Trouver sa place

Encore plus long, encore plus loin

Souffrance devant la distance qui empêche la présence au jour le jour

Des gens, du corps et de l’esprit

Mais le coeur reste constant, le passage du temps

Ne peut empêcher l’esprit de passer à travers

Même les murs les plus épais tendent à s’écrouler.

Ils s’effondreront tous avec le temps.

Snowmine, Further along, further away

 

Je rêve tout le temps d’eau. Eau saumâtre, torrents clairs comme du cristal, rues inondées par une eau boueuse, mer trouble  hantée par des silhouettes de baleines et coraux qui laissent trainer leurs étoiles molles en dehors de leur squelette rouge, bains ferreux à la chaleur bienfaisante. Mais jamais je ne rêve de feu. Plutôt étrange pour quelqu’un qui se prétend être de flamme; peut être que je suis beaucoup plus Eau que je ne le pensais.

 

Et quand il n’y a pas d’eau, mes rêves sont des points de rencontre. Des gares; des boutiques, des centres commerciaux, des plages bondées, des rues…J’évolue au milieu d’une foule qui vaque à ses occupations avec aussi peu de considération pour moi que j’en ai pour elles. Je ne me sens pas submergée ni oppressée par cette foule, il n’y a là aucune remontée anxiogène d’une quelconque agoraphobie. Non. Tous ces gens sont là parce qu’ils se rencontrent là. Sans forcément le savoir, ni comprendre qu’ils pourraient s’arrêter et discuter avec leur voisin s’ils le désiraient. Parfois, des gens m’accompagnent. Ce sont des connaissances, de très bon amis, des gens que je n’ai jamais vu.

Toute cette eau trouble est aussi Moi. C’est tout ce qu’il faut que je clarifie. Toutes ces relations qui se sont mal terminées, qui ne sont pas équilibrées. Tous les regrets, toutes les peurs, toute la colère, l’anxiété, l’incompréhension qui découle de liens formés n’importe comment, mal cautérisés, liens devenus chaînes, liens qui transportent le mal être au lien de transporter l’amour.

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Quand j’étais toute petite, chaque séparation était une souffrance inimaginable. J’ai pleuré des semaines des chats disparus, je pleurais pour un arbre qui s’était fait frapper par la foudre, j’étais frappée d’une anxiété monstre à chaque changement d’habitude: j’en étais malade trois jours avant de partir en colonie de vacances .Je me souviens de ma première à l’âge de sept ans…J’ai passé mes deux semaines à pleurer, à tel point qu’aux yeux des autres, je n’étais qu’une sale pleurnicheuse qui ne faisait que demander de l’attention , une simulatrice. Mais la souffrance était bien là, réelle, déchirante, comme si ton coeur s’arrachait, comme si, privé de ces liens vitaux, il était privé de tout support et de toute nourriture vitale; comme un poussin dont la coquille se brise trop tôt. . Toute trahison ou abandon de la part des gens avec lesquels je me liais était vécue comme une lacération de mes principes, de mon besoin de soutient, d’amour et de relations qui voulaient vraiment dire quelque chose. J’avais mal rien qu’à l’idée de causer la moindre peine à autrui, parce que sa souffrance retentissait en moi également.

Plus tard encore, je me liais très vite à certaines personnes, comme si j’étais en dehors du temps nécessaire à l’établissement des relations. Comme si j’estimais que le coeur savait directement se connecter, savait tout de suite qui était l’autre et comment échanger avec celui-ci. Comme si je n’étais pas au courant que dans notre espace et notre temps, il faut actuellement du temps aux gens pour laisser tomber les barrières et apprendre à se synchroniser l’un avec l’autre, comme si le temps était nécessaire pour former des liens.

Je voyais très clairement ce qui clochait dans les relations; les relations d’amitié, les relations amoureuses. Je ne comprenais pas pourquoi certaines personnes restaient ensemble par convenance alors que les liens étaient biaisés, qu’il n’y avait plus là que des chaînes formées par le temps, et plus rien de nutritif. Juste de l’habitude. La peur de changer cette habitude au profit de l’incertain. Une coquille remplie de vide.

 

J’ai appris avec le temps à faire face à cette souffrance. A l’anesthésier lorsque le besoin s’en faisait sentir. A agir en accord avec le temps, les convenances humaines, à laisser le lien se tisser doucement avec l’accord du temps et de l’espace, pour qu’il soit enfin réciproque, que je puisse enfin donner et recevoir. Que j’apprenne aussi à me soigner, pour ne pas faire passer toute cette souffrance accumulée par tant de liens déchirés à autrui. Que j’apprenne à nourrir, à reconstruire ces liens. Ou à bien les couper et les suturer lorsque le besoin s’en faisait sentir.

Le coeur sait instinctivement où se placer par rapport à autrui. C’est quelque chose que je n’ai jamais su faire, qui est extrêmement difficile pour moi; parce que mon lien avec mon coeur à toujours été biaisé, soit parce qu’il n’était pas connecté ni à ma tête ni à mon corps, ou qu’il l’était trop, devenait un canal qui faisait passer tout et n’importe quoi, absorbait tout ce qui se passait autour au point d’en être submergé, noyé, broyé.  Il faut , pour atteindre l’équilibre dans une relation, apprendre à protéger son coeur. Savoir que nos attentes et nos besoins ne sont pas ceux de l’autre, et qu’il faut se placer quelque part entre les deux. Trouver la place juste, quand tu voyages, que quelqu’un t’accueille chez lui, que tu es confronté à tout un tas de nouvelles habitudes, de nouveaux comportements et de nouveaux caractères, n’es pas quelque chose d’aisé. J’ai des amis qui font ça d’une manière surprenante: ils savent toujours comment se placer dans la conversation, quand se taire ou quand parler, quand partager, quand offrir son aide ou laisser l’autre faire.

Mais ça n’est pas mon cas. Tout cela doit être appris, c’est dur, c’est long, souvent j’en fait trop, je suis considérée comme n’étant pas « moi même » parce que j’essaye trop de me caler dans l’espace laissé vide. J’adore le fait de ne pas laisser de traces. Je déteste m’imposer. J’aime empaqueter mes affaires, faire le tri entre le nécessaire et l’inutile, laisser derrière moi ce qui ne fait plus partie de ma vie. J’aime le dernier regard à la chambre vide ou l’on a passé quelques mois de notre existence. Tu fermes les yeux, tu remercies les gens et les objets. Tu fais tes au revoir comme il faut, pour refermer le cercle et permettre à l’espace et aux objets d’êtres utilisés par quelqu’un d’autre sans qu’ils ne soient des poids.

Souvent , dans les relations, on nous dit qu’il faut être « sincères », « vrais » « nous même ». Mais c’est quoi, être nous mêmes? Nos habitudes, nos envies, nos peurs? Notre statut social, nos possessions? Rien de tout ça. C’est la manière dont nous voyons le monde, dont nous le retranscrivons, dont nous le racontons, dont nous le ressentons. Ce sont nos yeux, notre coeur, nos mains, notre imagination. On essaye de raconter et de faire percevoir à l’autre comment nous voyons le monde; et pourtant il nous faut faire avec le fait que lui ne voit pas les choses de la même manière. Peut être qu’on va arriver à un point de convergence. Un point d’accroche. Un point de résonance, avec lequel on va se trouver une vision commune, qui va ensuite de nouveau se morceler pour prendre deux chemins différents. La joie de la résonance, puis la souffrance de la séparation. Qui tournent à l’infini, comme un jeu, comme la vie, comme la mort. Un rythme , la respiration de l’univers.

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Une « carnet page » du Livre de Kells.

Retour au vert

J’étais assis dans l’herbe

Les jambes croisées

Lorsque mes jambes fondirent.

Elles coulèrent dans la boue,

Mais ça me va, je n’en ai pas besoin.

Celui qui les veut peut les manger en guise de coupe-faim!

Je pense avoir plutôt bien mangé avant d’être mort.

Qu’importe si l’on nous dit que nous ne pouvons revenir en arrière.

C’est ce que nous feront, nous reviendrons parfois sur la colline.

Je pensais que les nuages seraient toujours là

Se tenant au dessus de ma tête

Un édredon sous les cieux,

Un gant de cuisine d’ivoire.

Les arbres ne m’ont jamais manqué

Ni les gens qui y vivent

Je n’aurais jamais pensé que cette colline pouvait être un monstre que nous partagerions.

Un monstre que j’aimerai connaître

Un ami que je chevaucherais pour rentrer à la maison

Il pourrait nous dire de ne pas avoir peur

Parce qu’on ne ferait que perdre notre temps.

Qu’importe si quelqu’un nous dit que nous ne pouvons revenir en arrière

Qu’importe si quelqu’un nous dit que nous ne pouvons pas le faire,

Nous le feront.

Traduit de The hills, Snowmine.

J’ai rêvé de Pan cette nuit. La veille on avait été faire un feu près de la rivière avec deux amies, on a ramené des camemberts, des bougies et une lampe à huile, et de la tisane. On s’est installées sur le sable alors que la lune brillait de sa moitié étincelante à côté des étoiles et que le glouglou de la rivière nous enveloppait de son grondement. On a allumé le feu avec du bois sec , des pommes de pin, on a gardé des braises pour faire cuire les camembert alors qu’on gardait une autre partie de feu pour nous chauffer et nous éclairer. On a parlé de tout et de rien, on a pas ritualisé, une pote à pris une photo . « oh regarde, on dirait une femme, avec les cheveux de feu et les mains jointes!-c’est Brigid! « me répond elle. On se marre. On est tous paiennes dans l’âme, mais on ne se l’avoue pas. Celle qui a pris la photo est protégée par Brigid et Thor. Je ne sais pas si elle même le sait. Elle ne fait pas de rituels, ne célèbre pas les sabbats et n’a jamais ouvert un cercle ni appelé les éléments de toute sa vie. Elle tue des petits lapins pour en faire des civets, parce qu’elle adore la viande. Elle n’a jamais fait d’offrande de nourriture sur un quelconque autel. Elle n’en a pas besoin, en fait. Ce qui est le plus important, c’est ce que tu ES. C’est ta façon d’agir avec les autres, c’est ce que tu créé, c’est ce que tu donnes au monde qui t’entoures. Et pas l’assiduité avec laquelle tu essayes de reproduire des rituels wiccans, ou de toute autre branche vaguement ésotérique.  Ta spiritualité se construit dans ton rapport avec le monde. Dans ton rapport avec les arbres, les gens, les objets, le temps, l’espace. Tout ce qui connecte. Elle doit te correspondre, tu dois te sentir à l’aise avec, sans qu’elle ne se transforme en chaînes.
Mais revenons à Pan.
J’ai quitté mon travail. Bye bye écran , espaces confinés et pauses café. Je pars faire du woofing (tu travailles dans des fermes bio en échange du gîte et du couvert) histoire de savoir ce que ça fait de suer toute la journée, d’avoir les mains défoncées et de patauger dans le compost et la gadoue (je vous cache pas que je risque d’aimer ça! Mon p’tit côté maso) . Je ne sais absolument pas a quoi ça va mener, mais on verra bien.
Et voilà que je rêve de Pan. Celui qui est à cheval entre le monde sauvage et les monde civilisé. Le vît frétillant. Le semeur de panique. Le bon vivant. Avec ses cornes, ses pattes de bouc et des tatouages en forme de spirale qui lui ornent le torse et les bras.
phil
Je vous vois venir. NON il ne ressemblait pas à ça.
pane
Hum. Non plus à ça. Bonjour l’angoisse.
pan(
Il ressemblait plus à ça. Ouais, beau gosse un peu.
Vers quoi ça va me mener tout ça? J’en sais rien. J’essaye toujours de prendre du recul avec les rêves, il y a toujours un travail de filtrage à faire pour savoir quels rêves ont un message autre que celui de servir de poubelle mentale à nos rêves, fantasmes, angoisses et expériences. Savoir comment notre petite cervelle retranscrit les messages lorsqu’il y en à , sachant que chacun possède un langage très légèrement différent est un sacré taff qu’on ne saurait réduire à un bête dictionnaire de rêves ou à des significations de totem trouvées sur internet: souvent c’est le contexte, les expériences qui leur font suite et celles qui sont leur sont antérieures, des tirages parfois et signes qui peuvent nous mettre sur la voie, mais il ne faut jamais rien prendre pour acquis, et toujours se laisser une possibilité de divergence.

Et lorsque la tête ne suit plus et est incapable de répondre aux exigences de l’âme, ce sont les jambes qui prennent le relais. Ce sont elles qui nous mènent là ou l’esprit refuse d’aller, par peur. Ce sont elles qui nous portent vers là où la tête reste à hurler, paniquée parce qu’elle a peur de changer. Ce sont elles qui trouvent le pont par dessus l’abîme . On peut leur faire confiance, les laisser prendre les rennes alors que l’on prend soin de cette bonne veille tête pleine de vieux os et de débris de vies .

 

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L’oeuvre au noir

C’était noir. Comme si tu regardais dans un trou, un noir qui t’aspire et contient toute l’immensité de l’espace. Un noir qui pèse sur toi comme une chappe comme si tu te trouvais dans une pièce dont on avait éteint la lumière. Tu sens les murs plus que tu ne les vois. Et pourtant, on pourrait mettre quelques milliers d’univers entre toi et ces murs.

Et au milieu de ce noir, des fils.

Des fils aussi loin que le regard pouvait porter. Qui faisaient le lien entre ce qui serait le « haut » si la notion d’espace avait cours ici, et le « bas ». De longs fils blancs. Quelqu’un était à côté de moi. Je n’aurais su dire à quoi il ou elle ressemblait; c’était plus une présence que je sentais plus que ne voyais.

-Tout ça , ce sont des fils de vie. Ils font le lien entre la terre et le ciel, comme les arbres. Chaque personne est un de ces fils, tressés eux même d’innombrables petits fils qui font comme un pont entre les deux mondes.

-Quels mondes?

-Le monde des hommes et celui des dieux. Le monde de la terre et le monde noir, le monde des esprits.

-Ca n’est donc pas le monde des esprits ici?

-Non. C’est encore quelque chose d’autre. Chaque homme sert de canal; tout comme un arbre, il déploie ses innombrables branches vers les cieux, ses branches qui lui servent à communiquer avec les autres. Ses racines sont son Sang, ses ancêtres , nourris de la terre qui porte leur mémoire. Le tronc est le canal. Tout comme la sève s’écoule de bas en haut, des racines aux feuilles, et de haut en bas, des feuilles aux racines, l’énergie doit circuler harmonieusement de bas en haut chez l’homme. Si la sève ne circule pas dans une des branches,celle-ci se dessèche et meurt. Si l’une des racines pourrit, la circulation est altérée. Et lorsque la sève s’arrête de circuler, l’arbre se rétracte, se racornit, et finit par succomber. Le fil de la vie se casse; l’arbre s’effondre, et va servir de terreau aux graines suivantes. Chaque graine est une étincelle divine, celle d’une vie , qui s’étend et grandit dans le monde de l’espace et du temps.

-les racines qui pourrissent, les branches qui se dessèchent…C’est ce qu’on pourrait appeler maladie?

-les maladies, physiques ou mentales, sont le fruit de plusieurs choses: elles peuvent être l’énergie de la personne, qui, non utilisée ou non canalisée, se retourne contre elle avec une violence destructrice. Le corps et l’esprit savent se défendre, ils savent apprendre, et s’adapter. L’homme à un devoir envers lui même: celui de travailler ses propres défenses et de prendre soin de lui même. A ce seul prix peut il ensuite aider les autres à faire de même, mais sans jamais se substituer.

-qui est-tu?

-ce que certains nomment guide, ou gardien. Je suis ton Nom, je suis le divin en toi, mais je ne suis pas toi. Là, tu te parles à toi même. Mais à une partie extérieure de toi, plus large, plus profonde. Ce que certains appellent inconscient, ou Ange.

-Si tu es un Ange, est ce que ça veut dire qu’il y a un Dieu unique? Une hiérarchie, avec des archanges, des chérubins et tout le tintouin?

-Ce système existe. Tout autant que l’animisme ou les systèmes polythéistes. Ces réalités cohabitent mais ne sont pas incompatibles. Mais c’est toi qui choisis le point de vue que tu décides d’adopter.

-Et les dieux là dedans? C’est quoi leur rôle si je peux compter sur toi?

-Je ne suis pas le seul à participer à ton développement. Parce que tu dois échanger. Tu n’est pas qu’un tronc. Tu es Racines , tu es Branches, tu es Feuilles. Chaque esprit, chaque personne , chaque dieu que tu rencontres te permet d’être une nouvelle branche. Je suis ce qui te centre, ton tronc. Mais je ne suis pas maître de ce que tu es. Tu as un corps et lui participe aussi à ta croissance; tu ne dois en aucun cas le négliger au profit du ciel.

-Qui les tisse, ces fils? Qui les coupe?

-Tu ne sauras rien pour l’instant. J’en ai assez dit.

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Le fil d’ariane, par Robert et Shana ParkeHarrisson

Sigils, Staves et Noms secrets

J’ai eu une révélation en regardant la vidéo de Lyra Ceoltoir sur la fabrication de charmes.

Bin oui, avant je faisais un peu n’importe quoi en rituels . Je n’arrivais pas à assembler tous les éléments ensemble ni à comprendre comment les choses marchaient. Pourquoi il fallait ouvrir un cercle , appeler les éléments, refermer le cercle, faire des incantations ou ritualiser à tel ou tel moment…mon ressenti énergétique n’est pas foufou, du coup je ne voyais aucune différence entre si je faisais un rituel le mardi ou le jeudi, si j’utilisais une bougie rouge ou jaune, si j’ouvrais mon cercle ou pas…Je ne comprenais pas ce que je faisais et ça me soulait grandement . Je n’avais pas envie de répéter une formule ou d’effectuer un rituel sans en comprendre les tenants et les aboutissants, j’avais l’impression de manquer un truc.

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Ptêt que de cligner des yeux en prenant l’air profond m’aidera à mettre un peu d’ordre dans la mélasse de mes pensées.

Et là, c’est l’illumination. Les liens. Les connections. La magie, c’est manipuler les connections entre les choses. C’est couper certains liens, en reformer d’autres, afin de faire circuler l’énergie de votre choix vers la cible de votre choix. Et il existe une multitude de façons de se connecter: par la pensée (chaos magic, ou comment le fait de se projetter dans le futur qu’on à envie d’avoir, dans l’état d’esprit dans lequel on sera lorqu’on aura la chose de nos rêves nous permet de faire converger les possibilités, les futurs vers ce futur qui nous permettra d’avoir ce qu’on désire dans la limite du possible bien évidemment; c’est un genre d’auto-suggestion mentale qui nous met également en condition et fait travailler notre volonté), par la magie sympathique (la partie est connectée au tout: prendre un bout de la plante nous permet de nous connecter à l’esprit de la plante, les poupées vaudou auxquelles on a accroché un cheveux de la personne qu’on désire envouter ou soigner la connecte à la personne qui possède les autres cheveux), par les Noms (comme en chantant des mantras ou incantations), par la musique (c’est le rythme qui sert de canal à un certain type d’énergie) et que sais-je encore…

Et c’est là que je me suis rendue compte de l’importance que pouvait revêtir tout ce qui entourait le rituel: l’heure, la façon de cueillir une plante, le lieu…Tous sont autant de paramètres qui nous permettent de renforcer les liens magiques: cueillir une plante soit même, surtout si on la cultive nous même, créé un lien avec cette plante, et éventuellement son esprit. La cueillir à une certaine heure créé un autre type de lien. Faire preuve de respect envers les éléments que l’on utilise pour un charme (chanter pour eux, faire attention à la manière dont on les stocke , faire attention à ne pas cueillir trop d’une plante ) renforce ces liens. C’est comme les relations: si tu respectes autrui, que tu es droit en paroles et en actes,que tu lui fait don de ton temps et de ton attention, tu renforces ton lien avec lui. C’est la même chose en magie. Réciter une incantation te permet de te lier avec une divinité; c’est pour ça qu’on utilise très souvent trois tonnes de noms et de périphrases (y’a qu’a voir les chants hindous ou les dieux ont souvent plus d’une centaine de noms); tous sont comme autant de moyens de renforcer la connexion.

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Ceci est une création de Raevedis pour appeller les esprits du lieu: tu fixes ce signe à un bâton, tu y accroches des plumes ou objets venant du lieu en question, et tu attends que les esprits se pointent. Si vous êtes intéressés par la magie nordique, je vous conseille fortement son super facebook : on y apprend des tas de trucs chouettes, même à lire l’avenir dans un oeuf!

Et qu’en est il des sceaux et des sigils? Là encore, il s’agit d’une autre méthode pour canaliser l’énergie pour un but donné : les sigils, staves (le nom nordique des sceaux et sigils) ou sceaux sont en quelque sorte la représentation symbolique d’un type d’énergie. C’est une manière de retranscrire de manière visuelle l’effet qu’elle peut avoir, sa circulation , la manière dont elle capte et redistribue l’énergie, où elle la capte, comment, où elle se concentre et comment elle se disperse.

Ci dessus, deux exemples de Staves Islandaises: le Vegvísir, pour retrouver son chemin lorsque le temps est mauvais (à gauche) et le Brýnslustafir , qu’on gravait sur des pierres à affuter les couteaux. Les formes de fourche qu’on voit à la fin de lignes représentent l’énergie qui est captée (ça ressemble à une connection de synapse bougre de bidouille!) et échangée. Sur les staves Islandaises, le cercle représente la concentration de l’énergie, la croix dessinée sur une ligne un blocage , et un trait une « porte » ou une manière de filter/transformer l’énergie. Enfin ça, c’est mon analyse perso. Si ça se trouve je me plante mais bien méchant.

Alors sinon comment qu’on fait pour créer un sigil ou une stave?

Il existe plusieurs méthodes (sinon ça serait pas drôle)

La première, bien connue , est une méthode de création de sigil pour une intention particulière.On écrit une phrase, ou le nom d’une divinité sur un papier, puis on vire toutes les lettres en double, et on les assemble pour en faire un symbole cohérent, en tout cas qui fait sens à nos yeux. On écrit ce sigil sur un bout de papier, puis on le porte sur soi pour un charme de protection, ou on le brûle si l’on veut se débarrasser par exemple d’une habitude malsaine. On peut évidemment utiliser un autre alphabet que l’alphabet latin, utiliser l’alphabet hébreu (je pense au travail kabbalistique par exemple), grec, pourquoi pas chinois ou japonais si l’on travaille avec des esprits asiatiques; le tout c’est que ça fasse sens en fonction de ce qu’on veut produire comme effet.

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Le sceau bien connu de Jr Tolkien: on retrouve les initiales de son nom/prénom combinées entre elles. Classios.

La deuxième méthode, celle que j’utilise, est un peu plus aléatoire, mais elle fonctionne très bien avec moi: elle consiste à se concentrer sur l’énergie que l’on souhaite canaliser, fermer les yeux, et laisser venir la forme. Depuis que je suis toute petite, je dessine, et les choses se transcrivaient souvent sous la forme de symboles: des mandalas, des triangles rouges pour l’énergie de Kali, un espèce de symbole vert tout chelou qui m’apparait en demi sommeil, une spirale rouge que je trace sur une main dans un rêve… Les formes qui me viennent sous forme de flash manquent souvent de précision, il me faut du coup très souvent passer par un nombre d’essais foirés assez impressionnant avant d’arriver à la forme finale du sigil. Et même là, je confirme toujours par un tirage de runes, histoire d’être sure que ça fonctionne.

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A gauche: un piti sac avec un sigil brodé pour purifier/recharger un collier en quartz fumé, à droite sur le bout de papier, un sigil pour purifier/recharger mon obsidienne. Là ça ne se voit pas mais j’ai bien pataugé dans la mélasse avant d’arriver à une stave concluante.

Mais ça ne s’arrête pas: pour un maximum d’efficacité, vous pouvez combiner votre sigil avec d’autres magies, histoire d’en renforcer l’effet: vous pouvez y associer des couleurs, ou le graver sur un support particulier. Ainsi , pour certaines staves Islandaises, on recommandait par exemple de les graver sur un morceau de chêne puis de teindre le sigil avec un peu de son sang (le sang et les fluides corporels sont des liens extrêmement puissants, je les utilise pour des objets ou sigils à usage personnels, comme mes runes ou mon Athamé) , ou encore de les graver sur du charbon et de les jeter sur le chemin du bétail… A vous de trouver des exemples de staves ou sigils , de les étudier puis de faire les votres! Et n’hésitez pas à ouvrir vos horizons pour trouver ce qui vous parle le mieux: les sceaux de Salomon, la Kabbale, les mandalas, les sceaux angéliques…Il n’y a pas de « meilleure » solution, juste celle qui vous parle le plus. Et  rappellez vous: ça marche toujours mieux quand vous faites les choses vous mêmes 😉

(Allez! Avec tout ça j’ai même pas parlé du Nom secret! ça sera pour une prochaine fois ^^ allez bisou les agneaux)