La magie scandinave, par Regis Boyer

Je voulais vous poster ce petit texte tiré du Monde du Double, de Régis Boyer.

Il y fait une description de la magie que j’aime beaucoup, et que je voulais vous faire découvrir. Certaines choses vous paraitrons surement évidentes, mais ça fait toujours plaisir de se les remémorer!

Valknut Odin Hammars Stone Sweden

« En définitive, il n’est pas aussi difficile qu’il pourrait le paraître de justifier l’importance capitale de la magie chez les anciens scandinaves. C’est un univers où la notion d’ordre est fondamentale, conjuguée à un réalisme et un pragmatisme que dit encore, aujourd’hui, la civilisation de ces pays. Ce n’est pas un hasard si le splus anciens documents germaniques que nous possédons sont des textes de lois, d’ordinaire d’une surprenante minutie ; et si nous hésitons à juste titre à considére Loki comme le dieu du « mal » : responsable du désordre; fauteur de chaos serait certainement plus approprié, notre notion de « mal » n’ayant guère cours sous ces latitudes.

Or, le monde est en ordre, tel qu’il est, c’est à dire double, réel et surnaturel, matériel et spirituel, composé des vivants et des morts : j’aurais insisté autant que je l’aurai pu sur le non-sens de la dichotonie mort-vif dans le Nord. J’aurais constamment fait valoir l’imprécision des marges entre naturel et merveilleux, la constance du passage , son extrême facilité aussi, d’un règne a l’autre, les incessantes interférences : j’ai pu laisser, plusieurs fois, échapper le mot osmose.. Tout comme ce roi- lointain ancêtre de Saint Olafr qui lui doit son nom – qui devient alfe après sa mort et bénificie d’un culte en tant que tel, Olafr Geirstadhaàlfr (alfe des Geistradir) , il n’y a guère de départ catégorique entre les « dieux » et les hommes. […]Partout, ce ne sont que réincarnations, métamorphoses, dédoublements, abolitions des catégories spatiales ( hamfar) et temporelles (spà)

Voila pourquoi le domaine propre de la mort est si mal défini, d’une imprécision si redoutable. Le revenant, draugr, a une réalité physique tout a fait comparable a la notre : a l’inverse, on voit des vivants dresser un procès en bonne et due forme à un mort : c’est le duradomr dont le verdict revient, en somme, a obliger le trépassé à cesser d’interférer avec notre monde.

C’est que s’impose absolument la notion transcendante de Vie dont chaque vivant n’est qu’un vecteur : il est ouvertement conçu comme un lien dans une vaste chaîne  qui part des ancêtres dont il perpétue jusqu’au nom et qu’il élargit à toute la famille ou le clan, pour aboutir à la prospérité – chaîne qui n’est pas seulement d’ordre sanguin et affectif, mais légal et même philosophique puisqu’un être humain porte, ou bien un prénom qui allitère avec ceux de ses ancêtres, ou bien un prénom qui , traditionnellement , revient au premier né de chaque génération à l’intérieur d’un clan donné.

[…]

Ainsi le Réel reste nettement conçu comme une seule face d’un dyptique plus vaste: c’est bien ce que vérifie l’importance, dûment mise en relief ici, des sjonhverfingar (mirages), rêves de toute sortes, don de seconde vue, ect…La magie, ici, ne serait qu’extra lucidité ou nécessaire connaissance de l’autre face.[…]

Il y a un ordre du monde, une norme, un équilibre dont le maître mot est la paix. Inviolé se dit fridhheilagr : sacré parce qu’en paix. Pour se faire, il faut que chaque chose, chaque être soit a sa place : le thème de ces liens, que nous avons si souvent rencontré, ressortit, obscurément sans doute, à une conception de ce genre.

Et il me semble que c’est bien en fonction de cet ordre, de cette paix qu’existe, qu’intervient le rôle de la magie. Si elle est bénéfique, c’est en moyen de restaurer un ordre défaillant : tel est le rôle de la loi sacrée, qui ne soucie pas d’édicter un idéal, mais de restaurer l’état des choses tenu pour cohérent par un consensus général ; tel est le fondement de la notion de mannhelgi qui est la justification de la valeur d’un individu parce qu’il se tient a sa place, selon les prescriptions immémoriales. A l’inverse, si la magie est maléfique, c’est qu’elle cherche à détruire cet ordre: cela nous est dit dans la Saga de Njall le brûlé ; c’est un personnage détestable parce qu’il « abîme le tout ». Et enfin, si elle explore le temps, passé ou a venir, c’est pour s’informer de l’ordre idéal et de s’y conformer. […] C’est par là que s’établit la liaison intime entre magie et sacré: la magie est, en somme, célébration, restauration – ou a l’inverse, destruction – du vivant en soi. Son but est de rompre la paix, ou de restaurer la paix, prévoir la paix. Tous les rites que nous avons soit simplement relevés ou analysés avec quelque détail partent toujours de la conscience , claire ou diffuse, d’une norme.

Or ce type de mentalités, qui ne conçoit pas plus le statique qu’il ne se plait a la contemplation ou à la méditation, a, une bonne fois pour toutes, défini l’ordre, l’équilibre, non comme un énorme moment immobile, mais comme une perpétuelle tension, un effort agonistique, bref, un jeu de balance entre forces antagonistes.[…]

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Freidrich Wilhelm ,ash Yggdrasil

Nous avons fréquemment soulignés l’importance que prennent, dans cet univers, avant toute élaboration mythique ou théologique, les grandes forces naturelles: soleil, eau omniprésente, terre avec sa faune et sa flore, le tout ramassé autour de l’image superbe du grand arbre du monde, Yggdrasil, source de toute vie, de tout savoir et de toute destinée. Un symbolisme finalement simple, centré autour de quelques représentations animales facilement accessibles (l’ours, le loup, le cheval, le serpent) exprime cette colusion dont le dynamisme est le trait frappant : il reste la marque de cette décoration animalière que, des pierres runiques aux stackirker en passant par les bateaux et bijoux vikings, nous retrouvons partout.

Il n’est donc pas surprenant qu’il en aille de même dans le domaine que nous avons parcourut dans ce livre: énergie (kraftr), puissance (màttr, megin) sont au rendez vous de tous les rites et pratiques que nous avons abordés. Pour ne revenir que sur un point, nous avons noté combien la prière , à des fins magiques, est rare : elle est remplacée par le cri, le hurlement, à la limite -dans les strophes scaldiques- le mètre fortement scandé, sinon incanté. »

La Mort, mon amie (2)

I cannot walk
For a leg it is broken
But I have to find you

40 lakes I’d wade through
But my boat it was taken too
By who I cannot tell you
For they took my tongue too

Pour avoir le début de l’histoire, vous pouvez lire cet article la

J’en étais toujours au même point. Cela faisait des mois que les apnées du sommeil me détruisaient, doucement, insidieusement, le corps et l’âme. Certains diront que c’est ainsi que la mort fonctionne: elle détruit pour transformer , pour renaître. C’est comme un puzzle formé des mêmes briques, qui agencées de manière différentes forment une Vie différente. Rien n’est perdu. C’est ce cher Lavoisier qui disait « Rien ne se perd, rien ne se créé, tout se transforme » (oui j’ose vous ressortir les cours de troisième) . Je l’ai compris cette nuit ou j’ai chanté , seule dans ma chambre, sumbergée par ces Ombres. La mort n’est qu’une transformation nécessaire à la continuation de la vie , nécessaire a l’expansion de cette force présente en nous tous; le paradoxe de la dualité ombre lumière n’existe pas. Notre peur et notre angoisse ne naissent pas de l’obscurité, elles naissent du Néant, de la stagnation, de l’inconnu. Ce que j’avais associé a la Mort durant toute ma jeunesse, la froideur, la tristesse, l’immobilité et le marbre blanc, ça n’était que la stagnation, le refus de mourir, le refus de se laisser à la transformation pour quelque chose de nouveau. D’ailleurs, les Aztèques et Mayas l’ont bien compris avec leur calendrier. Il existe pour eux vingt signes différents, dont le signe qui représente la Mort, appellé aussi le signe de la Transformation. Il n’est pas de mauvaise augure d’être le signe Mort, les Mort sont considérés comme étant des changeurs, très a cheval sur leurs principes, doté d’un grand sens du sacrifice et très impliqués au niveau social (je ne suis pas Mort, désolée ^^)

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Les vingt signes aztèques:Crocodile, Vent, Maison (ou Nuit), Lézard, Serpent, Mort, Cerf, Lapin, Eau, Chien, Singe, Herbe, Roseau, Jaguar, Aigle, Vautour, Mouvement, Couteau, Tempête, Fleur, pour plus d’infos vous pouvez aller voir ce site la 

Les « Ombres », toutes celles qui nous grignotent au quotidien, l’angoisse, la peur, la terreur, les âmes qui ne sont pas retournées de l’autre côté, ce sont tout autant de symptômes du refus de mourir. Elles veulent rester ce qu’elles sont, au lieu d’accepter d’être désossées et transformées pour reparaître sous une nouvelle forme. Elles espèrent continuer dans le néant en se nourrissant de la Vie. Et nous, en voulant prolonger notre vie a tout pris, en tuant la mort par l’industrialisation massive, l’abbattage en masse , l’aseptisation, la sécurité à outrance (qui est tout de même bonne à prendre a petite dose, je me vois mal revenir au temps de la Peste perso) , le trans-humanisme (ceux qui prônent une transformation de l’humain en robot pour prolonger la vie, qui voient en la cybernétique l’avenir de l’humanité), tout cela contribuent a nourrir les Ombres et le Néant. Tout cela brise l’équilibre, et notre Vie, grignotée par le Néant, ne peux plus se renouveller par la Mort.

Etre mort, et laisser son corps aller pour qu’il devienne, comme dans la Charogne de Baudelaire.

Tout cela descendait, montait comme une vague
Ou s’élançait en pétillant;
On eût dit que le corps, enflé d’un souffle vague,
Vivait en se multipliant.

Et ce monde rendait une étrange musique,
Comme l’eau courante et le vent,
Ou le grain qu’un vanneur d’un mouvement rythmique
Agite et tourne dans son van.

Les formes s’effaçaient et n’étaient plus qu’un rêve,
Une ébauche lente à venir
Sur la toile oubliée, et que l’artiste achève
Seulement par le souvenir.

Et notre âme dans tout ça ? Pour moi l’âme se dissolvait après la Mort, elle retournait au tout. Je ne croyais ni aux fantômes, ni aux anges gardiens, ni même aux dieux à l’époque . Je croyais juste en la vie présente en tout ce qui existe.  Il m’arrivait d’être complètement épuisée après une nuit agitée, une nuit d’apnée. Et surtout, dès que quelqu’un autour de moi souffrait d’un problème, que ça soit relationnel, psychologique ou autre, j’étais sur que c’était pour ma pomme. Surtout certaines personnes proches. J’étais comme connectées à elles. J’étais incapable de me l’expliquer. Je ressentais ce qu’elles étaient, c’était comme si je devenais le catalyseur de leur peine. Ca influençait sur ma santé. Lorsque mes meilleurs amis ou parents n’allaient pas bien, subitement les apnées du sommeil empiraient. J’en devenais dure, froide, cinglante, sans compromis. La solution que j’avais trouvée, c’était d’être inflexible et de leur balancer leurs quatre vérités. J’espérais ainsi me protéger, leur fouttre un bon coup de pied aux fesses pour qu’ils se remettent vite sur pieds et que je puisse enfin regagner la santé. J’ai été très dure et je le suis toujours en période de crise, que ça soit avec des amis ou de la famille; et peut m’importaient les conséquence. Si ça menait à une rupture, et bien que les choses soient ainsi, parfois il est mieux de trancher pour repartir sur de bonnes bases.

A cette époque, j’étais incapable de me protéger. Je subissais, j’absorbais comme une éponge toutes les Ombres de mon entourage. C’était pour moi une de mes raisons de mon apnée. Certains mettrons ça en relation avec la fameuse « maladie des chamans », qui, tant qu’ils ne suivent pas le chemin de l’intermédiaire entre les deux mondes, tombent subitemment malade, souvent très gravement, et ne se remettent sur pieds que lorsqu’ils ont pris leur décision . Certains diront que l’étape de mort/renaissance apporte une transformation énergétique nécessaire, et nous permet de nous forger nos armes psychologiques nécessaires aux voyages et aux rencontres avec les esprits. De tout ceci je ne pourrais donner encore aucune confirmation,n’ étant moi même qu’un jeune oiseau a peine doté de ses premières plumes.

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Et puis un jour, j’ai découvert la Wicca. Je ne sais plus comment, mais je me suis inscrite a un forum, par curiosité. Ca me piquait un peu les yeux. J’avais peur de tomber dans une soupe d’illuminés ou chacun vivrait dans ses délires, y compris moi. Peur de cette réappropriation par un peut tout le monde, de par l’image un peu « swag » des sorciers aujourd’hui, et du fait que « wahou cé tro koul on peu avouar dé pouvoir majik »

Je me suis lancée, triant les informations avec parcimonie, cherchant toujours une explication à tout, cherchant à relier tout ceci a la science, a la psychologie,aux neurosciences (merci à Corine Sombrun qui m’a vraiment éclairée, aux livres d’Eduardo Kohn,qui sont bien la preuve qu’on puisse avoir une approche rationnelle et intelligente de l’ésotérisme et des esprits, c’est si rare ) au monde que je connaissais bien. Que cela me donne une réponse a l’éternelle question « Pourquoi? » (comme dirait Doc Brown a Marty Mc Fly) J’ai trouvé quelques réponses , j’ai fait des rencontres extraordinaires, et j’ai eu affaire à mes premiers « Dieux ». J’ai rencontré Kali.

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(interprétation trèèèès très libre venant du studio Vanillaware au japon, même si cette forme est plus proche de Durga Kali que de la forme Noire et tirant la langue, baignant dans le sang de ses ennemis)

Je ne me rappelle plus exactement de cette rencontre. J’étais fascinée par la mythologie qui entourait cette farouche guerrière, je l’ai appelée. J’ai tiré les runes. J’ai demandé à une très chère amie de me faire un tirage pour confirmer: oui, Kali acceptait de m’aider. Sceptique quand au pourquoi du comment, balbutiant, perdue au milieu de rituels, d’encens et autres, je décide tout simplement de me jeter dans le feu.Si ça a une influence positive sur mon physique et mon mental, que tout ça soit dans ma petite tête ou nom, et bien je continuerais. Je fais quelques offrandes, je danse, je médite. Je ritualise beaucoup avec le feu, je fais des visualisations. Je m’imagine brulée, réduite en cendres. Je me retrouve submergée dans une eau noire, glacée, pesante, réflection de mes propres peurs, sentiments, de tout ce que j’ai pu accumuler et refouler jusqu’à aujourd’hui.

Un long processus de purification commence. Juste après avoir fait une médiation par le feu, je tombe malade. J’ai de la fièvre, je reste couchée au lit plusieurs jours sans pouvoir bouger. Je sens quelque chose de brûlant m’entourer. Je perçois, dans un demi sommeil, quelque chose de rouge. Des triangles. des formes qui dansent, comme des serpents. Je suis de plus en plus irritable, je ne tiens pas en place les jours d’après. Toute la frustration, toute la colère, toute cette énergie réprimée jaillit soudain. Je suis obligée de rester dehors dans le froid, sinon j’ai trop chaud. Je suis prête à sauter à la gorge de n’importe qui, c’est ce qu’on pourrait vraiment appeller  » les nerfs a fleur de peau ».

J’ai lu plus tard quelques témoignages qui ont concordé avec ce que j’ai vécut:

« Pour mourir et renaitre, tu as deux solutions: par le feu crématoire, ou par la décomposition. Par le feu, c’est la solution rapide , la décomposition par l’eau c’est la mort lente »

Clairement, pour moi c’était plutôt de l’ordre du feu crématoire. Cette affinité avec le feu , je l’ai gardé jusqu’à maintenant. Feu bienfaiteur, feu purificateur, feu destructeur. Feu de la Vie, transformateur de la matière et de l’esprit.

Et me revoici parmi vous plus d’un an et demi après avoir rencontré Kali.Elle est repartie une fois la transformation effectuée, et c’est un sacré non de papy en Bleu armé d’un lance qui est venu me rendre visite (comprenez par la: Odin)  Et j’ai le plaisir de vous dire que je ne souffre plus que très rarement d’apnées, ou que lorsque ça arrive, je suis très rarement fatiguée. Je récupère plutôt vite, et je ne crache plus mes poumons en grimpant les escalier.

I set out toward it
But this damn door won’t open
Well then how to find you?

I gave up walking
Took a blade to get it open
Now I think I
Think I
Found
You

Hundred waters, animal

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 « A bientôt pour de nouvelles aventures, bande de p’tits squelettes à la manque! »

Coin BD : Vinland saga et La Valholl (le valhalla)

Bon vu que j’étais en plein dans les trucs happy et cool , la mort et autres joyeusetés, je me suis dite que c’était le bon moment pour vous mettre dans l’ambiance en vous postant ça. Ames sensibles s’abstenir, si vous espérez des lapins roses passez votre chemin (je vous aurais prévenu!y’a des morts vivant, du sang et des larmes! Et puis cet extrait est super long mais super cool, ne vous découragez surtout pas)

Je suis profondément pacifiste, quelle connerie la guerre comme dirait l’autre, et je trouve que ce genre de truc te font VRAIMENT réfléchir (et puis ça parle de la volonté de s’en sortir, du sentiment de culpabilité et du pardon, ça me touche). On est bien au chaud chez nous dans notre petit cocon en espérant que la violence continue gentiment à massacrer dans son coin sans faire d’éclaboussures sur le pas de notre porte, on est prêt à se mettre la tête dans le sable pour ne pas voir ce qui se passe chez le voisin.

Sauf que non, la violence, les massacres, ça nous concerne tous. On ne peut pas faire semblant, on est tous connectés. On porte tous le poids de tous ceux qui sont morts avant nous, qui nous ont permis d’être ce que nous sommes aujourd’hui, nous portons tous en nous le futur et la possibilité de le modeler de nos propres mains. Ca n’est pas qu’on se doive d’être abattus et de pleurer sur les tombes d’inconnus pendant tout notre temps libre, ni que ça nous enlève le droit de se faire plaisir en faisant des cakes ou mangeant du chocolat, seulement que parfois, on est obligé de passer par cette prise de conscience pour grandir, pour apprendre la compassion , nous donner envie d’agir et enfin nous secouer les puces pour que tout cela cesse .

(oui je suis super grandiloquente, j’aime rigoler aussi je vous assure mais desfois faut être sérieux et grandiloquent, avec trop de second degré les gens finissent par ne plus vous croire)

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(nb de moi: lui il est trop bien (pardon je vous laisse reprendre la lecture))

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Vinland saga, tome 10 (GROS SPOIIIIIIL pardon)

Mort , mon amie

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J’ai longtemps hésité avant de me lancer dans cet article. J’avais l’impression qu’il fallait que je sois prête , que je soie dans cet état d’esprit ou plus rien ne s’accroche. Ou les sentiments ne sont plus, ne nous prennent plus le coeur dans un étau, ou l’on peut garder la tête froide et raconter les choses sans les teinter de douleur, de peine, de souvenirs de charbon.

J’ai toujours eu un rapport étrange à la mort. Depuis toute petite, j’ai vécu quantité de décès – tous mes grands parents – deux oncles, et puis des amis d’amis. Mort par le feu (une gamine qui est restée trop près d’une cheminée – une histoire horrible), suicides du père d’un ami (et à la carabine s’il vous plait, avec des petits bouts de cervelle qui repeignent les murs de l’appart), accidents(le mentor de mon meilleur ami qui se fait rouer a mort de coups dans une cabine téléphonique, ou un petit cousin qui devient un légume après s’être pris un camion, avant de mourir 3 ans plus tard)…Lorsque vous êtes petits , vous ne comprenez pas très bien. Vous ne connaissiez pas trop vos grands parents, alors ils ne vous manquent pas. Mais vous voyez vos parents pleurer. Et pour un gosse, il n’y à pas de plus triste que de voir nos parents – les indestructibles, les détenteurs de la sagesse ancestrale et du pouvoir divin- pleurer, un soir, cachés dans l’escalier de la cave. Vous prenez conscience de la mort et de la manière dont elle nous affecte, nous , vivants, par la souffrance qu’elle déclenche chez les autres. Parce que oui. Mamie était morte, ça ne me faisait pas grand chose. Mais ressentir cette souffrance palpable à l’enterrement, les visages fermés, les voix qui tremblent pendant le discours, les gestes hésitants, et aussi l’indifférence ou l’ennui , ça me vrillait le coeur. Du marbre froid, des restes de fleurs dessechées sur les tombes, des mots gravés à l’or sur la pierre immuable au milieu d’angelots potelés qui ne semblaient pas savoir ce qu’ils foutaient là. Il fallait croire que la vie devait se retirer de ces endroits, pour ne pas déranger ceux qui reposaient en ces lieux.

On me disait, qu' »ils étaient partis ». Partis où? Et je m’énervais « Pourquoi vous ne dites pas qu’ils sont morts une bonne fois pour toute! Ils ne reviendront pas! Si vous n’assumez pas le fait qu’ils soient mort, vous ne pourrez jamais passer à autre chose!Et puis c’est quoi ces conneries de vie après la mort?Il n’y a rien après la mort, c’est le néant! » J’explosais. Cette tristesse, cette amertume, cette froideur et cette immobilité, je l’ai très vite associée à la mort. Pour moi, la Mort c’était l’immobilité, ce HLM de cubes de marbres et la douleur .Pourquoi se devait on d’être grave, de faire semblant d’être triste même si on s’en foutait du mort en question, comme si être joyeux était une offense ou que ça nous faisait passer pour un psychopathe, que sourire à un enterrement nous inscrivais direct sur la liste des « coeurs de pierre infréquentables ou bons pour la camisole »? Et puis je n’en pouvais plus, de cet évitemment, de ces paraboles et langues de bois , de ces soit disant paradis, rédemptions ou autres conneries religieuses qui pour moi étaient une façon d’éviter de regarder en face le fait qu’un jour, nous ne serions plus que des carcasses mangées par les vers.

Et puis vers mes 18 ans, je suis tombée malade.

J’avais toujours été une fille plutôt vive, j’adorais faire la course contre les garçons a la récréation, grimper aux arbres et partir explorer. En relationnel par contre, j’étais carrément une buse; timide comme c’est pas permis, ma capacité à me lier a autrui ne valait pas mieux que celle d’un escargot à gagner le 100 mètre contre Usan Bolt. Alors je courrais, je dessinais des licornes sur le sol de la cour, je dessinais énormément. Mais je dormais mal, depuis toute petite.J’étais somnambule, je bougeais beaucoup, je faisais de l’apnée durant mon sommeil. Ma mère avait d’ailleurs été demander conseil  à son médecin, parce que je me trainais en permanence des cernes jusqu’au menton. « c’est pas grave, ça disparaitra quand elle sera grande« . Tu parles. A 18 ans, ça s’est soudainement empiré. Cette nervosité s’est ressentie au niveau cardiaque, ou j’ai commencé à souffrir de tachycardie. C’est pas bien grave je vous rassure, c’est juste ton coeur qui saute des battements et ça n’a a priori aucune incidence sur ta santé, mais j’ai juste flippé ma race. J’avais l’impression que j’allais mourir demain, ce soir, tout de suite. Je ne pouvais plus faire du sport, j’angoissais à l’idée qu’il pouvait s’arrêter , que j’allais tomber là, morte. La fin de ces sensations, du soleil sur ma peau, du bruissement des feuilles, du contact d’une main chaude autour de la mienne, d’une voix qui chante. La fin de ce monde si beau, pour moi qui n’y verrais plus rien, qui ne ressentirais plus rien. Comment quelqu’un pouvait-il seulement penser a se suicider alors que je ne demandais qu’à vivre de toutes mes forces, que je criais la vie, que je cherchais  à  rejeter la mort le plus loin possible de moi?

A partir de ce moment,je me suis mise à enchainer les crises de panique.

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Je venais alors d’emmenager sur Paris. Nouvelle vie, nouvelles études, nouveaux amis, nouvel appart. Se prendre en charge, se prendre dans la tronche la fourmillière qu’est paris, avec ses aisselles qui puent, la marée humaine, tout ceux qui courent sans savoir ou ils vont, le ciel caché par les immeubles, la pollution sonore et visuelle. Trop d’infos. j’étais submergée, je me perdais dans cette mer de folie. Je ne pouvais plus monter les escalier, je suis allée voir un psy qui m’a prescrit des anti-depresseurs. Mais je ne suis pas dépressive putain! Je n’ai pas envie de mourir, je veux vivre! Tu le comprends , ça? Je ne veux pas abandonner, je veux me trouver!

Et ça à été le début d’une longue période de souffrances. Loin de m’aider, la psy m’affublait de son regard de chien mouillé, regard qui j’imagine, se voulait compréhensif. Mais moi ça me soulait juste. Tu ne comprends pas. Tu ne comprends rien. Oui j’étais butée, très certainement. Elle voulait peut être m’aider cette demoiselle, mais je n’y ai pas trouvé les clefs que je cherchais. J’ai continué a faire des crises d’angoisses. C’était le calvaire pour sortir de la rue, marcher, courir, tout ce qui me demandais un effort physique. Les tremblements qui arrivaient en marée, et puis la peur qui te ronge, la peur qui te bouffe de l’intérieur jusqu’à que tu ne puisses plus respirer. Tu t’enfermes, tu te rétractes , tu marches, la peur te prend dans ses serres, tu paniques, tu te noies. Il fait noir, tu marches dans paris. Mais tu ne peux plus avancer. Tes muscles ne t’obéissent plus. Et te voila soudain accroupie sur le bord du trotoir, en position foetale. Tu peux à peine respirer. La panique te martèle, ne te laisse aucun répit. Tu entends les gens passer . Tu ne peux pas te relever. Tu décides, juste cette fois, d’appeller quelqu’un à l’aide. Voix de ton amie lassée au bout du téléphone. « ah..ok…bon j’arrive ». Et c’est la que tu comprends que tu ne peux demander à personne de t’aider. Tu ne peux pas leur demander de comprendre. C’est ton propre combat, c’est le tien, c’est toi qui te sortira toute seule de là et jamais personne ne se battra à ta place. Il te faudra te relever toute seule.

J’ai donc décidé d’arrêter les antidépresseurs. Il paraitrait qu’on peut en être dépendant. Tant pis, rien à taper. J’arrête. Je vais mieux. J’essaye, à chaque fois que je sens la crise venir , de me concentrer sur mes sensations pour empêcher mon esprit de dériver. Je serre très fort la barre du métro, je regarde le ciel, sens les tremblements du métro sous mes pieds , le frottement de ma manche sur mon bras, le grincement des accordéons des doubles bus . Et ça marche. Un an plus tard, je n’ai presque plus de crises de panique.

Mais les apnées du sommeil ne s’arrêtent pas, bien au contraire. Elles empirent. J’ai maintenant 22 ans, je continue mes études. Je me réveille le matin exténuée. Le moindre effort me fatigue au delà de tout ce que j’ai connu. Je perds mon souffle dès que je cours trois mètres. Je dors sur ma table presque tous les midis à la pose. Je suis incapable de me concentrer. J’ai des pertes de mémoire, des problèmes d’irritabilité. Je pleure facilement. Quand ça arrive, parfois en cours, je fais semblant de dormir, en laissant les larmes silencieuses couler de par derrière mes bras qui me servent de forteresse.

Et ça continue. Quelques années plus tard j’en suis au même point. Je me renseigne sur les apnées du sommeil. Ca ne se soigne pas, ça peut être mortel. Le cerveau et les organes privés d’oxygène en prennent un coup; le sommeil perturbé entraine des problèmes de mémoire, de concentration; on peut souffrir d’insuffisance cardiaque, de cyanose (le sang devient bleu à cause du manque d’oxygène), la peau aux extrémités se flétrit comme une vieille orange (c’est pour cela qu’aujourd’hui j’au des mains de grand mère toute plissée, je dis souvent que c’est parce que j’ai trop utilisé de peinture chimique sans prendre de gants mais la réalité est autre, hé, faut bien garder son jardin secret!) . Le seul remède, c’est de dormir avec un appareil respiratoire jusqu’à la fin de ta vie. Pour ressembler à Dark Vador et emmerder le peuple qui dormirait a proximité? Se trimballer une valise spéciale handicapée de la vie à chaque fois que tu pars en vacances? Plutôt crever, au sens propre comme au figuré. Whatever, je continuerais, et merde le reste.

Quelques années plus tard, ça atteint son paroxysme. Je dors presque toute la journée. J’ai parfois du mal à parler, a communiquer, je n’arrive pas à aligner trois mots. J’ai un job sur paris, j’ai récupéré l’appart un peu glauque d’un oncle, parti en vacances. Je dors sur un matelas de camping, avec des lézardes au plafond en guise de compagnie. Un de mes meilleurs amis vient de rentrer précipitemment à Paris. Sa mère vient de mourir. Elle avait 45 ans, on l’a retrouvé morte dans un appart. Son corps était la depuis une semaine. Il est effondré, bien évidemment.

Ce que je ne savais pas, c’est qu’il décide de passer une nuit dans l’appartement ou sa mère est morte.

Cette nuit là est la pire de toute ma vie. Je le répète, je n’étais pas au courant qu’il dormais la bas. Je me réveille toutes les 5 minutes, en proie à la terreur, sans savoir pourquoi . Je me tourne, me retourne, brusquement. Soudain, je me réveille , hors d’haleine. L’apnée, encore. Mais cette fois ci, ça allait beaucoup plus loin. Je ne ressens plus rien. Rien du tout. Je me sens comme flotter, dissoute. J’essaye d’avoir peur, mais je n’arrive pas à avoir le moindre sentiment.Mon corps ne semble plus m’appartenir. Mon coeur battait très lentement, comme peut le faire celui des plongeurs en apnées confirmés (j’ai appris plus tard que c’est un réflexe du corps pour s’adapter au manque d’oxygène, il se met en quelque sorte en « stase » pour survivre, c’est bien fait quand même la nature) .

Et je me mets à chanter O master de Susanne Sundfor, seule dans l’appart silencieux. A tue tête, comme pour briser un sort.

Cats and crows are in your locker
Eyeless
Trapped in a dark room
The tension is growing
And they keep on knocking

When are you going to give them bones?
When are you going to give them rays of light?

Trouble dolls are in your closet
Curious
Trapped in a dark room
Hungry and cold
And they keep knocking

When are you going to crack their bones?
Will you ever give them rays of light?

Even in death you won’t catch my breath
And now I’m waiting for a bullet
waiting for a bullet
waiting for a bullet
I feel so alive

Je me calme ensuite, puis me rendors par intermittences, avant de me réveiller , heureuse d’être en vie bien qu’épuisée. Sentant qu’il ne faut pas que je laisse mon corps se relacher, je mets mes chaussures et pars courir sous le soleil du parc, savourant le vent dans mes cheveux et la foule qui se presse sur les trotoirs, les platanes, l’éclat de la lumière sur la surface de l’eau. Je crache mes poumons tous les deux pas et sens mon coeur qui cogne désespéremment dans ma poitrine, mais peu m’importe.

Je suis en vie.

(suite au prochain épisode! hé oui ça fait long comme article)

D’ajonc et d’épines

Bach Gorse Flowers copy-600x600

On parle beaucoup des totems animaux, et j’ai l’impression qu’on passe trop sous silence les totems végétaux. Combien de fois j’ai entendu des amis me dire « que non, un végétal ça n’a pas de nerfs, du coup ça ne peux pas ressentir la douleur, ça n’a pas de sentiments, donc oui tu peux les manger  » ou encore « Me fais pas rire! Une carotte, tu va pas me dire que ça crie quand tu la coupe et tu la mets à cuire dans l’eau bouillante! » (oué, c’est un pote vegan qui m’a sortit ça pour justifier le fait qu’il ne comprenais pas qu’on puisse manger de la viande, parce qu’à la base on devait tuer des animaux pour ça )

Hé mec, que ça soit une salade ou un lapin, c’est de la Vie qui meurt pour toi, tu te dois donc de la respecter et de lui en être reconnaissante, au lieu de culpabiliser autrui .

Les animaux, c’est  juste plus facile de se projeter dessus en leur associant les émotions qu’on veut (merci le très dangereux anthropomorphisme) parce que ça a quatre pattes, un anus et des dents (encore que pour les poules …) comme nous, mais c’est pas une raison pour faire de l’eugénisme alimentaire . Mangez tout simplement ce qui vous fait vous sentir bien , et respectez les préférences de chacun, tout se passera pour le mieux . C’est comme les religions, qu’on croie en la Patate, la Tomate, le Steack ou le Brocoli, laissons donc chacun cultiver sa foi et sa nourriture comme il l’entend du moment que c’est fait de manière responsable.

J’ai toujours eu une relation particulière avec les végétaux. J’aime leur énergie. J’aime me balader en forêt, m’ouvrir, et ressentir le picotement de toute cette vie qui tinte autour de moi. Un bruissement, un frémissement infime, un réseau qui s’étend de par la terre jusqu’au ciel. Les végétaux forment un axe, un lien, un pont entre le ciel et la terre. Ils les maintiennent connectés. Ils peuvent nous soigner (ça n’est pas un hasard si les entreprises pharmaceutiques se penchent de plus en plus vers les propriétés de plantes utilisées en phytothérapie depuis des centaines d’années et pas que par les humains , on a découvert il y a peu que les grands singes en amazonie utilisent des plantes pour traiter la fièvre, les infections, et même le paludisme ) , nous tuer, nous apporter des matériaux , un abri, enserrent la terre de leurs racines et l’empêchent de se faire emporter par la pluie, ils sont la Vie des abeilles, un chant vers le soleil et la lumière, une nourriture, un langage plus éloigné de nous que celui des animaux mais tout aussi indispensable.

Tous les êtres vivants produisent un chant. Mêmes les planètes possèdent leur chant propre(a écouter ici). Toutes les espèces d’arbres émettent leur propre rythme: c’est la bioélectricité. Ca n’est pas qu’une affaire d’imagination. C’est prouvé scientifiquement  , c’est mesurable. Vous pouvez entendre le chant des arbres, concrètement, comme dans la vidéo ci dessous ou une équipe a posé des capteurs bioélectriques sur le tronc d’un cèdre vieux de 3000 ans (passez directement à 1 min si vous avez la flemme, ou écoutez ce mix la)

Alors ne me ditent pas que ça ne parle pas , un arbre. Ecoutez les, la prochaine fois que vous irez en forêt. Caressez leur écorce, entendez les marmonner , bruisser sous le vent, ouvrez vos yeux au langage des racines et des ailes branches, ouvrez vous à la magnificence de ces cathédrales vertes, porteuses de la mémoire de la terre. Si, tout comme moi, vous avez déja pleuré devant un arbre abattu, vous savez de quoi je parle.

Voila pourquoi il me semblait essentiel de trouver un végétal qui résonnerait a l’unisson avec mon propre chant. Et je crois que je l’ai trouvé. C’est l’Ajonc. Vous savez, ce truc qui pique, qui pousse un peu partout, sur des sols très pauvres, qui fleurit presque toute l’année et couvre la lande d’or. L’Ajonc est Onn, la lettre O de l’alphabet Ogham.

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L’ajonc représente le soleil, le mouvement, le feu, le partage et la protection, et la fertilité de par sa floraison presque toute l’année. Du fait de sa résistance et de ses piquants, il était souvent utilisé comme haie, pour protéger les jeunes arbustes des dents de féroces herbivores, on s’en servait aussi comme paille : on hachait l’ajonc puis on l’étalait par dessus les jeunes pousses pour les protéger du froid , des insectes et des souris, où on l’utilisait comme fourrage pour les chevaux, vaches ou chèvres après les avoir passé à la broyeuse pour écraser les épines.

L’ajonc était également cultivé pour sa particularité à prendre feu très facilement, et a atteindre de très hautes températures en très peu de temps. Les boulangers l’adoraient pour allumer leur four a pain; le bois de l’ajonc est plein d’huile et grésille magnifiquement, ce qui peut être une bonne , comme une mauvaise chose. Ca prend vite feu certes, mais les incendies de brousse qui prennent dans l’ajonc en plein été, ça vous transforme vite fait tout le paysage en scène de fin du monde. Mais ne vous inquiétez pas, ça repousse vite ces bêtes la, il y a même des agriculteurs qui mettaient exprès le feu aux ajonc pour attendre que les jeunes pousses pointent le bout de leur nez (les plus tendres et donc les plus goutues) pour y lâcher leur bétail . Parfois, ils ramassaient la cendre d’ajonc, et s’en servaient comme engrais.

Les fleurs réduites en poudre peuvent être utilisé en guise de teinture, ça donne un très joli jaune, et en phytothérapie l’ajonc est utilisé pour purifier le foie, à un effet diurétique et purgatif.

Vous pouvez également trouver en magasin de la teinture d’ajonc chez Fleurs de Bach , utilisée pour traiter les personnes qui (attention grosse marade)  « utilisent des phrases telles que « cela n’a quand même plus aucun sens » ou « j’ai tout essayé, mais… ». Ces phrases caractérisent les symptômes clefs de l’état négatif dans lequel ces personnes se trouvent : désespoir, la perte absolue de confiance et des sentiments d’abattement excessifs. »
Je vous mets le lien a titre simplement informatif , n’ayant jamais moi même testé ces fleurs de Bach je ne me porterais en aucune façon garante de leur efficacité.

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Thy yellow blooms – oh, they to me
Are gold and sunshine blent together

– Moses Teggart 1908

On utilise l’ajonc pour les feux sacrés de Beltane, on en faisait des torches , on se baladait autour des troupeaux torche en main , et on purifiait l’atmosphère, on pensait que ça protégeait les animaux de la stérilité

L’ajonc était lié au dieu Lugh, portait une étincelle de l’esprit du soleil par ses fleurs jaunes qui fleurissaient toute l’année: le festival celtique de Lughdnasdagh le premier aout est connu également sous le nom du Festival de l’Ajonc Doré (festival of the golden gorse). Et pour finir parce que quand même j’ai pas fini de vous bassiner avec l’ajonc, c’est une plante de choix pour nos amies les abeilles qui ont a leur disposition une des premières fleurs de l’année.