Ombre et illusions

 

Le soleil est implacable

Le sol est sec

Ton sang est épais

Ta peau est usée

Tu regardes derrière

Ta maison a disparu

Dans quel pèlerinage t’es tu embarqué?

Avidité

Tu es tout ce que je veux mais pas ce dont j’ai besoin.

As tu faim de déni?

Ou es tu empli de peur?

Tu recherches la vérité, ou tu vis dans le mensonge?

Quand seras-tu satisfait?

Cupidité

Tu es tout ce que je veux mais pas ce dont j’ai besoin.

Parfois la vérité est difficile à trouver

Mais elle est toujours là, quelque part

Souvent déguisée.

Stealing sheep, Greed

Il y des phases comme ça où tu te fais un devoir de faire une grosse mise au point sur tes relations, sur tes croyances et sur ta manière de fonctionner. Faire un peu le ménage, regarder dans le placard (oui, celui ou tu balances habituellement tout ce que tu as eu la flemme de ranger ), secouer les tapis …

Je remarque une tendance sur beaucoup de blog, et dans la vie en général, à toujours vouloir absolument apparaître sous son meilleur jour, à être fun, gentil, envoyer des ondes positives, des photos de chats et poster des photos de quiche thon-patate avec des paillettes tout autour et une phrase en comic sans SM bateau dessous du genre  » ❤  live your dreams ❤  »

Mes chers lecteurs, si vous espérez trouver ici ce genre de chose et uniquement ça, il faudra vous attendre à être déçu. Vouloir que les gens se sentent bien et aient l’impression que tu mènes une vie idéale (la vie idéale que tu te projettes dans le net, d’ailleurs, y’a vachement d’égo la dedans, on gomme tout ce qui va pas, on rajoute des cupcakes et des arc en ciel et le tour est joué) , pourquoi pas, mais pour moi le problème vient du fait qu’il y a un déséquilibre entre ce qu’on pense vraiment, et ce qu’on montre aux gens. Nous sommes les hauts comme les bas, la tristesse comme la joie, la colère comme la compassion; et vouloir occulter une partie de tout ça , c’est comme ne montrer qu’une face de la pièce. C’est se mentir , et mentir aux autres.

Certains me répondront que garder un esprit positif et ouvert en permanence est extrêmement important , que des pensées positives et aimantes influencent sur tout ce que nous faisons et notre entourage; que pour être en phase avec ça, il faudrait simplement apprendre à contrôler nos pensées à la base pour n’avoir que des pensées positives, et que le reste suit. Et que montrer ses pensées négatives, c’est blesser tout ceux qui sont autour, et donc nous même par le même biais.

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Personnellement, je pense que ce travail ne peut être effectué que si l’on a trouvé toutes les causes des « noeuds  » qui nous causent des souffrances; noeuds liés a notre expérience et nos rencontres. En attendant, je n’en suis pas encore là même si je travaille dessus. Et je continuerais à vous emmerder avec mes états d’âme et mes réflexions obscures.M’exprimer ici, c’est éviter de juger ou d’accabler quiconque de manière plus ou moins inconsciente parce qu’on se refuse de voir la vérité en face et qu’on ne veut pas assumer nos erreurs.   Parler de tous ces points qui fâchent, de notre état d’esprit est une manière de les assumer. C’est refuser le déni. Et une fois que tu as assumé toutes tes erreurs, que tu as assumé que tu puisses être une vraie saloperie et que tu as blessé des gens, que tu les as blessé, toutes ces choses n’ont plus lieu d’être, et coulent naturellement.

Alors que si tu essayes absolument de les cacher par tous les moyens que tu veux– un joli blog avec une vie parfaite, des mots creux et de belles images sachant que tu portes toujours une souffrance et du ressentiment–, il se produit un décalage entre ta vision idéalisée de toi même, ce que tu veux que les gens voient en toi, et ce que tu es a cet instant précis. Et dans ce fossé se glissent mal être, déni, honte de soi, et puis méfiance, paranoïa… Comme cette  Australienne ,star d’instagram, prise au piège de sa propre image, qui, lassée de se mentir en postant tous les jours des photos faussement naturelles sur lesquelles elle passait des heures à se mettre en condition pour se montrer sous son plus beau jour, décida de tout laisser tomber et d’expliquer les rouages du blog mode, avec tout ce que ça impliquait de sponsors et de manipulations en coulisses, et l’enfer qui en découlait.

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Image: la suuuuperbe BD Hellboy, de Mike Mignola.

Je ne dis pas que c’est le cas pour tous. Certains ont la vie qu’ils décrivent dans leurs blogs. Mais honnêtement, pourquoi avoir besoin de se justifier en la montrant à tous , alors que si tu es heureux, ça devrait te suffire à toi même? Pour encourager les autres sur ce chemin et montrer que c’est possible? Oui, mais ne pas passer sous cloche les difficultés. Etre réaliste, et honnête.

Pour moi, l’honnêteté est quelque chose d’extrêmement important. J’ai tendance à cacher beaucoup de choses, par peur d’être prise pour une folle, d’être jugée, de faire du mal à autrui…Il ne faut certes pas déballer tout son bagage au premier venu, mais il y a une certaine manière de montrer ça les autres. Et on peut très bien tout simplement ne pas parler de ce qui ne peut être compris par l’autre , mais mentir créé un genre de dissonance dans les relations. Et quand tu te rends compte que cette dissonance est trop grande , il est important de mettre les choses à plat, même si ça fait mal. Parler des choses qui fâchent ou de ce qu’on estime « pas en phase ».

Un ami, c’est quelqu’un qui va te dire ce qu’il pense quand il voit qu’il existe une dissonance dans ton comportement. Pas quelqu’un qui va te passer le baume en permanence et te dire que tout ce que tu fais c’est absolument formidable pour flatter ton égo en manque de reconnaissance. Si cette dissonance est justifiée, tu va te remettre en question et changer ton comportement pour être plus en accord. S’il s’est trompé et que sa réflexion n’a aucun effet sur toi, c’est qu’il s’agit d’une erreur de jugement. Et dans ces cas là ça n’est pas grave, on ne va pas lui en vouloir parce qu’il s’est gouré quand même! Si tu n’as aucun problème avec toi même, tu n’as aucune raison d’être touché par son raisonnement, et en discuter, ça le remet droit dans sa perception erronée qu’il pouvait avoir de toi.

Mais si tu décides de tout dénier, de rejeter la faute sur ton pote parce que ce qu’il a dit te fait te sentir inconfortable et remonte des vieux démons que tu avais envie de laisser sous le palier, tu te mens à toi même. Tu te confortes dans ta position confortable, parce que tu t’en fous, tes autres potes te passent du baume et ce sont eux qui ont forcément raison, c’est beaucoup plus agréable! Ca t’empêche de regarder ta propre ombre.
Mais tu crois quoi? Ton ombre, il faut que tu la regardes en face. Que tu l’acceptes comme étant une partie de toi même. Sans quoi elle ressurgira tôt ou tard, et influencera tes décisions et ta vision du monde; il vaut mieux en avoir conscience  , l’accepter et pouvoir comprendre son influence sur toi, et donc éviter les pièges qu’elle peut te tendre inconsciemment, que la laisser te prendre pour sa marionnette.

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Oh toi ma pote, tu restes là!

C’est la problématique de la shadow de Carl Jung, et de l’inconscient que j’ai déjà abordé: tout ce que nous refoulons passe dans l’inconscient, et nous influence sans que nous nous en apercevons; alors que le travail, c’est justement de prendre conscience de tout ça. C’est partir explorer son âme, pour mieux communiquer avec les autres.

 

« Le point de départ est simple : la plupart des hommes ignorent leur ombre. […] Le plus souvent elle est projetée dans des troubles somatiques, des obsessions, des fantasmes plus ou moins délirants, ou dans l’entourage. Elle est « les gens », auxquels on prête la bêtise, la cruauté, la couardise qu’il serait tragique de se reconnaître. Elle est tout ce qui déclenche la jalousie, le dégoût, la tendresse1 »

 

« L’ombre est la personnification de tout ce que le sujet refuse de reconnaître et d’admettre en lui. Se mêlent en elle les tendances refoulées du fait de la conscience morale, des choix qu’il a faits pour sa vie ou d’accéder à des circonstances de son existence, et les forces vitales les plus précieuses qui n’ont pas pu ou pas eu l’occasion d’accéder à la conscience5 »

 

« L’ombre est quelque chose d’inférieur, de primitif, d’inadapté et de malencontreux, mais non d’absolument mauvais. » « Il n’y a pas de lumière sans ombre et pas de totalité psychique sans imperfection. La vie nécessite pour son épanouissement non pas de la perfection mais de la plénitude. Sans imperfection, il n’y a ni progression, ni ascension.2 »

Accabler autrui est une manière très simple d’éviter de se reprocher quoi que ce soit, c’est la solution facile. C’est dénier qu’on puisse être un monstre et en incomber la faute à autrui pour essayer de passer outre la culpabilité qu’on peut éprouver.

« De deux choses l’une, nous connaissons notre ombre ou ne la connaissons pas ; dans ce dernier cas, il arrive souvent que nous ayons un ennemi personnel sur lequel nous projetons notre ombre, dont nous le chargeons gratuitement, qui, à nos yeux, la porte comme si elle était sienne, et auquel en incombe l’entière responsabilité ; c’est notre bête noire, que nous vilipendons et à laquelle nous reprochons tous les défauts, toutes les noirceurs et tous les vices qui nous appartiennent en propre! Nous devrions endosser une bonne part des reproches dont nous accablons autrui! Au lieu de cela, nous agissons comme s’il nous était possible, ainsi, de nous libérer de notre ombre ; c’est l’éternelle histoire de la paille et de la poutre.11 »

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On n’atteint pas l’illumination en imaginant des images de lumière, mais en prenant conscience de l’obscurité.

Your heart out of your chest (ou l’expérience de la sensibilité)

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Image: Sachin Teng

Bon je commence par un mini coup de pub (boouuuuuh oui huez moi et lapidez moi avec des poireaux, je le mérite), mais j’ai ENFIN une page facebook! Si vous avez envie de suivre l’actualité du blog , n’hésitez pas à liker et partager, vous aurez droit à des bisous virtuels de ma part. (quelle chance!)

Voilà. Maintenant que j’ai profité de vous comme il se doit, revenons en au coeur du sujet (oui j’ai mis un titre en anglais. Je sais pas pourquoi mais je trouve que ça sonne beaucoup mieux comme ça, c’est comme les chansons en anglais, tu ne les traduis pas parce que sinon ça perd tout son charme)

Me revoici donc armé de mon clavier, une tasse de tisane de tilleul fraîchement cueuillie (c’est la saison en ce moment! Si vous avez des tilleuls près de chez vous, faites vous plaisir! C’est très facile à faire sécher en plus, il faut cueillir les fleurs et les espèces de longues feuilles vert clair qui pendent à côté, lorsque que quelques fleurs commencent à s’ouvrir sur le bouquet) pour vous parler de la …sensibilité. Cette vertu si controversée, qui peut être parfois une aide précieuse ,  souvent considérée comme une tare ou une malédiction par ceux qui la possèdent en trop grande quantité. Cette chose qui vous donne l’impression que soudain, quelqu’un vous extirpe le coeur de la poitrine, et tire, tire, et que toutes vos veines, tous vos nerfs encore reliés à l’organe palpitant frémissent et se tendent de toutes leurs forces pour ramener ledit organe à la place qui est sensée être la sienne. Cette exhalation, cette peur, cette tristesse, ces épines, ces brulures, éclats de glaces ou chaînes d’aciers, ces vagues de douceurs qui nous font monter les larmes aux yeux ou font passer l’arme à gauche à notre petite cervelle surchauffée par cet afflux de sensations et de sentiments. L’hyperempathie. L’art et la manière de pouvoir se mettre à la place d’autrui, au point qu’on se fonde en lui , au point d’en perdre parfois toute sensation du soi. Percevoir son amour, ses peurs, ses souffrances. Sa peine. Ses doutes.

J’ai toujours fui ces sensations étant petite. Je fermais les yeux devant tout ce que je percevais. S’en était trop pour moi , plus que je ne pouvais en supporter. Je parlais surtout avec les adultes. Je me sentais séparée de ceux de mon âge. Je pleurais, beaucoup et souvent. J’avais l’impression de comprendre exactement pourquoi telle personne agissait de la sorte, pourquoi elle parlait de cette manière, ce que cela cachait. J’étais malade trois jours avant de partir en colonie de vacances, tellement ça me faisait peur. Je me sentais lacérée, trahie, submergée par une tristesse et une colère infinie pour des choses qui ne causaient à autrui qu’un froncement de sourcil. Etait-ce moi? Est ce que je faisais des idées sur les autres? Est ce que je pensais comprendre, mais que je n’étais au final que dans mon monde, que tout ce que je m’imaginais sur autrui était une simple projection de mes délires d’enfant solitaire?

Ces questions bourdonnaient tout autour de moi comme un essaim de moustiques affamés, ne me laissaient aucun répit. Comment faire confiance à mes sensations dans ce cas, puis-ce que tout n’est peut être qu’un pur délire? J’ai continué à fuir.

Je me sentais mal lorsque les gens qui m’entouraient se sentaient mal. Au point que j’en tombais malade, parfois. Je dormais très mal, mes rêves étaient entrecoupés de rêves en sursaut, de crises de somnambulisme. Des rêves étranges, comme si je plongeais au coeur d’autrui. Cette fois ou je me suis littéralement sentie glisser dans autrui le temps d’un battement de coeur, à l’orée du sommeil. Le ressentir le temps d’un éclair, comme si j’étais lui . Et puis l’obscurité qui te cueille dans ses griffes, cette chanson terrible que tu chantes une nuit, entrecoupée de tremblements et de sursauts; tu t’aperçois le lendemain que cette nuit là était celle qu’avait passé ton meilleur ami dans l’appartement de sa mère, morte il y a quelques jours. Et que cette chanson correspond en tous points à la situations à laquelle il a été confronté.

Mais tu continues à dénier, malgré toutes les coïncidences qui s’accumulent, tu veux rester saine d’esprit. Les flèches continuent à transpercer ton petit Toi, sans aucune autre préoccupation pour ta petite personne que ne l’a la grêle pour les arbres en fleurs.

Les terreurs, les obscurités. Mais aussi la beauté. Tellement cinglante que parfois tu te mets à pleurer sans que tu saches pourquoi. Comme ce week-end, ou tu as été voir la livre de Kells , pour la dixième fois. Un livre d’enluminures sublime, une oeuvre d’une finesse, d’une perfection incroyable, ciselé comme un bijou, paré d’encres d’émeraude, de sang, d’or et de saphir. Une énergie tellement puissante que tu te retrouve frappée de plein fouet. Je n’ai pas pu rester, sinon j’allais me mettre à pleurer. Oui, encore.

Jusqu’au jour ou j’en suis arrivée à la spiritualité. Et là, d’un seul coup, je me suis aperçue que cette vertu pouvait être apprivoisée, comprise, utilisée, catalysée. Que je devais réapprendre à faire confiance à ces sensations. Que je devais les travailler, que les choses avaient finalement du sens . Que nous étions réellement connectés. Au monde qui nous entoure, au vivant dans toute sa splendeur, et que notre survie dépendait de la manière dont nous tissons ces liens et de la force que nous leur donnons.

J’ai réappris à orienter mon questionnement. A mettre de côté toutes ces bullshits avec lesquelles on m’avait lentement aliénée , muselée, martelée pour en faire un joli petit humain qui rentrerait parfaitement dans ce que veut la société. J’ai réappris à me faire confiance. Croyez en vos intuitions; faites confiance à votre instinct. Il vous a appris à survivre durant des millénaires, à reconnaitre la bonne nourriture, à trouver un abri, à fabriquer des outils, à chasser, il vous a appris l’art, la musique, le rythme des saisons, de la lune et du soleil. Vos sensations sont votre lien au monde. Et si vous avez l’impression que le monde entier n’est pas d’accord, c’est peut être parce que c’est le monde entier qui est muselé. Les gens se réveillent petit à petit, reprennent contact avec leur intuition. Tu le sais quand tu fais quelque chose de bien (bien, pas dans le sens chrétien du mot, mais plutôt dans le sens de bien commun, pour le Tout, le Dharma) . Tu le sais parce que tu le sens dans tes tripes. Tu as l’impression d’être portée dans ce sens.

Mais comment être sur qu’on ne s’entoure pas d’illusions?

Les oracles sont une bonne remise en question. Tu les tires, et tu vois direct si tu es partie dans ton délire. Autrement, il faut essayer de s’ouvrir. Laisser couler les choses en soi, à travers soi, sans s’enfermer en soi même. Renouer le contact avec l’extérieur, parce qu’ainsi on y trouve un miroir à ce qu’on ressent, une confirmation, un retour. Qui nous assure que nous ne sommes pas seuls, jamais.

Le chemin des oghams

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J’avais commencé à travailler avec les oghams il y a de ça un peu plus d’un an, à l’aide d’un jeu que j’avais gravé en argile. Etant donné que je voulais travailler avec les plantes, ça me semblait être un bon outils pour communiquer avec; j’ai donc commencé à me plonger dans les racines de ce langage ancien, originaire d’Irlande.

Je ne referai pas ici d’explications sur l’origine ni la signification des ogham, je pense que vous pouvez en trouver assez facilement sur internet, à la place, je vais plutôt vous exposer ma manière de travailler avec, ainsi que quelques expériences plutôt marrantes avec ces ladies de feuilles et de racines.

J’aime utiliser des oracles différents en fonction des dieux, divinités ou esprits avec lesquels je travaille; certains réagissent mieux, ou préfèrent certains oracles qui sont plus adaptés au contexte dans lequel ils évoluent, ainsi qu’à la nature de leurs énergies. Les runes par exemple, sont assez impersonnelles et plus « brutales » dans le sens ou elles m’évoquent des forces primaires hors de l’humain, telles que le feu, le vent, l’eau, la grêle…Bien sur, il y en a certaines qui sont liées à des concepts humains, mais il n’y a rien de personnel en elles dans le sens où l’on ne fait pas référence comme dans les jeux de tarots a des archétypes tels que le pape, l’empereur, l’amoureux…

Les oghams sont clairement plus végétaux, ils sont verticaux, je les utilise du coup par exemple pour cerner les blocages énergétiques: je les tire en ligne, de bas en haut, avec un ogham pour chaque chakra; et si certains oghams sont à l’envers, je vois où se trouve le blocage, et quelle est sa nature. Leur énergie est plus douce que celle des runes, elle enracine et s’étend vers le ciel en colonnes.

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Mais revenons à mes expériences avec les ogham. Les runes me boudaient un peu depuis que j’étais arrivée en Irlande, il m’a semblé donc de circonstance que de renouer avec mes oghams que je n’avais pas utilisés depuis trois plombes.

J’avais un mal de chien à m’ancrer. J’avais les plus grandes difficultés à me concentrer au travail. J’avais les nerfs à fleurs de peau, cette sensation désagréable d’être submergée d’informations, noyée dans un flux constant de bruits, de pensées, plus encore que des images où sons, j’avais l’impression qu’il s’agissait de parasites, embrouillant tes sens, ta communication, ton rapport au monde. Echos du parking d’en dessous, pubs qui popent partout sur tes fils d’actualité, présences et réflexions d’un faux monde né de quelques emballages, étiquettes, affiches publicitaires et  machines aux engrenages de plastique.

 

« Le rugissement de Londres, dit Louis, est tout autour de nous. Les motocycles, les voitures, les omnibus passent et repassent continuellement. Tous fusionnent en une seule roue formant un seul son. Tous les sons séparés — les roues, les cloches, les cris des ivrognes,  des commerçants– sont fondus en un seul son, d’un bleu acier, circulaire. Puis une sirène hurle.  Ce rivage se retire, les cheminées s’aplanissent, les bateaux sont près à prendre la mer.

« Percival est prêt à partir, dit Neville. Nous sommes assis ici, entourés, illuminés, colorés; toutes les choses — les mains, les rideaux, les couteaux et fourchettes, les autres gens qui dînent — s’entre-pénètrent. Nous sommes emmurés ici. »

Virginia Woolf, la vague

J’ai essayé le yoga, la méditation, les exercices de respiration. Rien à faire. Rien ne restait, si ce n’est l’impression fugace et fortement désagréable que quelque chose n’allait pas. Comme si j’avais dérivé du chemin que je devais prendre, ou qu’une infime bifurcation m’avais emmené sur un chemin qui n’était pas le mien.

Les nerfs tendus comme un arc et le cerveau en bouillie, en proie à une agitation dont je n’arrivais pas à me débarrasser, les crocs dehors et sens aux abois, je décidais finalement de me fier à mon instinct, de prendre mon sac, un truc chaud, un Kway, de l’eau et mes oghams et d’aller dormir dehors, à même le sol.

Il est 22h. J’enfourche mon vélo pour pédaler jusqu’à un coin tranquille que j’avais repéré.J’ai pour habitude de donner des noms à certains objets que j’aime bien, ma bicyclette s’appelle donc Seamus. Ça m’est venu comme ça en l’enfourchant pour la première fois. Ma première réaction ça a été « Quoi? Seamus? Mais c’est pas la blonde en armure de je sais plus quel jeu vidéo?  » Je googeul. Ah non, la blonde c’est Samus, pas Seamus. Seamus est un nom Irlandais apparemment (tiens donc, ça tombe bien) qui veut dire  » Celui qui porte le talon ». Plutôt de circonstance pour un vélo! Parfait, Seamus, adjugé vendu, partons donc à l’aventure.

La campagne irlandaise est sublime; le ciel s’enflamme, les oiseaux diurnes chuchotent et laissent leur place aux nocturnes; l’air est saturé d’odeurs de fleurs , de vert, de terre fraîche, comme s’il s’agissait de l’exhalation de la terre toute entière avant de s’endormir, ou qu’au contraire de sa forme nocturne s’éveillait. J’aime plus que tout ce moment entre chien et loup, la rencontre entre deux univers et le moment de tension qui en résulte, tout y est plus flou, comme si l’on se retrouvait à marcher sur deux chemins à la fois, ou regarder dans deux directions à la fois.

J’arrive dans le champs que j’avais repéré. J’avais fait une balade la semaine d’avant, je m’étais posée dans le champs, j’avais chanté pour l’esprit d’Irlande, pour les esprits du lieu. Ca m’avait fait un bien fou. J’avais tiré les oghams; qui me disaient qu’en gros « je n’y connaissais pas grand chose aux esprits d’ici ». Je suis en terrain inconnu, étrangère en terre de légende, où je me dois de m’intégrer, de communiquer, d’échanger.

Je m’enroule dans mes pulls, mon Kwai qui m’isole partiellement de l’humidité du sol, pose ma tête sur mon sac. Je demande aux esprits s’ils veulent bien me laisser pioncer ici. Oui. Ah,  chouette! Je pose un peu de pain pour eux sur le côté, et un peu d’eau de ma gourde, infusée avec de la menthe. Le sol est super froid, ça me glace les os. Et oui, c’est loin d’être la canicule ici, la nuit, la température passe en dessous des 10 degrés!

C’est vraiment froid. Je jette un coup d’oeil à mon bouquin Survie douce en pleine nature, de François Couplan ». Ah, il faut faire un matelas en plantes pour s’isoler du sol? Je prends mon couteau, je commence à couper les herbes toutes autour de moi.J’en entasse assez pour que ça soit confortable. Ah oui, c’est beaucoup mieux, mais j’ai fuckin’ froid aux jambes! Penser à la couverture de survie, la prochaine fois, pour s’isoler complètement de l’humidité et garder un minimum la chaleur. Je ferme les yeux et reste là, sentant la terre vivante sous moi. C’est très étrange comme sensation, tu as le cœur qui commence à battre fort, comme porté par une énergie gigantesque, comme si tes sens et ta propre énergie commençaient à se mettre au diapason avec cet immense cœur qui bat. Je commence à avoir peur de cette énergie gigantesque, j’ai soudain envie d’avoir quelqu’un là, à côté de moi, une présence chaude et rassurante.

Nos sens se sont étendus. Membranes, toiles de nerfs qui pendent blancs et mous, se sont gorgés et s’étendent puis flottent tout autour comme des filaments, rendant l’air tangible et captant tous les sons éloignés que nous n’entendions pas auparavant.

Virginia Woolf, La vague

Ton ego se rétracte et se dissout pour faire soudain face à l’immensité des forces dont tu es dépendant et que tu ne perçois pas au quotidien, protégé, ou plutôt coupé par les énergies humaines, par le béton, par ta maison, par la communauté. La communauté et ton chez toi te protège de cette énergie et puissance écrasante, mais lorsque la communauté s’enferme dans une forteresse et qu’elle s’y dissout, réduisant les rapports humains à de simples interactions numériques, il y a un vrai problème.

Personnellement, j’ai tendance à croire que les rapports humains et interactions sociales sont engendrés entre autre par le fait que seuls, nous serions écrasés par cette puissance de la Terre, de la nature. Nous ne sommes pas prêts, physiquement et mentalement, à supporter ça. S’associer, échanger, comme les cellules d’un organisme qui travaille en harmonie, est une condition indispensable à la survie.  En l’absence de forces opposées, les cellules retournent à leur individualité, stagnent et puis se décomposent.

Je n’ai pas tenu face à ces forces. Il faisait trop froid, je n’étais pas assez équipée. Vers 1h du mat, je me décide à retourner dormir chez moi. A la prochaine, Eireann. Cette expérience n’étais pas vaine, je me sens malgré tout plus calme que je ne l’ai été depuis longtemps. J’ai les mains qui chauffent, et le corps qui vibre, comme emporté par un courant puissant.

 

NorthernLights

Je poste un dernier petit extrait de La Vague de Virginia Woolf parce que j’arrête pas de retomber dessus et que ça me perturbe grandement (m’est avis que c’est un message de Loki qui tourne dans le coin , ce p’tit malin ne me lâchera jamais les basques, et quand il veut dire quelque chose il insiste jusqu’à ce que tu saisisses son message)

Je ne suis pas vulgaire; je ne suis pas snob. Si je m’ouvre à la pression de la société, je m’en sors souvent par des pirouettes linguistiques en introduisant quelque chose de difficile dans la conversation. Regardez donc mes petits jouets, tordus en moins d’une seconde, voyez comme ils aiment ça. Je ne suis pas quelqu’un qui entasse les possessions– Je laisserais très certainement  moins d’une valise de vêtements lorsque je mourrais — et je suis pratiquement indifférent à toutes les petites vanités de la vie qui causaient à Louis tellement de tortures. Mais j’ai sacrifié beaucoup. De part le fer qui coule dans mes veines, marbré d’argent et de boue quelconque, je ne peux pas serrer le point fermement comme le font ceux qui ne dépendent pas des stimulus. Je suis incapable de dénier quoi que ce soit, je suis incapable du moindre héroisme à la manière de Louis et Rhoda. Je n’arriverais jamais, même à l’oral, à construire la phrase parfaite. Mais j’aurais au moins contribué bien plus au moment qui passe que chacun d’entre vous. Je me dois d’aller explorer encore de nouvelles pièces, bien plus de pièces que n’importe qui présent . Mais parce qu’il y a quelque chose qui vient de l’extérieur, et non pas de l’intérieur, je serais oublié; lorsque ma voix sera silencieuse vous ne vous souviendrez plus de moi, car elle sera enregistrée comme l’écho d’une voix qui une fois transformait les fruits en phrases.

Cueillette de plantes sauvages: Alliaire officinale, nombril de vénus et douce-amère

Hello les gens! Ca faisait longtemps non? (au moins UNE SEMAINE!)

Bref. Me revoici, surfant sur les vagues de mon installation en Irlande. Sans vouloir trop m’attarder sur ma vie, je me suis installée tranquillou, je commence la reconnaissance des environs, je me balade pour trouver des coins tranquilles pour me ressourcer dans la nature (je suis tombée sur un tilleul gigantesque juste à côté d’une petite rivière…sublime, dommage qu’il y aie pas mal de déchets, va falloir que je ramasse tout ça , ça sera une bonne offrandes aux esprits du lieux) , j’essaye d’être sociale comme je peux , je reconstruis tout doucement mon espace en tissant ma toile un fil après l’autre.

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Illustration: Lucien Lévy-Dhurmer

J’essaye de ralentir. Prendre conscience de tout ce qui me reste à faire, y aller étapes par étapes . Se structurer au sein d’un nouvel espace n’est jamais facile, la perte de repères est toujours extrêmement fatigante pour le moral et le le physique, tu dépenses une montagne d’énergie hallucinante à trouver un compromis entre essayer de te protéger  et en même temps s’adapter et apprendre de son nouveau milieu, tel un petit poisson rouge balancé au milieu de l’océan (NEMOOOOOOOO!)

Je ne suis pas quelqu’un de particulièrement sociable à la base, je me sens toujours mieux seule au milieu des arbres qu’en compagnie nombreuse; j’adore les gens, c’est juste que je me sens très vite enfermée, ou opressée au sein d’un grand groupe . Tu as l’impression d’être décalée, à côté de la plaque, obligée d’exercer un contrôle sur ce que tu es pour rentrer dans le moule sociétal. Et même si ce jeu en société est indispensable dans les relations humaines, il m’a manqué durant toute ma jeunesse, et encore maintenant, je n’ai pas encore ce petit quelque chose qui fait que tout coule de source dans la relation avec l’autre; c’est comme si je m’imposais en permanence un « filtre » qui m’empêcherais de ressentir trop profondémment ce qui m’entoure.

Mettre à bas ce « filtre », comprendre pourquoi et quand il se met en place, et comment le contourner pour prendre du plaisir à être avec les gens au lieu de se perdre dans les méandres des suggestions et projections mentales qui ne font que t’enfermer encore plus en toi même est un sacré travail de tous les instants.

C’est un travail de prise de conscience, de compréhension des mécanismes de défenses qu’on a pu développer à cause/grâce à nos expériences passées et notre sensibilité.

Simplement laisser les choses couler lorsqu’on les sens venir, laisser couler les sensations qu’on capte, celles qui viennent de nos défenses. Ne pas fermer nos portes, laisser le flux du monde et des autres entrer en nous. Ne pas laisser l’eau stagner en nous, tous ces souvenirs, peurs, angoisses qui se transforment en une eau noire qui nous enlise, transforme une partie de nous en un marais insalubre (et vive les moustiques et les crocos là dedans) .

Demande à l’eau de couler. Ne te ferme pas. Si tu es en colère contre quelqu’un, c’est que ça te renvoie à quelque chose que tu n’aimes pas chez toi. Si tu es dure avec les autres, c’est parce que tu es dure avec toi même . Si tu traites autrui avec respect , tolérance et gentillesse, tu fais de même avec toi même.

Chère Baba Yaga, les gens me disent parfois que j’ai l’air faché alors que c’est juste que je m’ennuie. Est-ce qu’ils voient quelque chose en moi que je ne vois pas moi même?

Baba Yaga

L’ennui est comme le dessus d’une vieille souche détrempée, l’eau de pluie qui tombe dans ce petit puits rend possible la décomposition vers laquelle les cellules se laissent naturellement aller. Que se passe-t-il donc en toi pour que tu stagnes si facilement? Remues l’eau morte et regarde ce qui se passe tout au fond.

Via Taisia Kitaiskaia

Il me reste encore pas mal de travail à faire là dessus, mais j’ai l’espoir d’arriver à renverser la tendance!

En attendant je m’attelle à reconnaître les plantes du coin que j’intègre petit à petit à mon alimentation. Je me suis achetée un mini-blender, c’est ultra pratique pour faire des genre de pestos végétaux: tu prends tout ce qui te passes sous la main, tu mixes avec de l’huile d’olive, du citron et de la sauce soja et hop! T’as un super truc à tartiner sur ton pain du midi (tu peux même pousser l’awesomitude jusqu’à faire ton pain toi même, mais bon faut avoir un four et du temps devant soi!) Je fais déja quelques salades avec du plantain, des jeunes feuilles de tilleul (ultra bon et très doux, je vous conseille!), quelques orties cuisinées comme des épinards et de la vesce comme dans l’article précédent, et j’ai appris à reconnaître trois nouvelles plantes que je vais vous présenter par la suite (toutes les plantes que je vous présenterai dorénavant sur ce blog seront des plantes que j’aurais touchées, senties,et goutées quand comestibles, et cueillies avec mes petites mimines):

-L’Alliaire Officinale ou herbe à ail ( Alliaria petiolata )

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Elle est aparemment devenue envahissante aux états-unis, en tout cas en France je n’en ai presque pas croisé, mais j’en ai trouvé par ici. Elle aime bien les clairières et les lisières de forêt, les bords des murs, il ne faut pas la confondre avec les Dentaria, Osmorhiza claytonii,et Saxifraga virginica : vous pouvez la reconnaître facilement grâce à l’odeur légèrement aillée que dégagent ses feuilles lorsqu’on les froisse (l’odeur est un très bon moyen de reconnaître les plantes médicinales et/ou toxique) et la forme caractéristique des feuilles.

Vous pouvez en faire des pestos, des salades, cuire les feuilles comme des épinards, ou encore se servir de ses graines pour faire un genre de moutarde (d’où le nom anglais Garlic Mustard ) . Les feuilles sont tendre , pas poilues ou coriaces comme peuvent l’être d’autres plantes sauvages; et en plus ça a plein de propriétés médicinales: elle est diurétique, on l’utilise aussi pour traiter l’asthme, ou la goutte, ou encore fraiche en cataplasme, pour désinfecter .

Et nos ancêtres les utilisaient déja depuis trèèès longtemps, la preuve, on a même retrouvé des traces de graines sur des poteries datant de 6000 AVT JC! (whouuu, prends ça dans les dents)

Le Nombril de Venus (Umbilicus rupestris)

Alors celle-ci, impossible de la confondre avec une autre plante. Ca ressemble un peu a une espèce de cactus qui aurait copulé avec une girolle, c’est gorgé d’eau (une plante « succulente » on dit aparemment en botanique, et je vous assure que mon palais la confirme comme succulente également au niveau culinaire). Elle aime les vieux murs, les vieilles pierres toutes humides, les endroits ou le soleil ne passe pas très souvent. Je ne me souviens pas en avoir vu en France mais je sais qu’il y en a , en tout cas ici, au royaume de l’humidité et des vieilles pierres, elle s’en donne à coeur joie la petite!

Celle-ci par contre , il vaut mieux éviter de la cuire, c’est un peu un gros gâchis; le meilleur moyen de la cuisiner, c’est fraîche, en salade. N’oubliez pas de cueillir celles qui sont hors d’atteinte des pipis et cacas de renards ou autres ragondins (qui transmettent la leptospirose), c’est préférable lorsqu’on consomme les plantes crues. En plus elle a un super goût, qui peut être légèrement amer lorsqu’elles sont vieilles ou qu’elles produisent des fleurs.

Nicholas Culpepper , un physicien, astrologiste, botaniste et herbaliste (qui n’est pas très considéré aujourd’hui, car il appliquait une classification astrologique aux plantes, on comprenne que ça plaise moyens aux scientifiques modernes) lui prétait des vertus dépuratives, et un effet particulièrement bénéfique sur les reins: elle est sensée être efficace contre la plupart des maux d’origine « chaude »:

« Boire le jus ou l’eau distillée de nombril de Vénus est très efficace contre toutes les inflammations ou échauffements non-naturels, pour refroidir une brûlure d’estomac, un foie chaud, ou les intestins: les feuilles, le jus, ou l’eau distillée, appliqués en externe, soignent les boutons, l’ergotisme (un genre d’intoxication provoqué par la consommation d’un champignon présent dans le seigle), ainsi que d’autres échauffements externes. Le jus ou l’eau aide à purifier les reins stagnants, qui sont blessés ou ulcérés par les calculs; ils font aussi uriner, sont efficaces contre les oedèmes et aident à dissoudre les calculs rénaux. Lorsque qu’on l’ utilise dans un bain, ou écrasée pour en faire un onguent, elle calme les veines enflammées; et est également très efficace contre la goutte et la sciatique, et combat les noeuds présents dans le coup ou la gorge, qui se nomment le mal du roi: Le jus ou l’onguent soignent les engelures et les bleus, en les aidant a disparaître rapidement. »

Pour plus d’infos , n’hésitez pas à aller checker la vidéo suivante, qui vous permettra de bien reconnaître le nombril de Vénus:

Nous allons donc finir notre petit article avec une PLANTE TOXIQUE! (yeaaaah vous l’attendiez celle là, avouez! Une plante magique :D) j’ai nommé la très jolie Douce Amère (Solanum dulcamara)

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(dorénavant, j’utiliserai cette illus de Pam Wishbow pour parler des plantes toxiques, histoire d’être sure et certaine que quelqu’un qui aurait lu l’article en diagonale ne s’amuse pas à les ajouter à sa salade)

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Jasmin à gauche, douce-amère à droite, et l’insecte c’est un magnifique sphinx à tête de mort et sa chenille de toutes les couleurs

La douce-amère fait partie de la famille des Solanacées (en anglais on les appelle les Nightshade, c’est quand même vachement plus classe), dont font partie entre autres la Belladone, la Datura et la Mandragore, et aussi…la patate. Et oui la patate on dirait pas comme ça, mais c’est sacrément badass. On consomme les tubercules (donc la chose informe que nous appellons « pomme de terre »), mais les feuilles , et toutes les parties vertes des turbercules sont toxiques et contiennent de la solanine, un poison assez violent, que seule la larve de quelques papillons comme le Sphinx tête de mort peuvent boulotter tranquillou, alors que ça peut vous allonger raide mort . La solanine provoque des troubles cardiaques, vomissements, nausées, diarrhées, paralysies, fièvres, hallucinations; évitez de manger des feuilles de patate si vous voulez vous tapez un trip, les effets secondaires risquent de vous gâcher le voyage.

La Douce Amère aime les endroits un peu sombres, et surtout très humides, comme les bords de vieux murs ou les points d’eau.

En magie, elle est réputée être protectrice lorsque accroché dans un endroit secret de chez vous, ou aider a soigner les souvenirs amers lorsque portée sechée, dans un petit sachet par exemple. Elle est utile si vous faites de la magie Faery (ce que je ne pourrais pas confirmer, je n’en fais pas) , et est associée à Mercure et Saturne.

La Douce-amère est moins toxique que ses congénères, aparemment les amérindiens l’utilisaient en pommade pour traiter l’arthrite, les tumeurs, les problèmes digestifs… Mais là encore, je ne vous conseillerais pas de faire de même!

Vous pouvez trouver d’autres informations sur la douce amère par ici, mais c’est en anglais!

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Allez des bisous à tous, et à la prochaine!

Quelques plantes sauvages pour commencer la cueillette

Je vous mets quelques photos de plantes que j’ai ramassées dans ma belle campagne (oué, je vous soule un peu avec mes articles, mais demain je pars pour dix mois en Irlande  et internet est tout pourri la bas, du coup je ne sais pas trop quand je reviendrai) . Celles-ci sont suffisemment caractéristiques pour être reconnues facilement, j’espère que ça vous aidera pour la cueillette!

Au pire, ça vous fera ptêt tilt si vous les croisez au détour d’un chemin ou d’un jardin 😉

On commence par…

LES PLANTES TOXIQUES (yeaaaah!)

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On commence avec la fameuse Hellebore Verte , que j’ai trouvé à la lisière d’un bois. Il existe de nombreuses espèces d’hellébore, dont la noire (appellée ainsi parce que ses racines sont noires), celle habituellement utilisée en magie, et la blanche. L’hellébore verte était cultivée dans les jardin de moine pour soigner des affections cardiaques et nerveuses, mais je ne vous conseillerais pas de vous faire une tisane avec , elle est fortement toxique. Elle est l’un des quatre poisons de sorcière, avec la Cigüe, la jusquiame et la belladone, et entrait souvent dans la composition du fameux onguent de vol des sorcières, dont elles se tartinaient à l’époque pour entrer en transe. Vous pouvez utiliser en nécromancie, ou pour les sortilèges de banissement: elle est extrêmement puissante, à approcher avec respect et circonspection. Elle a une sacré énergie, il me suffisait de rester au dessus avec les mains tendues vers le plan d’hellébore pour ressentir aussitôt des vertiges. Pour ce qui est d’entrer en contact avec, perso c’est pas encore le cas, je pense que ça demande du temps et du doigté, madame est capricieuse.

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Le chèvrefeuille, que vous pouvez trouver en abondance dans les sous-bois. Attention, celui-ci est aussi toxique. En magie, il est dit attirer l’amour et l’argent, et protéger le jardin du mal . On peut bruler les fleurs qui sentent hyper bon en guise d’encens pour purifier l’atmosphère.

LES PLANTES COMESTIBLES

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On utilise la consoude pour faire le fameux purin , qui équilibre le compost en raison de sa teneur en potasse. Mais autrement vous pouvez utiliser ses grandes feuilles poilues un peu comme les feuilles de vigne, vous les faites cuire à l’eau une minute pour les ramollir, puis vous faites une farce à base de ce que vous voulez (riz/petits légumes/noix par exemple) , vous enroulez les feuilles de consoude autour de la farce et hop à griller au four avec un filet d’huile d’olive, c’est extra. Autrement, au niveau magique, c’est une plante eau/saturne, une des plantes sacrées d’Hécate.  On peut la brûler avec de l’armoise pour aider à la divination, ou en garder une feuille dans son bagage pour se protéger pendant le voyage. On l’appellait Con-soude parce qu’il était dit que prise en aliment ou en tisane, elle aidait à ressouder les os. Vous la trouverez un peu partout dans les prés humides et en lisière de forêt.

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Le plantain est l’une des plantes du charme nordique des Neufs herbes sacrées. Il est coriace, sert a peu près à tout, soigne les blessures et piqures (vous en mâchez quelques feuilles et les appliquez sur les blessures) , est très efficace en cas de rhumes ou de bronchites pris en tisane, c’est un peu l’herbe qui ne paye pas de mine mais qui cache bien son jeu. Vous pouvez faire un pesto plantain/feuilles de framboisier, il parait que c’est très bon (ma mère a testé). Au niveau magique, le plantain est sensé aider dans tous les charmes liés à la force, la protection et le soin. C’est une plante très sympa, toujours prête à aider, vous pouvez la cueillir sans trop de soucis. Vous le trouverez surtout sur les chemins en terre.

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Le Cerfeuil musqué, dont je ne vous conseillerais pas la cueillette si vous êtes novices, parce qu’on peut le confondre avec sa pote moins sympa la cigüe. Au contraire de le cigue qui a une odeur désagréable de pipi de chat, le cerfeuil sent très bon, et il n’a pas de taches rouges sur sa tige, qui est creuse et crénellée. En magie, le Cerfeuil musqué est l’une des 9 herbes sacrées, il est sensé protéger et purifier, comme ses confrères du charme.

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La grande Berce (et pas la grande Bertha, pardon c’était nul comme blague) , aussi appellée l’herbe à lapin, est assez commune dans les prés. Ca ressemble un peu à une grande rhubarbe, en plus dentelé. Attention à ne pas la confondre avec la Berce du caucase, qui est phototoxique: la Grande Berce a plein de petits poils doux sous les feuilles et sur la tige, que la Berce du caucase n’a pas, les feuilles de la grande berce sont aussi moins dentelées.

On peut utiliser les jeunes feuilles comme des épinards (n’essayez pas les grandes, c’est dégueu, j’ai testé), par contre vous pouvez faire des super salades avec la tige, que vous épluchez comme une tige de rhubarbe et que vous coupez en petit morceaux avec de la feta, des tomates, des concombres… Elle est hypotensive et diurétique , et riche en vitamine C au printemps. Je ne lui connais pas d’usage magiques, mais sait on jamais!

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L’Egopode est très commune dans les sous bois, on peut la consommer jeune en salade, ou plus vieille comme des épinards. Sa saveur est plutôt sympa, assez forte, et sa texture plutot douce, comparée à d’autres plantes sauvages. Pas d’usage magique connu, mais elle était appellée Herbe aux goutteux, car elle était réputée aider à soigner…la goutte.

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Le Geranium herbe à Robert n’a rien a voir, contrairement à ce que son nom indique, avec le géranium de ton balcon, qui lui doit être un poil toxique. On la trouve un peu partout sur le rebord des chemins et pieds des murs, son odeur est très agréable, on peut en faire des vins parfumés. On utilisait son infusion pour lutter contre la dysenterie et les hemorragies utérines, pour aider à stabiliser le taux de sucre dans le sang et pour désengorger les mamelles des vaches .

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La Vesce commune est intéressante parce que riche en protéines. Elle a un très agréable gout de petits pois, on la trouve surtout sur le bord des chemins et dans les champs, elle est aussi beaucoup utilisée en agriculture biologique. Pas d’utilisation magique connue au bataillon, mais par contre on sait qu’elle était une part certaine de l’alimentation de certains hommes du néolithique, et qu’elle était cultivée par les romains.

Voilà! On arrête la pour ce soir, bonne nuit les coccinelles et a bientôt! Une petite photo de Melchior et Balthazar mes nouvelles mini-opales, comme promis (pas plus grandes que l’ongle de mon pouce, mais costaudes! J’ai du mal à les apprivoiser ces saligaudes)

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(On dirait des minis Icebergs, c’est vraiment rigolo)

Débuter avec la cueillette sauvage

Me revoici dans l’arène pour vous donner, comme promis dans le dernier article , quelques détails concernant la cueillette sauvage.

Si vous avez envie de vous y mettre, pour récolter vos plantes vous même et les utiliser soit à des fins magiques, soit à des fins culinaires, soit à des fins médicinales, ou pour toute autre raison, il y a quelques règles à respecter afin que la cueillette et la dégustation, ainsi que la conservation se déroulent dans les meilleurs conditions possibles.

Sachez qu’il est plus facile d’utiliser les mêmes règles et de faire preuve des mêmes précautions pour toutes les plantes que vous cueillez, du moins lorsque vous commencez, comme ça si par exemple vous voulez utiliser votre aubépine pour en faire une tisane calmante ou en fumigation pour purifier un endroit, et bien y’aura pas de soucis en aval.

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La première difficulté à laquelle vous aurez à vous confronter, et non la moindre, est celle de l‘identification des plantes que vous cherchez. Soyez sur, et absolument certain, qu’il s’agit bien de la plante que vous voulez cueillir. Certaines plantes ont des cousines toxiques, comme par exemple le cerfeuil musqué qui ressemble à la cigüe. Pour éviter de passer de vie à trépas pour une bêtise, prenez un bouquin avec vous comme L’herbier a croquer , de François Couplan pour les débutants, ou Le régal Végétal pour ceux qui ont envie d’un truc plus consistant. Je préfère personnellement les ouvrages « non magiques » pour ce qui est de reconnaître les plantes sauvages, ils sont en général mieux documentés et plus complets; je recherche ensuite en aval les applications magiques des plantes qui m’intéressent , par exemple sur ce site là. Si vous n’êtes pas sur, cueillez quelques brins de la plante et ramenez les chez vous pour essayer de les identifier; ça peut etre un exercice sympa pour commencer .

Ensuite, soyez au courant des risques de maladies transmises par des parasites ou virus transmis par l’urine des animaux, comme l’echinococcose ou la douve du foie. (bon courage si vous allez lire les articles, c’est super dégueulasse. Mais que ça ne vous effraie pas, si l’on respecte quelques règles on a aucune chance de chopper ces saloperies) .

L’echinococcose est transmise par l’urine d’animaux sauvages, les cas sont très rares (15 par an environ) , et la plupart se concentrent dans l’est de la France et le massif central (voir la carte de Wikipédia), si vous allez ailleurs y’a aucun soucis. Mais si vous avez vraiment peur, cueillez les herbes qui se trouvent a plus de 50 cm du sol, ou dans votre jardin, aucun risque qu’il y aie du pipi de renard dessus.

Pour la douve du foie, on la trouve dans le cresson sauvage et dans les pissenlits qui se trouvent en aval des ruisseaux ou paissent des bovins ou ovins (vaches et moutons), du coup évitez simplement d’en ramasser et préférez le cresson cultivé.

Si malgré tout ça ça vous fait encore grave flipper toutes ces histoires de parasites qui vous bouffent le foie (nooooon reveneeeez je vous assure c’est bien les plantes sauvages!) , dites vous qu’il existe une solution toute simple qui permet une consommation sans risque des légumes.

Et oui. La cuisson. Normalement, si vous cuisez vos légumes, y’a plus aucun soucis. Bon par contre, la plupart des vitamines et micro-organismes nécessaires à la digestion se trouvent dans le légume cru et sont détruites à la chaleur, du coup c’est vous qui voyez!

Si vous partez pour une longue balade, n’oubliez pas votre pince à tique, pour la retirer vite fait, essayez de portez des collants ou leggins, afin d’éviter de chopper la maladie de lyme qui est une belle saloperie et transmise par les piqures de tique. Prenez aussi un petit flacon d’huile essentielle de lavande aspic, efficace contre tout type de piqures (ou mâchez du plantain avant de l’appliquer sur la piqure, ça marche aussi), et puis une bonne bouteille d’eau contre la désydratation, ainsi que quelques offrandes pour les esprits du lieux et pourquoi pas un outil de divination pour etre sur qu’on vous autorise à cueillir les plantes concernées.

Pour ce qui est de la cueillette proprement dite, ainsi que de la conservation et de l’utilisation des plantes , vous pouvez aller voir la vidéo de Lyra Ceoltoir (du blog Herbwitchery) qui est vraiment super bien faite; elle vous donne plein de tuyaux pour cueillir, faire sécher , conserver et enfin utiliser les plantes, comme par exemple:

Utiliser un panier en osier pour mettre les plantes qu’on cueille , afin de participer à la pollenisation et d’éviter d’abimer votre récolte (et puis c’est toujours sympa, le côté petit chaperon rouge en balade pour aller voir sa mère grand)

Ne pas utiliser de couteau en fer , certaines plantes n’aiment pas ça, en particulier celles qui sont liées à la faery. J’en ai eu la confirmation lorsque j’ai été cueillir de l’hellébore, j’avais des branches d’aubépine dans mon sac et je mets la main pour chopper mon couteau afin de l’utiliser pour couper l’hellébore, et BIM je me pique, mais bien méchant. J’ai essayé quand même (je n’avais aucune idée à l’époque que certaines plantes puissent ne pas aimer le fer), rien a faire, je n’arrive pas à couper les tiges. Solution: utiliser un couteau en céramique style celui là que j’adore, ou vos petites mimines .

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Faites juste attention si jamais vous cueillez des plantes qui ont une sève corrosive comme l’hellébore, mettez des gants , sinon vous risquez d’avoir des surprises.Pour vous donner un exemple, j’ai été cueillir de l’hellébore , puis je me suis mise à décortiquer les cosses pour récupérer les graines (personne a empoisonner je vous rassure, mais l’hellébore est une super plante pour tout ce qui est de banir les trucs pas beaux et méchants) , et là je sens que le bout de mes doigts me pique et devient rouge, je commence à avoir des vertiges. Je vais vite me laver les mains et regarde sur internet, et je m’aperçois que le suc est corrosif, et que les principes actifs peuvent passer dans le sang. Je vous avoue que j’ai un peu flippé quand même, j’étais shootée pendant au moins 3h, rien de grave, juste la légère impression d’être un peu bourrée ou d’avoir fumé. Donc prudence, renseignez vous bien; bien que les plantes toxiques soient dans l’ensemble assez rares dans la nature, c’est important de savoir les reconnaitre.

Evitez les plantes de bord de routes . Les voitures qui passent relâchent pas mal de pollution, qui peuvent passer dans les plantes. Pareil pour ce qui est de la cueillette en milieux pollués, vaut mieux éviter; c’est une raison pour laquelle j’aime cueillir mes plantes moi même et savoir d’où elles viennent, car leur teneur en principes actifs dépend de l’endroit où elles poussent.

Cueillez vos plantes de préférences le matin,  et lorsqu’elles sont sèches. Je crois qu’il existe différentes heures ou jours , voir saisons spécifiques à la cueillette de telle ou telle plante, ça ne fait jamais de mal de se renseigner, mais en général c’est le matin que les plantes sont au « must » de leurs arômes .

Triez et Rincez bien votre cueillette, surtout si vous allez la consommer après. Lorsque ce sont des plantes aromatiques de votre jardin, on conseille souvent de ne pas rincer , car la encore, ça retire pas mal de principes actifs. Mais pour celles cueillies dans la nature, il y a souvent de la poussière, ou des insectes dessus; il vaut mieux les laver , avec un petit peu de vinaigre de cidre dans l’eau de rincage c’est parfait. Triez votre cueillette en cueillant, et en rinçant une deuxième fois, histoire d’être bien sur de ne pas avoir autre chose que ce que vous voulez ; en particulier si vous partez pour cueillir différentes plantes, c’est toujours mieux de les stocker dans des sacs différents ou de bien les séparer, surtout s’il y en a des comestibles et d’autres pas.

Mettez les à sécher dans un endroit sec, chaud, sombre et sans poussière. La technique la plus simple est simplement de suspendre les bouquets tête en bas, en les attachant à un fil qu’on serre bien (les plantes se rétractent en séchant) . Attention à la lumière, ça a tendance a détruire les principes actifs de la plante, c’est pour ça que les faire sécher au soleil est en général une mauvaise solution.

Stockez les dans des pots en verre, à l’abri de la lumière, avec un bon étiquettage. Il est préférable d’utiliser des pots en verre avec un bouchon de liège, afin que l’air circule et que les plantes ne moississent pas. Sinon, les sacs en papier (éviter le papier blanc, qui contient du chlore et des agents blanchissants) style sacs qu’il y a dans les magasins bio pour prendre les trucs en vrac ou les légumes, c’est parfait; ou encore des petits sacs en tissus, c’est plus facile à transporter si vous partez en voyage.

Voilà! J’espère que ça vous aura aiguillés, n’hésitez pas à apporter des précisions/corrections si besoin, je posterais quelques plantes faciles à reconnaître dans le prochain article, avant de partir en Irlande demain !

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Voilà le premier de la série pour vous mettre l’eau à la bouche : le lierre terrestre (Glechoma hederacea), cette mauvaise herbe qu’on trouve dans tous nos jardins. Au gout très fort, on l’utilise en condiment un peu comme le persil ou le thym, pour relever les salades, potages, omelettes… J’adore ce gout, c’est hyper agréable, et plein de vitamine C. Elle est anti-inflammatoire, diurétique, astringente, expectorante; et en magie on l’appellait « couronne de terre », et réputée redonner des forces aux jeunes maman après l’enfantement, lorsque placées sous l’oreiller; on peut aparemment l’utiliser aussi pour la divination.

A ne pas confondre avec le Lierre Grimpant qui ne lui ressemble en rien, et qui lui, est toxique.

Nez dans l’herbe et sang de sève

Voilà. Je vous propose un truc les petits loups. Vous vous posez tranquillou, vous appuyez sur « play » ,et vous quiffez la vie en écoutant du Hildegarde de Bingen (une abesse de je-ne-sais-plus-quel-siècle, une fille incroyable qui a pondu un nombre effarant de textes sur les propriétés des plantes et pierres, la philosophie, la musique, les enluminures… Oui, je ne sais pas comment elle avait eut assez de toute une vie pour faire tout ça) .

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On ne prend jamais assez le temps de faire les choses, de s’imprégner de ce que chaque chose nous donne. L’ancrage, par la terre, par le contact avec tout ce qui nous entoure, créé des courants avec ce tissu de la vie qui frémit sous nos impulsions. Pas d’ancrage, pas de chocolat   et c’est le carnage assuré. Peurs, angoisses, insatisfactions, insécurité …Si t’es pas en alignement avec le monde, il se créé un décalage, tu deviens Soul Blind. (j’avais fait un petit article dessus si jamais ça t’intéresse, petit internauteur en voyage dans l’outre-espace la blogosphère). Tu sens qu’il y a un truc qui cloche, et tu dérape. Bim dans les graviers. Que faire pour retrouver cet alignement? Ce qui nous parle le plus.  Jardiner, courir, faire du Kung Fu, du Tai-Chi, du dessin, de la pâte à sel ou des bougies , du moment que ça nous rends conscient.

Allez hop, voilà petit extrait de Tribulations d’une chamane à Paris, de Corine Sombrun parce que je l’aime bien et que ça explique plutôt bien le shmilblick:

A force de faire plusieurs choses a la fois, je ne prenais jamais le temps d’écouter ce que chacune me disait.  » C’est pour ça que tu es fatiguée. Dans ton agitation, tu ne peux pas voir tout ce qui t’entoure, les couleurs, les odeurs, les goûts, les textures t’offrent une énergie inépuisable. Mais, pour les recevoir, tu dois déjà apprendre à leur donner ton attention. »

Et j’ai compris soudain pourquoi ses gestes à elle me semblaient posés, profonds, enracinés. Uniques. En les faisant, en les pensant, en les écoutant les uns après les autres, elle pouvait en capter toutes les énergies.

Pour moi qui suis un poil hyperactive (syndrôme de l’ère numérique?) , c’est un véritable challenge que de me reposer et de prendre conscience de chacun de mes gestes. Souvent, dans mon cas, au lieu d’avoir une circulation fluide entre la pensée et l’acte, la pensée part dans toutes les directions à la fois et le geste, déstabilisé et désorienté par ce chaos , se heurte aux possibilités et finit par foirer (comprendre: je casse un truc ou je frappe quelqu’un sans faire gaffe).

Il faut tout réapprendre. C’est long. C’est chiant. Ca demande de se structurer; en ça travailler avec Athéna est salvateur, je ne la remercierais jamais assez. Elle met de l’ordre dans mes pensées, en me forçant à réfléchir à mes actes et mes pensées, à remonter à la source à chaque fois que je joue au chat et à la souris avec moi-même, me forçant à régler les problèmes plutôt que de les enterrer sous le paillasson .

Un vendeur de pierres m’avait dit un jour que j’étais comme l’obsidienne ou l’opale: sans structure (tiens donc, mes deux pierres favorites). Vitreuse, ou Hyaline , histoire de faire plus scientifique: les cristaux présents dans les autres minéraux ont eut le temps de se former avec le temps, de grandir et de choisir une structure , de se canalyser. Alors que dans les structures vitreuses, l’énergie peut se disperser dans tous les sens, c’est le royaume de la potentialité et des chemins multiples; le seul moyen de leur donner une forme, c’est de les sculpter, ou de les briser. (ou les deux?) Et alors? Dois-je me sculpter en flèche, en miroir, en galet poli? En éclat?

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Ma dernière acquisition: Jean-René, une mini-opale de feu. Je suis absolument fascinée par les merveilleux relfets de l’opale, j’en ai acheté deux autres mais je vous présenterais Melchior et Balthazar une autre fois!

Enfin. Je dévie. Revenons à la terre. Depuis quelques mois, je fais un gros travail d’ancrage. Lorsque je faisais des apnées du sommeil, j’étais beaucoup plus fatiguée, mais beaucoup plus « ouverte »: j’avais souvent des perceptions accrues, des états de veille étranges entre deux mondes…Mais ça venait toujours de manière complètement incontrôlée. Tu me demandais de m’asseoir et de rentrer en transe comme ça hop, c’était mort. Et puis bonjour au taff les apnées du sommeil, quand tu es en mode zombie h/24 , que tu n’arrives pas à aligner trois mots ni à te concentrer sur ton écran, et que parler aux autres te demande un effort tellement considérable que tu préfères pioncer avec de la musique dans les oreilles, l’esprit entre deux eaux et le corps bien content de se laisser aller à l’état d’apoplexie .

A commencé un très long travail d’ancrage, une bonne grosse purification bien bourrine pour délier les principaux blocages, un réapprentissage de la perception de ce qui m’entoure.Yoga, balade, jardinage. La terre. Les végétaux. En me collant à un arbre, en étendant ma perception, j’ai l’impression de comprendre comment l’arbre me perçois: comme un hamster. Qui passe son temps à courir dans sa roue, à mordre les barreaux, à grignoter sa graine de tournesol et a rester coincé dans son tube parce qu’il est trop con et qu’il croit qu’une fois dedans, il peut faire marche arrière.

Ok , arbre. Montre moi. Plante, enseignes-moi.Même si je perds en « perception », tant pis .(c’est ce qui s’est passé, je n’ai plus de visions de ouf ou d’espèce de transes chelou de demi sommeil comme j’avais avant, va falloir que je regagne ça à la sueur de mon front, je me sens comme Lyra qui a perdu la capacité de lire l’aléthiomètre, c’est assez frustrant j’avoue)

J’ai commencé à travailler un peu un bout de jardin durant mon temps passé à la campagne, j’ai planté de l’engrais vert pour revitaliser la terre fatiguée.

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Il y a deux mois il n’y avait que de la terre nue à cet endroit, mes graines s’en sont données à coeur joie, une vrai forêt vierge (je suis sure qu’il y a un vélociraptor de planqué là dedans)

Je me suis un peu interessée a la permaculture, pour quand j’aurais mon vrai chez moi , parce que j’aimerais être autosuffisante autant que possible et manger MES tomates, et puis j’ai potassé aussi le super bouquin Vivre en pleine nature, de François Couplan. Ca n’a rien à voir avec Man Versus Wild, je vous rassure.

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Alors là, je viens de tuer ce crocodile avec mon pouce, je vais donc le dépecer avec un couteau fait en ongle incarné taillé et en faire une bonne soupe,et après je dors dans ses intestins pour me tenir chaud durant la nuit.

Non. Vivre en pleine nature est axé sur la survie douce, ne pas rejeter toute « civilisation » mais apprendre à se démerder avec le minimum, bâches, pastilles pour désinfecter l’eau, sac de couchage, farine complète, huile, sel et surtout apprendre à reconnaître et respecter les principales plantes sauvages. François Couplan a pas mal travaillé avec des peuples amérindiens, la notion de respect et d’harmonie avec la nature, l’échange avec les esprits est sous-jacent dans toutes ses démarches: tu ne prends que ce dont tu as besoin, tu en fais bon usage, tu demandes, tu remercies.

J’ai commencé à tester quelques plantes, les plus faciles a reconnaître sans risquer l’intoxication, en les intégrant petit a petit a mes menus, histoire de ne pas changer d’habitudes trop violemment.

Parce que les plantes sauvages, ça a une sacré énergie, et ton corps n’est pas habitué à ça. Ca a des gouts, des textures inhabituelles, et puis tu le sens quand tu l’ingères. Tu es ce que tu manges; l’addage prend ici tout son sens. Quand tu manges, tu te « charges » de tout ce que ta nourriture à été. L’endroit ou elle a poussé , ou gambadé, ou nagé, ce qu’elle a elle même ingéré, son histoire. Un transformation, une incorporation s’opère.

Les plantes sauvages ont beaucoup plus de minéraux, de vitamines et d’acides aminés que ne possèdent la plupart des légumes cultivés aujourd’hui. Il faut évidemment prendre quelques précautions avant de s’y mettre sérieusement, s’armer de courage (je vous rassures, jusqu’ici je ne me suis jamais retrouvée a vomir mes tripes, ni même a ressentir la moindre nausée; par contre desfois c’est chaud à manger, trop d’énergie , tu as l’impression d’être calée direct)

Je vous filerais quelques tips dans le prochain article, ou je vous posterais plus en détail mes cueillettes et quelques trucs a respecter avant de se mettre /en se mettant/ à la cueillette sauvage.

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Et pour finir, un bel exemple de foirage: le vin de sureau qui était juste dégeulasse (vieux gout de pipi bonjour) . Dommage, la photo était classe.