Soir historique

En quelque soir, par exemple, que se trouve le touriste naïf, retiré de nos horreurs économiques, la main d’un maître anime le clavecin des prés ; on joue aux cartes au fond de l’étang, miroir évocateur des reines et des mignonnes, on a les saintes, les voiles, et les fils d’harmonie, et les chromatismes légendaires, sur le couchant.


Il frissonne au passage des chasses et des hordes. La comédie goutte sur les tréteaux de gazon. Et l’embarras des pauvres et des faibles sur ces plans stupides !


À sa vision esclave, — l’Allemagne s’échafaude vers des lunes ; les déserts tartares s’éclairent — les révoltes anciennes grouillent dans le centre du Céleste Empire, par les escaliers et les fauteuils de rocs — un petit monde blême et plat, Afrique et Occidents, va s’édifier. Puis un ballet de mers et de nuits connues, une chimie sans valeur, et des mélodies impossibles.


La même magie bourgeoise à tous les points où la malle nous déposera ! Le plus élémentaire physicien sent qu’il n’est plus possible de se soumettre à cette atmosphère personnelle, brume de remords physiques, dont la constatation est déjà une affliction.


Non ! — Le moment de l’étuve, des mers enlevées, des embrasements souterrains, de la planète emportée, et des exterminations conséquentes, certitudes si peu malignement indiquées dans la Bible et par les Nornes et qu’il sera donné à l’être sérieux de surveiller. — Cependant ce ne sera point un effet de légende !

Rimbaud, Soir historique (tiré des illuminations)

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art: James Jean

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Un rêve.

J’entre sous une tente. L’entrée est protégée par des soies chamarrées, soutenues par deux poteaux en bois . L’intérieur est assez vaste, rempli d’objets divers: des vases en laiton, finement ciselés de motifs orientaux, des teintures de formes et couleurs diverses, des tabourets en vieux bois tendu de cuir brut, et puis une grande table de bois clair au milieu, elle même recouverte d’un grand drap rose, rouge aux motifs brodés d’or. Un énorme amas de bijoux se trouve posés sur la droite de la table; bijoux de laitons, de cuivre oxydé et noircit, sertis de piécettes et de pierres dont la préciosité est impossible à définir.

Et derrière cette table, une femme est assise tranquillement, parée elle aussi d’or, de rose et de turquoise. La cinquantaine, assez fine, regard intense, cheveux de jais épais et ondulés, elle ne rentre pas autant que je le voudrais dans le cliché de la diseuse de bonne aventure: affalée sur son siège, l’air presque de s’ennuyer ,on a presque l’impression qu’on viendrait lui parler de la pluie et du beau temps.

Ca n’est pas la première fois que je la croise. Déja deux fois, elle est apparue dans mes rêves. La première , c’était sous la forme d’une affiche collée au mur, qui parlait (oui, comme dans harry potter). Elle me demandais ce qu’était mon rêve le plus cher. Je lui ai répondu « LA REVOLUTION ».  La deuxième fois, c’était lorsque nous étions allés à Belfast avec de amis. On avait passé une des pires nuits de notre vie, rêvant de maison hantée, de pelotons d’exécution, de morts noyés ; d’une souffrance innommable qui te tordait les tripes, et toi tu essayes de hurler dans ton rêve, mais aucun son ne sort malgré ta bouche grande ouverte. Et là, elle était apparue, et m’avait dit « mais tu es folle ou quoi? Il faut absolument que tu te protège! »

Et la voici de nouveau. Un ami m’accompagne, il se tient à mes côtés, silencieux. Et elle tire deux bagues de son tas d’ornements.

Elle pose la première devant moi : une jolie bague, sertie d’une pierre verte, assez usée et noircie par les âges.

-« ça , c’est le peuple de ta mère. Ils profitent des dernières richesses et de la prospérité ; c’est un temps béni pour eux. » Elle sort ensuite une bague qu’elle retourne sur la table, je ne peux pas voir l’ornement: juste le dessous de la bague, qui est tel les fers d’une chaîne qui s’apprête à se refermer.

-« ça, c’est ton peuple. C’est un peuple qui est en train de tomber sous l’oppression. C’est un cercle; une période d’oppression suit toujours les périodes de prospérité. Tu va devoir te battre pour regagner ce qui t’appartient. « 

-« Mais…je fais comment? »

Elle retire de nouveaux bijoux, des bracelets, colliers , et d’autres dont je ne saisis pas trop la forme ni l’utilité, et les pose sur la table.

-« c’est très simple. Il s’agit juste que tu

 

Je me réveille, les yeux grands ouverts dans le noir. Sans avoir eu de réponse.

7 points pour aider à la transformation spirituelle

C’est marrant, mais en ce moment je me retrouve à écouter tout un tas de vieilleries des années 80 90, il y a quelque mois j’avais découvert le génial Alan Watt , puis Krishnamurti et sa volonté de libérer l’âme humaine et de travailler à l’accomplissement de soi en réfléchissant à ce qui cause la souffrance,et puis  j’ai découvert Robert Monroe , le pionnier du voyage astral.

Et hier c’était le tour de Robert Moore (encore un Robert!) dans le cadre de la très belle conférence qu’il donna dans le cadre des Minnesota’s Men Conférences, un genre de cercle des poètes disparus , qui célèbrent la beauté de la poésie, de la musique, et le partage des connaissances, des contes anciens aux réflexions plus larges sur la spiritualité ou la mythologie.

Mais ne vous attendez pas trouver dans cette conférence les habituels points de « développement personnel » qu’on trouve dans la plupart des bouquins new age. Il ne s’agit pas là de l’application d’une formule magique toute faite , qui va vous débarrasser de tous vos problèmes. Il s’agit plus de travailler, et de comprendre votre lien avec la spiritualité, ce que vous en attendez, et comment  mettre en oeuvre les moyens pour atteindre les objectifs que vous vous êtes fixés.

Robert Moore pose les bases d’entrée: on ne peut pas comprendre la spiritualité, ni l’exprimer d’une manière juste, avec notre langage limité. Et c’est justement pour cette raison qu’il faut faire très, très  attention à la manière dont on l’aborde.

« Toutes les formulations mythiques et symboliques qu’on utilise pour se représenter sont imparfaites et limitées. Chacune d’ elles. Mais on est humain. On essaye quand même de l’exprimer. Par la poésie, les chants.

Il existe un nombre incalculable de croyances différentes; et chacune utilise un  langage  spécifique pour parler des choses divines. Et pourtant, si spécifiques soient ils, et justement à cause de leur spécificité et de leur volonté de mettre les choses dans les tiroirs des mots, ces langages sont insuffisants pour exprimer l’essence de la spiritualité. Mais on fait quoi dans ce cas? On se tait? Parfois oui. C’est mieux de ne pas parler. Mais il ne faut pas pour autant cracher sur les mots, qui peuvent être de fameux médiateurs. Et si l’on veut, malgré tout, tendre vers une certaine justesse de description, on peut toujours juste…fabriquer notre propre langage.

Et puis  se lancer dans la spiritualité ne veux pas dire mettre son cerveau dans le placard et le laisser moisir au milieu des conserves;  la logique et la réflexion , ainsi que la science, peuvent être intégrés à la spiritualité. Ils nous aident à faire preuve d’ouverture d’esprit , construire une argumentation, comprendre pourquoi nous agissons de telle ou telle manière, quels sont nos référents et nos outils de communication et de perception, et ainsi nous permettent de construire ce fameux langage, en instaurant un code qui nous est propre, et en même temps comprendre celui d’autrui; un esprit guidé par la réflexion sait ou il se positionne, et du coup possède une structure suffisamment solide pour pouvoir accepter celui de l’autre: il n’y a aucune raison de se sentir agressé , ni de se sentir blessé par l’opinion d’autrui si tu as les pieds sur terre .

Robert Moore explore 7 axes de réflexion, qui sont les suivants:

Avoir une vision claire des possibilités en matière de spiritualité : Vers quoi veux tu tendre? De quoi te penses tu capable? Quelles sont tes envies, dans quoi tu veux t’engager, quels sont tes objectifs? Veux tu apprendre à communiquer avec les esprits, entrer en transe, travailler avec les plantes, les sons, atteindre l’illumination, travailler ton cercle et ta protection, apprendre un certain rituel, soigner les gens?

Qu’est que qui vous retiens de vous lancer? Avoir des objectifs ne va pas pour autant dire qu’on va se mettre en mouvement pour les réaliser. Souvent, il y a beaucoup de blocages, qu’il s’agisse de la peur de rater, de la peur d’être jugée (et j’en sais quelque chose, c’est un de mes principaux problèmes! J’ai pas envie d’aller faire du tambour et de chanter dans certains endroits même si je ressens le besoin de le faire, parce que j’ai pas envie que quelqu’un m’entende et appelle l’asile direct) , du fait qu’on ne se sente pas à la hauteur, qu’on a peur des conséquences, qu’on ne veux pas quitter une situation confortable et se mettre en danger pour quelque chose d’incertain…Ce ne sont pas les blocages qui manquent!

Solution: déjà les lister, les mettre sur papier permet de les rendre concrets, de les amener à la conscience et de nous aider à trouver des solutions, et surtout à savoir si on est prêt à faire les efforts nécessaires pour atteindre l’objectif qu’on s’est fixé.

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Image: Jake Wyatt

Avoir le courage d’y faire face: une fois que tu as fait la liste de tout ce qui te bloque et que tu as trouvé le moyen de passer outre , et bien il faut y aller et se jeter à la flotte sans bouée. Mais il faut un sacré putain de courage pour ça.

Avoir l’énergie suffisante qui te permettra justement d’avoir le courage de faire face aux blocages. CQFD, élémentaire mon cher Watson. Il faut du charbon pour faire marcher la locomotive.

Avoir la Foi .Et pas forcément avoir la foi dans le sens religieux du terme, on peut très bien être athéiste et avoir la foi. Avoir la foi en la paix, en l’amour, en quelqu’un, en tes principes, en une tâche à accomplir. La foi est ce qui te permet de choisir d’où tu va tirer l’énergie qui va t’aider à te mettre en marche. La foi , c’est ta chaudière. C’est là ou tu va mettre ton charbon.

Qu’est ce qui sert de médiateur à ta Foi? C’est quoi tes turbines, tes pistons? Ta machine qui va servir de transmetteur/d’amplificateur/de conducteur à ton énergie? Parce que si tu as plein d’énergie mais que tu la disperse dans tous les sens et que tu sais pas quoi en faire ni par où la faire passer, ça ne sert à rien. Le médiateur peut être un prêtre ou une prétresse, ça peut être toi même, un objet comme ton tambour (le fameux « cheval » des shamans, leur monture dans le monde des esprits), un bol tibétain ou un chapelet de prière, une pierre, ou une personne lambda…Tu as l’embarras du choix, il s’agit juste de trouver ce qui te convient, et ce qui va convenir au résultat que tu t’es fixé.

Le Sacrifice  : alors là, on aborde le truc qui fait VRAIMENT mal. Et qui fait un peu peur aussi.

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Le rasage de près chez les Incas.

Direct tu penses à Indiana Jones et à la scène où le mec arrache à mains nues le coeur d’un autre et le brandit tout palpitant et tout fier de sa mise en scène. Chez les Incas et Aztèques, on considérait le sang comme étant l’eau de la vie, et on disait qu’il était vital de sacrifier de son « eau de vie » pour la marche du monde.

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« P’tin mec! Mais aide moi à me relever au lieu de rester planté là en me faisant coucou avec ta coupe! Satanée cape, j’aurais du écouter Edna Mode »

Dans la mythologie nordique, c’est Odin qui donne son oeil pour la connaissance, ou qui se pend pour le secret des runes; les exemples sont multiples au travers des mythes du monde entier.
M’enfin sans aller jusqu’à se saigner volontairement, s’autoflageller avec des brocolis, trancher la jugulaire de votre hamster ou dormir sur des clous, il existe des sacrifices plus subtils que les sacrifices physique: les sacrifices relationnels, ou mentaux, ou spirituels: cela part du principe que rien n’est donné gratuitement; qu’il nous faut d’abord donner quelque chose à l’univers , par le biais que vous voulez (ça peut passer par des actions pour certaines personnes, la volonté de changer de comportement, une décision à prendre qui vous est très difficile, lâcher prise sur certaines choses auxquelles vous tenez….), et cette chose vous sera rendue, souvent sous des formes inattendues, et pas forcément dans la minute qui suit l’oblation. Concernant le  sacrifice à faire pour les objectifs que vous vous êtes fixés, très souvent, vous le sentez dans vos tripes. Comme un appel, un tiraillement, ou alors c’est le rôti de la veille qui n’est pas passé. Et très souvent, c’est quelque chose qui vous est extrêmement difficile. Quelque chose qui ne paraîtra peut être pas grand chose aux yeux d’autrui, mais qu’il vous semble impensable d’imaginer, ou duquel vous avez tendance à vous détourner.

 

Et le petit dernier, il s’agit tout simplement de la conscience : le sacrifice à effectuer doit être fait en pleine conscience. Souvent, ce sacrifice est inconscient. Il peut nous arriver d’en faire sans trop le savoir, mais ce sont des sacrifices fragmentaires et incomplets; et le retour sera lui aussi disparate, non canalisé et éclectique. Alors que si tu fais un sacrifice de manière consciente, tu fais une offrande, tu engages toute ta personne, ton âme, ton corps, ta raison. Et tu la dirige là ou tu veux. Le sacrifice te met dans un état de communion avec autrui, il créé un canal entre toi cette « autre chose », il permet de faire des ponts qui vont permettre la circulation d’une énergie, quelle qu’elle soit. Et c’est là aussi qu’il faut être prudent, histoire de ne pas sacrifier n’importe quoi pour n’importe qui. Parce que tu peux avoir des retours plus ou moins déstabilisants; et qu’en créant un pont, tu créé une connexion, mais aussi des obligations. Et que si tu ne respecte pas ces obligations, tu va juste détruire ce pont, et toute l’énergie qui est canalisée jusqu’à toi.

 

Voilà  donc pour le résumé, jeune Padawan! J’espère que cela te permettra d’y voir un peu plus clair sur la voix qui est la tienne!

 

Et voilà une photo de mon premier onguent maison en bonus:

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C’est mon tout premier et j’en suis plutôt contente! Il sent très bon et il hydrate super bien. Mes dosages approximatifs sont les suivants:

-1/4 d’huile d’olive

-1/4 de beurre de coco

-1/4 d’huile de sésame

-1/6 de cire d’abeille de bonne qualité

-le restant d’huile de votre choix.

J’ai fait fondre le beurre de coco et la cire au bain marie, pour éviter que la cire ne chauffe de trop et crame en perdant ses propriétés (c’était folklo, j’étais la en train de tenir mon petit pot en aluminium avec une pince dans l’eau bouillante parce que je ne voulais pas utiliser de casserole, il y aurait eu trop de pertes d’onguent et c’est super chiant à nettoyer) , puis j’ai rajouté les huiles (vous pouvez mettre ce que vous voulez, amande douce, avocat, abricot…) et quelques gouttes d’huiles essentielles pour l’odeur et les propriétés. La cire et la graisse conservent et transmettent très bien les senteurs des huiles essentielles, à garder en mémoire!

A la prochaine pour de nouvelles aventures!

 

 

 

 

 

 

 

 

Ombre et illusions

 

Le soleil est implacable

Le sol est sec

Ton sang est épais

Ta peau est usée

Tu regardes derrière

Ta maison a disparu

Dans quel pèlerinage t’es tu embarqué?

Avidité

Tu es tout ce que je veux mais pas ce dont j’ai besoin.

As tu faim de déni?

Ou es tu empli de peur?

Tu recherches la vérité, ou tu vis dans le mensonge?

Quand seras-tu satisfait?

Cupidité

Tu es tout ce que je veux mais pas ce dont j’ai besoin.

Parfois la vérité est difficile à trouver

Mais elle est toujours là, quelque part

Souvent déguisée.

Stealing sheep, Greed

Il y des phases comme ça où tu te fais un devoir de faire une grosse mise au point sur tes relations, sur tes croyances et sur ta manière de fonctionner. Faire un peu le ménage, regarder dans le placard (oui, celui ou tu balances habituellement tout ce que tu as eu la flemme de ranger ), secouer les tapis …

Je remarque une tendance sur beaucoup de blog, et dans la vie en général, à toujours vouloir absolument apparaître sous son meilleur jour, à être fun, gentil, envoyer des ondes positives, des photos de chats et poster des photos de quiche thon-patate avec des paillettes tout autour et une phrase en comic sans SM bateau dessous du genre  » ❤  live your dreams ❤  »

Mes chers lecteurs, si vous espérez trouver ici ce genre de chose et uniquement ça, il faudra vous attendre à être déçu. Vouloir que les gens se sentent bien et aient l’impression que tu mènes une vie idéale (la vie idéale que tu te projettes dans le net, d’ailleurs, y’a vachement d’égo la dedans, on gomme tout ce qui va pas, on rajoute des cupcakes et des arc en ciel et le tour est joué) , pourquoi pas, mais pour moi le problème vient du fait qu’il y a un déséquilibre entre ce qu’on pense vraiment, et ce qu’on montre aux gens. Nous sommes les hauts comme les bas, la tristesse comme la joie, la colère comme la compassion; et vouloir occulter une partie de tout ça , c’est comme ne montrer qu’une face de la pièce. C’est se mentir , et mentir aux autres.

Certains me répondront que garder un esprit positif et ouvert en permanence est extrêmement important , que des pensées positives et aimantes influencent sur tout ce que nous faisons et notre entourage; que pour être en phase avec ça, il faudrait simplement apprendre à contrôler nos pensées à la base pour n’avoir que des pensées positives, et que le reste suit. Et que montrer ses pensées négatives, c’est blesser tout ceux qui sont autour, et donc nous même par le même biais.

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Personnellement, je pense que ce travail ne peut être effectué que si l’on a trouvé toutes les causes des « noeuds  » qui nous causent des souffrances; noeuds liés a notre expérience et nos rencontres. En attendant, je n’en suis pas encore là même si je travaille dessus. Et je continuerais à vous emmerder avec mes états d’âme et mes réflexions obscures.M’exprimer ici, c’est éviter de juger ou d’accabler quiconque de manière plus ou moins inconsciente parce qu’on se refuse de voir la vérité en face et qu’on ne veut pas assumer nos erreurs.   Parler de tous ces points qui fâchent, de notre état d’esprit est une manière de les assumer. C’est refuser le déni. Et une fois que tu as assumé toutes tes erreurs, que tu as assumé que tu puisses être une vraie saloperie et que tu as blessé des gens, que tu les as blessé, toutes ces choses n’ont plus lieu d’être, et coulent naturellement.

Alors que si tu essayes absolument de les cacher par tous les moyens que tu veux– un joli blog avec une vie parfaite, des mots creux et de belles images sachant que tu portes toujours une souffrance et du ressentiment–, il se produit un décalage entre ta vision idéalisée de toi même, ce que tu veux que les gens voient en toi, et ce que tu es a cet instant précis. Et dans ce fossé se glissent mal être, déni, honte de soi, et puis méfiance, paranoïa… Comme cette  Australienne ,star d’instagram, prise au piège de sa propre image, qui, lassée de se mentir en postant tous les jours des photos faussement naturelles sur lesquelles elle passait des heures à se mettre en condition pour se montrer sous son plus beau jour, décida de tout laisser tomber et d’expliquer les rouages du blog mode, avec tout ce que ça impliquait de sponsors et de manipulations en coulisses, et l’enfer qui en découlait.

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Image: la suuuuperbe BD Hellboy, de Mike Mignola.

Je ne dis pas que c’est le cas pour tous. Certains ont la vie qu’ils décrivent dans leurs blogs. Mais honnêtement, pourquoi avoir besoin de se justifier en la montrant à tous , alors que si tu es heureux, ça devrait te suffire à toi même? Pour encourager les autres sur ce chemin et montrer que c’est possible? Oui, mais ne pas passer sous cloche les difficultés. Etre réaliste, et honnête.

Pour moi, l’honnêteté est quelque chose d’extrêmement important. J’ai tendance à cacher beaucoup de choses, par peur d’être prise pour une folle, d’être jugée, de faire du mal à autrui…Il ne faut certes pas déballer tout son bagage au premier venu, mais il y a une certaine manière de montrer ça les autres. Et on peut très bien tout simplement ne pas parler de ce qui ne peut être compris par l’autre , mais mentir créé un genre de dissonance dans les relations. Et quand tu te rends compte que cette dissonance est trop grande , il est important de mettre les choses à plat, même si ça fait mal. Parler des choses qui fâchent ou de ce qu’on estime « pas en phase ».

Un ami, c’est quelqu’un qui va te dire ce qu’il pense quand il voit qu’il existe une dissonance dans ton comportement. Pas quelqu’un qui va te passer le baume en permanence et te dire que tout ce que tu fais c’est absolument formidable pour flatter ton égo en manque de reconnaissance. Si cette dissonance est justifiée, tu va te remettre en question et changer ton comportement pour être plus en accord. S’il s’est trompé et que sa réflexion n’a aucun effet sur toi, c’est qu’il s’agit d’une erreur de jugement. Et dans ces cas là ça n’est pas grave, on ne va pas lui en vouloir parce qu’il s’est gouré quand même! Si tu n’as aucun problème avec toi même, tu n’as aucune raison d’être touché par son raisonnement, et en discuter, ça le remet droit dans sa perception erronée qu’il pouvait avoir de toi.

Mais si tu décides de tout dénier, de rejeter la faute sur ton pote parce que ce qu’il a dit te fait te sentir inconfortable et remonte des vieux démons que tu avais envie de laisser sous le palier, tu te mens à toi même. Tu te confortes dans ta position confortable, parce que tu t’en fous, tes autres potes te passent du baume et ce sont eux qui ont forcément raison, c’est beaucoup plus agréable! Ca t’empêche de regarder ta propre ombre.
Mais tu crois quoi? Ton ombre, il faut que tu la regardes en face. Que tu l’acceptes comme étant une partie de toi même. Sans quoi elle ressurgira tôt ou tard, et influencera tes décisions et ta vision du monde; il vaut mieux en avoir conscience  , l’accepter et pouvoir comprendre son influence sur toi, et donc éviter les pièges qu’elle peut te tendre inconsciemment, que la laisser te prendre pour sa marionnette.

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Oh toi ma pote, tu restes là!

C’est la problématique de la shadow de Carl Jung, et de l’inconscient que j’ai déjà abordé: tout ce que nous refoulons passe dans l’inconscient, et nous influence sans que nous nous en apercevons; alors que le travail, c’est justement de prendre conscience de tout ça. C’est partir explorer son âme, pour mieux communiquer avec les autres.

 

« Le point de départ est simple : la plupart des hommes ignorent leur ombre. […] Le plus souvent elle est projetée dans des troubles somatiques, des obsessions, des fantasmes plus ou moins délirants, ou dans l’entourage. Elle est « les gens », auxquels on prête la bêtise, la cruauté, la couardise qu’il serait tragique de se reconnaître. Elle est tout ce qui déclenche la jalousie, le dégoût, la tendresse1 »

 

« L’ombre est la personnification de tout ce que le sujet refuse de reconnaître et d’admettre en lui. Se mêlent en elle les tendances refoulées du fait de la conscience morale, des choix qu’il a faits pour sa vie ou d’accéder à des circonstances de son existence, et les forces vitales les plus précieuses qui n’ont pas pu ou pas eu l’occasion d’accéder à la conscience5 »

 

« L’ombre est quelque chose d’inférieur, de primitif, d’inadapté et de malencontreux, mais non d’absolument mauvais. » « Il n’y a pas de lumière sans ombre et pas de totalité psychique sans imperfection. La vie nécessite pour son épanouissement non pas de la perfection mais de la plénitude. Sans imperfection, il n’y a ni progression, ni ascension.2 »

Accabler autrui est une manière très simple d’éviter de se reprocher quoi que ce soit, c’est la solution facile. C’est dénier qu’on puisse être un monstre et en incomber la faute à autrui pour essayer de passer outre la culpabilité qu’on peut éprouver.

« De deux choses l’une, nous connaissons notre ombre ou ne la connaissons pas ; dans ce dernier cas, il arrive souvent que nous ayons un ennemi personnel sur lequel nous projetons notre ombre, dont nous le chargeons gratuitement, qui, à nos yeux, la porte comme si elle était sienne, et auquel en incombe l’entière responsabilité ; c’est notre bête noire, que nous vilipendons et à laquelle nous reprochons tous les défauts, toutes les noirceurs et tous les vices qui nous appartiennent en propre! Nous devrions endosser une bonne part des reproches dont nous accablons autrui! Au lieu de cela, nous agissons comme s’il nous était possible, ainsi, de nous libérer de notre ombre ; c’est l’éternelle histoire de la paille et de la poutre.11 »

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On n’atteint pas l’illumination en imaginant des images de lumière, mais en prenant conscience de l’obscurité.

Arawn,le roi de l’autre monde

Mon paradis est fait de cuivre, mon coeur d’acier, ma lune une motte de glaise,

Mon soleil une peste qui brille à minuit & une brume de mort dans l’obscurité.

Quel est le prix de l’Expérience? Est ce que les hommes l’achètent pour un chant

Ou troquent-ils la sagesse contre une danse des rues? Non, on paye le prix

De tout ce qu’un homme possède, sa maison, sa femme, ses enfants.

La sagesse est vendue dans le marché abandonné ou plus personne n’achète

Et dans le champs flétri où le fermier se courbe en vain pour son pain .

Traduction approximative d’un extrait de Vala et les quatre Zoas, de William Blake.

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Voilà qui résume plutôt bien Arawn, le roi de l’autre monde de la mythologie Welsh (j’utilise le nom anglais qui est ma fois plus seyant que le nom français « gallois » ou « pays-de-galleux » ). Comme toujours lorsqu’il est question de savoir à quelle divinité on a affaire, il est de notre devoir de mener l’enquête et d’essayer de rassembler tous les indices qui passent à notre portée, et à nous faire aider de tous les moyens à notre disposition: oracles, runes, ogham (je m’y mets très sérieusement ces temps-ci) , bibliomancie, musicomancie (lancer une playlist et écouter les chansons qui défilent en aléatoire), Yi-King…

Hir yw’r dydd a hir yw’r nos, a hir yw aros Arawn

Long est le jour, longue est la nuit, et longue est l’attente d’Arawn.

(un vieux conte Cardigan)

Tout commence il y a longtemps, très longtemps, au coeur d’un poème épique composé au coeur des Wales. Dans ce joyau de la littérature épique britannique portant le doux nom des Quatre Branches du Mabinogi, le héros Pwyll se retrouve malencontreusement à passer d’un monde à l’autre et là paf, il se retrouve nez à nez avec une bande de chiens de chasse blancs aux oreilles teintées de rouge qui se délectent d’une carcasse de cerf.

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« Wahwah! » Qu’ils dirent.

Il décide donc de chasser les chiens pour pouvoir récupérer la carcasse pour lui tout seul, parce que bon, c’est pas parce qu’ils ont une couleur un peu particulière qu’il faut se laisser intimider par ces punk de chiens (et pas punk à chiens, on est bien d’accord), non mais! C’est alors que le maître des chiens sort de derrière les fourrés (surement parti au petit coin) et s’indigne de voir que Pwynn a houspillé ses précieux chiens comme un malotru. Qu’à cela ne tienne, pour réparer le litige, le maître des chiens qui n’est d’autre que le roi d’Annwn, le royaume des mort, lui dit:

« -puisque c’est comme ça mon pote, je te file mes chiens, mon chateau, les clefs de la caisse du trésor, ma femme et ma cuisinière pendant un an. Ha, et juste un petit détail: j’ai quelques affaires guerrières avec le royaume voisin. Rien de très grave, je les ai juste sur le dos depuis quelques centaines d’années et j’arrive pas à m’en débarrasser. Donc si tu pouvais t’en charger pendant que je prends ta place de lord Dyfed, ça me fera des vacances. Allez amuses-toi bien hein! »

Pwyll, qui est en train de se dire qu’il s’est bien fait niquer pour si peu, va donc s’atteler à sa tâche avec zèle , jusqu’à arriver à battre le rival d’Arawn, un gueux du nom de Hafgan. Et comme si la tâche n’était pas assez ardue, il se retrouve chaque nuit à devoir résister aux avances de la femme d’Arawn qui trouve étrange que son mari soit soudain si froid avec elle. L’honneur vous comprenez, et aussi surement le fait que Pwyll se doute qu’il risque de se retrouver raide mort si Arawn apprend qu’il a testé de nouvelles positions du Kamasutra avec sa femme.

A l’échéance du deal, Arawn et Pwyll rééchangent leurs corps et vies respectives. Arawn, plutôt content de la manière dont les choses se sont déroulées , devient très bon ami avec Pwyll , et veille même sur sa descendance longtemps après sa mort: il envoie à son fils des super cochons d’outre tombe (oui, ça a l’air pourri comme ça comme cadeau, mais vous imaginez? On peut en faire des boudins de la mort qui tue, ça envoie du pâté).

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Ca donne moyen envie vu comme ça.

Malheureusement pour les cochons et pour le fils de Pwyll,   Gwydion fab Don, le magicien trickster, décide qu’il se paierait bien une tranche de jambon surnaturel: il entre à la cour sous la forme d’un barde, chante une petite chansonnette (Justin Bridou, le baton de berger),et parce qu’il est très fier de sa chanson perrave, demande en échange de se faire payer avec les cochons. Pryderi, le fils, hésite un peu, quand même, Arawn a dit qu’on était pas sensé les donner comme ça, les cochons…Mais bon…On peut les échanger quand même, histoire que je puisse quand même avoir de quoi m’en acheter une petite tranche un peu plus tard…

Dommage pour Pryderi, cet échange de cochons débouchera sur une guerre (comme quoi ça commence toujours avec des trucs à la con, des guerres), ou il se fera tuer au combat par Gwydion fab Don , qui non content d’avoir du jambon à volonté décide qu’il se farcirait bien un lord en dessert.

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Mais revenons en a Arawn. Qu’est ce qu’il fait donc durant tout son temps libre? Et bien il chasse. Et tout comme ses confrères Odin(ou Wotan) ,dame Holda, Hennequin, le roi Arthur, la Dame de Moissey, Herod, Cain, le conte Arnau, Fionn mac Cumhaill… il sort les jours de grand vent, et il part avec ses chiens blancs écumer campagnes et villes à la recherche des âmes perdues afin qu’elles se décident à rentrer à la maison et à arrêter de souler les vivants. Il aime chasser surtout en Automne, en hiver et au printemps, et dans les cieux retentissent les aboiements de sa meute, qu’on peut confondre avec le cri des oies sauvages en migration.

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Image tirée du jeu The Witcher III, The Wild Hunt. Le perso principal a un p’tit côté Arawn.

Entre deux chasses aux âmes, il se retrouve mêlé à d’autres affaires, comme celle de la Bataille des Arbres, ou il se battit contre le géant Bran, pour sauver sa soeur, Branwen; dans certaines légendes, il est dit que le vol de l’un des chiens d’Arawn par Amaethon (frère du magicien trickster Gwidion) en fut l’élément délencheur. Arawn s’apprêtait à lancer l’assault contre la troupe d’Amaethon, en sachant qu’il existait de son côté, et de l’autre une faille qu’il était nécessaire de trouver pour mener à bien l’assault: de chaque côté des combattants, il existait un homme (ou une femme) dont l’opposant ne connaissait pas le nom; et le premier qui réussirais à le deviner se rendrait maître du champs de bataille. Malheureusement pour Arawn, son pire ennemi le relou Gwidion devina le nom avant lui (une anti-sèche surement, ou bien il passait ses soirées à jouer au Qui est-ce) ; et ils se firent ratatiner comme des têtes réduites.

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Le chevalier vert, et Sir Gawain qui pionce comme une souche sur une souche (c’est moi ou on dirait Cernunnos avec une hache?)

Arawn apparaît aussi dans les légendes arthuriennes sous le nom de Bertilak, le chevalier vert, qui possède un chaudron de régénération qu’Arthur le colonialiste vient réclamer (ça y’est, on a une table ronde et on se croit tout permis!); il est accompagné dans certaines histoires par Mallt-y-Nos , Matilda de la nuit, une chasseresse ivre d’âmes morte et pas-tout-à-fait, qui lui empreinte ses chiens à l’occas juste pour le plaisir de se délecter de la peur des pauvres petites âmes perdues ; il est dit parfois que l’impatiente n’attend pas que les gens soient totalement morts pour leur courir après.

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C’est une chose aisée que de rire aux éléments qui se déchaînent,

Que d’entendre le chien hurler sur le pas d’une porte exposée aux vents, que d’entendre le boeuf mugir dans l’abattoir,

De voir un dieu dans chaque tempête & une bénédiction dans chaque bourrasque,

D’entendre des mots d’amour dans l’orage qui détruit la demeure de tes ennemis, que de rejoindre la rouille qui détruit ses champs & la maladie qui fauche ses enfants

Pendant que chez soi l’olive & le vin chantent & dansent tout autour de nos portes & que nos enfants nous apportent fruits & fleurs.

Car alors les plaintes et les douleurs sont oubliées, tout comme l’esclave qui grimace au moulin

Tout comme le captif enchaîné & le pauvre en prison,& le soldat sur le champs de bataille

lorsque les os éparpillés l’ont laissé gémissant au milieu des vivants plus heureux que lui.

C’est chose aisée que de rejoindre les tentes de la prospérité.

Je pourrais chanter et vous rejoindre, mais ça n’est pas pour moi.

Suite de la traduction de Vala et les quatre Zoas, de William Blake

 

 

 

 

 

Des ormes , du vent, des morts

Miestä mustoa rukoilen
Suuren tuulen nostajaksi

(Je prie un homme en noir

Qu’il fasse souffler et hurler le vent)

Suuren tuulen nostajaksi
Sään rajun rakentajaksi

(Fais souffler et hurler le vent

Fais grandir la tempête)

Kisko teiltä tervaskannot
Rannoilta rämäkät männyt

(Arrache les souches de l’asphalte

Arrache les pins de la rive du lac)
Tuopa taita tammen latvat
Rutaise rutiset raijat

(Brise le sommet des chênes géant

Réduis leurs racines robustes en échardes)

Nouse tuuli tuulemahan
Vihkurit vetelemään

(Lève toi, ô vent, souffle et mugis

que bourrasques et rafales emportent tout)

Allons donc! Elle nous a encore sorti un de ses titres abracadabrants dont elle a le secret , la mère Aalzen (en même temps avec un nom aussi perrave, on s’attend à tout)

Mais de quoi donc elle va nous parler aujourd’hui?

Je vais vous parler de tout un tas de trucs. Il y a des périodes au niveau spirituel ou c’est le vide intersidéral, d’autres ou tout te tombe dessus sans que tu ne comprennes rien à ce qui t’arrive. Quand les dieux ont décidé de mettre une grosse main pas du tout subtile dans ta vie, tu t’en aperçois assez rapidement.

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Saaaaluuuuuuuuuuut c’est nous tu nous attendais pas hein?

Tout commence il y a environ une semaine. Je procrastinais sur facebook et me pris au jeu d’une genre de grille ou sont cachés des mots divers. Les trois premiers sur lesquels l’on posait les yeux étaient sensés représenter notre année 2016. La liste était plutôt quelconque: « love » « power », « wealth », « frendship »… bref pas de quoi fouetter un chat noir. Sauf que je suis tombée sur « elm » au milieu de cette liste digne d’un roman de Marc Levy. Elm? C’est pas un nom d’arbre ça? Ah. « Orme. » Interessant. Mais passons, ça arrive . Un bug dans la matrice comme dirait Morpheus.

Quelques jours plus tard, je me réveille en synchro avec le vent qui hurle à faire tomber en morceaux la maison en pierre des trois petits cochons. Un ciel surréaliste, à mi-chemin entre une peinture de Turner et la tempête de sable du dernier Mad max. Les arbres qui ploient, les feuilles gémissantes et frémissantes, le vent qui s’infiltre par toutes les fissures, et une envie urgente de me bouger. Qu’à cela ne tienne, je fais quelques exercices de yoga pour faire passer la bougeotte, puis je me pose par terre et ferme les yeux.

Et là, un visage m’apparait. Des yeux sombres , cachés sous un genre de casque avec des spirales sur le coin des yeux .

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Un peu comme le mec qui porte un casque, mais avec plus de spirales, et des orbites plus sombres.

Hein?

Je choppe mes runes pour en savoir un peu plus. Un esprit du vent? Niet. Un esprit de la terre? Niet. Un esprit? Re-niet. Un dieu? Waip. Je choppe mon livre sur les ogham, et je décide de faire un petit coup de bibliomancie pour en savoir un peu plus. J’ouvre une page au pif, et je tombe sur l’ogham… De l’orme.

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Purée. Si c’est une coïncidence les mecs elle est quand même vachement flagrante. Je me décide à chercher la significations de l’Orme, ainsi que les divinités associées.

Odin (oh bah tiens!) , Orphée et plus précisément les Oneiroi, les métaphores du rêve : Morpheus, qui se charge des représentations humaines, Icelos ou Phobetor qui sont les maîtres des représentations animales et Phantasos qui lui s’occupe des images minérales et végétales. Ils  apparaissent sous la forme de démons aux ailes noires qui sortent toutes les nuits de deux portes pour apporter les rêves: l’une de ces portes est d’ivoire, et s’ouvre sur les rêves qui n’ont aucun sens particulier; l’autre est de corne,et est le siège des  rêves prophétiques. Dans l’Odyssée, ces rêves voguent sur  les courants d’Oceanus, tout près de l’endroit ou séjournent les âmes des morts.

L’Orme est cité pour la première fois dans l’illiade. Quand Eetion, père d’Andromaque, est tué par Achille, les Nymphes de la montagne plantent un Orme sur sa tombe. Dans le même texte, la rivière Scamander, outrée de voir tant de corps dans son eau, déclenche une crue; mais Achille sauve sa peau en se raccrochant aux branches d’un Orme. Les nymphes en plantèrent également un sur la tombe du Thracien Chersonese , ces ormes devinrent les plus grands jamais connus, mais leurs branches se flétrirent lorsqu’elles atteignirent la vue des ruines de Troie, si grande était l’amertume de celui qui reposait sous leurs racines.

Θεσσαλὲ Πρωτεσίλαε, σὲ μὲν πολὺς ᾄσεται αἰών,Tρoίᾳ ὀφειλoμένoυ πτώματος ἀρξάμενoν•σᾶμα δὲ τοι πτελέῃσι συνηρεφὲς ἀμφικoμεῦσηNύμφαι, ἀπεχθoμένης Ἰλίoυ ἀντιπέρας.Δένδρα δὲ δυσμήνιτα, καὶ ἤν ποτε τεῖχoς ἴδωσιTρώϊον, αὐαλέην φυλλοχoεῦντι κόμην.ὅσσoς ἐν ἡρώεσσι τότ᾽ ἦν χόλoς, oὗ μέρoς ἀκμὴνἐχθρὸν ἐν ἀψύχoις σώζεται ἀκρέμoσιν

Thessalian Protesilaos, ton nom sera loué tout au long des âges,

Toi, le premier des morts de Troie;

Ta tombe des Ormes au fin feuillage les nymphes couvrirent,

Loin des eaux d’Ilion la haïe .

Ô arbres emplis de haine, les feuilles de votre cime

Fanent et tombent dès qu’elles perçoivent les murs de Troie.

Si grande était l’amertume du héros , que jusqu’à ce aujourd’hui

S’en rappellent , hostiles, les branches sans âme de la cime.

Dans la poésie pastorale (poésie bergère, comme celles qui rentrent les petits moutons), l’ombre de l’Orme offre un espace de paix et de tranquillité. Theocritus place l’eau sacrée des nymphes sous les Ormes.

Dans la littérature latine(l’Aneide)  figure un Orme assez particulier: l’Orme des rêves (d’où son association avec Morphée et les Oneiroi) . Lorsque la sybille de Cubae emmène Aeneas dans le monde des morts, il y aperçoit ce fameux arbre:

In medio ramos annosaque bracchia pandit

ulmus opaca,ingens, quam sedem somnia vulgo

uana tenere ferunt, foliisque sub omnibus haerent

S’étalant au milieu de ses branches et bras âgés

Un Orme, immense, Ombrageux, où des songes vains, dit-on

Ont l’habitude de s’enraciner sous chacune de ses feuilles frémissantes.

Dans les mythologies germaniques, la première femme, Embla, fut façonnée dans un tronc d’Orme.

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« Hœnir, Lóðurr and Odin crééent Askr et Embla » (1895) par Lorenz Frølich.

On retrouve aussi l’Orme chez Shakespeare, dans A Midsummer Night’s Dream, ou la reine des fées Titania utilise la métaphore de l’Orme pour parler de son bien aimé.

Ca nous en fait du mathos tout ça! Bon, ce qu’on peut en dire, c’est qu’il circule pas mal d’informations contradictoires sur internet à propos de l’Orme. Chez certains il est synonyme de fureur, de qualités guerrières, de rigidité , chez d’autres il est renvoie plutôt à l’arbitrage, à l’équilibre du coeur et à la protection.

Bon. Tout ça c’est bien joli de nous faire un joli résumé de tout ce qu’on peut baragouiner sur l’Orme, mais concrètement ça donne quoi?

J’ai donc été trouver la bête pour voir ce qu’en pensaient mes sens. Je me suis baladée au hasard dans le parc du chateau ou séjournent des arbres magnifiques, bravant le vent et la pluie armée de mon ciré jaune et de mes mèches de cheveux qui battaient la mesure avec  les bourrasques. Et je l’ai trouvé. L’un des rares arbres doté de quelques feuilles qui se raccrochaient toujours aux branches fines; et j’ai posé la main sur son tronc, en me laissant guider.

J’en suis ressortie avec une impression étrange de vulnérabilité. Comme s’il s’agissait d’un arbre extrêmement sensible à son environnement, du genre a pomper et à garder tout ce qui se trouve autour, un arbre très émotionnel. Pas quelque chose de violent, plutôt comme quelqu’un de très perceptif qui doit déployer une grande énergie pour garder son identité et ses valeurs, pour ne pas être balayé d’un côté à l’autre de la vie par les bourrasques sentimentales de son environnement, mais qui se retrouve malgré tout imprimé de tout ça. Un arbre très souterrain aussi, qui tourne facilement la tête , pas spécialement chaleureux comme peut l’être le chêne mais très, très réceptif. Bien sur, il faut garder a l’esprit que cette impression est représentative de l’arbre en lui même, et pas forcément des Ormes en général, et que la sensation est différente en hiver, ou la sève descend et ou l’activité baisse, et aussi  de ma propre interprétation. Mais j’ai beaucoup aimé cette première rencontre.

Et vu que l’article est un peu long, je n’aurais malheureusement pas le temps de vous faire un petit topo sur ce fameux visage très très mystérieux (on y croit, le suspense tout ça). Mais je vous donne un indice en attendant la prochaine fois!

 

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Et voilà. Vous êtes vachement plus avancés hein?

 

 

 

Interlude révolutionnaire

« On ne devrait pas changer nos habitudes parce qu’une organisation, quelque part, a des comportements douteux. Si on sacrifie nos valeurs parce qu’on a peur, ça veut tout simplement dire qu’on n’accorde pas d’importance à ces valeurs. »

Edward Snowden

Quelle connerie la guerre, qu’il disait Jacques Prévert.

Hein? …Quoi? On est en guerre?

« La France est en guerre. Les actes commis vendredi soir à Paris et près du Stade de France, sont des actes de guerre.  » Je n’invente rien, ce sont les mots tous droits sortis de la bouche de notre cher président le lendemain des attentats.

Mais attends…Nous sommes en guerre contre qui? Contre les terroristes qui « s’attaquent aux valeurs de la démocratie, à la liberté , l’égalité, la fraternité? »

Sauf que pas besoin d’avoir des terroristes pour nous flinguer nos valeurs républicaines dont nous sommes si fiers, on se tire très bien une balle dans le pieds tout seul. L’état d’urgence décrété au lendemain des attentats , par exemple. Qui n’est pas sans rappeler le fameux Patriot act mis en place par les Etats Unis le lendemain du 11 septembre. Patriot act dont l’efficacité réelle contre toute forme de terrorisme a été largement mis en doute, qui n’était sensé rester en place que quelques mois au maximum, et qui est …toujours en vigueur.

Et il fait quoi, concrètement , ce patriot act? non parce que perso, je m’en fous un peu, que l’état connaisse mon numéro de téléphone. C’est pas comme si je cachais des terroristes dans mon garage.

Sauf que. Ca n’est pas parce qu’on a rien a cacher qu’on doit accepter l’intrusion dans la vie privée de services comme 702 surveillance (qui récupère les données envoyées par des services comme Gmail), EO 12333 (utilisé par la NSA pour récupérer tout ce qui est stocké temporairement par google), PRISM (logiciel qui aide à retirer les données stockées hors des serveurs google, ou Yahoo, ou facebook, avec l’aide de ceux-ci, bien entendu), Upstream, Mystic (récupère les données des appels téléphoniques), bref, la liste est longue.

Pour mes amis anglophones, John Olivier explique tout ça très bien , et il ne manque pas d’humour ni d’images de chatons, il a même été rencontrer Snowden en Russie pour le besoin de l’émission.

Mais revenons en à la France. On sait qu’elle n’est pas en reste côté surveillance; et de façon plus large, on a pas besoin de logiciels espions pour se dire que quelque chose cloche en ce moment. Les interdictions de manifestations pour le climat sous couvert du « risque d’attentats »? Malgré quelques drôles fringués comme des ninjas qui n’ont rien trouvé de plus malin que d’exciter la matraque des CRS, les manifestants étaient dans l’ensemble pacifiques , et se sont faits dégager bien méchamment à grand renfort de gaz au poivre et bombes lacrymo. Sous couvert de la lutte contre le terrorisme, on multiplie les arrestations arbitraires et on en profite pour virer tous ceux pour lesquels on avait pas réussit à trouver de motif viable jusque là, tout ça pour « rassurer la populace » et envoyer du chiffre;on empêche les rares journalistes faisant preuve d’un minimum d’esprit critique d’exercer correctement leur métier.

 

Y’a qu’à réfléchir deux secondes à l’absurdité de la politique française :

1) Combattre les assassinats aveugles et les tirs contre des civils par des assassinats aveugles et des tirs contre des civils ;

2) Combattre les atteintes aux droits démocratiques et aux libertés publiques par des atteintes aux droits démocratiques et aux libertés publiques ;


3) Combattre les tentatives des djihadistes de promouvoir une vision de deux camps opposés et irréconciliables – l’Islam, d’un côté, et l’Occident, de l’autre – en faisant la promotion d’une vision qui présente deux camps opposés et irréconciliables – en l’occurrence l’Islam et l’Occident ;

4) Combattre le discours des djihadistes sur l’islamophobie maladive de l’Occident en nourrissant l’islamophobie maladive en Occident ;

5) Combattre la propagation d’une forme réactionnaire de l’islam politique en faisant affaire et en établissant des alliances politiques avec les États les plus investis dans la propagation de la forme la plus réactionnaire de l’islam politique ;

6) Combattre l’idée que les pouvoirs occidentaux agissent dans leur seul intérêt et de manière néocoloniale lorsqu’ils soutiennent les États les plus autoritaires et les plus corrompus, en soutenant les États les plus autoritaires et les plus corrompus de manière néocoloniale et dans le seul intérêt des pouvoirs occidentaux ;

7) Combattre le fait que Daesh se présente comme un véritable État en guerre contre les pays occidentaux, en déclarant que les pays occidentaux sont en guerre contre l’État islamique ;

8) Combattre la propagande de Daesh qui veut que l’Occident soit le lieu d’une décadence sans âme et vaine, seulement marqué par son attachement aux pratiques hédonistes, en mettant en avant des pratiques hédonistes en tant que caractéristiques déterminantes pour distinguer l’Occident de Daesh ;

9) Combattre le fait que les djihadistes prétendent que les courants islamistes réformistes sont naïfs de croire qu’ils pourront prendre le pouvoir par le biais des élections, en soutenant un coup d’État contre un président islamiste réformiste arrivé au pouvoir par le biais d’élections démocratiques ;

10) Combattre le prétendu antisionisme des islamistes radicaux qui se nourrit de l’argument qui veut que l’Occident maintiendrait deux poids, deux mesures à l’égard d’Israël, qui se voit doté d’argent et d’armes quel que soit le sort des Palestiniens, en maintenant deux poids, deux mesures à l’égard d’Israël, qui se voit doté d’argent et d’armes quel que soit le sort des Palestiniens.

Les choses ainsi posées, comment pourraient-elles mal tourner ?

(vous pouvez aller lire tout ça sur le site des Alternatifs, c’est le seul endroit ou j’ai réussit a retrouver l’article qui m’intéressait parce que le lien de base ne fonctionnait plus, et pas moyen de remettre la main dessus)

 

Ajoutons à tout ça le fait que 2O15 soit une année particulièrement juteuse pour la France pour la vente d’armes et que l’année 2016 s’annonce « encore meilleure » (bin tu m’étonnes) , que la France s’obstine malgré sa volonté de faire face « à l’horreur de Daesh » à continuer d’avoir des accords juteux avec l’Arabie Saoudite et la Turquie, qui eux mêmes rachètent le pétrole de Daesh et leur fournissent des armes. N’oublions pas quand même que nous, vieille Europe alliée aux USA, avons largement participé à la création de ce monstre (les Talibans aidés dans leur ascension au pouvoir en Afghanistan par les anglais et Américains, qui espéraient en retirer des avantages dans le commerce de l’or noir, et ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres; l’empreinte s’est élargie à la Libye, à la Syrie , au Kosovo…toutes ces manœuvres d’un intérêt purement économique et liés à la dépendance au pétrole se sont retournés contre nous et ont pris des tournants innatendus). Si vous avez le temps et l’envie, ce casse tête politique est parfaitement expliqué par ici.

Bon.Heureusement que quelques joyeux lurons éclairés comme  l’odieux connard ont encore la présence d’esprit de nous remettre les idées en place .

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Voilà. C’était un article qui était tout sauf païen , mais fallait que ça sorte d’une manière ou d’une autre.

Sur ce je vous laisse ruminer tout ça, à bientôt bande de moules révolutionnaires!

Des bises, je m’en vais lire Voltaire en écoutant du Madeon.