Cueillette de plantes sauvages: Alliaire officinale, nombril de vénus et douce-amère

Hello les gens! Ca faisait longtemps non? (au moins UNE SEMAINE!)

Bref. Me revoici, surfant sur les vagues de mon installation en Irlande. Sans vouloir trop m’attarder sur ma vie, je me suis installée tranquillou, je commence la reconnaissance des environs, je me balade pour trouver des coins tranquilles pour me ressourcer dans la nature (je suis tombée sur un tilleul gigantesque juste à côté d’une petite rivière…sublime, dommage qu’il y aie pas mal de déchets, va falloir que je ramasse tout ça , ça sera une bonne offrandes aux esprits du lieux) , j’essaye d’être sociale comme je peux , je reconstruis tout doucement mon espace en tissant ma toile un fil après l’autre.

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Illustration: Lucien Lévy-Dhurmer

J’essaye de ralentir. Prendre conscience de tout ce qui me reste à faire, y aller étapes par étapes . Se structurer au sein d’un nouvel espace n’est jamais facile, la perte de repères est toujours extrêmement fatigante pour le moral et le le physique, tu dépenses une montagne d’énergie hallucinante à trouver un compromis entre essayer de te protéger  et en même temps s’adapter et apprendre de son nouveau milieu, tel un petit poisson rouge balancé au milieu de l’océan (NEMOOOOOOOO!)

Je ne suis pas quelqu’un de particulièrement sociable à la base, je me sens toujours mieux seule au milieu des arbres qu’en compagnie nombreuse; j’adore les gens, c’est juste que je me sens très vite enfermée, ou opressée au sein d’un grand groupe . Tu as l’impression d’être décalée, à côté de la plaque, obligée d’exercer un contrôle sur ce que tu es pour rentrer dans le moule sociétal. Et même si ce jeu en société est indispensable dans les relations humaines, il m’a manqué durant toute ma jeunesse, et encore maintenant, je n’ai pas encore ce petit quelque chose qui fait que tout coule de source dans la relation avec l’autre; c’est comme si je m’imposais en permanence un « filtre » qui m’empêcherais de ressentir trop profondémment ce qui m’entoure.

Mettre à bas ce « filtre », comprendre pourquoi et quand il se met en place, et comment le contourner pour prendre du plaisir à être avec les gens au lieu de se perdre dans les méandres des suggestions et projections mentales qui ne font que t’enfermer encore plus en toi même est un sacré travail de tous les instants.

C’est un travail de prise de conscience, de compréhension des mécanismes de défenses qu’on a pu développer à cause/grâce à nos expériences passées et notre sensibilité.

Simplement laisser les choses couler lorsqu’on les sens venir, laisser couler les sensations qu’on capte, celles qui viennent de nos défenses. Ne pas fermer nos portes, laisser le flux du monde et des autres entrer en nous. Ne pas laisser l’eau stagner en nous, tous ces souvenirs, peurs, angoisses qui se transforment en une eau noire qui nous enlise, transforme une partie de nous en un marais insalubre (et vive les moustiques et les crocos là dedans) .

Demande à l’eau de couler. Ne te ferme pas. Si tu es en colère contre quelqu’un, c’est que ça te renvoie à quelque chose que tu n’aimes pas chez toi. Si tu es dure avec les autres, c’est parce que tu es dure avec toi même . Si tu traites autrui avec respect , tolérance et gentillesse, tu fais de même avec toi même.

Chère Baba Yaga, les gens me disent parfois que j’ai l’air faché alors que c’est juste que je m’ennuie. Est-ce qu’ils voient quelque chose en moi que je ne vois pas moi même?

Baba Yaga

L’ennui est comme le dessus d’une vieille souche détrempée, l’eau de pluie qui tombe dans ce petit puits rend possible la décomposition vers laquelle les cellules se laissent naturellement aller. Que se passe-t-il donc en toi pour que tu stagnes si facilement? Remues l’eau morte et regarde ce qui se passe tout au fond.

Via Taisia Kitaiskaia

Il me reste encore pas mal de travail à faire là dessus, mais j’ai l’espoir d’arriver à renverser la tendance!

En attendant je m’attelle à reconnaître les plantes du coin que j’intègre petit à petit à mon alimentation. Je me suis achetée un mini-blender, c’est ultra pratique pour faire des genre de pestos végétaux: tu prends tout ce qui te passes sous la main, tu mixes avec de l’huile d’olive, du citron et de la sauce soja et hop! T’as un super truc à tartiner sur ton pain du midi (tu peux même pousser l’awesomitude jusqu’à faire ton pain toi même, mais bon faut avoir un four et du temps devant soi!) Je fais déja quelques salades avec du plantain, des jeunes feuilles de tilleul (ultra bon et très doux, je vous conseille!), quelques orties cuisinées comme des épinards et de la vesce comme dans l’article précédent, et j’ai appris à reconnaître trois nouvelles plantes que je vais vous présenter par la suite (toutes les plantes que je vous présenterai dorénavant sur ce blog seront des plantes que j’aurais touchées, senties,et goutées quand comestibles, et cueillies avec mes petites mimines):

-L’Alliaire Officinale ou herbe à ail ( Alliaria petiolata )

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Elle est aparemment devenue envahissante aux états-unis, en tout cas en France je n’en ai presque pas croisé, mais j’en ai trouvé par ici. Elle aime bien les clairières et les lisières de forêt, les bords des murs, il ne faut pas la confondre avec les Dentaria, Osmorhiza claytonii,et Saxifraga virginica : vous pouvez la reconnaître facilement grâce à l’odeur légèrement aillée que dégagent ses feuilles lorsqu’on les froisse (l’odeur est un très bon moyen de reconnaître les plantes médicinales et/ou toxique) et la forme caractéristique des feuilles.

Vous pouvez en faire des pestos, des salades, cuire les feuilles comme des épinards, ou encore se servir de ses graines pour faire un genre de moutarde (d’où le nom anglais Garlic Mustard ) . Les feuilles sont tendre , pas poilues ou coriaces comme peuvent l’être d’autres plantes sauvages; et en plus ça a plein de propriétés médicinales: elle est diurétique, on l’utilise aussi pour traiter l’asthme, ou la goutte, ou encore fraiche en cataplasme, pour désinfecter .

Et nos ancêtres les utilisaient déja depuis trèèès longtemps, la preuve, on a même retrouvé des traces de graines sur des poteries datant de 6000 AVT JC! (whouuu, prends ça dans les dents)

Le Nombril de Venus (Umbilicus rupestris)

Alors celle-ci, impossible de la confondre avec une autre plante. Ca ressemble un peu a une espèce de cactus qui aurait copulé avec une girolle, c’est gorgé d’eau (une plante « succulente » on dit aparemment en botanique, et je vous assure que mon palais la confirme comme succulente également au niveau culinaire). Elle aime les vieux murs, les vieilles pierres toutes humides, les endroits ou le soleil ne passe pas très souvent. Je ne me souviens pas en avoir vu en France mais je sais qu’il y en a , en tout cas ici, au royaume de l’humidité et des vieilles pierres, elle s’en donne à coeur joie la petite!

Celle-ci par contre , il vaut mieux éviter de la cuire, c’est un peu un gros gâchis; le meilleur moyen de la cuisiner, c’est fraîche, en salade. N’oubliez pas de cueillir celles qui sont hors d’atteinte des pipis et cacas de renards ou autres ragondins (qui transmettent la leptospirose), c’est préférable lorsqu’on consomme les plantes crues. En plus elle a un super goût, qui peut être légèrement amer lorsqu’elles sont vieilles ou qu’elles produisent des fleurs.

Nicholas Culpepper , un physicien, astrologiste, botaniste et herbaliste (qui n’est pas très considéré aujourd’hui, car il appliquait une classification astrologique aux plantes, on comprenne que ça plaise moyens aux scientifiques modernes) lui prétait des vertus dépuratives, et un effet particulièrement bénéfique sur les reins: elle est sensée être efficace contre la plupart des maux d’origine « chaude »:

« Boire le jus ou l’eau distillée de nombril de Vénus est très efficace contre toutes les inflammations ou échauffements non-naturels, pour refroidir une brûlure d’estomac, un foie chaud, ou les intestins: les feuilles, le jus, ou l’eau distillée, appliqués en externe, soignent les boutons, l’ergotisme (un genre d’intoxication provoqué par la consommation d’un champignon présent dans le seigle), ainsi que d’autres échauffements externes. Le jus ou l’eau aide à purifier les reins stagnants, qui sont blessés ou ulcérés par les calculs; ils font aussi uriner, sont efficaces contre les oedèmes et aident à dissoudre les calculs rénaux. Lorsque qu’on l’ utilise dans un bain, ou écrasée pour en faire un onguent, elle calme les veines enflammées; et est également très efficace contre la goutte et la sciatique, et combat les noeuds présents dans le coup ou la gorge, qui se nomment le mal du roi: Le jus ou l’onguent soignent les engelures et les bleus, en les aidant a disparaître rapidement. »

Pour plus d’infos , n’hésitez pas à aller checker la vidéo suivante, qui vous permettra de bien reconnaître le nombril de Vénus:

Nous allons donc finir notre petit article avec une PLANTE TOXIQUE! (yeaaaah vous l’attendiez celle là, avouez! Une plante magique :D) j’ai nommé la très jolie Douce Amère (Solanum dulcamara)

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(dorénavant, j’utiliserai cette illus de Pam Wishbow pour parler des plantes toxiques, histoire d’être sure et certaine que quelqu’un qui aurait lu l’article en diagonale ne s’amuse pas à les ajouter à sa salade)

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Jasmin à gauche, douce-amère à droite, et l’insecte c’est un magnifique sphinx à tête de mort et sa chenille de toutes les couleurs

La douce-amère fait partie de la famille des Solanacées (en anglais on les appelle les Nightshade, c’est quand même vachement plus classe), dont font partie entre autres la Belladone, la Datura et la Mandragore, et aussi…la patate. Et oui la patate on dirait pas comme ça, mais c’est sacrément badass. On consomme les tubercules (donc la chose informe que nous appellons « pomme de terre »), mais les feuilles , et toutes les parties vertes des turbercules sont toxiques et contiennent de la solanine, un poison assez violent, que seule la larve de quelques papillons comme le Sphinx tête de mort peuvent boulotter tranquillou, alors que ça peut vous allonger raide mort . La solanine provoque des troubles cardiaques, vomissements, nausées, diarrhées, paralysies, fièvres, hallucinations; évitez de manger des feuilles de patate si vous voulez vous tapez un trip, les effets secondaires risquent de vous gâcher le voyage.

La Douce Amère aime les endroits un peu sombres, et surtout très humides, comme les bords de vieux murs ou les points d’eau.

En magie, elle est réputée être protectrice lorsque accroché dans un endroit secret de chez vous, ou aider a soigner les souvenirs amers lorsque portée sechée, dans un petit sachet par exemple. Elle est utile si vous faites de la magie Faery (ce que je ne pourrais pas confirmer, je n’en fais pas) , et est associée à Mercure et Saturne.

La Douce-amère est moins toxique que ses congénères, aparemment les amérindiens l’utilisaient en pommade pour traiter l’arthrite, les tumeurs, les problèmes digestifs… Mais là encore, je ne vous conseillerais pas de faire de même!

Vous pouvez trouver d’autres informations sur la douce amère par ici, mais c’est en anglais!

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Allez des bisous à tous, et à la prochaine!

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Débuter avec la cueillette sauvage

Me revoici dans l’arène pour vous donner, comme promis dans le dernier article , quelques détails concernant la cueillette sauvage.

Si vous avez envie de vous y mettre, pour récolter vos plantes vous même et les utiliser soit à des fins magiques, soit à des fins culinaires, soit à des fins médicinales, ou pour toute autre raison, il y a quelques règles à respecter afin que la cueillette et la dégustation, ainsi que la conservation se déroulent dans les meilleurs conditions possibles.

Sachez qu’il est plus facile d’utiliser les mêmes règles et de faire preuve des mêmes précautions pour toutes les plantes que vous cueillez, du moins lorsque vous commencez, comme ça si par exemple vous voulez utiliser votre aubépine pour en faire une tisane calmante ou en fumigation pour purifier un endroit, et bien y’aura pas de soucis en aval.

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La première difficulté à laquelle vous aurez à vous confronter, et non la moindre, est celle de l‘identification des plantes que vous cherchez. Soyez sur, et absolument certain, qu’il s’agit bien de la plante que vous voulez cueillir. Certaines plantes ont des cousines toxiques, comme par exemple le cerfeuil musqué qui ressemble à la cigüe. Pour éviter de passer de vie à trépas pour une bêtise, prenez un bouquin avec vous comme L’herbier a croquer , de François Couplan pour les débutants, ou Le régal Végétal pour ceux qui ont envie d’un truc plus consistant. Je préfère personnellement les ouvrages « non magiques » pour ce qui est de reconnaître les plantes sauvages, ils sont en général mieux documentés et plus complets; je recherche ensuite en aval les applications magiques des plantes qui m’intéressent , par exemple sur ce site là. Si vous n’êtes pas sur, cueillez quelques brins de la plante et ramenez les chez vous pour essayer de les identifier; ça peut etre un exercice sympa pour commencer .

Ensuite, soyez au courant des risques de maladies transmises par des parasites ou virus transmis par l’urine des animaux, comme l’echinococcose ou la douve du foie. (bon courage si vous allez lire les articles, c’est super dégueulasse. Mais que ça ne vous effraie pas, si l’on respecte quelques règles on a aucune chance de chopper ces saloperies) .

L’echinococcose est transmise par l’urine d’animaux sauvages, les cas sont très rares (15 par an environ) , et la plupart se concentrent dans l’est de la France et le massif central (voir la carte de Wikipédia), si vous allez ailleurs y’a aucun soucis. Mais si vous avez vraiment peur, cueillez les herbes qui se trouvent a plus de 50 cm du sol, ou dans votre jardin, aucun risque qu’il y aie du pipi de renard dessus.

Pour la douve du foie, on la trouve dans le cresson sauvage et dans les pissenlits qui se trouvent en aval des ruisseaux ou paissent des bovins ou ovins (vaches et moutons), du coup évitez simplement d’en ramasser et préférez le cresson cultivé.

Si malgré tout ça ça vous fait encore grave flipper toutes ces histoires de parasites qui vous bouffent le foie (nooooon reveneeeez je vous assure c’est bien les plantes sauvages!) , dites vous qu’il existe une solution toute simple qui permet une consommation sans risque des légumes.

Et oui. La cuisson. Normalement, si vous cuisez vos légumes, y’a plus aucun soucis. Bon par contre, la plupart des vitamines et micro-organismes nécessaires à la digestion se trouvent dans le légume cru et sont détruites à la chaleur, du coup c’est vous qui voyez!

Si vous partez pour une longue balade, n’oubliez pas votre pince à tique, pour la retirer vite fait, essayez de portez des collants ou leggins, afin d’éviter de chopper la maladie de lyme qui est une belle saloperie et transmise par les piqures de tique. Prenez aussi un petit flacon d’huile essentielle de lavande aspic, efficace contre tout type de piqures (ou mâchez du plantain avant de l’appliquer sur la piqure, ça marche aussi), et puis une bonne bouteille d’eau contre la désydratation, ainsi que quelques offrandes pour les esprits du lieux et pourquoi pas un outil de divination pour etre sur qu’on vous autorise à cueillir les plantes concernées.

Pour ce qui est de la cueillette proprement dite, ainsi que de la conservation et de l’utilisation des plantes , vous pouvez aller voir la vidéo de Lyra Ceoltoir (du blog Herbwitchery) qui est vraiment super bien faite; elle vous donne plein de tuyaux pour cueillir, faire sécher , conserver et enfin utiliser les plantes, comme par exemple:

Utiliser un panier en osier pour mettre les plantes qu’on cueille , afin de participer à la pollenisation et d’éviter d’abimer votre récolte (et puis c’est toujours sympa, le côté petit chaperon rouge en balade pour aller voir sa mère grand)

Ne pas utiliser de couteau en fer , certaines plantes n’aiment pas ça, en particulier celles qui sont liées à la faery. J’en ai eu la confirmation lorsque j’ai été cueillir de l’hellébore, j’avais des branches d’aubépine dans mon sac et je mets la main pour chopper mon couteau afin de l’utiliser pour couper l’hellébore, et BIM je me pique, mais bien méchant. J’ai essayé quand même (je n’avais aucune idée à l’époque que certaines plantes puissent ne pas aimer le fer), rien a faire, je n’arrive pas à couper les tiges. Solution: utiliser un couteau en céramique style celui là que j’adore, ou vos petites mimines .

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Faites juste attention si jamais vous cueillez des plantes qui ont une sève corrosive comme l’hellébore, mettez des gants , sinon vous risquez d’avoir des surprises.Pour vous donner un exemple, j’ai été cueillir de l’hellébore , puis je me suis mise à décortiquer les cosses pour récupérer les graines (personne a empoisonner je vous rassure, mais l’hellébore est une super plante pour tout ce qui est de banir les trucs pas beaux et méchants) , et là je sens que le bout de mes doigts me pique et devient rouge, je commence à avoir des vertiges. Je vais vite me laver les mains et regarde sur internet, et je m’aperçois que le suc est corrosif, et que les principes actifs peuvent passer dans le sang. Je vous avoue que j’ai un peu flippé quand même, j’étais shootée pendant au moins 3h, rien de grave, juste la légère impression d’être un peu bourrée ou d’avoir fumé. Donc prudence, renseignez vous bien; bien que les plantes toxiques soient dans l’ensemble assez rares dans la nature, c’est important de savoir les reconnaitre.

Evitez les plantes de bord de routes . Les voitures qui passent relâchent pas mal de pollution, qui peuvent passer dans les plantes. Pareil pour ce qui est de la cueillette en milieux pollués, vaut mieux éviter; c’est une raison pour laquelle j’aime cueillir mes plantes moi même et savoir d’où elles viennent, car leur teneur en principes actifs dépend de l’endroit où elles poussent.

Cueillez vos plantes de préférences le matin,  et lorsqu’elles sont sèches. Je crois qu’il existe différentes heures ou jours , voir saisons spécifiques à la cueillette de telle ou telle plante, ça ne fait jamais de mal de se renseigner, mais en général c’est le matin que les plantes sont au « must » de leurs arômes .

Triez et Rincez bien votre cueillette, surtout si vous allez la consommer après. Lorsque ce sont des plantes aromatiques de votre jardin, on conseille souvent de ne pas rincer , car la encore, ça retire pas mal de principes actifs. Mais pour celles cueillies dans la nature, il y a souvent de la poussière, ou des insectes dessus; il vaut mieux les laver , avec un petit peu de vinaigre de cidre dans l’eau de rincage c’est parfait. Triez votre cueillette en cueillant, et en rinçant une deuxième fois, histoire d’être bien sur de ne pas avoir autre chose que ce que vous voulez ; en particulier si vous partez pour cueillir différentes plantes, c’est toujours mieux de les stocker dans des sacs différents ou de bien les séparer, surtout s’il y en a des comestibles et d’autres pas.

Mettez les à sécher dans un endroit sec, chaud, sombre et sans poussière. La technique la plus simple est simplement de suspendre les bouquets tête en bas, en les attachant à un fil qu’on serre bien (les plantes se rétractent en séchant) . Attention à la lumière, ça a tendance a détruire les principes actifs de la plante, c’est pour ça que les faire sécher au soleil est en général une mauvaise solution.

Stockez les dans des pots en verre, à l’abri de la lumière, avec un bon étiquettage. Il est préférable d’utiliser des pots en verre avec un bouchon de liège, afin que l’air circule et que les plantes ne moississent pas. Sinon, les sacs en papier (éviter le papier blanc, qui contient du chlore et des agents blanchissants) style sacs qu’il y a dans les magasins bio pour prendre les trucs en vrac ou les légumes, c’est parfait; ou encore des petits sacs en tissus, c’est plus facile à transporter si vous partez en voyage.

Voilà! J’espère que ça vous aura aiguillés, n’hésitez pas à apporter des précisions/corrections si besoin, je posterais quelques plantes faciles à reconnaître dans le prochain article, avant de partir en Irlande demain !

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Voilà le premier de la série pour vous mettre l’eau à la bouche : le lierre terrestre (Glechoma hederacea), cette mauvaise herbe qu’on trouve dans tous nos jardins. Au gout très fort, on l’utilise en condiment un peu comme le persil ou le thym, pour relever les salades, potages, omelettes… J’adore ce gout, c’est hyper agréable, et plein de vitamine C. Elle est anti-inflammatoire, diurétique, astringente, expectorante; et en magie on l’appellait « couronne de terre », et réputée redonner des forces aux jeunes maman après l’enfantement, lorsque placées sous l’oreiller; on peut aparemment l’utiliser aussi pour la divination.

A ne pas confondre avec le Lierre Grimpant qui ne lui ressemble en rien, et qui lui, est toxique.

Le charme des Neuf Herbes sacrées

Je vous ai fait la présentation des neufs herbes sacrées dans l’article précédent , et maintenant voici le moment que vous attendez tous…

*roulements de tambours*

Le chaaaaaaaaarme! (en vieil anglo-saxon puis en français , comme ça si vous êtes des puristes vous pourrez le réciter en anglo-saxon.) Désolée pour la trad un peu à la one again, vous pouvez trouver une version anglaise par ici.

Gemyne ðu, mucgwyrt, hwæt þu ameldodest,
hwæt þu renadest æt Regenmelde.
Una þu hattest, yldost wyrta.
ðu miht wið III and wið XXX,
þu miht wiþ attre and wið onflyge,
 
þu miht wiþ þam laþan ðe geond lond færð.

Rappelletoi, Armoise, ce que tu as fait savoir,
Ce que tu as arrangé à la Grande proclamation.
Tu étais alors appellée Una, la plus ancienne des herbes,
Tu as le pouvoir contre trois et contre trente,
Tu as le pouvoir contre le poison et contre l’infection,
Tu as le pouvoir contre le fou répugnant qui vagabonde à travers les terres.

Ond þu, wegbrade, wyrta modor,
eastan openo, innan mihtigu;
ofer ðe crætu curran, ofer ðe cwene reodan,
ofer ðe bryde bryodedon, ofer þe fearras fnærdon.
Eallum þu þon wiðstode and wiðstunedest;
swa ðu wiðstonde attre and onflyge
and þæm laðan þe geond lond fereð

Et toi, Plantain, mère des herbes,
Qui s’ouvre depuis l’Est, la grandeur incarnée,
Par-dessus toi les chariots craquent, par-dessus toi les reines chevauchent,
Par-dessus toi les mariées crièrent, par-dessus toi les bœufs renâclèrent.
Tu leur résistes tous, tu tiens bon contre leurs assauts.
Puisses-tu de la même façon résister au devant du poison et de l’infection
Et contre le fou répugnant qui vagabonde parmi les champs.

Stune hætte þeos wyrt, heo on stane geweox;
stond heo wið attre, stunað heo wærce.
Stiðe heo hatte, wiðstunað heo attre,
wreceð heo wraðan, weorpeð ut attor.
þis is seo wyrt seo wiþ wyrm gefeaht,
þeos mæg wið attre, heo mæg wið onflyge,
heo mæg wið ðam laþan ðe geond lond fereþ.
Fleoh þu nu, attorlaðe, seo læsse ða maran,
seo mare þa læssan, oððæt him beigra bot sy.

Stune est le nom de cette herbe, elle grandit sur une pierre,
Elle résiste au poison, elle se bat contre le poison
Elle se nomme Ortie, elle attaque le poison,
Elle rejette celui qui fait preuve d’hostilité, elle fait sortir le poison.
C’est l’herbe qui a combattu contre le serpent, elle a le pouvoir contre les infections,
Elle a le pouvoir contre le fou répugnant qui vagabonde le long des champs.
Fais donc s’envoler, Venom-loather (Vipérine?), les poisons les plus grands
Même si tu es un poison moindre, jusqu’à temps qu’il soit soigné des deux.

Gemyne þu, mægðe, hwæt þu ameldodest,
hwæt ðu geændadest æt Alorforda;
þæt næfre for gefloge feorh ne gesealde
syþðan him mon mægðan to mete gegyrede.

Rappelle-toi, Camomille, ce que tu es censée savoir,
Tout ce que tu as accompli à Aloford,
Jamais un homme ne devrait perdre sa vie à cause d’une infection
Après avoir eu de la Camomille comme aliment.

þis is seo wyrt ðe wergulu hatte;
ðas onsænde seolh ofer sæs hrygc
ondan attres oþres to bote.
ðas VIIII magon wið nygon attrum.

Il s’agit de l’herbe qui est appelée « Wergulu » (nb: il s’agit du cresson d’eau).
Un phoque l’a envoyée depuis l’étendue de la mer,
En guise de barrière contre le poison, d’aide pour autrui.
Elle se dresse contre la douleur, elle combat le poison,

 
Wyrm com snican, toslat he man;
ða genam Woden VIIII wuldortanas,
sloh ða þa næddran, þæt heo on VIIII tofleah.
þær geændade æppel and attor,
þæt heo næfre ne wolde on hus bugan.

Un ver vint en rampant, il ne tuait rien.
Puis Woden (nb: le nom germanique d’Odin) prit neuf brins de gloire,
Il frappa la vipère qui se scinda en neuf parties.
Là la Pomme accomplit ce qu’elle devait faire contre le poison
qu’ainsi Il [le grand serpent] ne puisse jamais entrer dans la maison.

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« Méhéhé, je vais te défoncer, petit bâtard de serpent » dit le grand Odin

Fille and finule, felamihtigu twa,
 
þa wyrte gesceop witig drihten,
halig on heofonum, þa he hongode;
sette and sænde on VII worulde
earmum and eadigum eallum to bote.
Stond heo wið wærce, stunað heo wið attre,
seo mæg wið III and wið XXX,
wið feondes hond and wið færbregde,
wið malscrunge manra wihta.

Cerfeuil et fenouil, duo de grande valeur,
Ils furent créés par le Grand sage,
Sacré au paradis alors qu’il se pendit:
Il  les plaça et les envoya dans les sept mondes,
Parmi les démunis et les fortunés, en guise d’aide pour tous.
Ils se dressent contre la douleur, ils se battent contre le poison,
Ils marchent tout aussi bien contre 3 et contre 30,
Contre la main du fou et contre les nobles intrigues
Contre les enchantements des viles créatures.

Nu magon þas VIIII wyrta wið nygon wuldorgeflogenum,
wið VIIII attrum and wið nygon onflygnum,
wið ðy readan attre, wið ðy runlan attre,
wið ðy hwitan attre, wið ðy wedenan attre,
wið ðy geolwan attre, wið ðy grenan attre,
wið ðy wonnan attre, wið ðy wedenan attre,
wið ðy brunan attre, wið ðy basewan attre,
wið wyrmgeblæd, wið wætergeblæd,
wið þorngeblæd, wið þystelgeblæd,
wið ysgeblæd, wið attorgeblæd,

Maintenant les neuf herbes ont le pouvoir contre neuf esprits mauvais,
Contre neuf poisons et contre neuf infections:
Contre le poison rouge, contre le poison fou,
contre le poison blanc, contre le poison bleu pâle,
contre le poison jaune, contre le poison vert,
Contre le poison noir, contre le poison bleu,
contre le poison brun, contre le poison écarlate,
contre les cloques de ver, contre les cloques d’eau,
contre les cloques de dards, contre les cloques d’épine,
contre les cloques de givre, contre les cloques de poison,

gif ænig attor cume eastan fleogan
oððe ænig norðan cume
oððe ænig westan ofer werðeode.
Crist stod ofer adle ængan cundes.

Si un seul poison vient en volant depuis l’Est,
Ou d’aucun venant du Nord, [ou d’aucun venant du Sud],
Ou d’aucun venant de l’Ouest jusqu’aux gens .
Le Christ se dresse contre les maladies de toute sorte

 
Ic ana wat ea rinnende
þær þa nygon nædran nean behealdað;
motan ealle weoda nu wyrtum aspringan,
sæs toslupan, eal sealt wæter,
ðonne ic þis attor of ðe geblawe.

Moi seul connais un courant bondissant
Et les neuf vipères s’éloignent de celui-ci.
Que toutes les herbes germent depuis leurs racines,
les mers se retirent, toute l’eau salée,
lorsque je souffle ce poison hors de toi.

Mugcwyrt, wegbrade þe eastan open sy, lombescyrse,
 
attorlaðan, mageðan, netelan, wudusuræppel, fille and finul,
ealde sapan. Gewyrc ða wyrta to duste, mængc wiþ þa
sapan and wiþ þæs æpples gor. 
 
Wyrc slypan of wætere and of axsan, genim finol, wyl on þære slyppan and beþe mid æggemongc, þonne he þa sealfe on do, ge ær ge æfter. 
 
Sing þæt galdor on ælcre þara wyrta, III ær he hy wyrce and on þone æppel ealswa; ond singe þon men in þone muð and in þa earan buta and on ða wunde þæt ilce gealdor, ær he þa sealfe on do.

L’armoise, le Plantain qui s’ouvrent depuis l’Est, le Cresson d’eau, la Vipérine, la Camomile, l’ortie, la pomme sauvage, le cerfeuil et le fenouil, du vieux savon;
Broyez ces herbes jusqu’à obtenir une poudre, mixez-les avec le savon et le jus de pomme.
Puis préparez une pâte avec de l’eau et des cendres, prenez le fenouil, mettez-le à bouillir avec la pâte et puis rincez-le avec un œuf battu , à la fois avant, et après avoir appliqué le baume.
Chantez ce charme trois fois au-dessus de chacune des herbes avant de  les préparer, faites la même chose avec la pomme. Puis chantez le même charme au-dessus de la bouche de l’homme que vous voulez soigner, dans chacune de ses oreilles, puis sur la blessure, juste avant d’appliquer le baume.

20550remedies

*Gloups* Elle est dégueu ta soupe Jean-Jacques!

Les neufs herbes sacrées

Je vous avais parlé précédemment du fameux Charme des Neuf Herbes, qui mentionnait neuf plantes sacrées.

Ce texte provient d’un manuscrit anglo-saxon dantant du Xème siècle après JC (pas Jacques Chirac hein, on parle bien du barbu qui multipliait les pains là), nommé le Lacnunga, et nous indique, assez précisémment d’ailleurs, comment utiliser les 9 herbes sacrées pour soigner toutes sortes de maux.

Il est assez difficile de savoir dans quelle mesure ces herbes étaient utilisées à l’époque Viking étant donné que le texte en question date d’une époque postérieure, où la religion chrétienne était déja passée avec son bon gros rouleau compresseur. Tout ce qu’on sait, c’est qu’il y est fait mention d’Odin (Wotan) qui « coupe » un « ver » (le dragon/serpent, symbole de mal et de maladie dans les textes chrétiens) en neufs maux, pour que ceux-ci puissent être soignés par les Neuf Herbes.

Vu que vous mourrez tous d’entendre ce que sont ces Neuf Herbes sacrées, les voici. On est pas encore tout à fait sûr de l’équivalent de certains des noms anglo-saxons de ces plantes, je vous donnerai du coup les associations les plus probables.

1) Mucgwyrt : l’Armoise (Artemisia vulgaris), aussi plante d’Artémis qui aurait, selon la légende, enseigné au centaure Chiron leurs vertus médicinales pour qu’il en fasse des médicaments. Les armoises étaient majoritairement des plantes qui assistaient les femmes dans leur vie intime (qui pouvaient même provoquer un avortement), on les utilisais aussi selon Pline et Dioscorides pour soigner l’épilepsie ou les calculs rénaux.

On l’appellait aussi « herbe de feu », car elle était brûlée sur les autels, elle est un très bon purificateur avant un rituel. Lorsqu’on la porte sur soi, il est dit qu’elle protège des enchantements et du mauvais oeil, et des dangers qui guettent le voyageur.

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2) Wegbrade : Le Plantain, le truc que vous retrouvez partout dans votre jardin sans trop savoir à quoi ça sert:

Il fait partie des plantes du jardin d’Hécate, mais était aussi consacré à Ares/Mars. D’après Dioscorides, il fallait cueillir le plantain après le coucher du soleil, en lune descendante et de la main gauche pour qu’elle aie le maximum d’efficacité (tout comme la Verveine) Favorise la guérison, soulage les piqûres d’insecte, désinfecte et cicatrise; même Hildegarde de Bingen vantait ses bienfaits.  La plante portée en amulette soulagerait des maux de tête (elle est liée au signe du Bélier)

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3) Stiðe : l’Ortie (Urtica Urens)

On ne compte plus les vertus de l’ortie aujourd’hui, très riche en minéraux, acides aminés et vitamines (en particulier en fer, c’est parfait pour nous les filles! Ca a une texture un peu dégueu mais en soupe ou dans des pains comme le pain à l’ortie et au fenouil d’Hildegarde, c’est super bon. ) Elle est reminéralisante, hémostatique, dépurative, galactogène, diurétique…plein de noms à coucher dehors pour dire que si vous avez des bons gants et pas peur d’écumer la campagne, tous ses bienfaits seront votre!

Si vous avez de l’asthme, vous pouvez les mixez avec du miel et de l’eau, mais attention à avoir un trèèès bon mixer si vous ne voulez pas vous retrouver avec le palais qui pique. Lorsque vous les cuisez, plus de problème, toutes les substances qui causent les irritations sont dégradées; vous pouvez les ruminer sans craindre de retours de dard.

Portées sur vous séchées, les orties sont sensées renvoyer les sorts à l’émetteur, elles gardent les esprits à distance lorsque disposées tout autour de la maison.

On peut l’utiliser dans un bain purifiant, ou les brûler.

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Attorlaðe , ou Venom-Loather: on est pas certain de l’herbe à laquelle ce terme fait référence, ça pourrait être la Vipérine ( Echium vulgare ), des plantes de la famille des Solanacées comme la Belladone, ou encore de la Bétoine.

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Deux types de vipérine : On peut la consommer en thé contre la fièvre, c’est un diurétic et expectorant, fonctionne aussi contre les inflammations. Selon Dioscoride, quiconque porte de la vipérine sur lui se prémuniera des morsures de serpents (on croyait que la forme de la fleur, qui ressemblait à un machoire ouverte de serpent, les repoussait grâce à son aspect; ce lien forme/utilité était assez courant en magie )

5 : Mægðe : la Camomille (Chamaemelum nobile ): c’est une herbe qu’on peut utiliser sans trop de contre-indications: on la connait surtout pour ses vertus calmantes , mais elle est aussi antifongique, antispasmodique, anti-inflammatoire. Elle est très bonne pour tous les problèmes d’estomac, qu’il s’agisse de brûlures (Hildegarde de Bingen conseillait de la bouillie de camomille pour les problèmes de digestion), problèmes de gaz, ou autres.

En externe, on peut l’utiliser sur les yeux fatigués (gardez les sachets d’infusion à la camomille, mettez les au frigo et après sur les paupières, c’est super pour dégonfler les yeux de patate du matin!) Ca marche aussi sur les brûlures légères, et les irritations anales et génitales (vous le savez maintenant!)

En magie, elle est associée au soleil, aux dieux Baldr, Ra, Cernunnos, Lugh…du moment que ça brille et que c’est jaune c’est bueno. Vous pouvez mettre des feuilles tout autour de votre maison pour lever des sorts qui se seraient égarés là, ou l’utiliser en infusion et en asperger les fenêtres pour éviter aux entités de venir vous embêter chez vous alors que vous avez besoin d’intimité, merde.

En bref, la camomille est un excellent relaxant, et c’est parfait si vous avez des mioches un peu trop agités. (TIENS! DORS! *attaque marteau camomille* )

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-6  : L’ æppel : la pomme (sauvage)

Je vous passe sous silence (ah bin non, finalement) les multiples qualités de la pomme. Comme dirait l’adage « une pomme par jour garde le docteur à l’écart!’ Les pommes sont des excellentes coupe faim, rafraichissantes, elles aident à baisser le taux de cholestérol dans le sang, aident à la digestion .

Au niveau mythologique alors là c’est la Panacée, entre les pommes d’or de l’immortalité gardées par la déesse nordique Idunn, la pomme interdite croquée par cette grande fenouille d’Eve, la pomme de Blanche Neige (sisi c’est mythologique!) , on a de quoi faire! Elles font de très bonnes offrandes à Idunn, Freyja, Eris, Pomona; on peut les utiliser coupée dans leur largeur pour les rituel de récolte (ça fait une étoile à 5 branches yeah) , ou verser du cidre sur le sol avant de planter quelque chose en offrande.

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7 : le Wergulu : Cresson de fontaine (Nasturtium officinale)

Alors lui, il est bourré en Fer, en Calcium et en Vitamine C; et il n’est pas en reste pour toutes les autres vitamines et minéraux présents en quantité non négligeable chez ceux de son engeance. Je ne vous conseillerais pas de manger du cresson sauvage parce qu’il peut abriter la douve du foie, un parasite pas cool du tout; même si la chance est négligeable, mieux vaut ne pas tenter. Les romains et les Grecs en faisaient déja une grosse consommation, Diosorides en vantait les propriétés aphrodisiaques (il a fumé je pense), on le présente aussi comme contre poison à la nicotine. Attention à ne pas en abuser, c’est purgatif!

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8 : Fille :Cerfeuil musqué (Myrrhis odorata ), ou thym. Il y a eu la aussi pas mal de débats quand à savoir de quelle plante il s’agissait, mais il est plus probable qu’il s’agisse du cerfeuil musqué (le même qui ressemble à la ciguë!. Evitez de cuisiner ce que vous pensez ressembler à du cerfeuil, déja en général on mange la racine, ensuite il a pas mal de cousin toxiques)
Avec le fenouil, il est dit que ce sont les deux herbes qui sont nées d’Odin lorsque celui-ci se pendit durant 9 jours et 9 nuits pour découvrir le secret des runes. Je n’ai pas trop d’autres informations au niveau magique et mythologique sur le cerfeuil, si quelqu’un a je prends!
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9 (et dernière! ouf) Le Fenouil  ( Foeniculum vulgare )
L’autre plante née des tendances maso d’Odin, donc. C’est une plante qui peut ressembler (avec beaucoup d’imagination, z’ont encore fumé) à un gros phallus ; on peut la lier aussi à Dyonisos. Elle possède pas mal de propriétés médicinales: carmitative (contre les prout), galactogène ( aide à fabriquer du lait chez les femmes enceintes), diurétique (pour faire pipi), emménagogue ( stimule l’afflux sanguin dans les régions sexuelles , bah voila on y vient au pénis) , expectorant, antispasmodique.
Elle est super pour tous les problèmes d’estomac, tout comme les graines  d’anis (d’ailleurs, si vous avez la gerbe, buvez un petit verre de pastis ça marche très bien, mais attention que ça ne devienne pas une habitude hein) , et elle était utilisée en magie blanche et magie rouge , grâce à ses propriétés aphrodisiaques.
Pour les autres propriétés magiques, j’ai pas trouvé grand chose, il y a pas mal de bullshit aussi ( « it is also widely believed to be a Protective Herb with the specific power to Ward Off Troublesome and Meddling Individuals, especially those who work for the Police, Immigration Services, Tax Department, and other Government Agencies. « …allez les mecs, on sait bien que tout ça c’est juste pour faire vendre à ceux qui ont des problèmes avec le FBI , qui s’appellent Edward Snowden ou qui ont pas envie de payer leurs impôts)
fenouil, aneth doux
Pour le charme des neufs Herbes sacrées en lui même, je vous le mettrais dans un prochain article, ça fait trop long là.
Enjoy and keep smiling, witches and wizards!
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L’apprentie sorcière des haies

Je me creusais justement la tête pour savoir ce que j’allais écrire de nouveau. Et là , une phrase me vient à l’esprit.

« Sorcière des haies« .

Sorcière des haies? Ha! Mais ça vient de l’assassin Royal de Robin Hobbes ça! *éclair de compréhension* C’était les damoiselles qui fabriquaient des talismans, lisaient dans les lignes de la main , ou s’occupaient de sortilèges de fertilité et de tout ce qui concernait les récoltes!

Une sorcière des haies, ça m’évoque une vieille ancêtre vagabonde, récurant les bords des jardins et sillonant les clotures pour aller cueillir les orties et autres colchiques dans les prés, la petite vieille qu’on regarde du coin de la paupière en reniflant de dédain le jour et qu’on vient voir à la nuit tombée à reculons pour qu’elle nous aide à régler toutes nos bullshit de la vie de tous les jours. Adjugé vendu, ça correspond bien à ma démarche présente, l’âge en moins,– et puis le ptit côté brousaille, frontière entre le monde civilisé et le monde sauvage– n’est pas pour me déplaire.

Je suis donc passée à la fnac cet aprèm pour aller m’acheter Le guide des plantes sauvages et comestibles afin de commencer mon apprentissage solo BTS Sorcière des Haies (z’ont pas encore de cours à la fac pour ça ni d’écoles autre que l’école buissonière, what a shame)

J’en suis ressortie avec ça.

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(Et encore, je me suis contrôlée. Les coutures de mon sac ne l’auraient pas supporté, ma bibliothèque non plus)

Je vais vous faire une petite présentation de ces 4 superbes bouquins que j’ai très rapidement survolés en une première approche, qui sont bourrés d’infos précieuses et d’images sublimes. Commençons par Les Plantes Magiques, de Michèle Bilimoff

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On ne va pas se le cacher, c’est l’iconographie qui m’a attirée en premier lieu. Des illustrations sublimes d’anciens parchemins, des extraits du Vienna Dioscurides , de codices, manuscrits enluminés, accompagnés de descriptions des mythes, légendes et divinités qui entourent chacune de ces belles empoisonneuses/guérisseuses. C’est assez synthétique et abordable pour quelqu’un qui veut avoir un aperçu global de la question, mais pour qui voudrait pousser le bouchon un peu plus loin et connaître l’emploi, les posologies et l’utilisation précise de chacune d’entre elles, c’est un poil léger.

L’herbier toxique, codes secrets pour plantes utiles, de Bernard Bertrand.

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D’entrée, j’aime ce gars. Une plume acérée, un ardent défenseur du droit à se soigner par la phytothérapie comme on l’entends et de la préservation des espèces anciennes/sauvages, qui réussit l’exploit de bien définir ce qu’est un poison, de la notion de dose  très importante en phytothérapie, et dans la médecine en général: vous n’êtes certainement pas sans savoir que nombreux sont les poisons qui peuvent causer la mort lorsqu’ils sont présent en trop grande quantité dans l’organisme, mais peuvent être de précieux alliés dans le combat contre de nombreux maux lorsqu’ils sont utilisés en dose infimes. Il aborde également la question du rapport au « naturel » , du danger des extrêmes (le fait de croire que « parce que c’est naturel c’est forcément bon » ou, à l’inverse, de la peur totalement disproportionnée que l’on peut avoir des produits cueillis dans la nature, non seulement pour des histoires de pipi de renard sur les fraises des bois , ou de la désinformation, ou l’absence de connaissances du sujet (la connaissance c’est le pouvoir disait Tyrion! Bon j’invente OK)), la question également de l’impact des molécules chimiques de synthèse sur l’environnement, utilisées pour traiter les légumes et céréales, qui ne se dégradent pas mais s’accumulent dans toute la chaine alimentaire jusqu’a nous , contrairement aux molécules présentes dans les plantes, qui malgré leur forte toxicité pour certaines, vont se dégrader très rapidement une fois en contact du sol pour disparaitre totalement.

Que l’on soit clair, il n’est pas question de faire l’apologie du naturel et de le dédouaner de ses dangers potentiels et réels. Notre démarche n’est nullement angélique, ce n’est ni notre intention, ni notre propos. Nous souhaitons simplement favoriser une juste appréciation de cette notion si complexe qu’est la toxicité, en évitant tout catastrophisme ou au contraire toute candeur.

L’Herbier des plantes sauvages, de Pierre et Délia Vignes

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Un bon gros pavé comme je les aime. C’est pas le genre de livre que je mettrais dans ma poche pour aller me balader, mais il a le mérite de regrouper un grand nombre d’espèces sauvages, qu’elles soient toxiques, comestibles ou …autres (bon je sais , c’est soit comestible soit toxique mais j’imagine qu’il y en a qui présentent un intérêt nutritif et culinaire supérieur) , il y en a 291 de répertoriées au total. Les photos des plantes sont superbes, détaillées en planches botaniques qui permettent de les identifier sans aucun problème et sous toutes leurs coutures (racines, feuilles, fruits et graines en gros plant), avec un petite partie consacrée à la mythologie et l’éthymologie pour chacune de ces plantes, des descriptions plutôt techniques mais par contre, si vous cherchez à les cuisiner ou a les utiliser en lithothérapie, il vous faudra aller voir ailleurs!

Et finissons par le très classe Manifeste Gourmand des herbes folles , de Diana Ubarrechena, Georges Oxley et Gerard Ducerf.

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(oui, ce sont mes pieds qui tiennent les pages, les deux choses noires en bas de l’image)

Un livre superbe, d’une fraicheur et d’une originalité comme je les aime. Ca se prends pas la tête, ça n’est pas pompeux ni lourdingue, ça part d’une connaissance empirique des choses, ça joue avec les sens et le plaisir de la découverte. J’aime ce genre de livres, qui sont assez proche de ma manière de fonctionner: essayer d’opérer une révolution par l’intérieur, en ne jouant pas sur l’affront et sur l’épandage de vérités fatalistes et déprimantes, mais sur l’expérience de la joie apportée par la curiosité et le lien avec tout ce qui nous entoure, en l’occurence les plantes sauvages. C’est en nous mettant en contact direct avec notre environnement proche et en nous invitant a retrousser nos manches pour mettre la main à la pâte et profiter de l’effet positif de ces plantes sur nous que nous nous transformons véritablement et invitons le monde qui nous entoure à faire de même.

Et puis ça a l’air tellement bon!

Manger des mauvaises herbes, une provocation de plus? Ces plantes sauvages nous apportent les acides aminés essentiels, dont les huits acides que notre corps de sait pas synthétiser. Il est très rare de trouver ces acides aminés essentiels dans les plantes cultivées; l’alternative reste de manger de la viande ou du poisson, nourris de ces plantes sauvages. Difficile avec les élevages industriels...les grands chefs, de Ducasse à Nobu, sont tous d’accord: pour une nourriture saine, la viande doit rester un condiment. Ce précepte est valable uniquement si l’on dispose des éléments vitaux pour sa santé. Si ces acides aminés ne sont plus dans la viande, piochons-les directement à la source sauvage.