Les ruines de l’ancien monde

Je suis l’esprit du pardon, personne ne peut blesser sa propre illusion

Mes mains sont paralysées par la douleur, tu es l’écharde dans mes veines

Tu prends ta tête entre tes mains, tu ne comprends rien à ce qui t’arrive

Je pressens que les réponses te font peur , j’ai gardé les blessures en moi

Je suis la Ligne, je te maintiens à mes côtés

Il n’y a aucun fardeau à porter, je vois clairement

Je suis complet, je ne connais pas le vide,

Je n’ai aucune conscience à garder tranquille, je sais qu’il n’y a rien de plus.

Tu te fais des illusions avec tes questions, espérant une rectification

Je t’ai trouvé attaché à la croix, avec le Jugement dans chacune de tes pensées

Tu sais que mes mots ont tous le même sens, tu t’es enterré ici pour t’isoler

Et dans cette prison de ton esprit, tu es né sans volonté
Quand donc a tu commencé à t’en fouttre?

Ca fait tout de suite bizarre quand tu te réveille à quatre heure du mat’ avec tes écouteurs qui te jouent précisémment ces mots là. Je m’endors souvent avec la musique sur les oreilles, j’aime beaucoup cet état de semi-conscience où beaucoup de choses arrivent , on les accepte sans les analyser, on flotte dans une mer d’informations où l’on ne filtre plus ce qui décide de venir à nous. Forcément, pour moi qui était en pleine remise en question, je me suis dite direct « ma fille, y’a un truc à creuser là. » Hop, je prends une piécette, je l’imprègne un peu de mon énergie et j’y imprime mentalement la rune Tiwaz (je fais ca à chaque fois que je veux utiliser un oracle qui pourrait être influencé par des énergies extérieures, ça le « remet droit » ) , je pose la question.

« Univers, Tout, Haut-moi ou Poussière, Ombres ou machin universel, c’est toi? »

Face. « ouip ».

Hah.

Bon. Faut dire que depuis que je me suis decidée a faire le vide , je me retrouve souvent avec des phrases qui pop-up de nul part. Là, écrit sur une voiture « Your soul is free« . Là, sur un T-shirt « create and destroy« . Et puis hier, en revoyant Mad Max 2 avec des potes  » Tu es un charognard Max. Tu vis sur les ruines de l’ancien monde. » Et évidemment, ça apparait à chaque fois que je suis perdue dans mes pensées à ce propos. J’ai essayé de passer mon dimanche à ne rien faire. C’etait plus dur que je ne l’avais imaginée. Toutes les 5 minutes, j’avais envie de descendre au jardin, faire un tour, faire la cuisine, grignoter un truc, prendre une tisane, ne pas aller sur l’ordi ou la télé parce que toute facon je n’en ai pas –et c’est tant mieux, mais méditer…non, ca ne venait pas. Pousse ton esprit à ne rien faire, il va devenir hyperactif. Essaye de verser dans l’ascétisme, il va chercher tout aussitôt à te plonger dans tous les vices les plus frétillants.

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Tu le sens bien, le frétillement? (loki, par Audrey Koch)

C’est bien ce que disait Allan Watt: tu ne peux pas forcer ton esprit à faire quelque chose. Ca n’est pas en disant  » ca y’est , je l’ai decidé, je suis forte, belle et intelligente, et plus jamais je ne me laisserais aller à être méchante  » que Hop le changement s’opère et que tu le deviens. Toujours selon lui, dans le Zen, si tu cherches à atteindre ce qu’on appelle la Libération, tu va voir, admettons, un gourou. T’arrives, tu lui dis « oh je suis impur, j’ai péché, j’ai été méchant, ou j’ai tué quelqu’un ou fait du mal, patati patata« . Le gourou, son role, c’est comme le psy, c’est pas de faire le travail à ta place. C’est juste de t’aider à trouver ce qui est bien pour toi. S’il a un tant soit peu de jugeotte , il ne va pas condamner tes actes, pas plus qu’il ne va les approuver. Il va juste t’écouter.

Et oui, voici la grande nouveauté que je vous rabâche depuis je sais pas combien d’articles: on est tous différents, et par la même, on ne peut absolument pas demander à quelqu’un d’appliquer des solutions qui ont fonctionnées pour nous. Il va à la limite te dire « va y , va donc dormir sur des clous sans rien bouffer pendant trois semaines, te battre avec des ours avec un silex et un pagne en bambou qui te gratte le cul » parce que c’est ce que tu demande, quelque part. Te soumettre à une certaine discipline, pour avoir l’impression d’évoluer et d’occuper ton temps. Pour te purger de ton sentiment de culpabilité. Et oui, les paiens ne sont pas en reste, c’est moi qui vous le dit. Le sentiment de culpabilité, qu’on soit chrétien, païen ou athé, on le ressent. On a la sensation qu’on doit payer, qu’on doit souffrir pour des erreurs qu’on a commises, des souffrances qu’on a causées àchez autrui, des dettes karmiques accumulées dans des vies passees ou un péché originel, ou tout simplement dans le fait d’être humain. On fait partie de cette race maudite, qui s’autodétruit, qui pollue la terre, l’eau , le ciel, qui empoisonne ses semblables et génère toute cette souffrance. On se sent obligé de porter le poids de toute cette souffrance , et de payer le prix.

Mais il n’y a pas de fardeau. Le fardeau que nous nous imposons est celui la même qui nous enferme, et qui continue la chaîne de la souffrance.

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Aucun acte d’amour ne peut fleurir s’il est sous-tendu par la culpabilité, la peur, ou un coeur vide, tout comme aucun plan pour le futur ne peux être fait par ceux qui ne savent pas vivre maintenant.

Allan Watts

La culpabilité, la souffrance, la peur sont cette épine dans le flux des veines du monde.  La peur nous fait nous raccrocher aux bribes de ce qui meurt, l’empêchant de se transformer en quelque chose de nouveau, empêchant la Vie de fleurir de nouveau. La peur paralyse, nous empêche de réfléchir clairement. Nous fait nous raccrocher à des illusions pour avoir une sensation de sécurité. On est, en tant qu’humains, des cellules de ce grand organisme qu’est la Terre. Et tout comme toutes nos cellules se renouvellent sans cesse, meurent, renaissent, meurent tout de même, l’organisme grandit, évolue, mais reste cohérent, sous-tendu par je ne sais quelle force gigantesque.

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(Gaia, par le dessinateur Boulet )

Il faut juste avoir confiance en la vie , et plonger dans le changement lorsqu’il s’offre à nous. L’accepter, surtout ne pas lutter. Se débarrasser des bagages encombrants; ils ne seront pas perdus, mais dissous pour profiter à autre chose. Selon Alan Watt, il existe deux moyens de se connaître: La voie de l’ascétisme, et la voie du Trickster. L’ascète se coupe de tout, cherche le minimalisme et le dépouillement, la privation, le Trickster, à l’opposé, essaye tout, plonge dans tout ce que lui offre la vie, jusqu’à l’overdose . Il brise les tabous . (je ferais un article  sur son rôle dans les prochaines semaines, ainsi que sur l’hypnose sociale, hé,en ce moment c’est le trecenat du Singe dans le calendrier Maya, un des grands Tricksters avec le Lézard). L’un n’est pas meilleur que l’autre: il est bien de les essayer tous les deux, pour ensuite avoir une idée de ce qui nous convient et de savoir où l’on se positionne dans ce spectre des sensations.

Le monde d’aujourd’hui est comme un vieux corps fatigué: partout , on en voit les signes d’essouflement: guerres, montée d’extrèmisme religieux, changements climatiques, flambée des maladies auto-immunes, désordres sociaux et problèmes environnementaux. Une crise. Ca fait très mal de prendre véritablement conscience de tout ça. Mais ça soulage. Parce que d’un seul coup, on sent qu’on a une possibilité de lâcher prise sur tout ce qui nous semblait abberrant de faire pour vivre: taffer comme un chien pour se payer un mac et se pourrir la santé en restant devant un écran toute la journée. Brûler des litres et des litres de matière organique accumulée depuis des siècles, tout ça pour… ramener des ananas de république dominicaine ou remplir les rayons de produits arrachés encore verts à la terre, lorsqu’ils ne sont pas carrément cultivés hors sol.  Tout ça nous revient avec violence dans la tronche, tout ça nous réveille soudain. Tous ces emballages. Tout ce monde qui tente de s’accrocher à un modèle de croissance économique non-viable à long terme. Et ton corps le sait. Et ton esprit ne veux pas l’écouter, il préfère rester dans la sécurité, accroché à sa souffrance comme une vieille moule sur son rocher.

Et si tu agissais? Si tu t’écoutais? Si tu décidais de faire pousser tes propres légumes, de te demander comment faisait ta grand mère avec son jardin d’un hectare, à faire son pain elle même et faire ses pots de conserve pour tout l’hiver? Si tu réapprenais à faire un feu, à reconnaître les plantes sauvages, à regagner ton indépendance, à te reconnecter avec tous ceux qui sont dans la même dynamique que toi, à faire ce que tu sens être bon pour toi et pour ton corps?

Va y. Peut importe que tu fasses des erreurs. Tu t’apercevras que les choses sont plus faciles que tu les as imaginées. Tu SAIS faire les choses. Ton corps, tes mains, ton nez, tes pieds savent.

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Une jolie lune de Felix Valloton parce que je savais pas quoi mettre d’autre

Et les dieux, ils savent? Les dieux. Je ne sais plus trop quoi penser d’eux, ni comment me positionner par rapport à eux( d’ailleurs si vous avez encore envie de rigoler un peu grace a Boulet, aller donc lire cette petite bd , y’a Zeus qui se fait sauver par une mamie) . Ce qu’on voit d’eux , ce qu’on perçois d’eux n’est que ce que notre cerveau est capable de comprendre et de voir d’eux. Comment être sûr que c’est bien la voix d’untel, et non pas celle de mon Haut-Moi, de l’univers? Est ce que je dois les considérer comme des facettes? Eux aussi sont une part du grand tout, une de ces réflexions. Sont- ils aussi une part de moi même, que je nomme, que j’encadre dans une somme de mythologies, de noms, d’énergies?

Le problème principal des dieux, c’est ce qu’on fait d’eux. C’est la manière dont on essaye de les mettre dans des cases et par la même, c’est là qu’on peut devenir fanatique. J’entends moult païens me dire qu’ils le sont devenus parce qu’ils en avaient assez du dogmatisme de la religion chrétienne. Ce ne sont pas les seuls: à partir du moment ou un mouvement devient assez large pour qu’il commence à s’auto-organiser tout autour de règles pour que tous les gens qui les suivent aient un sentiment d’appartenance à la communauté, il y a un problème. Parce que les gens vont se sentir obligés de suivre des règles qui ne leur correspondent pas pour avoir l’impression d’appartenir à cette même communauté (la peur humaine du rejet et de la solitude) , et qu’ils vont dans un même mouvement, sans en être conscients, commencer à fustiger tout ce qui ne rentre pas « dans le cercle »: le monotéisme, les athées, le druidisme, les fans de tokyo hotel, tout ce que vous voulez. Ces chaînes, règles auquelles on se soumet, auquelles on décide de croire, deviennent comme tout autant de filtres apposés sur notre façon de voir les choses.

Je me rappelle comment je voyais les dieux, et les esprits, avant d’entrer dans le monde du paganisme, et de commencer par la Wicca. Je voyais les choses d’une manière très libre, universelle. Et sans m’en apercevoir, j’ai glissé petit à petit dans tout un tas de lieux communs, qui me semblaient jusqu’à peu considerés comme « normaux »: une classification, une volonté de mettre les dieux et esprits en cases, une certaine facon de les voir et de me les représenter. Une certaine facon de réfléchir aussi.

Nous avons du mal à croire  que nos émotions et pensées les plus privées ne nous appartiennent en fait pas du tout. Parce que nous pensons en termes d’images et de langages que nous n’avons pas inventés, mais qui nous ont été donnés par la société.

Allan Watts

You know nothing John Snow (ou la vertu de l’ignorance )

    Les livres proposent à nos coeurs

De ne rien faire

Et ainsi, rien n’est laissé inachevé.

Tout le monde est occupé à aller de l’avant

Mais à cause de ca ils ont la tête ailleurs,

Nos esprits sont vides, sérieux et étranges.

Nous sommes conscients que rechercher le succès à tout prix est une absurdité.

Le mieux est d’être tout simplement vide.

Bon voila. J’ai envie de gueuler. Et puis de balancer des coups de pieds dans la fourmillière. Oui ca m’arrive assez souvent, j’ai depuis toute petite des phases comme ça, ou tu te sens comme obligée de faire « le ménage ». Autant au niveau spirituel que physique. Sortir toutes les saloperies de ton placard mental comme tout ce qui se traîne dans la penderie de ta chambre, et balancer tout ce qui est obsolète.

Faire le point. Le point? C’est moi ce point. Point sur une feuille blanche, comme un grain de sable perdu au fond d’une chaussure. Qu’est ce qui fait de moi ce grain de sable? Qu’est ce qui me sépare des milliers d’autres grains de sables, en quoi suis-je si particulière? Qu’est ce qui me défini comme moi? Mes émotions, si fluctuantes? Dans ce cas là le « moi » est aussi changeant que ne peut l’être le temps irlandais. Mes croyances? Mes principes? Ne sont ils pas que la somme de l’environnement dans lequel j’ai grandit, de mes rencontres, mes expériences, les gens qui m’entourent? Si j’enlève tout ca, que reste-t-il?

Etre Vide. Le paradoxe de la non-dualité.

Ces deux phrases me tournaient incessamment dans la tête depuis quelques jours. Depuis quelques mois, ou années peut être. Mais ça n’est que maintenant qu’elles ont réussit à se frayer un chemin jusqu’à ma conscience. Comme s’il s’agissait d’une injonction, venue…De Moi? Des esprits? De l’Univers? Aucune idée. Mais je sais qu’il s’agit d’une expérience à tenter.

Peut être ai-je été influencée par des amies qui sont en pleine phase minimalisme/zero déchet. La vertu d’une telle austerité? Enlever les couches. Se débarasser de cette carapace qu’on accumule toute notre vie et qui nous « fige ». Pourquoi joue-t-on les escargot? Peut être parce qu’on a juste peur du vide. On a peur d’être face avec nous mêmes , et avec ce qui se cache derrière. Alors on fait des trucs. On lit, on parle, on travaille, on écoute de la musique, on jardine. Mais qu’est ce qui se passe si on essaye de faire le silence en nous?

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Makoto Yukimura, Planètes(je l’ai dejà posté dans le coin BD)

On a peur d’être perdu. Seul. Cette carapace, tous nos objets, objets de rituel, livres, vêtements, maquillages, maison, tout cela nous sert aussi à tenir à distance tout ce qu’on a pas envie de regarder, ou d’écouter. Les voix du passé. Tout ce dont on a honte.Ce qu’on ne laisse pas couler. Nos peurs, nos regrets, nos passions, les voix qui nous crient de faire autrement. Cela nous rassure que d’avoir l’impression d’appartenir à un groupe via ces objets, partagés par d’autres dans la communauté.

Mais essayons. Rien qu’un instant. Faire le tri. Se debarrasser de toutes les vieilles fringues, chaussures, vêtements, vieux papiers, chargeurs, photos, se confronter à ces pièces qui portent des évènements joyeux, ou tristes, de nous mêmes. Est ce que ca nous correspond encore? Ou est ce que ca nous empêche de changer , parce que nous éspèrons nous raccrocher à quelque chose de stable, quelque chose sur quoi on peut compter, quelque chose qui nous rassure sur le fait qu’on existe, que « ça c’est bien moi »?

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Oui mais. Souvent, beaucoup d’objets peuvent être des chaines. Ce « moi  » auquel vous vous rattachez, est ce celui que les autres veulent que vous soyez, celui que la société veut que vous soyez? Ce que vous essayez d’être dans une volonté maladive de vous intégrer?

Faire le vide permet de voir ce à quoi nous attachons VERITABLEMENT de l’importance. Car vous m’objecterez, si tout ce que nous sommes n’est qu’une masse d’émotions fluctuantes et de souvenirs ou expériences, ressentis et relations, il n’y a pas de Moi Fixe. Juste l’égo qui s’énerve quand on le titille un peu trop. L’égo, c’est juste la manière dont on se compare en permanence avec les autres. Je sais pas si vous avez remarqué, mais on fait ca tout le temps. Tu arrives dans une pièce, tu ne peux pas t’empecher de penser « ah , je suis plus jolie que, ou moins jolie que… » Au taff « je suis plus compétente que, ou moins compétente que », « je suis mieux fringuée », « je suis une merde par rapport à… » « je suis moins courageuse que »… Et c’est ca, selon Krishnamurti (un vieil indien, il y a une super conf de lui sur le fait de souffrir et faire souffrir autrui par ici ) qui mène à la souffrance. La comparaison entraine une souffrance psychologique. Tu souffres parce que quelqu’un a dit une saloperie sur ton compte. Parce que tu as une image de toi même, et tu as une image de ce que les gens projettent sur toi. Et que cette image est soit « au dessus de » soit « en dessous de » …tes propres standards, de ce que tu voudrais être. Tu juges. Quand tu juges , tu compares, automatiquement. « ah, ca c’est bien, ca c’est mal ».Juger les actes mauvais d’autrui te permet d’expulser un certain sentiment de culpabilité. « Ah mais non, MOI AU MOINS je ne ferais jamais une chose pareille »! Tu te dédouannes de la possibilité de commettre tel ou tel acte.

Bon. Admettons que le problème soit notre égo. Il suffirait juste de s’en débarasser non? Mais comment? ET qu’est ce qui se passerait sans égo?

Quelque part, aussi nul et limité qu’il puisse paraître, on a besoin de l’égo. Ne serais- ce pour communiquer avec autrui. On a besoin de savoir ce qui defini le « moi » , on a besoin d’avoir conscience de soi même et de ses actes. Mais se definir en revient à se comparer à autrui, toujours et encore . On tourne en rond.

Oui mais? On est condamnés à faire le loup en cage alors?

Selon Alan Watt (un gars incroyable qui a été un des premiers à transmettre la philosophie Zen et bouddiste à l’occident, ses conférences sont extraordinaires), qui à lui même repris les principes de Carl Jung , il faut apprendre à écouter le Moi. Le Haut Moi, celui qui est plus large que l’égo. Cette petit voix , cet instinct, qui nous lie au tout et nous donne comme une « fonction » parmi ce grand flux de toutes les vies. Cette chose qu’on est sensé posséder dès la naissance et qui forme l’axe principal, notre lien entre terre et ciel. Et pour l’écouter, il faut apprendre à faire le silence en nous.

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Tu la sens la zenitude?
Facile à dire. Mais comment on s’y prend?

En essayant de remonter le flux des pensées. Ne surtout pas essayer de bloquer les pensées, ca ne fait qu’aggraver la chose. Se laisser couler. Ecouter. S’écouter soi même. Ecouter notre propre souffrance, tout ce qui fait comme des « noeuds » en nous. Etre attentif à tout le monde qui nous entoure. Aux gens, à la lumière, à notre nourriture. Ne pas être concentré sur une seule chose, mais s’ouvrir et accepter tout ce qui arrive. Accepter de baisser les barrières et de laisser couler toute l’eau en nous. Ca ne se fait pas en un jour. Moi même j’en suis tres loin. Je vogue. Je prends conscience de certaines choses et de cette petite voix en moi, jours après jours. Je prends conscience que lorsque j’écoute la souffrance, ou la joie d’autrui, elle résonne avec moi. Et que lorsque je la laisse résonner, elle s’écoule et permet à l’esprit et au corps de se soigner.

Le problème est toujours le meme: ce sont les blocages: blocages psychologiques, matériels, qui viennent de notre vécu, ou certains diront, de notre karma. De nos ancêtres. C’est effrayant de laisser ces blocages couler. Qu’est ce qu’on deviendra sans eux? Beaucoup ne sont pas prêts à tenter l’expérience. Leur souffrance est, ce qu’ils pensent , ce qui les définit. Sans cette souffrance, ils ne seront plus eux mêmes. Je préfère penser que sans la souffrance on est plus apte à être ce que l’on est vraiment, et pas ce que les évènements ont imposés en nous comme chaînes.

Quelle importance y a-t-il dans le fait de poser la question de la joie si je suis en train de souffrir? Puis-je comprendre la souffrance? C’est mon propre problème, le fait de ne pas être heureux. Je suis heureux lorsque je ne suis pas en train de souffrir, mais à partir du moment ou j’en suis conscient, ça n’est plus du bonheur. Du coup, je me dois de comprendre ce qu’est la souffrance. Puis-je comprendre ce qu’est la souffrance alors qu’une partie de mon esprit est tendue dans la poursuite désespérée du bonheur, recherchant un moyen de sortir de cette souffrance? Ne dois-je ainsi donc pas, si je veux comprendre la souffrance, être totalement Un avec elle, ne pas la rejeter, ne pas la justifier, ne pas la condamner, ne pas la comparer, mais juste être avec elle et la comprendre?

La vérité est simplement que le bonheur viendra si je comprends comment écouter. Je dois apprendre à écouter la souffrance; si j’apprends à écouter la souffrance j’apprends à écouter la joie, parce c’est ce que je suis.

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Jiddu Krishnamurti
Et la mort. Parlons en de la mort. Je crois que ce la société d’aujourd’hui en a fait est ce qui m’énerve le plus. On a tué la mort. Et du coup, on a tué la vie aussi. En la gardant le plus loin possible de nous, en l’enfermant dans des hopitaux, des steaks sous cellophanes, en gardant à distance tout ce qui rappelle la décomposition, la moisissure, les odeurs… Des légumes , un corps qui se décompose, ca shlingue. Et beaucoup. Mais c’est un processus nécessaire pour générer de l’humus, la vie de la terre. Ce qui va te permettre de faire pousser tes légumes et va te permettre de manger. On essaye de garder toute bactérie à distance. Mais le corps humain est constitué de 10 bacterie pour une cellule de tissus humain: toutes celles qui sont dans notre tube digestif sont essentielles pour digérer (d’ailleurs beaucoup de maladies immunitaires, cystites et problèmes de digestion viennent du fait que toutes ces bactéries sont extrêmement affaiblies par les traitements, l’asseptisation de la nourriture, le manque de variété et de Vie dans ce qu’on mange, le manque de fraicheur–bouffe de la terre mec, c’est bon pour ton colon–et je ne rigole même pas), nous en avons tout autant sur notre peau, qui nous protègent de l’éxterieur. Oui, ca fait peur, la mort. Mais là encore, c’est quoi mourir? Le grand saut? Et les problématiques de Karma, de réincarnation? On en fait quoi?

Ca serait très long d’en discuter en détail ici. Et je pense sincèrement que tout est une affaire de croyances et de projections; comme si chacun de nous était une facette d’un gigantesque diamant, qui reflétait une partie differente du monde; ce reflet est une interprétation de ce grand tout, et pourtant, elle est légèrement biaisée. Et heureusement. Car ces différences de réflections entraînent des polarités, des conflits, des frictions, des tensions. Qui génèrent de l’énergie par leurs ondulations . Noir-Blanc. Homme Femme. Lumière Obscurité. Bien Mal.  Deprimé Joyeux. Crête creux.

Comme une vague.

Je me suis reveillée il y a deux jours avec une vision étrange: Deux vagues, parfaitement symétriques, prêtes à s’écraser l’une contre l’autre. Avec quelqu’un au milieu. Et la sensation que si je comprenais ce qui se passait à l’instant même ou les deux vagues se rencontrent , je saisirais quelque chose d’important.

Mais pour l’heure, je suis toujours aussi ignorante. Je m’efforce de le rester, pour ne pas tomber dans le dogmatisme, ni tenter d’imposer ma propre vision des choses à l’autre. J’essaye de déconstruire ce filtre qui est posé juste devant mes sens. C’est long. C’est passionnant. C’est une évolution et une quête de tous les instants.

Tu est prêt à mourir uniquement si tu comprends le principe de la vague. Si tu comprends que tu es la Vague dans son ensemble; les creux, et les crêtes: tu es tout autant l’espace noir qui se trouve juste après la Mort, que la lumière dans la caverne que nous appellons vie.

Alan Watts

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Les herbes aux sorcières #1 : Le Sureau

Oui je sais, je vous avais promis une petite diatribe sur le son, mais aujourd’hui n’est pas le jour pour ça (ça fait tres cérémonieux, diantre). J’attends d’avoir assez de level en son pour me sentir la capacité de transmettre mon expérience et mes réflexions aux gens, sans pour autant prétendre à la science infuse (rappellez vous mimisicu « chacun sa route, chacun son destin »…toussa)

Je vais donc revenir à mon autre grande passion: les plantes. Comme vous l’avez peut être vu si vous me suivez sur facebook (PAGE PUB BONJOUR) , j’ai fait il y a quelques semaines l’acquisition d’un bouquin merveilleux: a Modern Herbal, par Mrs Grieves.

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Ca envoie du paté végétal quand même.

Ecrit aux alentours du debut du XX eme siecle, cet « herbier » si on peut l’appeller ainsi répertorie plus de 150 espèces de plantes et de champignons destinés à des usages culinaires, cosmétiques ou médicaux, avec pour chacune d’entre une liste rapide des croyances qui les entourent, leur origine, leur distribution, leurs propriétés médicinales et constituants chimiques, ainsi que quelques conseils de culture et la posologie d’emploi.

Autant dire que j’étais bien jouasse en le trouvant completement par hasard, à 6 euros dans un charity shop de ma petite bourgade( le destin! C’est moi qui vous le dit!).

Et ca n’est pas fini mes p’tits amis. Parce que non content de nous délivrer un étalage complet de toutes les plantes les plus innofensives aujourd’hui disponibles dans vos tisanes du biocoop du coin, ce sympathique pavé vous décrit avec la meme rigueur et avec le même enthousiasme des plantes nettement moins anodines telles que la jusquiame, la belladone, la datura ou la digitale, qui peuvent vous renvoyer le plus resistant des barbus bouffer les pissenlits par la racine.

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Oui pardon toi il t’en a fallu moins que ça (SPOIL)

C’est l’un des principaux soucis avec la plupart des ouvrages qu’on trouve aujourd’hui dans le commerce, c’est qu’on est devenu tellement assistés qu’on ne trouve plus aucun ouvrage sur l’utilisation des plantes dites « toxiques ». C’est assez compréhensif, on a pas envie qu’un idiot en vienne à s’empoisonner en aval, mais je trouve qu’en même temps prendre les gens pour des idiots est la meilleure manière pour qu’ils le deviennent. Tu sais que si tu mets ta main dans le feu tu va te faire cramer, et bin tu le fais juste pas, et si tu le fais tant pis pour ta gueule, ca t’apprendra. La conscience de la dangerosité des choses, la conscience de l’idée de dose (certaines plantes ne sont toxiques que passées une certaine dose, cela depend aussi du mode d’administration, de la partie utilisée et du mal dont souffre la personne concernée) nous aide à comprendre notre place dans le monde, les limites à ne pas franchir, et la portée et la puissance de nos actes.

Rassurez vous, je n’ai aucunement envie d’envoyer qui que ce soit dans la barque de Charon, mais il se trouve que j’aime beaucoup l’énergie de ces plantes, qu’elles sont très utiles pour des confections de talismans à partir de plantes séchées , qu’elles peuvent être utiles en tant que lien avec certains esprits ou divinités, et puis parce que merde, ce sont les plantes utilisées dans l’onguent de sorciere, alors bourde de bidouille, il me les fallait!

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Revenons en à notre Sureau. Qu’est ce que ca vous évoque quand je vous dit « sureau »?

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Mais non! Rien à voir avec les illuminatis z’avez rien compris! Ce sont les RELIQUES-DE-LA-MORT.

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Vous vous rappellez Harry Potter? La baguette de sureau était sensée être la plus puissante de toutes, l’une des trois reliques offerte à l’un des trois frères par la mort elle même.

Bon évidemment, je doute fortement que si vous soyez en mesure de produire un patronus avec une branche de sureau ramassée sur le chemin. Mais on est en droit de se demander : pourquoi JK Rowlings a-t-elle choisit une baguette de sureau et non pas, je sais pas moi, une baguette de rhododhendron?

Déja parce que c’était vachement plus chiant a écrire, et ensuite parce que le Sureau (Elder en anglais) est entoure d’une aura mystique assez impressionnante.

Tout d’abord, chez les catholiques, le Sureau etait synonyme de mort, et de tristesse (hé bah ça commence bien merci) Shakespeare en a rajouté une couche en l’appelant l’Elder puant dans Cymbeline. Mais pourquoi tant de haine? Et bien figurez vous que le pauvre arbre est sensé être celui qui a servi à construire la croix sur laquelle un certain barbu choisit de finir ses jours (avant de ressuciter, comme DBZ) . Et que non content d’être assimilé à un truc aussi joyeux, le Sureau fut aussi,dit-on, l’arbre auquel se pendit Judas.

M’enfin heureusement, tout n’est pas aussi sombre dans la vie de ce pauvre Sureau.

Remontons donc un peu plus loin, à l’époque ou la religion catholique n’écumait pas encore les campagnes.

Selon mon super bouquin, le nom « elder » vient du vieux mot anglo saxon Aeld, qui signifie « feu ». On l’appellait à l’epoque  Eldrun, ou Hyldor, ou Hyllantree, Bore-Tree ou Pipe-Tree en ecosse; ou encore Hollunder en allemand. En francais, Sureau vient du latin Sambucus, qui derive de Sambuca, une sorte de liqueur. On voit les peuples de pochtrons, direct.

On utilise les jeunes branches pour allumer des feux, et les branches plus vieilles font de merveilleux instruments à vent, grâce à leur nature creuse. Pline disait d’ailleurs que les gens du village pensaient que les meilleures flutes venaient des Sureaux qui avaient grandit hors de l’atteinte du cri d’un coq. Les jeunes gens adoraient aussi confectionner des sarbacanes avec son bois, et oui à l’époque ils n’avaient pas les effaceurs et les stylo bic, fallait trouver autre chose.

Au niveau des croyances qui perdurent tout autour du Sureau, on peut en citer tout une panoplie: certains fermiers refusent encore aujourd’hui de couper les branches d’un sureau, sous peine d’être poursuivis par la malchance, chez les gitans, on interdisait à quiconque d’utiliser les branches de sureau pour allumer un feu. Dans beaucoup de pays, plus particulièrement au Danemark, le Sureau était connecté intimement à la magie: il était dit qu’un esprit, Hylde-Moer (la mere du Sureau) vivait dans ses branches et le protégeait: si un manant venait à couper du bois pour s’en faire, disons, un tabouret, Hylde-Moer le suivait et ne lui laissait pas de repos. Afin de remédier à la colere d’Hylde-Moer, on devait toujours demander la permission avant de couper l’un des arbres et s’assurer qu’elle accepte avant de commencer à l’abattre.

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Hylde-Moer

Arnkiel nous donne un petit rituel effectué à l’époque juste avant de cueillir du bois de Sureau: on enlève son couvre-chef si l’on en a un, on plie un peu les genoux, on croise les bras tout en récitant ce qui suit:

Dame Sureau, donne moi un peu de ton bois, et je te donnerais un peu du mien lorsqu’il grandira dans la foret.

Le bois de sureau était supposé garder à distance les esprits mauvais, les bohémiens s’en servaient pour composer un sort pour faire partir la fièvre; les Siliciens pensaient qu’un bâton pouvait tuer les serpents, et les Serbes gardaient toujours une branche de Sureau au mariage pour apporter chance aux mariés. En Angleterre, on pensait que le Sureau n’était jamais touché par la foudre, et qu’une croix faite en Sureau, et accrochée au dessus des étables ou des portes protégeaient le bétail et ses habitants du mal qui rodait.

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On utilisait beaucoup le bois de Sureau pour se protéger contre la sorcellerie, les gens du commun partaient cueillir des feuilles de Sureau le dernier jour d’Avril, puis les fixaient au dessus de leurs portes et fenêtres. Au Danemark, il était dit que si l’on se tenait à l’ombre d’un sureau à la fête de la Saint Jean, il y verrait le roi des fées et toute sa suite.

Foklard, dans Plant-Lore, Legends and Lyrics, nous indique le rituel suivant :

Le coeur du sureau, lorsque coupé en formes rondes et plates, est trempé dans l’huile,puis mis à flotter dans un recipient remplit d’eau; sa lumière lors du jour de la Saint Jean est dite révéler toutes les sorcières et sorciers du voisinage.

puis:

La nuit de Bertha (le 6 janvier) , le diable est particulièrement virulent. Pour se protéger, les gens sont tenus de faire un cercle magique avec des baies de Sureau cueillies la nuit de St John ( le 23 Juin), et de rester au centre. Ainsi, ils pourront obtenir la mystique graine de Fern , qui possède la force de 30 hommes.

Pour en revenir aux aspects plus sombres du Sureau, il se trouve également au centre de plusieurs rites funeraires: Canon Ellacombe disait

 Un buisson de Sureau, coupé en forme de croix, est planté sur une tombe, et s’il fleurit, c’est que l’esprit du mort est heureux.

On enterrait aussi les corps avec des branches encore vertes du Sureau, ce qui protégeait leurs âmes contre toute magie sombre.

Ouf! Je sens que vous commenciez à vous lasser, place maintenant aux POTIONS et à la CUISINE!

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Je serais comme ça quand je serais plus grande

Tout d’abord, commencons par un petit AVERTISSEMENT (c’est pas que vous êtes teubés c’est juste que ma conscience ne me laissera pas tranquille)

Si vous cueillez du Sureau , faites bien attention à ne pas le confondre avec son cousin le Sureau Hièble, qui lui est fortement toxique. Vous pouvez le reconnaitre facilement du fait que le sureau hièble dépasse  rarement deux mètres, ses baies sont tres amères, et surtout dressées vers le ciel, contrairement aux fleurs et baies du sureau noir qui ont tendance à tomber comme des vieux vits bananes tristes. Les feuilles du sureau noir ont toujours 5 folioles, contrairement au sureau hièble qui en a souvent plus, et enfin, le sureau noir possède de l’écorce sur son tronc, contrairement au sureau hièble qui à une tige verte et cannelée.

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feuilles de Sureau noir

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feuilles de Sureau Hieble

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Tige de Sureau Hièble

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Tige de Sureau Noir

Vous pouvez utilisez toutes ces parties dans le Sureau, qui ont des propriétés legèrement differentes:

  • LES BAIES
  • LES FLEURS
  • L ECORCE
  • LES FEUILLES

L’écorce doit être collectée à l’automne, sur de jeunes arbres. Vous les faites sécher sous un soleil modéré, en les rentrant la nuit, ou au four très très bas, puis lorsqu’ils sont de couleur grise, doux et craquantes à l’extérieur avec de petites fissures, et blanches et douces à l’intérieur, vous pouvez les stocker. L’écorce de Sureau est purgative (facilite l’évacutation de tout ce qui se trouve dans vos intestins, miam), a été utilisée du temps d’hippocrate comme diurétique et comme traitement contre l’épilepsie: vous faites bouillir 20g dans un L d’eau, à prendre en petits verres d’eau. Attention, ca devient vomitif à haute dose.

Les feuilles doivent être collectées en juin juillet, le matin et par temps clair, triées en enlevant toutes celles qui ont des tâches ou ont été mangées par des insectes, avant de les mettre à sécher selon la méthode de votre choix. On les utilise pour la préparation d’un onguent, l’onguent de Sureau Vert (unguentum Sambuci Viride) utilisé pour soigner les bleus, les entorses et les engelures. Attention à la recette, ca dépote:

3 parts de feuilles de sureau fraiches, 4 part de lard, 2 parts de suif: chauffer le tout jusqu’a ce que la couleur des feuilles soit partie, puis filtrer et laisser refroidir.

Il est possible de remplacer le lard ou le suif par de l’huile de lin, et de préparer un onguent similaire avec:

1 part de feuilles de sureau, 1 part de feuilles de plantain, 4 part de Lierre terrestre ( ne pas confondre avec le lierre commun, qui est toxique), 8 parts d’absinthe (ou armoise), faire bouillir dans le lard (ou l’huile de lin) jusqu’à ce que les feuilles deviennent craquantes, puis filter avec un linge et mettre en pot.

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Les Fleurs: On aime leur odeur ou on l’aime pas (perso je trouve que ca schlingue ) . On peut en faire des eaux florales, ou les garder sous forme séchée.

On les collecte lorsqu’elles viennent tout juste de s’ouvrir et que le soleil les a chauffées quelques heures. Il faut les faire sécher tres rapidement, soit au four avec la porte ouverte (pas trop chaud sinon elle vont cuire, disons 100 degrés grand max), ou dans une bassine en cuivre comme celle dans lesquelles nos grands mères faisaient la confiture.

Elles sont astringentes, on peut utiliser les eaux florales pour la peau ou pour les yeux, qu’elle adoucit. Une infusion des fleurs aide à la respiration lorsqu’elle est encombrée, on l’utilise très souvent en cas de coup de froid, de gorge irritée, elle est très efficace lorsqu’on l’associe avec de la menthe poivrée.

On peut en faire un onguent, tout comme avec les feuilles, qu’on utilise sur les blessures de toute sortes, engelures et gercures : la méthode est la même que précédemment, faire cuire les fleurs avec de la matière grasse jusqu’à ce qu’elles deviennent craquantes, puis filter et laisser refroidir.

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Les Baies

Déja, on évite de les manger crues comme des mûres. Oui je sais ça donne envie, mais c’est un poil laxatif et franchement pas ultra bon. Les Romains l’utilisaient comme teinture pour les cheveux (et je les comprends, vous verrez si vous faites du jus ou de la confiture: ca s’incruste partout, c’est un beau rouge sombre, à la limite si j’avais pas l’impression d’avoir égorgé un poulet dans ma cuisine lorsque j’en ai renversé par terre sans faire gaffe)

Elles sont apérientes (légerement laxatives), diurétiques (augmente la production d’urine) et émétiques (vomitives). On l’utilise pour nettoyer le corps, on peut aussi en faire un thé avec les baies sechées contre la diarrhée. Les baies , très riches en vitamines, ont prouvé leur bienfaits dans la guerison des coups de froid, on dit même que c’est un très bon remède contre l’asthme.

Voila la recette d’un super sirop pour l’hiver, à prendre si vous avez la crève. Ca se conserve plusieurs mois sans problèmes , du moment que vous stérilisez bien vos bouteilles avant de les remplir:

Faites cuire les baies dans un peu d’eau jusqu’a que ca reduise, puis mettre du gingembre frais et des clous de girofle,1/5 du volume de sucre (ou de sirop d’agave, ou de miel, au choix) éventuellement un baton de cannelle; cuire pendant 1h00 , puis filter et mettre en bouteille.

On peut faire un genre de compote, en cuisant les baies avec des pommes et du sucre, je suis en train de tester moi même, sentant les effets d’une crève bien avancée. Je vous ferais mon rapport de l’efficacité des baies de sureau sur les crèves chiantes dans le prochain article !

Vous pouvez également en faire des chutney (vous faites cuire avec des oignons, des épices, du vinaigre et du sucre avant de mettre en pot), de la confiture… variez les plaisirs des baies de sureau!

Bon voila, c’etait un article tellement long mais au moins c’est fait, je vais aller faire la sieste.

Prenez bien soin de vous.

Mamie Sophie.

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