rend possible la décomposition vers laquelle les cellules se laissent naturellement aller. Que se passe-t-il donc en toi pour que tu stagnes si facilement? Remues l’eau morte et regarde ce qui se passe tout au fond.

Via Taisia Kitaiskaia

Il me reste encore pas mal de travail à faire là dessus, mais j’ai l’espoir d’arriver à renverser la tendance!

En attendant je m’attelle à reconnaître les plantes du coin que j’intègre petit à petit à mon alimentation. Je me suis achetée un mini-blender, c’est ultra pratique pour faire des genre de pestos végétaux: tu prends tout ce qui te passes sous la main, tu mixes avec de l’huile d’olive, du citron et de la sauce soja et hop! T’as un super truc à tartiner sur ton pain du midi (tu peux même pousser l’awesomitude jusqu’à faire ton pain toi même, mais bon faut avoir un four et du temps devant soi!) Je fais déja quelques salades avec du plantain, des jeunes feuilles de tilleul (ultra bon et très doux, je vous conseille!), quelques orties cuisinées comme des épinards et de la vesce comme dans l’article précédent, et j’ai appris à reconnaître trois nouvelles plantes que je vais vous présenter par la suite (toutes les plantes que je vous présenterai dorénavant sur ce blog seront des plantes que j’aurais touchées, senties,et goutées quand comestibles, et cueillies avec mes petites mimines):

-L’Alliaire Officinale ou herbe à ail ( Alliaria petiolata )

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Elle est aparemment devenue envahissante aux états-unis, en tout cas en France je n’en ai presque pas croisé, mais j’en ai trouvé par ici. Elle aime bien les clairières et les lisières de forêt, les bords des murs, il ne faut pas la confondre avec les Dentaria, Osmorhiza claytonii,et Saxifraga virginica : vous pouvez la reconnaître facilement grâce à l’odeur légèrement aillée que dégagent ses feuilles lorsqu’on les froisse (l’odeur est un très bon moyen de reconnaître les plantes médicinales et/ou toxique) et la forme caractéristique des feuilles.

Vous pouvez en faire des pestos, des salades, cuire les feuilles comme des épinards, ou encore se servir de ses graines pour faire un genre de moutarde (d’où le nom anglais Garlic Mustard ) . Les feuilles sont tendre , pas poilues ou coriaces comme peuvent l’être d’autres plantes sauvages; et en plus ça a plein de propriétés médicinales: elle est diurétique, on l’utilise aussi pour traiter l’asthme, ou la goutte, ou encore fraiche en cataplasme, pour désinfecter .

Et nos ancêtres les utilisaient déja depuis trèèès longtemps, la preuve, on a même retrouvé des traces de graines sur des poteries datant de 6000 AVT JC! (whouuu, prends ça dans les dents)

Le Nombril de Venus (Umbilicus rupestris)

Alors celle-ci, impossible de la confondre avec une autre plante. Ca ressemble un peu a une espèce de cactus qui aurait copulé avec une girolle, c’est gorgé d’eau (une plante « succulente » on dit aparemment en botanique, et je vous assure que mon palais la confirme comme succulente également au niveau culinaire). Elle aime les vieux murs, les vieilles pierres toutes humides, les endroits ou le soleil ne passe pas très souvent. Je ne me souviens pas en avoir vu en France mais je sais qu’il y en a , en tout cas ici, au royaume de l’humidité et des vieilles pierres, elle s’en donne à coeur joie la petite!

Celle-ci par contre , il vaut mieux éviter de la cuire, c’est un peu un gros gâchis; le meilleur moyen de la cuisiner, c’est fraîche, en salade. N’oubliez pas de cueillir celles qui sont hors d’atteinte des pipis et cacas de renards ou autres ragondins (qui transmettent la leptospirose), c’est préférable lorsqu’on consomme les plantes crues. En plus elle a un super goût, qui peut être légèrement amer lorsqu’elles sont vieilles ou qu’elles produisent des fleurs.

Nicholas Culpepper , un physicien, astrologiste, botaniste et herbaliste (qui n’est pas très considéré aujourd’hui, car il appliquait une classification astrologique aux plantes, on comprenne que ça plaise moyens aux scientifiques modernes) lui prétait des vertus dépuratives, et un effet particulièrement bénéfique sur les reins: elle est sensée être efficace contre la plupart des maux d’origine « chaude »:

« Boire le jus ou l’eau distillée de nombril de Vénus est très efficace contre toutes les inflammations ou échauffements non-naturels, pour refroidir une brûlure d’estomac, un foie chaud, ou les intestins: les feuilles, le jus, ou l’eau distillée, appliqués en externe, soignent les boutons, l’ergotisme (un genre d’intoxication provoqué par la consommation d’un champignon présent dans le seigle), ainsi que d’autres échauffements externes. Le jus ou l’eau aide à purifier les reins stagnants, qui sont blessés ou ulcérés par les calculs; ils font aussi uriner, sont efficaces contre les oedèmes et aident à dissoudre les calculs rénaux. Lorsque qu’on l’ utilise dans un bain, ou écrasée pour en faire un onguent, elle calme les veines enflammées; et est également très efficace contre la goutte et la sciatique, et combat les noeuds présents dans le coup ou la gorge, qui se nomment le mal du roi: Le jus ou l’onguent soignent les engelures et les bleus, en les aidant a disparaître rapidement. »

Pour plus d’infos , n’hésitez pas à aller checker la vidéo suivante, qui vous permettra de bien reconnaître le nombril de Vénus:

Nous allons donc finir notre petit article avec une PLANTE TOXIQUE! (yeaaaah vous l’attendiez celle là, avouez! Une plante magique :D) j’ai nommé la très jolie Douce Amère (Solanum dulcamara)

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(dorénavant, j’utiliserai cette illus de Pam Wishbow pour parler des plantes toxiques, histoire d’être sure et certaine que quelqu’un qui aurait lu l’article en diagonale ne s’amuse pas à les ajouter à sa salade)

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Jasmin à gauche, douce-amère à droite, et l’insecte c’est un magnifique sphinx à tête de mort et sa chenille de toutes les couleurs

La douce-amère fait partie de la famille des Solanacées (en anglais on les appelle les Nightshade, c’est quand même vachement plus classe), dont font partie entre autres la Belladone, la Datura et la Mandragore, et aussi…la patate. Et oui la patate on dirait pas comme ça, mais c’est sacrément badass. On consomme les tubercules (donc la chose informe que nous appellons « pomme de terre »), mais les feuilles , et toutes les parties vertes des turbercules sont toxiques et contiennent de la solanine, un poison assez violent, que seule la larve de quelques papillons comme le Sphinx tête de mort peuvent boulotter tranquillou, alors que ça peut vous allonger raide mort . La solanine provoque des troubles cardiaques, vomissements, nausées, diarrhées, paralysies, fièvres, hallucinations; évitez de manger des feuilles de patate si vous voulez vous tapez un trip, les effets secondaires risquent de vous gâcher le voyage.

La Douce Amère aime les endroits un peu sombres, et surtout très humides, comme les bords de vieux murs ou les points d’eau.

En magie, elle est réputée être protectrice lorsque accroché dans un endroit secret de chez vous, ou aider a soigner les souvenirs amers lorsque portée sechée, dans un petit sachet par exemple. Elle est utile si vous faites de la magie Faery (ce que je ne pourrais pas confirmer, je n’en fais pas) , et est associée à Mercure et Saturne.

La Douce-amère est moins toxique que ses congénères, aparemment les amérindiens l’utilisaient en pommade pour traiter l’arthrite, les tumeurs, les problèmes digestifs… Mais là encore, je ne vous conseillerais pas de faire de même!

Vous pouvez trouver d’autres informations sur la douce amère par ici, mais c’est en anglais!

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Allez des bisous à tous, et à la prochaine!

Les Mariris, langues de feu des esprits des plantes

Pour continuer avec les plantes, voici un petit extrait de Journal d’une apprentie chamane , de Corine Sombrun. Elle y raconte sa rencontre avec un chaman d’amazonie (un vrai hein, pas un de ces énièmes gars qui se prétendent chamanes parce que c’est un moyen sur et efficace de s’en mettre plein les poches, aux détriments des pauvres touristes en mal de magie dans leur vie qui finissent par la risquer, leur vie , car prendre des substances comme l’ayahuasca sans contrôle strict d’une personne expérimentée, ça peut être extrêmement dangereux) , qui lui enseigne ce que sont les Mariris, les esprits des plantes.

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Je parle des serpents à Francisco. Ceux dont j’ai eu la vision hier. Il sourit. Il me dit que le serpent est le symbole de l’ayahuasca. Les avoir vu sortir de mon corps et se transformer en branches veut dire que l’esprit de l’ayahuasca est entré en contact avec moi et qu’il a accepté le processus de guérison. Il ajoute que c’est toujours sous cette forme que l’esprit de la plante apparaît. Surprise. Silence. Pensée profonde. Si cette vision est commune à plusieurs personnes, c’est peut être qu’elle est une réalité. Quel est cet esprit-serpent qui entre en contact avec nous? Je commence à comprendre pourquoi, partout à Sachamama, on peut lire des petits panneaux qui serinent : « Une vision est une réalité. »

Faut travailler en plus. Cours sur le Mariri. Moi je ne ris pas. Bon. Alors commençons par le début. Un malade vient voir le chaman. Le chaman doit organiser une séance d’ayahuasca pour entrer en contact avec l’esprit qui fait souffrir le malade. Une fois le contact établi, le chaman doit « aspirer » le mal du corps du patient. Pour ça il a une arme : le Mariri. Ce Mariri est l’esprit qui, au travers du chaman, va aspirer le mal du patient. Il est représenté comme une langue de feu, qui sort de la bouche du chaman et sur laquelle va venir se coller le mal du patient. C’est donc grâce à ce Mariri que le chaman peut aspirer le mal, sans craindre de le voir « pénétrer » en lui. Un peu comme un aspirateur à miasmes. Que le chaman doit donc obligatoirement posséder. C’est le maître qui apprend à son élève la technique d’aspiration du mal.

Comment un chaman peut-il obtenir ce Mariri? Grâce aux plantes maîtresses qu’il va « diéter » et qui, s’il le demande, vont faire don d’un Mariri à l’apprenti chaman.

La formule magique pour demander un Mariri? Elle se prononce dans le language des plantes, qui sont les icaros.

Un étudiant particulièrement doué peut obtenir un Mariri en trois mois. Il doit pour cela faire une diète spéciale, tout en demandant à la plante de bien vouloir lui donner ce Mariri. Puis s’en remettre à son maître, qui va également demander à la plante de bien vouloir donner un Mariri à son élève.

Si la plante accepte, elle appelle l’esprit d’un Mariri et le transmet à l’apprenti chaman par l’intermédiaire des rêves. L’apprenti va alors rêver que la plante lui offre le choix entre quatre Mariris, sous forme de quatre flammes, de quatre couleurs différentes: blanc, vert, rouge ou noir. Il n’a plus qu’à choisir celui qu’il fera sien. S’il choisit le blanc ou le vert, c’est qu’il est décidé à soigner, à faire du bien. S’il choisit le rouge ou le noir, c’est qu’il est décidé à faire du mal, de la magie noire. Il deviendra un black shaman.

Une fois ce choix fait, le Mariri entre dans le corps du chaman. Au début, il est petit, il n’a pas un grand pouvoir, il est alors comme un « bébé » qu’il va falloir nourrir et entretenir pour le rendre fort et puissant. Sa nourriture sera le tabac, que le chaman va fumer ou boire en potion. Sa nourriture sera également le parfum, dont le chaman va se servir pour l’honorer.

Les disciplines de diète et d’isolement sont destinées à faire en sorte que le chaman reste « en contact » permanent avec son Mariri. S’il ne suit pas la discipline requise, s’il boit de l’alcool par exemple, et qu’il perd le contrôle de sa raison, le chaman va perdre son Mariri. Lors de vomissements sans fin. Le Mariri pourra alors se retourner contre lui et le tuer.

Mais comment on « diète » une plante vous me direz? Il faut , comme son nom l’indique, observer une diète très stricte (pas l’alcool, pas de sucre, pas d’excitants , ni de piment, ni de graisse, ni de sel) durant un certain temps, afin de nettoyer l’organisme et de devenir plus « perméable ». L’ayahuasca se charge, lui aussi, de nettoyer le corps (lorsqu’on en prends, il parait qu’on vomit, qu’on peut avoir des grosses crises de caca liquide…c’est un peu le gros ménage de printemps super bourrin, les blocages physiques, émotionnels et psychiques ressortent sous une forme solide) .

Ensuite on va en forêt avec le chaman, on va voir la plante qu’on veut diéter, on lui demande la permission de la couper, puis on lui chante un « icaro », les chamans lui soufflent aussi de la fumée de tabac dessus en guise d’offrande. On met les feuilles à macérer toute la nuit dans de l’eau , et on garde quelques branches avec soi , sous son lit par exemple, pour attirer l’esprit de la plante. Le lendemain matin, on prend la tasse , on chante un icaro et hop re-fumée de tabac sur la tasse. On boit le contenu d’un trait, et ensuite, on ne doit voir personne de la journée, pour entrer en contact avec la plante, et observer 8 jours de diète .

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Image tirée du livre rouge, de Carl Jung