Pharmacie de sorcière

 

 

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source: https://lordofmasks.tumblr.com/

Plus j’avance dans les expérimentations sur les plantes sauvages et médicinales, plus je me rends compte que dans le  monde moderne, on a perdu un savoir immense. Et qu’il nous faut le retrouver, et vite.

On remarque un retour à la phytothérapie, au « fait maison », mais ce retour ne se fait pas forcément dans les bonnes conditions tout simplement parce qu’il passe par les circuits de la consommation de masse. On veut du sain, du naturel, mais on achète des produits conditionnés, que ça soit sous forme de gélules, d’huiles essentielles, de crèmes ou de teintures. Plus c’est exotique, plus c’est cher, et mieux c’est.

Mais est-ce qu’on réfléchit deux secondes à ce que ça implique? Premièrement, qui dit conditionnement dit-même pour les produits bio- qu’on ne maitrise rien dans toute la chaine de production: on ne sait pas d’où ça vient, dans quelles conditions les plantes ont été cultivées, récoltées, comment sont traités les gens qui y travaillent, comment les plantes sont séchées, transformées, quelle énergie ça coute de fabriquer les emballages et de les acheminer et enfin à quel point les intermédiaires -que ce soit les grandes ou petites enseignes ou les commerciaux qui sont derrière – s’en mettent plein les poches.

J’ai acheté beaucoup d’huiles essentielles. Pour moi c’était la panacée: peu encombrant, efficace, d’une grande diversité d’utilisation…Mais en y réfléchissant deux secondes, je me suis rendue compte qu’il y avait là beaucoup trop de choses qui clochaient: d’un , ça demande une énergie faramineuse pour extraire les principes actifs , de deux, ça demande une quantité astronomique de plantes (plusieurs tonnes pour 1L d’huile essentielle). Et qu’est ce qu’on fait de tous les déchets végétaux après ça? Est ce que les huiles essentielles possèdent vraiment tous les principes actifs d’une plante fraîche? Est ce que le commerce de certaines huiles n’entraîne pas la dévastation de certaines terres qui seront défrichées pour y planter les précieuses essences ?

Et à côté de ça, tous les jours on passe à côté de tonnes de plantes dans les champs qui pourraient remplir leur rôle tout aussi bien.

Prenons par exemple cette petite là, qui fleurit en ce moment un peu partout dans les champs et dans les jardins:

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C’est l’achillée millefeuille, qu’on appelle ainsi parce qu’elle possède des feuilles très finement découpées, qu’on ne peut confondre avec nulle autre. Et bien cette demoiselle est le première remède a avoir en cas de coupure ou de plaie fraîche peu profonde: soit vous êtes au milieu de nulle part et vous mâchez les feuilles pour en faire une pâte que vous appliquez direct sur la blessure(l’achillée est hémostatique, c’est a dire qu’elle aide à arrêter le saignement, et en plus elle désinfecte) soit vous avez un peu plus de matos et vous pouvez en faire un cataplasme, que vous changerez régulièrement.

Bon. C’est bien gentil mais c’est quoi un cataplasme?

Ah! Vous voyez? Même si on voit vaguement ce que c’est (genre tu mets une bouillie de la plante sur la blessure, mais a part ça…), je suis pas sûre que beaucoup en aient jamais fait. Moi même j’en avait jamais fait jusqu’à ce matin, a part le fait de me badigeonner d’argile mais ça ça ne compte pas. Et bien je peux vous dire que c’est sacrément efficace! Je viens de me faire tatouer sur les deux bras, ça brûle bien , et je me suis dite « allez hop c’est parti! On teste! »

Je prends Mon herbier de santé de Maurice Mességué que je viens de recevoir, et je m’applique un mélange de Mauve officinale trouvée dans le jardin des parents et de Soucis (calendula officinalis) hachés et cuits légèrement à l’eau, je les mets dans un tissus que j’applique sur le tatoo, un bandage par dessus et hop, je laisse poser.

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Nouvelle pièce à ma bibliothèque déjà bien trop fournie

Et je peux vous dire que ça soulage diablement bien.

A la base , le cataplasme était initialement préparé avec la plante hachée, un peu d’eau et un peu de farine de lin, qu’on mettait à cuire à feu très doux jusqu’à avoir la consistance d’une pâte. On mettait cette pâte sur la zone à traiter avec un tissu en dessous puis on le maintenait avec un bandage ou un linge, pour l’emplâtre, on mettait directement la pâte au contact de la blessure. On peut utiliser aussi les plantes sous la forme de bains de mains et de pieds (je suis en train de me traiter une connasse de mycose du pied choppée en irlande le pays du moisi sur laquelle j’avais essayé à peu près tout et n’importe quoi, et là elle est ENFIN en train de rendre l’âme grâce à des infusions…de thym, de bardane et de chélidoine, vous savez, la plante à verrues, celle qui a du suc jaune quand on la casse)

 

Ma chambre est devenue un vrai laboratoire d’expérimentations: je profite d’avoir du temps à ne rien fouttre pour tester des recettes d’onguents, bien pratiques quand on a pas la plante fraîche sous la main (en général, c’est suc de la plante + huile végétale + 1/5 de cire d’abeille , il faut chauffer pour faire fondre tout ça mais attention, certains principes actifs sont détruits par la chaleur).

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Au moyen âge, on utilisait aussi beaucoup de beurre, de graisse de cerf et de saindoux pour les baumes: on y mélangeait le suc de la plante fraîche, ce qui évitait de cuire la plante et d’en garder toutes les propriétés. Le suc était extrait au mortier (ça, c’est mon prochain investissement! Un beau mortier en pierre. Parce que les centrifugeuses , ça pue du cul en plus d’être cher et d’être bruyant, et de faire un travail d’extraction plutôt moyen), on le récupérait en mettant la plante broyée dans un linge fin et en pressant le linge (méthode testée et approuvée), pareil pour les décoctions et infusions : on passe le tout à travers un linge pour filtrer, et on écrase bien les plantes histoire de récupérer tous les principes actifs. Autrement, il y avait la recette de l’huile solaire remise au goût du jour , où l’on fait macérer des plantes séchées ou semi-fraîches (si elles sont trop humides, ça moisit) dans une huile de son choix, et qu’on expose au soleil pendant un mois histoire qu’elle soit chauffée tout doucement, ou encore les vinaigres ou les vins, qui sont un bon moyen d’extraire et de conserver les propriétés des plantes (mon petit favori c’est le vinaigre des quatre voleurs dont je vous donnerais la recette dans le prochain article!)

Comme vous pouvez le voir, ça n’est pas la diversité qui manque, et on en apprend tous les jours! Quel mode de conservation utiliser pour quelle plante, quand la cueillir, quelle utilisation faire de la racine, de la fleur ou des feuilles, comment la sécher, quelles plantes utiliser ensemble… Et rappelez vous aussi que le plus simple et le plus accessible n’est pas forcément le moins efficace, bien au contraire. Il paraît que les cataplasmes de chou sont extra contre les ulcères ou les abcès, qu’on peut faire des cataplasmes de carotte et d’épinard contre les brûlures, et qu’on peut soigner la nervosité et les insomnies en mangeant des laitues braisées tous les soirs!

 

Je ferai un petit récapitulatif plus technique dans le prochain article, histoire de décrire un peu plus en détail comment faire des vinaigres, onguents, baumes, cataplasmes… Et après, libre a vous d’expérimenter!

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source: Camille Chew (lordofmasks)

 

 

 

 

 

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Les portes de la perception

Extrait des Portes de la perception, d’Aldous Huxley.

La première partie du livre ou il raconte son expérience avec la mescaline est absolument extraordinaire, ensuite ça se barre dans des considérations analytiques sur l’Esprit de la religion, l’illumination et le rapport que l’humain entretient avec celle-ci–ce qui m’a franchement moins intéressé, j’avoue (un p’tit côté bondieuserie un poil borné et vaguement puritain, et moraliste avec ça)

« En 1954,sous contrôle médical et animé d’une volonté scientifique, Aldous Huxley absorbe de la mescaline, alcaloïde actif du peyotl, un cactus indien. »

En réfléchissant à ce que j’ai éprouvé, je me trouve d’accord avec l’éminent philosophe de Cambridge, le Dr C. D. Broad, quand il dit »que nous ferions bien d’examiner avec beaucoup plus de sérieux que nous l’avons fait jusqu’ici le type de théorie que Bergson a mise en avant au sujet de la mémoire et de la perception sensorielle. Ce qu’il suggère, c’est que la fonction du cerveau, du système nerveux et des organes des sens est, dans l’ensemble, éliminative, et non productive. Toute personne est, à tout moment, capable de se souvenir de tout ce qui lui est jamais arrivé, et de percevoir tout ce qui se produit partout dans l’univers. La fonction du cerveau et du système nerveux est de nous empêcher d’être submergés et confus sous cette masse de connaissances en grande partie inutiles et incohérentes, en interceptant la majeur partie de ce que, sans cela, nous percevrions ou nous rappellerions à tout instant, et ne laissant que ce choix très réduit et spécial qui a des chances d’être utile en pratique. »

Selon une théorie de ce genre, chacun de nous est, en puissance, l’Esprit en général. Mais , pour autant que nous sommes des animaux, notre rôle est de survivre à tout prix. Afin de rendre possible la survie biologique, il faut que l’Esprit en Général soit creusé d’une tuyauterie passant par la valve de réduction constituée par le cerveau et le système nerveux. Ce qui sort à l’autre extrémité, c’est un égouttement parcimonieux de ce genre de conscience qui nous aidera à rester vivants à la surface de cette planète particulière. Afin de formuler et d’exprimer le contenu de ce conscient réduit, l’homme a inventé et perfectionné sans fin ces systèmes de symboles et de philosophies implicites que nous appelons les langues.

Tout individu est à la fois le bénéficiaire et la victime de la tradition linguistique dans laquelle l’a placé la naissance, — le bénéficiaire, pour autant que la langue donne accès à la documentation accumulée de l’expérience des autres; la victime, en ce qu’elle le confirme dans la croyance que le conscient réduit est le seul conscient, et qu’elle ensorcelle son sens de la réalité, si bien qu’il n’est que trop disposé à prendre ses concepts pour des données, ses mots pour des choses effectives. Ce que, dans le langage de la religion, l’on appelle « ici-bas », c’est l’univers du conscient réduit, exprimé et en quelque sorte, pétrifié par le langage. Les divers « autres mondes », avec lesquels des êtres humains prennent erratiquement contact, sont autant d’éléments de la totalité du conscient appartenant à l’Esprit en Général.

La plupart des gens, la plupart du temps, ne connaissent que ce qui se passe dans la valve de réduction et est consacré comme étant authentiquement réel par la langue locale. Certaines personnes, toutefois, semble être nées avec une sorte de conduit de dérivation qui évite la valve de réduction. Chez d’autres, des conduits de dérivation temporaires peuvent s’acquérir, soit spontanément, soit comme résultat « d’exercices spirituels » délibérément voulus, soit par l’hypnose, soit au moyen de drogues. Par ces dérivations permanentes ou temporaires, coule, non pas, en vérité, la perception « de tout ce qui se produit partout dans l’univers » (car la dérivation n’abolit pas la valve de réduction, qui exclut toujours le contenu de l’esprit en Général), mais quelque chose de plus, et surtout quelque chose d’autre, que les matériaux utilitaires soigneusement choisis, que notre esprit individuel rétréci considère comme une image complète, ou du moins suffisante, de la réalité.

Et comme disait Blake

Si les portes de la perception étaient nettoyées, toute chose apparaîtrait à l’homme telle qu’elle est, infinie.

Car l’homme s’est refermé sur lui-même au point de voir toutes choses à travers les étroites fissures de sa caverne.

Et si jamais vous avez envie de lire une jolie analyse plutôt intéressante de ces Portes de la Perception (enfin..analyse pour autant qu’on le puisse, disons plutôt tentative de traduction, parce qu’on se perd vite à essayer d’analyser Blake et à le faire rentrer dans des tiroirs)

William Blake, les portes de la perception

 

 

Astarté et la mue

J’ai toujours eu du mal avec les déesses. Et oui, je suis une fille. Mais j’avais toujours l’impression que les déesses étaient chiantes. Toujours a vouloir tout contrôler. Le p’tit côté ‘I’m in charge and ferme your gueule ». Toi t’es là mais pfouuuuuh tranquille laisse moi souffler ! Et d’où je devrais être assidue dans la dévotion toussa? Qu’est ce qui me prouve que tu fais ça pour moi, dans ta grandeur d’âme toute déitique, et pas pour tes propres intérêts?

Les dieux étaient moins chiants. Je m’entendais directement bien avec beaucoup d’entre eux. Comme des potes. Ils partent, ils reviennent, un côté assez friendly et pas prise de tête, c’est comme ça bah voilà, sinon bah tant pis, pas besoin d’en faire tout un fromage.

Et puis ces histoires de féminin sacré, ça aussi, mais qu’est ce que ça me soulait.  Pourquoi vouloir tout le temps définir ce qu’est le masculin, ce qu’est le féminin? En dehors du fait qu’on est conditionnés par notre apparence physique (vagin=hormones,règles et toutes les sautes d’humeur qui vont avec, et verge=sauts de testostérone et plus de force physique en général), et que notre physique conditionne en partie notre mental;  est ce qu’on ne pourrait pas juste foutre la paix aux gens et les laisser être ce qu’ils ont envie d’être sans les enfermer tout le temps dans des cases? Sans essayer à chaque fois d’attribuer l’adjectif « masculin » et « féminin » à chacun de nos faits et gestes?

Bref vous l’aurez compris, en général, je me sentais mieux avec les mecs. Qu’il s’agisse de dieux ou de potes.

Et la bim, Astarté arrive en fanfare.

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J’avais dessiné cette statue au Louvre quand j’avais 18 ans, fascinée que j’étais par la beauté de l’albâtre , de l’or et du rubis, et par la puissance et la simplicité qui s’en dégageait. Un peu plus d’une dizaine d’années plus tard , il y a quelques jours, je fais un rêve qui me plonge dans une sacré confusion et me réveille avec le nom ASTARTE en tête. Je me décide a retourner au Louvre pour aller voir la belle. Besoin de savoir.

Grosse douche brûlante. L’air qui vibre, comme crépitant. Une énergie très vieille, très complexe, qui a serpenté durant les millénaires depuis la lointaine Phénicie, en passant par l’Accadie, Babylone, la Syrie et l’Egypte, où elle a pris tour à tour la forme d’une déesse guerrière et cavalière, d’un démon de luxure aux côté de son compagnon Baal dans les écritures hébraiques, d’une déesse de la fertilité et de la nature sauvage ou d’une voyageuse qui récolte les météorites, une énergie insondable et difficilement définissable. D’une violence, ou d’une douceur extrême. Et j’avoue que j’aime ça.

A une période ou, après avoir fait un pas en dehors de la société, expérimenté une immersion plein nature ou l’on cuisinait à la braise, dormait a la belle étoile , cuisinait des plantes sauvages et mangeait des crapauds et couleuvres à la braise (la première bestiole que j’ai tué,c’était une couleuvre(moustiques et autres saloperies mises à part). Oui, je sais, c’est protégé et je suis une hors-la-loi, et j’en ai rien à faire. Et d’ailleurs, le crapaud et la couleuvre, c’est très fin et ultra bon, comme viande.), je me suis retrouvé face à toutes ces vieilles parties de moi, face à mes présupposés sur ce qu’était la vie et sur la manière de la mener, et ça m’a fait très, très mal. Quand on te fait gouter à la liberté, c’est toujours difficile de remettre le mords sans ruer. L’habitude nous apprivoise , insidieusement, et nous fait accepter l’inacceptable.

Disons donc ainsi, qu’à l’homme toutes choses lui sont comme naturelles, à quoi il se nourrit et s’accoutume: mais cela seulement lui est naïf, à quoi sa nature simple et non altérée l’appelle: ainsi la première raison de la servitude volontaire c’est la coutume: comme des plus braves courtauds qui au commencement mordent le frein et puis s’en jouent; et là ou naguère il ruaient contre la selle; ils se parent maintenant dans leurs harnais, et tous fiers ils se gorgent sous la barde. Ils disent qu’ils ont toujours été sujets; que leurs pères ont ainsi vécu; ils pensent qu’ils sont tenus d’endurer le mal, l’entretiennent, et fondent eux même sous la longueur du temps la possession de ceux qui les tyrannisent; mais pour vrai les ans ne donnent jamais droit de mal faire, mais agrandissent l’injure.

La boétie, discours sur la servitude volontaire (la formulation est un peu dégueu et pas toujours compréhensible, mais c’était le langage d’époque)

Et le corps, l’esprit réagissent. Ils nous envoient des signaux. Mal être, maladies, névroses. On essaye de leur faire fermer leur tronche comme on peut, à grand renforts de psychothérapies, d’hypnoses, de gélules ou d’huiles essentielles. Certaines méthodes sont plus « naturelles » que d’autres, mais elles ne sont pas moins abrutissantes. Les loisirs, les réseaux sociaux, les jeux, tout n’est qu’une tentative pour retrouver cette état de liberté qu’on avait avant de se sédentariser. Le corps se souvient, et la mémoire de ce temps est ancrée au plus profond de nos cellules, et chante pour que l’esprit suive.

Non, ça n’est pas nous même ni nos pensées qu’il nous faut changer. Enfin pas dans le sens de les remodeler pour qu’ils arrêtent de nous faire chier et nous laisser vivre la vie d’esclave que l’on mène, le sourire aux lèvres. Il est important de retrouver cet élan du sauvage, du sang et de la vie qui éclate, de la joie de la connexion au vivant. Je ne dis pas aller vivre dans les bois tout seul en perdant tout contact avec la communauté; je peux vous assurer qu’une immersion en nature tout seul, ça devient très vite chiant; plus ça va, et plus je me rend compte à quel point je suis grégaire, comme animal. Je me nourris de l’échange, de la rencontre avec les gens. Autrement je stagne et je me ratatine dans un coin comme une vieille pomme laissée dans un coin. J’ai besoin du contact avec les arbres, les oiseaux, les insectes, même les limaces. Mais j’ai tout autant besoin des gens. Et si on peut arriver à un équilibre entre les deux, et bien ça m’ira parfaitement.

 

Mais d’abord, il va falloir un peu planter les crocs et arrêter de se mentir en permanence. Se regarder en face, regarder où nous en sommes et accepter de faire des efforts pour sortir du cercle de dépendance dans lequel nous nous sommes enfermés; comme la dépendance taff/fric/consommation. Ca fait direct un peu Hippie de dire ça, mais mine de rien, c’est quand même une sacré chaîne, et dès que tu essayes de réfléchir à tout ça d’un peu plus loin, tu te rends compte que tu passes ta vie à faire un taff de merde pour t’offrir des trucs qui vont te rappeler tout ce que tu aurais pu faire si tu ne taffais pas (il faut environ 4 a 5h de travail par jour dans les peuples premiers pour abattre tout le boulot nécessaire à la survie, le restant du temps on fait ce qu’on veut).

Une fois qu’on en arrive là, on se rend compte qu’il n’y a qu’un moyen de savoir si c’est faisable: l’expérimenter. Et c’est à cette phase clef où j’en suis actuellement, dans cet état de suspension avant le saut dans le vide. Je tergiverse, je procrastine, je retombe dans mes vieux états d’incertitude insidieusement destructeurs et habitudes foireuses, sans oser me lancer. Sachant que je serais bien mieux à sauter dans le gouffre qu’à rester sur le bord en regardant le vide. Mais j’ai peur de briser mes chaînes, parce que ça voudrait dire assumer le prix de ma liberté.

 

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John Singer Sargent, Astarté