Le chemin des oghams

FeigeFind

 

J’avais commencé à travailler avec les oghams il y a de ça un peu plus d’un an, à l’aide d’un jeu que j’avais gravé en argile. Etant donné que je voulais travailler avec les plantes, ça me semblait être un bon outils pour communiquer avec; j’ai donc commencé à me plonger dans les racines de ce langage ancien, originaire d’Irlande.

Je ne referai pas ici d’explications sur l’origine ni la signification des ogham, je pense que vous pouvez en trouver assez facilement sur internet, à la place, je vais plutôt vous exposer ma manière de travailler avec, ainsi que quelques expériences plutôt marrantes avec ces ladies de feuilles et de racines.

J’aime utiliser des oracles différents en fonction des dieux, divinités ou esprits avec lesquels je travaille; certains réagissent mieux, ou préfèrent certains oracles qui sont plus adaptés au contexte dans lequel ils évoluent, ainsi qu’à la nature de leurs énergies. Les runes par exemple, sont assez impersonnelles et plus « brutales » dans le sens ou elles m’évoquent des forces primaires hors de l’humain, telles que le feu, le vent, l’eau, la grêle…Bien sur, il y en a certaines qui sont liées à des concepts humains, mais il n’y a rien de personnel en elles dans le sens où l’on ne fait pas référence comme dans les jeux de tarots a des archétypes tels que le pape, l’empereur, l’amoureux…

Les oghams sont clairement plus végétaux, ils sont verticaux, je les utilise du coup par exemple pour cerner les blocages énergétiques: je les tire en ligne, de bas en haut, avec un ogham pour chaque chakra; et si certains oghams sont à l’envers, je vois où se trouve le blocage, et quelle est sa nature. Leur énergie est plus douce que celle des runes, elle enracine et s’étend vers le ciel en colonnes.

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Mais revenons à mes expériences avec les ogham. Les runes me boudaient un peu depuis que j’étais arrivée en Irlande, il m’a semblé donc de circonstance que de renouer avec mes oghams que je n’avais pas utilisés depuis trois plombes.

J’avais un mal de chien à m’ancrer. J’avais les plus grandes difficultés à me concentrer au travail. J’avais les nerfs à fleurs de peau, cette sensation désagréable d’être submergée d’informations, noyée dans un flux constant de bruits, de pensées, plus encore que des images où sons, j’avais l’impression qu’il s’agissait de parasites, embrouillant tes sens, ta communication, ton rapport au monde. Echos du parking d’en dessous, pubs qui popent partout sur tes fils d’actualité, présences et réflexions d’un faux monde né de quelques emballages, étiquettes, affiches publicitaires et  machines aux engrenages de plastique.

 

« Le rugissement de Londres, dit Louis, est tout autour de nous. Les motocycles, les voitures, les omnibus passent et repassent continuellement. Tous fusionnent en une seule roue formant un seul son. Tous les sons séparés — les roues, les cloches, les cris des ivrognes,  des commerçants– sont fondus en un seul son, d’un bleu acier, circulaire. Puis une sirène hurle.  Ce rivage se retire, les cheminées s’aplanissent, les bateaux sont près à prendre la mer.

« Percival est prêt à partir, dit Neville. Nous sommes assis ici, entourés, illuminés, colorés; toutes les choses — les mains, les rideaux, les couteaux et fourchettes, les autres gens qui dînent — s’entre-pénètrent. Nous sommes emmurés ici. »

Virginia Woolf, la vague

J’ai essayé le yoga, la méditation, les exercices de respiration. Rien à faire. Rien ne restait, si ce n’est l’impression fugace et fortement désagréable que quelque chose n’allait pas. Comme si j’avais dérivé du chemin que je devais prendre, ou qu’une infime bifurcation m’avais emmené sur un chemin qui n’était pas le mien.

Les nerfs tendus comme un arc et le cerveau en bouillie, en proie à une agitation dont je n’arrivais pas à me débarrasser, les crocs dehors et sens aux abois, je décidais finalement de me fier à mon instinct, de prendre mon sac, un truc chaud, un Kway, de l’eau et mes oghams et d’aller dormir dehors, à même le sol.

Il est 22h. J’enfourche mon vélo pour pédaler jusqu’à un coin tranquille que j’avais repéré.J’ai pour habitude de donner des noms à certains objets que j’aime bien, ma bicyclette s’appelle donc Seamus. Ça m’est venu comme ça en l’enfourchant pour la première fois. Ma première réaction ça a été « Quoi? Seamus? Mais c’est pas la blonde en armure de je sais plus quel jeu vidéo?  » Je googeul. Ah non, la blonde c’est Samus, pas Seamus. Seamus est un nom Irlandais apparemment (tiens donc, ça tombe bien) qui veut dire  » Celui qui porte le talon ». Plutôt de circonstance pour un vélo! Parfait, Seamus, adjugé vendu, partons donc à l’aventure.

La campagne irlandaise est sublime; le ciel s’enflamme, les oiseaux diurnes chuchotent et laissent leur place aux nocturnes; l’air est saturé d’odeurs de fleurs , de vert, de terre fraîche, comme s’il s’agissait de l’exhalation de la terre toute entière avant de s’endormir, ou qu’au contraire de sa forme nocturne s’éveillait. J’aime plus que tout ce moment entre chien et loup, la rencontre entre deux univers et le moment de tension qui en résulte, tout y est plus flou, comme si l’on se retrouvait à marcher sur deux chemins à la fois, ou regarder dans deux directions à la fois.

J’arrive dans le champs que j’avais repéré. J’avais fait une balade la semaine d’avant, je m’étais posée dans le champs, j’avais chanté pour l’esprit d’Irlande, pour les esprits du lieu. Ca m’avait fait un bien fou. J’avais tiré les oghams; qui me disaient qu’en gros « je n’y connaissais pas grand chose aux esprits d’ici ». Je suis en terrain inconnu, étrangère en terre de légende, où je me dois de m’intégrer, de communiquer, d’échanger.

Je m’enroule dans mes pulls, mon Kwai qui m’isole partiellement de l’humidité du sol, pose ma tête sur mon sac. Je demande aux esprits s’ils veulent bien me laisser pioncer ici. Oui. Ah,  chouette! Je pose un peu de pain pour eux sur le côté, et un peu d’eau de ma gourde, infusée avec de la menthe. Le sol est super froid, ça me glace les os. Et oui, c’est loin d’être la canicule ici, la nuit, la température passe en dessous des 10 degrés!

C’est vraiment froid. Je jette un coup d’oeil à mon bouquin Survie douce en pleine nature, de François Couplan ». Ah, il faut faire un matelas en plantes pour s’isoler du sol? Je prends mon couteau, je commence à couper les herbes toutes autour de moi.J’en entasse assez pour que ça soit confortable. Ah oui, c’est beaucoup mieux, mais j’ai fuckin’ froid aux jambes! Penser à la couverture de survie, la prochaine fois, pour s’isoler complètement de l’humidité et garder un minimum la chaleur. Je ferme les yeux et reste là, sentant la terre vivante sous moi. C’est très étrange comme sensation, tu as le cœur qui commence à battre fort, comme porté par une énergie gigantesque, comme si tes sens et ta propre énergie commençaient à se mettre au diapason avec cet immense cœur qui bat. Je commence à avoir peur de cette énergie gigantesque, j’ai soudain envie d’avoir quelqu’un là, à côté de moi, une présence chaude et rassurante.

Nos sens se sont étendus. Membranes, toiles de nerfs qui pendent blancs et mous, se sont gorgés et s’étendent puis flottent tout autour comme des filaments, rendant l’air tangible et captant tous les sons éloignés que nous n’entendions pas auparavant.

Virginia Woolf, La vague

Ton ego se rétracte et se dissout pour faire soudain face à l’immensité des forces dont tu es dépendant et que tu ne perçois pas au quotidien, protégé, ou plutôt coupé par les énergies humaines, par le béton, par ta maison, par la communauté. La communauté et ton chez toi te protège de cette énergie et puissance écrasante, mais lorsque la communauté s’enferme dans une forteresse et qu’elle s’y dissout, réduisant les rapports humains à de simples interactions numériques, il y a un vrai problème.

Personnellement, j’ai tendance à croire que les rapports humains et interactions sociales sont engendrés entre autre par le fait que seuls, nous serions écrasés par cette puissance de la Terre, de la nature. Nous ne sommes pas prêts, physiquement et mentalement, à supporter ça. S’associer, échanger, comme les cellules d’un organisme qui travaille en harmonie, est une condition indispensable à la survie.  En l’absence de forces opposées, les cellules retournent à leur individualité, stagnent et puis se décomposent.

Je n’ai pas tenu face à ces forces. Il faisait trop froid, je n’étais pas assez équipée. Vers 1h du mat, je me décide à retourner dormir chez moi. A la prochaine, Eireann. Cette expérience n’étais pas vaine, je me sens malgré tout plus calme que je ne l’ai été depuis longtemps. J’ai les mains qui chauffent, et le corps qui vibre, comme emporté par un courant puissant.

 

NorthernLights

Je poste un dernier petit extrait de La Vague de Virginia Woolf parce que j’arrête pas de retomber dessus et que ça me perturbe grandement (m’est avis que c’est un message de Loki qui tourne dans le coin , ce p’tit malin ne me lâchera jamais les basques, et quand il veut dire quelque chose il insiste jusqu’à ce que tu saisisses son message)

Je ne suis pas vulgaire; je ne suis pas snob. Si je m’ouvre à la pression de la société, je m’en sors souvent par des pirouettes linguistiques en introduisant quelque chose de difficile dans la conversation. Regardez donc mes petits jouets, tordus en moins d’une seconde, voyez comme ils aiment ça. Je ne suis pas quelqu’un qui entasse les possessions– Je laisserais très certainement  moins d’une valise de vêtements lorsque je mourrais — et je suis pratiquement indifférent à toutes les petites vanités de la vie qui causaient à Louis tellement de tortures. Mais j’ai sacrifié beaucoup. De part le fer qui coule dans mes veines, marbré d’argent et de boue quelconque, je ne peux pas serrer le point fermement comme le font ceux qui ne dépendent pas des stimulus. Je suis incapable de dénier quoi que ce soit, je suis incapable du moindre héroisme à la manière de Louis et Rhoda. Je n’arriverais jamais, même à l’oral, à construire la phrase parfaite. Mais j’aurais au moins contribué bien plus au moment qui passe que chacun d’entre vous. Je me dois d’aller explorer encore de nouvelles pièces, bien plus de pièces que n’importe qui présent . Mais parce qu’il y a quelque chose qui vient de l’extérieur, et non pas de l’intérieur, je serais oublié; lorsque ma voix sera silencieuse vous ne vous souviendrez plus de moi, car elle sera enregistrée comme l’écho d’une voix qui une fois transformait les fruits en phrases.

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Débuter avec la cueillette sauvage

Me revoici dans l’arène pour vous donner, comme promis dans le dernier article , quelques détails concernant la cueillette sauvage.

Si vous avez envie de vous y mettre, pour récolter vos plantes vous même et les utiliser soit à des fins magiques, soit à des fins culinaires, soit à des fins médicinales, ou pour toute autre raison, il y a quelques règles à respecter afin que la cueillette et la dégustation, ainsi que la conservation se déroulent dans les meilleurs conditions possibles.

Sachez qu’il est plus facile d’utiliser les mêmes règles et de faire preuve des mêmes précautions pour toutes les plantes que vous cueillez, du moins lorsque vous commencez, comme ça si par exemple vous voulez utiliser votre aubépine pour en faire une tisane calmante ou en fumigation pour purifier un endroit, et bien y’aura pas de soucis en aval.

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La première difficulté à laquelle vous aurez à vous confronter, et non la moindre, est celle de l‘identification des plantes que vous cherchez. Soyez sur, et absolument certain, qu’il s’agit bien de la plante que vous voulez cueillir. Certaines plantes ont des cousines toxiques, comme par exemple le cerfeuil musqué qui ressemble à la cigüe. Pour éviter de passer de vie à trépas pour une bêtise, prenez un bouquin avec vous comme L’herbier a croquer , de François Couplan pour les débutants, ou Le régal Végétal pour ceux qui ont envie d’un truc plus consistant. Je préfère personnellement les ouvrages « non magiques » pour ce qui est de reconnaître les plantes sauvages, ils sont en général mieux documentés et plus complets; je recherche ensuite en aval les applications magiques des plantes qui m’intéressent , par exemple sur ce site là. Si vous n’êtes pas sur, cueillez quelques brins de la plante et ramenez les chez vous pour essayer de les identifier; ça peut etre un exercice sympa pour commencer .

Ensuite, soyez au courant des risques de maladies transmises par des parasites ou virus transmis par l’urine des animaux, comme l’echinococcose ou la douve du foie. (bon courage si vous allez lire les articles, c’est super dégueulasse. Mais que ça ne vous effraie pas, si l’on respecte quelques règles on a aucune chance de chopper ces saloperies) .

L’echinococcose est transmise par l’urine d’animaux sauvages, les cas sont très rares (15 par an environ) , et la plupart se concentrent dans l’est de la France et le massif central (voir la carte de Wikipédia), si vous allez ailleurs y’a aucun soucis. Mais si vous avez vraiment peur, cueillez les herbes qui se trouvent a plus de 50 cm du sol, ou dans votre jardin, aucun risque qu’il y aie du pipi de renard dessus.

Pour la douve du foie, on la trouve dans le cresson sauvage et dans les pissenlits qui se trouvent en aval des ruisseaux ou paissent des bovins ou ovins (vaches et moutons), du coup évitez simplement d’en ramasser et préférez le cresson cultivé.

Si malgré tout ça ça vous fait encore grave flipper toutes ces histoires de parasites qui vous bouffent le foie (nooooon reveneeeez je vous assure c’est bien les plantes sauvages!) , dites vous qu’il existe une solution toute simple qui permet une consommation sans risque des légumes.

Et oui. La cuisson. Normalement, si vous cuisez vos légumes, y’a plus aucun soucis. Bon par contre, la plupart des vitamines et micro-organismes nécessaires à la digestion se trouvent dans le légume cru et sont détruites à la chaleur, du coup c’est vous qui voyez!

Si vous partez pour une longue balade, n’oubliez pas votre pince à tique, pour la retirer vite fait, essayez de portez des collants ou leggins, afin d’éviter de chopper la maladie de lyme qui est une belle saloperie et transmise par les piqures de tique. Prenez aussi un petit flacon d’huile essentielle de lavande aspic, efficace contre tout type de piqures (ou mâchez du plantain avant de l’appliquer sur la piqure, ça marche aussi), et puis une bonne bouteille d’eau contre la désydratation, ainsi que quelques offrandes pour les esprits du lieux et pourquoi pas un outil de divination pour etre sur qu’on vous autorise à cueillir les plantes concernées.

Pour ce qui est de la cueillette proprement dite, ainsi que de la conservation et de l’utilisation des plantes , vous pouvez aller voir la vidéo de Lyra Ceoltoir (du blog Herbwitchery) qui est vraiment super bien faite; elle vous donne plein de tuyaux pour cueillir, faire sécher , conserver et enfin utiliser les plantes, comme par exemple:

Utiliser un panier en osier pour mettre les plantes qu’on cueille , afin de participer à la pollenisation et d’éviter d’abimer votre récolte (et puis c’est toujours sympa, le côté petit chaperon rouge en balade pour aller voir sa mère grand)

Ne pas utiliser de couteau en fer , certaines plantes n’aiment pas ça, en particulier celles qui sont liées à la faery. J’en ai eu la confirmation lorsque j’ai été cueillir de l’hellébore, j’avais des branches d’aubépine dans mon sac et je mets la main pour chopper mon couteau afin de l’utiliser pour couper l’hellébore, et BIM je me pique, mais bien méchant. J’ai essayé quand même (je n’avais aucune idée à l’époque que certaines plantes puissent ne pas aimer le fer), rien a faire, je n’arrive pas à couper les tiges. Solution: utiliser un couteau en céramique style celui là que j’adore, ou vos petites mimines .

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Faites juste attention si jamais vous cueillez des plantes qui ont une sève corrosive comme l’hellébore, mettez des gants , sinon vous risquez d’avoir des surprises.Pour vous donner un exemple, j’ai été cueillir de l’hellébore , puis je me suis mise à décortiquer les cosses pour récupérer les graines (personne a empoisonner je vous rassure, mais l’hellébore est une super plante pour tout ce qui est de banir les trucs pas beaux et méchants) , et là je sens que le bout de mes doigts me pique et devient rouge, je commence à avoir des vertiges. Je vais vite me laver les mains et regarde sur internet, et je m’aperçois que le suc est corrosif, et que les principes actifs peuvent passer dans le sang. Je vous avoue que j’ai un peu flippé quand même, j’étais shootée pendant au moins 3h, rien de grave, juste la légère impression d’être un peu bourrée ou d’avoir fumé. Donc prudence, renseignez vous bien; bien que les plantes toxiques soient dans l’ensemble assez rares dans la nature, c’est important de savoir les reconnaitre.

Evitez les plantes de bord de routes . Les voitures qui passent relâchent pas mal de pollution, qui peuvent passer dans les plantes. Pareil pour ce qui est de la cueillette en milieux pollués, vaut mieux éviter; c’est une raison pour laquelle j’aime cueillir mes plantes moi même et savoir d’où elles viennent, car leur teneur en principes actifs dépend de l’endroit où elles poussent.

Cueillez vos plantes de préférences le matin,  et lorsqu’elles sont sèches. Je crois qu’il existe différentes heures ou jours , voir saisons spécifiques à la cueillette de telle ou telle plante, ça ne fait jamais de mal de se renseigner, mais en général c’est le matin que les plantes sont au « must » de leurs arômes .

Triez et Rincez bien votre cueillette, surtout si vous allez la consommer après. Lorsque ce sont des plantes aromatiques de votre jardin, on conseille souvent de ne pas rincer , car la encore, ça retire pas mal de principes actifs. Mais pour celles cueillies dans la nature, il y a souvent de la poussière, ou des insectes dessus; il vaut mieux les laver , avec un petit peu de vinaigre de cidre dans l’eau de rincage c’est parfait. Triez votre cueillette en cueillant, et en rinçant une deuxième fois, histoire d’être bien sur de ne pas avoir autre chose que ce que vous voulez ; en particulier si vous partez pour cueillir différentes plantes, c’est toujours mieux de les stocker dans des sacs différents ou de bien les séparer, surtout s’il y en a des comestibles et d’autres pas.

Mettez les à sécher dans un endroit sec, chaud, sombre et sans poussière. La technique la plus simple est simplement de suspendre les bouquets tête en bas, en les attachant à un fil qu’on serre bien (les plantes se rétractent en séchant) . Attention à la lumière, ça a tendance a détruire les principes actifs de la plante, c’est pour ça que les faire sécher au soleil est en général une mauvaise solution.

Stockez les dans des pots en verre, à l’abri de la lumière, avec un bon étiquettage. Il est préférable d’utiliser des pots en verre avec un bouchon de liège, afin que l’air circule et que les plantes ne moississent pas. Sinon, les sacs en papier (éviter le papier blanc, qui contient du chlore et des agents blanchissants) style sacs qu’il y a dans les magasins bio pour prendre les trucs en vrac ou les légumes, c’est parfait; ou encore des petits sacs en tissus, c’est plus facile à transporter si vous partez en voyage.

Voilà! J’espère que ça vous aura aiguillés, n’hésitez pas à apporter des précisions/corrections si besoin, je posterais quelques plantes faciles à reconnaître dans le prochain article, avant de partir en Irlande demain !

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Voilà le premier de la série pour vous mettre l’eau à la bouche : le lierre terrestre (Glechoma hederacea), cette mauvaise herbe qu’on trouve dans tous nos jardins. Au gout très fort, on l’utilise en condiment un peu comme le persil ou le thym, pour relever les salades, potages, omelettes… J’adore ce gout, c’est hyper agréable, et plein de vitamine C. Elle est anti-inflammatoire, diurétique, astringente, expectorante; et en magie on l’appellait « couronne de terre », et réputée redonner des forces aux jeunes maman après l’enfantement, lorsque placées sous l’oreiller; on peut aparemment l’utiliser aussi pour la divination.

A ne pas confondre avec le Lierre Grimpant qui ne lui ressemble en rien, et qui lui, est toxique.

Nez dans l’herbe et sang de sève

Voilà. Je vous propose un truc les petits loups. Vous vous posez tranquillou, vous appuyez sur « play » ,et vous quiffez la vie en écoutant du Hildegarde de Bingen (une abesse de je-ne-sais-plus-quel-siècle, une fille incroyable qui a pondu un nombre effarant de textes sur les propriétés des plantes et pierres, la philosophie, la musique, les enluminures… Oui, je ne sais pas comment elle avait eut assez de toute une vie pour faire tout ça) .

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On ne prend jamais assez le temps de faire les choses, de s’imprégner de ce que chaque chose nous donne. L’ancrage, par la terre, par le contact avec tout ce qui nous entoure, créé des courants avec ce tissu de la vie qui frémit sous nos impulsions. Pas d’ancrage, pas de chocolat   et c’est le carnage assuré. Peurs, angoisses, insatisfactions, insécurité …Si t’es pas en alignement avec le monde, il se créé un décalage, tu deviens Soul Blind. (j’avais fait un petit article dessus si jamais ça t’intéresse, petit internauteur en voyage dans l’outre-espace la blogosphère). Tu sens qu’il y a un truc qui cloche, et tu dérape. Bim dans les graviers. Que faire pour retrouver cet alignement? Ce qui nous parle le plus.  Jardiner, courir, faire du Kung Fu, du Tai-Chi, du dessin, de la pâte à sel ou des bougies , du moment que ça nous rends conscient.

Allez hop, voilà petit extrait de Tribulations d’une chamane à Paris, de Corine Sombrun parce que je l’aime bien et que ça explique plutôt bien le shmilblick:

A force de faire plusieurs choses a la fois, je ne prenais jamais le temps d’écouter ce que chacune me disait.  » C’est pour ça que tu es fatiguée. Dans ton agitation, tu ne peux pas voir tout ce qui t’entoure, les couleurs, les odeurs, les goûts, les textures t’offrent une énergie inépuisable. Mais, pour les recevoir, tu dois déjà apprendre à leur donner ton attention. »

Et j’ai compris soudain pourquoi ses gestes à elle me semblaient posés, profonds, enracinés. Uniques. En les faisant, en les pensant, en les écoutant les uns après les autres, elle pouvait en capter toutes les énergies.

Pour moi qui suis un poil hyperactive (syndrôme de l’ère numérique?) , c’est un véritable challenge que de me reposer et de prendre conscience de chacun de mes gestes. Souvent, dans mon cas, au lieu d’avoir une circulation fluide entre la pensée et l’acte, la pensée part dans toutes les directions à la fois et le geste, déstabilisé et désorienté par ce chaos , se heurte aux possibilités et finit par foirer (comprendre: je casse un truc ou je frappe quelqu’un sans faire gaffe).

Il faut tout réapprendre. C’est long. C’est chiant. Ca demande de se structurer; en ça travailler avec Athéna est salvateur, je ne la remercierais jamais assez. Elle met de l’ordre dans mes pensées, en me forçant à réfléchir à mes actes et mes pensées, à remonter à la source à chaque fois que je joue au chat et à la souris avec moi-même, me forçant à régler les problèmes plutôt que de les enterrer sous le paillasson .

Un vendeur de pierres m’avait dit un jour que j’étais comme l’obsidienne ou l’opale: sans structure (tiens donc, mes deux pierres favorites). Vitreuse, ou Hyaline , histoire de faire plus scientifique: les cristaux présents dans les autres minéraux ont eut le temps de se former avec le temps, de grandir et de choisir une structure , de se canalyser. Alors que dans les structures vitreuses, l’énergie peut se disperser dans tous les sens, c’est le royaume de la potentialité et des chemins multiples; le seul moyen de leur donner une forme, c’est de les sculpter, ou de les briser. (ou les deux?) Et alors? Dois-je me sculpter en flèche, en miroir, en galet poli? En éclat?

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Ma dernière acquisition: Jean-René, une mini-opale de feu. Je suis absolument fascinée par les merveilleux relfets de l’opale, j’en ai acheté deux autres mais je vous présenterais Melchior et Balthazar une autre fois!

Enfin. Je dévie. Revenons à la terre. Depuis quelques mois, je fais un gros travail d’ancrage. Lorsque je faisais des apnées du sommeil, j’étais beaucoup plus fatiguée, mais beaucoup plus « ouverte »: j’avais souvent des perceptions accrues, des états de veille étranges entre deux mondes…Mais ça venait toujours de manière complètement incontrôlée. Tu me demandais de m’asseoir et de rentrer en transe comme ça hop, c’était mort. Et puis bonjour au taff les apnées du sommeil, quand tu es en mode zombie h/24 , que tu n’arrives pas à aligner trois mots ni à te concentrer sur ton écran, et que parler aux autres te demande un effort tellement considérable que tu préfères pioncer avec de la musique dans les oreilles, l’esprit entre deux eaux et le corps bien content de se laisser aller à l’état d’apoplexie .

A commencé un très long travail d’ancrage, une bonne grosse purification bien bourrine pour délier les principaux blocages, un réapprentissage de la perception de ce qui m’entoure.Yoga, balade, jardinage. La terre. Les végétaux. En me collant à un arbre, en étendant ma perception, j’ai l’impression de comprendre comment l’arbre me perçois: comme un hamster. Qui passe son temps à courir dans sa roue, à mordre les barreaux, à grignoter sa graine de tournesol et a rester coincé dans son tube parce qu’il est trop con et qu’il croit qu’une fois dedans, il peut faire marche arrière.

Ok , arbre. Montre moi. Plante, enseignes-moi.Même si je perds en « perception », tant pis .(c’est ce qui s’est passé, je n’ai plus de visions de ouf ou d’espèce de transes chelou de demi sommeil comme j’avais avant, va falloir que je regagne ça à la sueur de mon front, je me sens comme Lyra qui a perdu la capacité de lire l’aléthiomètre, c’est assez frustrant j’avoue)

J’ai commencé à travailler un peu un bout de jardin durant mon temps passé à la campagne, j’ai planté de l’engrais vert pour revitaliser la terre fatiguée.

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Il y a deux mois il n’y avait que de la terre nue à cet endroit, mes graines s’en sont données à coeur joie, une vrai forêt vierge (je suis sure qu’il y a un vélociraptor de planqué là dedans)

Je me suis un peu interessée a la permaculture, pour quand j’aurais mon vrai chez moi , parce que j’aimerais être autosuffisante autant que possible et manger MES tomates, et puis j’ai potassé aussi le super bouquin Vivre en pleine nature, de François Couplan. Ca n’a rien à voir avec Man Versus Wild, je vous rassure.

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Alors là, je viens de tuer ce crocodile avec mon pouce, je vais donc le dépecer avec un couteau fait en ongle incarné taillé et en faire une bonne soupe,et après je dors dans ses intestins pour me tenir chaud durant la nuit.

Non. Vivre en pleine nature est axé sur la survie douce, ne pas rejeter toute « civilisation » mais apprendre à se démerder avec le minimum, bâches, pastilles pour désinfecter l’eau, sac de couchage, farine complète, huile, sel et surtout apprendre à reconnaître et respecter les principales plantes sauvages. François Couplan a pas mal travaillé avec des peuples amérindiens, la notion de respect et d’harmonie avec la nature, l’échange avec les esprits est sous-jacent dans toutes ses démarches: tu ne prends que ce dont tu as besoin, tu en fais bon usage, tu demandes, tu remercies.

J’ai commencé à tester quelques plantes, les plus faciles a reconnaître sans risquer l’intoxication, en les intégrant petit a petit a mes menus, histoire de ne pas changer d’habitudes trop violemment.

Parce que les plantes sauvages, ça a une sacré énergie, et ton corps n’est pas habitué à ça. Ca a des gouts, des textures inhabituelles, et puis tu le sens quand tu l’ingères. Tu es ce que tu manges; l’addage prend ici tout son sens. Quand tu manges, tu te « charges » de tout ce que ta nourriture à été. L’endroit ou elle a poussé , ou gambadé, ou nagé, ce qu’elle a elle même ingéré, son histoire. Un transformation, une incorporation s’opère.

Les plantes sauvages ont beaucoup plus de minéraux, de vitamines et d’acides aminés que ne possèdent la plupart des légumes cultivés aujourd’hui. Il faut évidemment prendre quelques précautions avant de s’y mettre sérieusement, s’armer de courage (je vous rassures, jusqu’ici je ne me suis jamais retrouvée a vomir mes tripes, ni même a ressentir la moindre nausée; par contre desfois c’est chaud à manger, trop d’énergie , tu as l’impression d’être calée direct)

Je vous filerais quelques tips dans le prochain article, ou je vous posterais plus en détail mes cueillettes et quelques trucs a respecter avant de se mettre /en se mettant/ à la cueillette sauvage.

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Et pour finir, un bel exemple de foirage: le vin de sureau qui était juste dégeulasse (vieux gout de pipi bonjour) . Dommage, la photo était classe.

Faut il croire en nos dieux?

C’est une question assez récurrente en ce moment . Et la réponse la plus populaire c’est « oui, il faut croire en nos dieux, parce qu’ils en savent plus que nous, qu’ils font forcément ça pour notre bien parce que nous ne sommes qu’un vecteur et qu’on doit mettre notre égo de côté pour le bien du monde, même si ça ne nous semble pas cool sur le moment, et patati et patata. »

Certes.

C’est bien joli tout ça, mais faudrait juste pas oublier que les dieux sont tous différents. Et par là, ils ont forcément des façons de faire, des valeurs à défendre , des caractères et des envies différentes. Qu’ils peuvent aussi se fouttre sur la tronche les uns les autres. Alors qui a raison dans ce cas là? On ne DOIT PAS leur faire confiance. On DECIDE de leur faire confiance. C’est pas la même chose. Trop souvent dans le paganisme, et dans l’ésotérisme en général, je retrouve cet espèce d’idée que si un dieu nous envoie un signe pour qu’on fasse quelque chose, et bien on se doit de la faire. Et plus vite que ça. A la niche l’humain apprivoisé. Et que si on ne le fait pas, et bien hop, le baton. T’avais pas qu’à te rebeller, minable humain.

Et bien non. Je suis désolée, mais je ne suis pas d’accord. Il est peut être des dieux qui aiment, et qui ont besoin qu’on leur obéisse en tous points, mais perso, je ne pourrais jamais jeter aux ordures mon libre arbitre . Je suis bien consciente que le libre arbitre est très relatif; qu’il dépend de notre éducation, de nos expériences, de toute celle bouillie socio-culturelle dans laquelle nous évoluons en permanence, enfin je veux pouvoir avoir l’impression de réfléchir à mes actions, et à leurs conséquences; à la portée de tout ce que je peux faire moi, en tant qu’humaine.

Et puis il y a tellement de non-païens qui s’en sortent tellement bien. D’eux même, ils mettent des projets en place, se prennent en mains pour construire un futur plus ouvert, plus tolérant, occupent leur temps et leur énergie à soigner les autres, la planète. J’ai tendance à penser que les dieux et esprits influencent parfois de manière inconsciente les gens qui ne les percoivent pas directement; mais tous ces gens là ne le font pas pour les dieux, ils le font pour autrui, pour se sentir bien, pour exister dans un monde dans lequel ils ont envie de vivre, et en étant conscient que leurs actions ne se résument pas qu’à leur gueule, mais impregnent la toile de la vie toute entière.

J’en pleurais l’autre jour. En voyant des païens se fouttre sur la gueule pour des conneries. Qui vantaient l’unité. Mais ne se rendaient pas compte qu’ils faisaient preuve d’un ségrégationnisme violent envers les non-païens. C’est toujours plus facile de prétendre qu’on a raison lorsqu’on est en groupe, ou lorsqu’on cache nos actions sous couvert « d’une demande ordonnée par une puissance supérieure ». Les écarts sont tellement faciles; c’est quelque chose qui se propage insidieusement, quelque chose qui nous grignote l’esprit et laisse l’esprit de groupe penser à notre place.

« On a dit ». Non.

VOUS avez dit.

C’est VOTRE voix qu’il faut écouter en premier, et non pas celle, extérieure à vous, qui vous procurerais le sentiment de puissance et d’unité le plus fort. On adhère à ce que dit et fait la majorité, on se sent direct mieux. On se justifie « oui mais nous on agit pour le bien et pour l’équilibre , au contraire des athés/chrétiens/juifs/politiques-tous-des-pourris/intolérants (rayer les mentions inutiles). Qui fait preuve d’intolérance ici?. Comme dirait Brassens,

La seule révolution possible, c’est d’essayer de s’améliorer soit-même, en espérant que les autres fassent la même démarche. Le monde irait mieux alors.

Bon il disait aussi « Le pluriel ne vaut rien à l’homme, sitôt qu’on est plus de quatre on est une bande de cons » mais c’était moins sympa, mon but n’est pas de vous faire fuir mais de vous inciter à réfléchir à la question.

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Odin et Bifrost, par John Bauer (et pas Jack Bauer)

Odin est l’un de ceux qui m’a appris l’importance du libre arbitre et de la réflexion personnelle, et pas toujours de façon sympa (jamais rien de bien méchant jusqu’ici ) . Je me suis amusée un jour à tirer les runes pour certains de mes amis, en lui demandant ce qu’il pensait de ces personnes en question. Et bien le résultat était souvent assez drôle; la plupart du temps bien sentit, sans compromis et bien cinglant comme il le faut. Pan dans le mille, prends ça bien profond ta lance gungir dans le ass. Pour moi c’était quelque chose du genre  » Tu manques d’esprit d’initiative jeune padawan. Tu peux mieux faire et arrêter de te reposer toujours sur autrui pour mener à bien tes projets ».  Et les personnes dont il approuvait le comportement, c’était la plupart du temps des personnes dotées d’une perception bien personnelle de la divinité. Des gens doté d’une grande ouverture d’esprit, qui remettaient sans cesse le divin en question, restaient ouvertes au jugement et paroles d’autrui en le questionnant en permanence. Des gens qui avancaient par eux même, sans attendre de signes en permanence de leurs « dieux ».

Je n’en suis pas encore là. Je fais ma fière, mais je suis la première à faire des tirages pour tout et n’importe quoi. Se laisser guider, c’est tellement plus pratique. Avant j’étais plutôt du genre tête brûlée « RIEN NI PERSONNE NE ME DIRA CE QUE JE DOIS FAIRE »! mais j’en suis venue à basculer dans l’excès inverse, c’est à dire de me laisser trop aller à attendre des signes et des instructions de mes dieux.

C’est un équilibre difficile à atteindre. Prendre conscience que l’on est un vecteur, que certaines choses ne dépendent pas de notre volonté propre et que ce qu’on « veut » n’est la plupart du temps qu’une insurrection de l’égo, mais qu’en même temps on ne peux changer les choses qu’en agissant de nous mêmes. Agir pour le monde. Agir et être à l’extérieur de soi.

J’ai l’impression qu’un des autres gros symptômes du paganisme aujourd’hui c’est l’excès de sérieux. Tout m’apparaît comme un poil grandiloquent, comme si on était obligé de se justifier comme étant « un vrai de vrai » en participant à des cérémonies guindées où en honorant nos dieux sans un pet de travers. Sérieusement? Les dieux ont de l’humour, et encore heureux! Checkez le passage où Loki s’attache les couilles à une chèvre pour faire rire l’assistance (bon..chuis pas sure que ça me ferais rire aujourd’hui ça en fait) , vous verrez si on est sérieux H/24 chez les dieux. Et si l’on commence à tomber dans la peur de « oh non je ne vais pas dire ça sinon ça va offenser mes dieux, ils vont se venger! » on est pas fini! La peur ne dois jamais, au grand jamais, être un moteur. Si ça l’est, posez vous les bonnes questions. Est-ce que c’est vous qui voulez de cette relation avec vos dieux et eux qui en profitent parce qu’ils aiment ça? (il en est surement ainsi avec certains, mais moi c’est pas mon truc la promesse du tazer si je fais un pas de côté) Est-ce que c’est plus facile pour vous de vous poser en position soumise pour avoir à ne pas poser de question, et pour ne pas assumer les conséquences de vos actes?

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Idunn et Loki, par Jack Bauer

Une des techniques du Vieux (comprendre: Odin) pour me donner une petite leçon de vie; c’est soit de se faire passer pour quelqu’un d’autre, soit d’envoyer Loki à la place pour jouer les caméléons. Exemple: il y a quelques temps, je suis soudain tombée sur un article sur la déesse Feronia: une déesse antique de la nature sauvage, du marché, qui vagabondait sous les traits d’une petite vieille demandant l’aumône et qui donnait cadeaux ou sorts en fonctions des rétributions. Me suis dite « chouette! elle est géniale elle! Je vais lui faire quelques offrandes et puis on verra ». Très bon tirage de runes à son égard. Cool. Je tire chaque matin une carte de l’oracle des couleurs. Et là, ça fait deux matins que je tombe sur la carte « dieu aime faire des farces, ce que vous attendez n’aura pas lieu sous la forme présumée ». Bon. Ok, on verra bien (la dermière fois que je l’avais tirée, j’avais pété un rétroviseur et cramé ma terrasse en une seule journée)

Pour commencer, je cherche des offrandes pour Feronia. Pour ça, j’aime bien utiliser la technique de la pièce de monnaire: pile c’est Non, face c’est Oui. Des fleurs? Non. Tu veux un sanctuaire dans la nature? Non. Ah, bizarre pour une déesse de la nature sauvage, mais passons. Des fruits? Oui. Pomme, clémentine? Oui. Des branches? Non. Et desfois ça oscille. J’achète un petit bouquin sur les plantes médicinales. Je lui demande de m’indiquer des plantes qui correspondraient à certains de mes amis. Gingembre, Epine-vinette, Romarin. Et moi? Chiendent. Ah bah merci! Je dois le prendre comment? Un poil vexée mais pas plus que ça, je continue ma journée. Et puis au fur et à mesure de mes questions, le doute me saisit. C’est moi ou ça se fout de ma gueule par ici? Des infos parfois contradictoires, moqueuses.

Putain, si ça se trouve, c’est pas du tout Feronia la haut. Merde, je me suis encore faite avoir. Je prends Tiwaz, la rune qui me sert lorsque j’ai besoin de la vérité de la part de quelqu’un. Je pose la question « Es tu Feronia? »

-Non.

Bon. Au moins on est fixé. Est tu un mec?

-Je ne suis pas une fille (Berkana à l’envers)

Odin?Loki?

Mannaz à l’endroit. Raidho à l’endroit. Hein? Loki et Odin? Sur le coup, je ne comprends pas. Et puis…Attends…Mannaz c’est l’intelligence. Raidho ça peut être « ce qui est envoyé ». Ok, Loki le larbin d’Odin qui est passé dans le coin pour me mettre un petit coup de pieds aux fesses comme à chaque fois que je commence à baisser ma garde et à être un poil trop bisounours.Oui, c’était pour mon bien au final, c’était tordu comme la plupart des interventions du Vieux, mais c’est ce qui marche avec moi. Il ne me protègera que très rarement. Si je lui demande un service, et qu’il estime que je peux m’en charger moi même ou que le fait de le surmonter toute seule sera plus à même de me faire évoluer, et bien il me fera comprendre tranquillement que non, il n’est pas mon homme à tout faire .  ( a contrario, les déesses genre Kali sont beaucoup plus actives et n’hésitent pas à intervenir directement)
Alors, est ce que je crois en mes dieux?Alors là je ne vous répondrais pas.

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J’tai bien niquée , ma vieille.

Les neufs herbes sacrées

Je vous avais parlé précédemment du fameux Charme des Neuf Herbes, qui mentionnait neuf plantes sacrées.

Ce texte provient d’un manuscrit anglo-saxon dantant du Xème siècle après JC (pas Jacques Chirac hein, on parle bien du barbu qui multipliait les pains là), nommé le Lacnunga, et nous indique, assez précisémment d’ailleurs, comment utiliser les 9 herbes sacrées pour soigner toutes sortes de maux.

Il est assez difficile de savoir dans quelle mesure ces herbes étaient utilisées à l’époque Viking étant donné que le texte en question date d’une époque postérieure, où la religion chrétienne était déja passée avec son bon gros rouleau compresseur. Tout ce qu’on sait, c’est qu’il y est fait mention d’Odin (Wotan) qui « coupe » un « ver » (le dragon/serpent, symbole de mal et de maladie dans les textes chrétiens) en neufs maux, pour que ceux-ci puissent être soignés par les Neuf Herbes.

Vu que vous mourrez tous d’entendre ce que sont ces Neuf Herbes sacrées, les voici. On est pas encore tout à fait sûr de l’équivalent de certains des noms anglo-saxons de ces plantes, je vous donnerai du coup les associations les plus probables.

1) Mucgwyrt : l’Armoise (Artemisia vulgaris), aussi plante d’Artémis qui aurait, selon la légende, enseigné au centaure Chiron leurs vertus médicinales pour qu’il en fasse des médicaments. Les armoises étaient majoritairement des plantes qui assistaient les femmes dans leur vie intime (qui pouvaient même provoquer un avortement), on les utilisais aussi selon Pline et Dioscorides pour soigner l’épilepsie ou les calculs rénaux.

On l’appellait aussi « herbe de feu », car elle était brûlée sur les autels, elle est un très bon purificateur avant un rituel. Lorsqu’on la porte sur soi, il est dit qu’elle protège des enchantements et du mauvais oeil, et des dangers qui guettent le voyageur.

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2) Wegbrade : Le Plantain, le truc que vous retrouvez partout dans votre jardin sans trop savoir à quoi ça sert:

Il fait partie des plantes du jardin d’Hécate, mais était aussi consacré à Ares/Mars. D’après Dioscorides, il fallait cueillir le plantain après le coucher du soleil, en lune descendante et de la main gauche pour qu’elle aie le maximum d’efficacité (tout comme la Verveine) Favorise la guérison, soulage les piqûres d’insecte, désinfecte et cicatrise; même Hildegarde de Bingen vantait ses bienfaits.  La plante portée en amulette soulagerait des maux de tête (elle est liée au signe du Bélier)

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3) Stiðe : l’Ortie (Urtica Urens)

On ne compte plus les vertus de l’ortie aujourd’hui, très riche en minéraux, acides aminés et vitamines (en particulier en fer, c’est parfait pour nous les filles! Ca a une texture un peu dégueu mais en soupe ou dans des pains comme le pain à l’ortie et au fenouil d’Hildegarde, c’est super bon. ) Elle est reminéralisante, hémostatique, dépurative, galactogène, diurétique…plein de noms à coucher dehors pour dire que si vous avez des bons gants et pas peur d’écumer la campagne, tous ses bienfaits seront votre!

Si vous avez de l’asthme, vous pouvez les mixez avec du miel et de l’eau, mais attention à avoir un trèèès bon mixer si vous ne voulez pas vous retrouver avec le palais qui pique. Lorsque vous les cuisez, plus de problème, toutes les substances qui causent les irritations sont dégradées; vous pouvez les ruminer sans craindre de retours de dard.

Portées sur vous séchées, les orties sont sensées renvoyer les sorts à l’émetteur, elles gardent les esprits à distance lorsque disposées tout autour de la maison.

On peut l’utiliser dans un bain purifiant, ou les brûler.

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Attorlaðe , ou Venom-Loather: on est pas certain de l’herbe à laquelle ce terme fait référence, ça pourrait être la Vipérine ( Echium vulgare ), des plantes de la famille des Solanacées comme la Belladone, ou encore de la Bétoine.

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Deux types de vipérine : On peut la consommer en thé contre la fièvre, c’est un diurétic et expectorant, fonctionne aussi contre les inflammations. Selon Dioscoride, quiconque porte de la vipérine sur lui se prémuniera des morsures de serpents (on croyait que la forme de la fleur, qui ressemblait à un machoire ouverte de serpent, les repoussait grâce à son aspect; ce lien forme/utilité était assez courant en magie )

5 : Mægðe : la Camomille (Chamaemelum nobile ): c’est une herbe qu’on peut utiliser sans trop de contre-indications: on la connait surtout pour ses vertus calmantes , mais elle est aussi antifongique, antispasmodique, anti-inflammatoire. Elle est très bonne pour tous les problèmes d’estomac, qu’il s’agisse de brûlures (Hildegarde de Bingen conseillait de la bouillie de camomille pour les problèmes de digestion), problèmes de gaz, ou autres.

En externe, on peut l’utiliser sur les yeux fatigués (gardez les sachets d’infusion à la camomille, mettez les au frigo et après sur les paupières, c’est super pour dégonfler les yeux de patate du matin!) Ca marche aussi sur les brûlures légères, et les irritations anales et génitales (vous le savez maintenant!)

En magie, elle est associée au soleil, aux dieux Baldr, Ra, Cernunnos, Lugh…du moment que ça brille et que c’est jaune c’est bueno. Vous pouvez mettre des feuilles tout autour de votre maison pour lever des sorts qui se seraient égarés là, ou l’utiliser en infusion et en asperger les fenêtres pour éviter aux entités de venir vous embêter chez vous alors que vous avez besoin d’intimité, merde.

En bref, la camomille est un excellent relaxant, et c’est parfait si vous avez des mioches un peu trop agités. (TIENS! DORS! *attaque marteau camomille* )

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-6  : L’ æppel : la pomme (sauvage)

Je vous passe sous silence (ah bin non, finalement) les multiples qualités de la pomme. Comme dirait l’adage « une pomme par jour garde le docteur à l’écart!’ Les pommes sont des excellentes coupe faim, rafraichissantes, elles aident à baisser le taux de cholestérol dans le sang, aident à la digestion .

Au niveau mythologique alors là c’est la Panacée, entre les pommes d’or de l’immortalité gardées par la déesse nordique Idunn, la pomme interdite croquée par cette grande fenouille d’Eve, la pomme de Blanche Neige (sisi c’est mythologique!) , on a de quoi faire! Elles font de très bonnes offrandes à Idunn, Freyja, Eris, Pomona; on peut les utiliser coupée dans leur largeur pour les rituel de récolte (ça fait une étoile à 5 branches yeah) , ou verser du cidre sur le sol avant de planter quelque chose en offrande.

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7 : le Wergulu : Cresson de fontaine (Nasturtium officinale)

Alors lui, il est bourré en Fer, en Calcium et en Vitamine C; et il n’est pas en reste pour toutes les autres vitamines et minéraux présents en quantité non négligeable chez ceux de son engeance. Je ne vous conseillerais pas de manger du cresson sauvage parce qu’il peut abriter la douve du foie, un parasite pas cool du tout; même si la chance est négligeable, mieux vaut ne pas tenter. Les romains et les Grecs en faisaient déja une grosse consommation, Diosorides en vantait les propriétés aphrodisiaques (il a fumé je pense), on le présente aussi comme contre poison à la nicotine. Attention à ne pas en abuser, c’est purgatif!

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8 : Fille :Cerfeuil musqué (Myrrhis odorata ), ou thym. Il y a eu la aussi pas mal de débats quand à savoir de quelle plante il s’agissait, mais il est plus probable qu’il s’agisse du cerfeuil musqué (le même qui ressemble à la ciguë!. Evitez de cuisiner ce que vous pensez ressembler à du cerfeuil, déja en général on mange la racine, ensuite il a pas mal de cousin toxiques)
Avec le fenouil, il est dit que ce sont les deux herbes qui sont nées d’Odin lorsque celui-ci se pendit durant 9 jours et 9 nuits pour découvrir le secret des runes. Je n’ai pas trop d’autres informations au niveau magique et mythologique sur le cerfeuil, si quelqu’un a je prends!
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9 (et dernière! ouf) Le Fenouil  ( Foeniculum vulgare )
L’autre plante née des tendances maso d’Odin, donc. C’est une plante qui peut ressembler (avec beaucoup d’imagination, z’ont encore fumé) à un gros phallus ; on peut la lier aussi à Dyonisos. Elle possède pas mal de propriétés médicinales: carmitative (contre les prout), galactogène ( aide à fabriquer du lait chez les femmes enceintes), diurétique (pour faire pipi), emménagogue ( stimule l’afflux sanguin dans les régions sexuelles , bah voila on y vient au pénis) , expectorant, antispasmodique.
Elle est super pour tous les problèmes d’estomac, tout comme les graines  d’anis (d’ailleurs, si vous avez la gerbe, buvez un petit verre de pastis ça marche très bien, mais attention que ça ne devienne pas une habitude hein) , et elle était utilisée en magie blanche et magie rouge , grâce à ses propriétés aphrodisiaques.
Pour les autres propriétés magiques, j’ai pas trouvé grand chose, il y a pas mal de bullshit aussi ( « it is also widely believed to be a Protective Herb with the specific power to Ward Off Troublesome and Meddling Individuals, especially those who work for the Police, Immigration Services, Tax Department, and other Government Agencies. « …allez les mecs, on sait bien que tout ça c’est juste pour faire vendre à ceux qui ont des problèmes avec le FBI , qui s’appellent Edward Snowden ou qui ont pas envie de payer leurs impôts)
fenouil, aneth doux
Pour le charme des neufs Herbes sacrées en lui même, je vous le mettrais dans un prochain article, ça fait trop long là.
Enjoy and keep smiling, witches and wizards!
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L’apprentie sorcière des haies

Je me creusais justement la tête pour savoir ce que j’allais écrire de nouveau. Et là , une phrase me vient à l’esprit.

« Sorcière des haies« .

Sorcière des haies? Ha! Mais ça vient de l’assassin Royal de Robin Hobbes ça! *éclair de compréhension* C’était les damoiselles qui fabriquaient des talismans, lisaient dans les lignes de la main , ou s’occupaient de sortilèges de fertilité et de tout ce qui concernait les récoltes!

Une sorcière des haies, ça m’évoque une vieille ancêtre vagabonde, récurant les bords des jardins et sillonant les clotures pour aller cueillir les orties et autres colchiques dans les prés, la petite vieille qu’on regarde du coin de la paupière en reniflant de dédain le jour et qu’on vient voir à la nuit tombée à reculons pour qu’elle nous aide à régler toutes nos bullshit de la vie de tous les jours. Adjugé vendu, ça correspond bien à ma démarche présente, l’âge en moins,– et puis le ptit côté brousaille, frontière entre le monde civilisé et le monde sauvage– n’est pas pour me déplaire.

Je suis donc passée à la fnac cet aprèm pour aller m’acheter Le guide des plantes sauvages et comestibles afin de commencer mon apprentissage solo BTS Sorcière des Haies (z’ont pas encore de cours à la fac pour ça ni d’écoles autre que l’école buissonière, what a shame)

J’en suis ressortie avec ça.

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(Et encore, je me suis contrôlée. Les coutures de mon sac ne l’auraient pas supporté, ma bibliothèque non plus)

Je vais vous faire une petite présentation de ces 4 superbes bouquins que j’ai très rapidement survolés en une première approche, qui sont bourrés d’infos précieuses et d’images sublimes. Commençons par Les Plantes Magiques, de Michèle Bilimoff

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On ne va pas se le cacher, c’est l’iconographie qui m’a attirée en premier lieu. Des illustrations sublimes d’anciens parchemins, des extraits du Vienna Dioscurides , de codices, manuscrits enluminés, accompagnés de descriptions des mythes, légendes et divinités qui entourent chacune de ces belles empoisonneuses/guérisseuses. C’est assez synthétique et abordable pour quelqu’un qui veut avoir un aperçu global de la question, mais pour qui voudrait pousser le bouchon un peu plus loin et connaître l’emploi, les posologies et l’utilisation précise de chacune d’entre elles, c’est un poil léger.

L’herbier toxique, codes secrets pour plantes utiles, de Bernard Bertrand.

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D’entrée, j’aime ce gars. Une plume acérée, un ardent défenseur du droit à se soigner par la phytothérapie comme on l’entends et de la préservation des espèces anciennes/sauvages, qui réussit l’exploit de bien définir ce qu’est un poison, de la notion de dose  très importante en phytothérapie, et dans la médecine en général: vous n’êtes certainement pas sans savoir que nombreux sont les poisons qui peuvent causer la mort lorsqu’ils sont présent en trop grande quantité dans l’organisme, mais peuvent être de précieux alliés dans le combat contre de nombreux maux lorsqu’ils sont utilisés en dose infimes. Il aborde également la question du rapport au « naturel » , du danger des extrêmes (le fait de croire que « parce que c’est naturel c’est forcément bon » ou, à l’inverse, de la peur totalement disproportionnée que l’on peut avoir des produits cueillis dans la nature, non seulement pour des histoires de pipi de renard sur les fraises des bois , ou de la désinformation, ou l’absence de connaissances du sujet (la connaissance c’est le pouvoir disait Tyrion! Bon j’invente OK)), la question également de l’impact des molécules chimiques de synthèse sur l’environnement, utilisées pour traiter les légumes et céréales, qui ne se dégradent pas mais s’accumulent dans toute la chaine alimentaire jusqu’a nous , contrairement aux molécules présentes dans les plantes, qui malgré leur forte toxicité pour certaines, vont se dégrader très rapidement une fois en contact du sol pour disparaitre totalement.

Que l’on soit clair, il n’est pas question de faire l’apologie du naturel et de le dédouaner de ses dangers potentiels et réels. Notre démarche n’est nullement angélique, ce n’est ni notre intention, ni notre propos. Nous souhaitons simplement favoriser une juste appréciation de cette notion si complexe qu’est la toxicité, en évitant tout catastrophisme ou au contraire toute candeur.

L’Herbier des plantes sauvages, de Pierre et Délia Vignes

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Un bon gros pavé comme je les aime. C’est pas le genre de livre que je mettrais dans ma poche pour aller me balader, mais il a le mérite de regrouper un grand nombre d’espèces sauvages, qu’elles soient toxiques, comestibles ou …autres (bon je sais , c’est soit comestible soit toxique mais j’imagine qu’il y en a qui présentent un intérêt nutritif et culinaire supérieur) , il y en a 291 de répertoriées au total. Les photos des plantes sont superbes, détaillées en planches botaniques qui permettent de les identifier sans aucun problème et sous toutes leurs coutures (racines, feuilles, fruits et graines en gros plant), avec un petite partie consacrée à la mythologie et l’éthymologie pour chacune de ces plantes, des descriptions plutôt techniques mais par contre, si vous cherchez à les cuisiner ou a les utiliser en lithothérapie, il vous faudra aller voir ailleurs!

Et finissons par le très classe Manifeste Gourmand des herbes folles , de Diana Ubarrechena, Georges Oxley et Gerard Ducerf.

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(oui, ce sont mes pieds qui tiennent les pages, les deux choses noires en bas de l’image)

Un livre superbe, d’une fraicheur et d’une originalité comme je les aime. Ca se prends pas la tête, ça n’est pas pompeux ni lourdingue, ça part d’une connaissance empirique des choses, ça joue avec les sens et le plaisir de la découverte. J’aime ce genre de livres, qui sont assez proche de ma manière de fonctionner: essayer d’opérer une révolution par l’intérieur, en ne jouant pas sur l’affront et sur l’épandage de vérités fatalistes et déprimantes, mais sur l’expérience de la joie apportée par la curiosité et le lien avec tout ce qui nous entoure, en l’occurence les plantes sauvages. C’est en nous mettant en contact direct avec notre environnement proche et en nous invitant a retrousser nos manches pour mettre la main à la pâte et profiter de l’effet positif de ces plantes sur nous que nous nous transformons véritablement et invitons le monde qui nous entoure à faire de même.

Et puis ça a l’air tellement bon!

Manger des mauvaises herbes, une provocation de plus? Ces plantes sauvages nous apportent les acides aminés essentiels, dont les huits acides que notre corps de sait pas synthétiser. Il est très rare de trouver ces acides aminés essentiels dans les plantes cultivées; l’alternative reste de manger de la viande ou du poisson, nourris de ces plantes sauvages. Difficile avec les élevages industriels...les grands chefs, de Ducasse à Nobu, sont tous d’accord: pour une nourriture saine, la viande doit rester un condiment. Ce précepte est valable uniquement si l’on dispose des éléments vitaux pour sa santé. Si ces acides aminés ne sont plus dans la viande, piochons-les directement à la source sauvage.

Graines

La première entreprise fut, dans le sentier déja empli de frais et blêmes éclats, une fleur qui me dit son nom.

Rimbaud, Illuminations

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Les petites graines germées c’est le persil qui montre le bout de son nez, autrement il y a de l’armoise, de la camomille, du thym d’hiver et de l’absinthe qui dorment encore; ainsi que du thym officinal, du fenouil (pour Odin) et de la verveine en pot achetés en jardinerie.

Vif d’air vif d’or

Coulant lumière au creux de l’athanor

Vomis ton vert en débris de sèves

Hélices délicates et faux échevelées

Se tordant vers le ciel comme des rêves

Echafourrées du daim vers sa promise

Les arbres s’élancent et gagnent la mise

Contre les fièvres des dernières gelées

Grandis, Graine, Germe

Gorges toi de soleil et gagnes la terre

Alchimie végétale tisse ta toile

Hue les dents d’airain et les souffles de chaux.

Poème de moi (on fait ce qu’on peut)

C’est pas une surprise, mais j’adore les plantes (sans dec!) . J’ai toujours ressenti très fortement l’énergie des plantes; je me rappellerai toujours le jours ou j’ai tendu une main hésitante vers un plant de Datura, dans un jardin botanique. Presque brulée. Piquée au vif par une énergie bouillonante. La « plante du diable » qu’on l’appellait la bas.  Et ça n’est pas pour rien: la Datura est considérée comme un excitant et hallucinogène très puissant. En Inde, on l’appellait la « plante de Shiva », parce qu’elle permettait à ceux qui la consommaient d’entrer dans une fureur guerrière proche de celles des Berserker . Vous pouviez souffrir de perte de mémoire, de mydriasis (dilatemment des pupilles, comme avec la Belladone), d’hyperthermie, tachycardie, hallucinations et autres symptômes sympa;  bref, ça déconne pas comme plante.

On disait souvent aux touristes « ne vous endormez jamais sous un plant de datura, si du pollen vous entre dans les naseaux vous êtes cuits! »

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Si vous croisez une datura au détour d’un chemin mal éclairé, courrez! Ces sales bêtes ne dépassent pas le 1m/an en vitesse de pointe, ça devrait vous laisser de la marge.

J’ai toujours beaucoup bougé, il m’était donc difficile de commencer à cultiver mes propres plantes. J’ai fini mon dernier contrat, et suis donc retournée chez mes parents en bonne tanguy que je suis, parce que oui je suis une feignasse et que non –payer un loyer alors que tu n’as que les assédics, ça n’est vraiment, mais vraiment pas une bonne idée–. Et c’était le printemps. J’ai pris mon temps pour souffler. Une année à courir dans tous les sens. Une année épuisante, enrichissante mais…déstabilisante. Changement de terre, d’environnement social, de travail, de température, de façon de vivre. Un épanouissement, un bon coup de pied au cul.

Mais je suis comme les chevaux: j’aime galoper dans les vastes plaines, mais quand c’est fini je suis contente d’aller manger mon foin à l’écurie.

Je suis rentrée chez moi. D’abord déstabilisée par le changement brutal d’environnement, je suis tombée bien malade, comme à chaque fois. Un réflexe d’adaptation du corps et du mental . Une nouvelle transformation. L’hiver se finissait. J’ai réapprivoisé tout doucement la nature, les gens autour de moi, une nouvelle fois. J’ai décidé de me consacrer aux esprits des lieux dans mon jardin. Je mets des graines de tournesol pour les oiseaux, messagers. Ca grouille dans le jardin! Mésanges bleues, charbonnières, chardonnerets, pies, bouviers, merles, grives, colombes, corbeaux qui viennent parfois chourrer les carcasses de poulets..Je ne me lasse pas de ce ballet sans fin. Une mésange a construit son nid dans le tilleul.

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J’ai fait un deal avec mon père:

« Ta terre est épuisée, regarde la tronche de tes carottes, elles sont de plus en plus rabougries ‘! A ce rythme là, ronger mes ongles sera plus nourrissant que de manger tes carottes en sauce citron huile d’olive »

Alors quoi faire pour régénerer la terre? Pesticides? Engrais? Plutôt mourir. *sent bouillir son sang de fille de Hulk et du Géant Vert*

Je fais quelques recherches sur internet. Agroforesterie, Permaculture? Hmm non, pas à aussi petite échelle et sur un temps aussi court. Ah, peut être que …

-« Je peux planter un engrais vert dans la moitié de ton jardin? » (PS: les engrais verts, ce sont un mélange de graines qu’on peut trouver dans le commerce (j’aime particulièrement le site Kokopelli qui propose des graines de très bonne qualité) , du trèfle, de la luzerne, du sainfoin, Lin, Caméline, Mauve, ect… qui vont pousser sur un sol pauvre, que l’on fauche au bout de quelques mois ou à la fin de l’année avant l’hiver, avant de retourner la terre. L’azote et les minéraux ainsi produits par les végétaux ressource la terre, la rééquilibre et la protège; et la plupart de ces espèces sont mellifères, les abeilles les apprécient tout particulièrement. )

-« Ok, mais tu me retournes une surface de gazon égale à celle sur laquelle tu veux planter tes  machins, là. Comme ça je pourrai y planter mes patates. »

Me voilà armée de ma bêche et de mes bottes jaunes, prête à conquérir le monde.

Quatre heures plus tard, je suis épuisée, j’ai des cloques au mains et un sacré mal de dos. J’ai dérangé quatre fourmilières en hibernation, trouvé deux scarabées en pleine mutation, quelques coccinelles, beaucoup de racines chiantes et viré trois tonnes de cailloux . Tiens , si je faisais avec ça un petit autel pour les Landsvaettir? (les esprits du lieu). Je dépose une petite fleur, puis un  jaspe rouge dans la terre. Je fais le tour de ma parcelle en aspergeant un peu d’eau tout autour.  Désolée d’avoir foutu le dawa, Terre. C’est pas grave me disent les ogham. Du moment que tu t’occupes bien de la terre et que tu t’investi dans ce que tu fais.

La nuit, je dors mal. Vous savez, ça fait le même effet que quand tu as fait des maths pendant toute la journée. Ton cerveau, dans un état de demi sommeil, fait une espèce de bouillie de toutes tes pensées/sensations éprouvées durant la journée/souvenirs et te le ressors sous la forme d’une espèce de purée sans structure ni sens particulier. C’est comme si ton esprit prenait le temps d’imprimer en toi tous les rythmes et shémas que tu as ressenti. Je me rappelle de la sensation, de l’odeur de la terre. Oh, c’est bon j’ai compriiiis laissez moi dormir maintenant!

Et puis hier, j’ai planté mes graines. J’ai demandé aux runes quel serait le jour propice. « Non, pas aujourd’hui. Pas demain. Après demain oui « .

Le soir, il gelait. Le lendemain, c’était sec. Je les plante le jour conseillé. Une petite pluie arrive, parfaite pour bien humidifier les graines. Je prie pour que le gel ne vienne pas saborder les graines ni les nouvelles pousses à venir.

Allez, à la prochaine pleine lune je fais ça!

Et si vous voulez des sites cool pour acheter des graines, allez checker Kokopelli , qui propose des semences bio et surtout reproductibles (ça veut dire que vous pouvez planter les graines récoltées l’année suivante, ce qui n’est pas le cas de beaucoup de graines vendues dans le commerce) , le site d’Ethnoplants qui propose plein de variétés sympa et exotiques, Graines de vies qui propose une grande variété de plante sauvages, et y’en a surement plein d’autres que je ne connais pas!

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