Ombre et illusions

 

Le soleil est implacable

Le sol est sec

Ton sang est épais

Ta peau est usée

Tu regardes derrière

Ta maison a disparu

Dans quel pèlerinage t’es tu embarqué?

Avidité

Tu es tout ce que je veux mais pas ce dont j’ai besoin.

As tu faim de déni?

Ou es tu empli de peur?

Tu recherches la vérité, ou tu vis dans le mensonge?

Quand seras-tu satisfait?

Cupidité

Tu es tout ce que je veux mais pas ce dont j’ai besoin.

Parfois la vérité est difficile à trouver

Mais elle est toujours là, quelque part

Souvent déguisée.

Stealing sheep, Greed

Il y des phases comme ça où tu te fais un devoir de faire une grosse mise au point sur tes relations, sur tes croyances et sur ta manière de fonctionner. Faire un peu le ménage, regarder dans le placard (oui, celui ou tu balances habituellement tout ce que tu as eu la flemme de ranger ), secouer les tapis …

Je remarque une tendance sur beaucoup de blog, et dans la vie en général, à toujours vouloir absolument apparaître sous son meilleur jour, à être fun, gentil, envoyer des ondes positives, des photos de chats et poster des photos de quiche thon-patate avec des paillettes tout autour et une phrase en comic sans SM bateau dessous du genre  » ❤  live your dreams ❤  »

Mes chers lecteurs, si vous espérez trouver ici ce genre de chose et uniquement ça, il faudra vous attendre à être déçu. Vouloir que les gens se sentent bien et aient l’impression que tu mènes une vie idéale (la vie idéale que tu te projettes dans le net, d’ailleurs, y’a vachement d’égo la dedans, on gomme tout ce qui va pas, on rajoute des cupcakes et des arc en ciel et le tour est joué) , pourquoi pas, mais pour moi le problème vient du fait qu’il y a un déséquilibre entre ce qu’on pense vraiment, et ce qu’on montre aux gens. Nous sommes les hauts comme les bas, la tristesse comme la joie, la colère comme la compassion; et vouloir occulter une partie de tout ça , c’est comme ne montrer qu’une face de la pièce. C’est se mentir , et mentir aux autres.

Certains me répondront que garder un esprit positif et ouvert en permanence est extrêmement important , que des pensées positives et aimantes influencent sur tout ce que nous faisons et notre entourage; que pour être en phase avec ça, il faudrait simplement apprendre à contrôler nos pensées à la base pour n’avoir que des pensées positives, et que le reste suit. Et que montrer ses pensées négatives, c’est blesser tout ceux qui sont autour, et donc nous même par le même biais.

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Personnellement, je pense que ce travail ne peut être effectué que si l’on a trouvé toutes les causes des « noeuds  » qui nous causent des souffrances; noeuds liés a notre expérience et nos rencontres. En attendant, je n’en suis pas encore là même si je travaille dessus. Et je continuerais à vous emmerder avec mes états d’âme et mes réflexions obscures.M’exprimer ici, c’est éviter de juger ou d’accabler quiconque de manière plus ou moins inconsciente parce qu’on se refuse de voir la vérité en face et qu’on ne veut pas assumer nos erreurs.   Parler de tous ces points qui fâchent, de notre état d’esprit est une manière de les assumer. C’est refuser le déni. Et une fois que tu as assumé toutes tes erreurs, que tu as assumé que tu puisses être une vraie saloperie et que tu as blessé des gens, que tu les as blessé, toutes ces choses n’ont plus lieu d’être, et coulent naturellement.

Alors que si tu essayes absolument de les cacher par tous les moyens que tu veux– un joli blog avec une vie parfaite, des mots creux et de belles images sachant que tu portes toujours une souffrance et du ressentiment–, il se produit un décalage entre ta vision idéalisée de toi même, ce que tu veux que les gens voient en toi, et ce que tu es a cet instant précis. Et dans ce fossé se glissent mal être, déni, honte de soi, et puis méfiance, paranoïa… Comme cette  Australienne ,star d’instagram, prise au piège de sa propre image, qui, lassée de se mentir en postant tous les jours des photos faussement naturelles sur lesquelles elle passait des heures à se mettre en condition pour se montrer sous son plus beau jour, décida de tout laisser tomber et d’expliquer les rouages du blog mode, avec tout ce que ça impliquait de sponsors et de manipulations en coulisses, et l’enfer qui en découlait.

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Image: la suuuuperbe BD Hellboy, de Mike Mignola.

Je ne dis pas que c’est le cas pour tous. Certains ont la vie qu’ils décrivent dans leurs blogs. Mais honnêtement, pourquoi avoir besoin de se justifier en la montrant à tous , alors que si tu es heureux, ça devrait te suffire à toi même? Pour encourager les autres sur ce chemin et montrer que c’est possible? Oui, mais ne pas passer sous cloche les difficultés. Etre réaliste, et honnête.

Pour moi, l’honnêteté est quelque chose d’extrêmement important. J’ai tendance à cacher beaucoup de choses, par peur d’être prise pour une folle, d’être jugée, de faire du mal à autrui…Il ne faut certes pas déballer tout son bagage au premier venu, mais il y a une certaine manière de montrer ça les autres. Et on peut très bien tout simplement ne pas parler de ce qui ne peut être compris par l’autre , mais mentir créé un genre de dissonance dans les relations. Et quand tu te rends compte que cette dissonance est trop grande , il est important de mettre les choses à plat, même si ça fait mal. Parler des choses qui fâchent ou de ce qu’on estime « pas en phase ».

Un ami, c’est quelqu’un qui va te dire ce qu’il pense quand il voit qu’il existe une dissonance dans ton comportement. Pas quelqu’un qui va te passer le baume en permanence et te dire que tout ce que tu fais c’est absolument formidable pour flatter ton égo en manque de reconnaissance. Si cette dissonance est justifiée, tu va te remettre en question et changer ton comportement pour être plus en accord. S’il s’est trompé et que sa réflexion n’a aucun effet sur toi, c’est qu’il s’agit d’une erreur de jugement. Et dans ces cas là ça n’est pas grave, on ne va pas lui en vouloir parce qu’il s’est gouré quand même! Si tu n’as aucun problème avec toi même, tu n’as aucune raison d’être touché par son raisonnement, et en discuter, ça le remet droit dans sa perception erronée qu’il pouvait avoir de toi.

Mais si tu décides de tout dénier, de rejeter la faute sur ton pote parce que ce qu’il a dit te fait te sentir inconfortable et remonte des vieux démons que tu avais envie de laisser sous le palier, tu te mens à toi même. Tu te confortes dans ta position confortable, parce que tu t’en fous, tes autres potes te passent du baume et ce sont eux qui ont forcément raison, c’est beaucoup plus agréable! Ca t’empêche de regarder ta propre ombre.
Mais tu crois quoi? Ton ombre, il faut que tu la regardes en face. Que tu l’acceptes comme étant une partie de toi même. Sans quoi elle ressurgira tôt ou tard, et influencera tes décisions et ta vision du monde; il vaut mieux en avoir conscience  , l’accepter et pouvoir comprendre son influence sur toi, et donc éviter les pièges qu’elle peut te tendre inconsciemment, que la laisser te prendre pour sa marionnette.

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Oh toi ma pote, tu restes là!

C’est la problématique de la shadow de Carl Jung, et de l’inconscient que j’ai déjà abordé: tout ce que nous refoulons passe dans l’inconscient, et nous influence sans que nous nous en apercevons; alors que le travail, c’est justement de prendre conscience de tout ça. C’est partir explorer son âme, pour mieux communiquer avec les autres.

 

« Le point de départ est simple : la plupart des hommes ignorent leur ombre. […] Le plus souvent elle est projetée dans des troubles somatiques, des obsessions, des fantasmes plus ou moins délirants, ou dans l’entourage. Elle est « les gens », auxquels on prête la bêtise, la cruauté, la couardise qu’il serait tragique de se reconnaître. Elle est tout ce qui déclenche la jalousie, le dégoût, la tendresse1 »

 

« L’ombre est la personnification de tout ce que le sujet refuse de reconnaître et d’admettre en lui. Se mêlent en elle les tendances refoulées du fait de la conscience morale, des choix qu’il a faits pour sa vie ou d’accéder à des circonstances de son existence, et les forces vitales les plus précieuses qui n’ont pas pu ou pas eu l’occasion d’accéder à la conscience5 »

 

« L’ombre est quelque chose d’inférieur, de primitif, d’inadapté et de malencontreux, mais non d’absolument mauvais. » « Il n’y a pas de lumière sans ombre et pas de totalité psychique sans imperfection. La vie nécessite pour son épanouissement non pas de la perfection mais de la plénitude. Sans imperfection, il n’y a ni progression, ni ascension.2 »

Accabler autrui est une manière très simple d’éviter de se reprocher quoi que ce soit, c’est la solution facile. C’est dénier qu’on puisse être un monstre et en incomber la faute à autrui pour essayer de passer outre la culpabilité qu’on peut éprouver.

« De deux choses l’une, nous connaissons notre ombre ou ne la connaissons pas ; dans ce dernier cas, il arrive souvent que nous ayons un ennemi personnel sur lequel nous projetons notre ombre, dont nous le chargeons gratuitement, qui, à nos yeux, la porte comme si elle était sienne, et auquel en incombe l’entière responsabilité ; c’est notre bête noire, que nous vilipendons et à laquelle nous reprochons tous les défauts, toutes les noirceurs et tous les vices qui nous appartiennent en propre! Nous devrions endosser une bonne part des reproches dont nous accablons autrui! Au lieu de cela, nous agissons comme s’il nous était possible, ainsi, de nous libérer de notre ombre ; c’est l’éternelle histoire de la paille et de la poutre.11 »

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On n’atteint pas l’illumination en imaginant des images de lumière, mais en prenant conscience de l’obscurité.

Des histoires de polarités et de transmission de l’énergie

Je ne fais plus que de planter des arbres. Je sais très bien que je suis beaucoup trop vieux pour jamais profiter de leur ombre, mais je ne vois pas de meilleur moyen de m’occuper de l’avenir.

Correspondance de Voltaire âgé à ses amis, lorsqu’il était retiré à Fernais.

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Scuplture: Ellen Jewett

Je le répèterais jamais assez, mais j’aime les arbres. Ils me calment. Pour moi qui ai tendance à être un poil nerveuse (si peu!) Ils sont salvateurs. En période de stress comme maintenant, je m’efforce de me caler sur leur verticalité, leur ténacité, leur lenteur, leur stabilité. Leur osmose, leur chant .

Ca m’intéresse souvent de relier connaissances scientifiques et « magie » si j’ose dire; me demander s’il y a une corrélation entre notre ressenti et la physique pure. Concernant tout particulièrement les échanges d’énergies, ce genre de truc. Comment peut on transmettre de l’énergie, comment est-ce que ça se fait par exemple qu’on puisse « ressentir » de manière différente deux arbres, ou deux espèces d’arbres différentes, ou deux animaux différents, deux humains différents, deux dieux différents? Et puis j’ai envie de dire, ç’est toujours pratique de justifier le fait que tu « travailles avec les énergies » avec une bonne explication bien rationnelle histoire qu’on évite de te caser direct dans le tiroir « bon pour la camisole »

Au niveau du vivant, il existe ce qu’on appelle la bioélectricité, correllé au bio-éléctromagnétisme. (atchoum, à mes souhaits merci) Pour essayer de faire simple, il faut partir du principe que toute vie produit un champs électrique (depuis la plus petite bactérie unicellulaire jusqu’à la baleine bleue en passant par le hamster de ton voisin) . Les impulsions électromagnétiques, allant et venant au gré des émetteurs/récepteurs des cellules, servent à transmettre des infos diverses et variées, des plus simples au plus complexes (les émotions par exemples, ou..la réflexion )  La plupart des vivants podruisent un courant électromagnétique: la terre envoie ces ondes électromagnétiqes, de même pour vénus, ou Uranus. ( a écouter par ici, c’est super flippant d’ailleurs, on se croirait dans Alien)

Les êtres vivants sont évidemment très sensibles aux impulsions électriques des uns et des autres, certains, comme les oiseaux migrateurs par exemples, s’en servent pour se diriger (en se repérant par rapport au champs magnétique terrestre), il y en a qui sont même équipés de récepteurs spécifiques pour chasser leur proie, comme les requins par exemple; d’autres encore s’en servent pour se défendre ou attaquer, comme la fameuse anguille électrique, ou Pikachu.

Pour les transmissions d’énergie entre tout ce beau monde, ça se fait comme dans les circuits imprimés de votre ordi (vous vous rappellez les cours du lycée?) , grâce à des échanges d’ions, positifs ou négatifs.

Curieusement, chez la plupart des êtres vivants, on observe que l’intérieur de la cellule est souvent chargé plus négativement que l’extérieur ; cette différence de polarité entre l’intérieur et l’extérieure , c’est le potentiel de la membrane. Ce potentiel peut être changé, grâce à l’échange d’ions entre l’intérieur et l’extérieur de la cellule, séparés par la membrane qui sert de « sas » (oué! comme le sas dans les stations spatiales! )

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Courage les amis, on y arrive à la magie toussa. Un p’tit effort de neurones. Allez. Vous pouvez le faire. Et puis c’est toujours ultra classe de pouvoir sortir ça en soirée pour justifier scientifiquement que vous « travaillez avec les énergies » et vous éviter la case « fou à lier ».

Et quel est l’intérêt de tout ça vous me direz? Et bien toute polarisation créé ce qu’on appelle un champs magnétique (l’aura! on y arrive!)

Les cellules sont donc chargées naturellement négativement par rapport à l’environnement, et lorsqu’elles se chargent positivement , pour transmettre une info par exemple , en envoyant une impulsion électrique, il y a ce qu’on appelle une dépolarisation.

Pouf, la cellule chargée négativement devient chargée positivement. Et aparemment, lorsqu’on est « chargé » positivement, c’est là qu’on a tendance à se sentir pas forcément bien, déprimé, mal à l’aise, stressé. Alors que quand on est « négatif », on a tendance a être plus positif, psychologiquement parlant.

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Va falloir vous y faire, j’aime les paradoxes .

Il existe aussi un état dans lequel les cellules sont hyper-chargées en ions négatifs, c’est l’hyperpolarisation. En gros, c’est quand vos batteries sont chargées à bloc;je me demande pas si par exemple les gens qui font du reiki et entrainent leur corps à recevoir et transmettre de grandes quantités d’énergies ne déclenchent pas un genre d’hyperpolarisation; les cellules « chargées » ne demandent qu’à se décharger, pouf on envoie les ions aux cellules qui en ont besoin et qui sont dépolarisées, et hop! ça va mieux! Pareil avec le travail avec les pierres, les plantes, les objets… Les échanges et les flux d’énergies nous permettent de « charger » un objet, ou de diriger, concentrer l’énergie d’une manière ou d’une autre.

Voila pour la partie transmission d’énergie, passons maintenant à la fréquence ( noooon mamie Aalzen! Pas encore de la science! J’en ai marre!)

La fréquence, c’est plus ou moins la vitesse à laquelle le champs magnétique vibre. C’est ce qui va faire que vous allez plus ou moins vous synchroniser avec quelque chose. Imaginez vous une onde qui oscille , comme un serpent qui danse; et bien toutes les cellules, les choses, possèdent un genre de signature du genre, un rythme propre (qui peut être formé de plusieurs harmoniques, comme en musique, comme pour un son) , avec des ondulations plus ou moins grandes. Les choses possèdent une ou des fréquences de résonnance, qui vont les faire osciller de plus en plus haut si on leur applique une énergie ayant plus ou moins la même fréquence. Et ensuite, qu’est ce qui se passe?

Soit le système atteint un état d’équilibre (qui dépend des éléments dissipatifs, c’est a dire de la capacité à disperser l’énergie qu’on a accumulée en trop), soit ça claque. Rupture. La fin des haricots. (et ouais, on vous avait jamais dit qu’il ne fallait pas jouer avec la fréquence de résonnance? Z’avez déja entendu parler de Napoléon? Son armée à marché au pas sur un pont, et malheuresement pour eux la fréquence de la marche était la même que celle des matériaux du pont; Il s’est mis a osciller de plus en plus fort, jusqu’à craquer et précipiter tout ce beau monde dans le fleuve.)  Sinon on peut appliquer une certaine fréquence, ça commence à vibrer, et puis après ça retourne normalement à l’état d’équilibre.

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Bon pardon. C’est le dernier meme promis. J’essaye juste de garder un peu plus longtemps votre attention, cher public.

L’intérêt de tout ce baratin scientifique justement, c’est que ça nous permet de comprendre comment fonctionne l’échange d’énergie, et comment est ce qu’on peut appliquer ça a notre relation avec les pierres, les esprits, les gens, le plantes… Il est normal qu’on se sente plus à l’aise avec certaines pierres, plantes ou gens qui correspondent plus à notre(s) fréquence(s) de résonnance, qui vont permettre de faire circuler l’énergie plus ou moins intensémment. Pour cette histoire d’ions positifs/négatifs, on peut relier ça à ce qui nous « pompe » notre énergie, ou ce qui nous en donne, à notre capacité à nous charger/décharger. Evidemment, on ne se trimballe pas avec un laboratoire d’électromagnétique ambulant pour pouvoir « sentir » tout ce qui se passe et convertir tout ça en sinusoidales et autres joyeusetés, je pense plus simplement que nos ressentis énergétiques sont en quelque sorte une façon de transmettre tout ça en un langage plus simple et compréhensible à notre niveau, et de nous permettre à notre tout d’influencer sur notre environnement, d’agir consciemment lorsqu’on se sent « à plat ».

Normalement, il n’y a que les êtres vivants qui devraient être capable de produire un champs magnétique. Les « inanimés », comme les objets, ou les pierres, ou le son, ne sont pas sensés avoir de champs magnétique; mais par leur structure, ils peuvent l’amplifier (les cristaux par exemple, selon leur agencement, leur composition…sont de très bons amplificateurs…ou changeurs de fréquence) , ou le stabiliser, ou le recharger. Et puis il ne faut pas oublier non plus que la terre est pleine d’organismes vivants, pareil  pour l’eau .

Les couleurs, qui, on le sait maintenant, possèdent chacune une fréquence différente ( le rouge est la fréquence la plus basse, le violet est la fréquence la plus haute, du moins sur le spectre visible, car après il y a les infra-rouges et ultra-violets) sont autant de moyens d’agir également sur l’énergie, tout comme la musique, ainsi que tout ce qui possède un rythme, comme les mandalas, la danse… A nous d’utiliser celui avec lequel on se sent le plus à l’aise!

Un dernier petit truc: vous vous êtes certainement dit en lisant tout ça « ah mais c’est la fameuse « fréquence vibratoire » dont on nous rabat les oreilles en new age! Oui, certainement, mais là encore faut faire attention aux abus. J’entends partout que ‘le mieux c’est d’avoir une fréquence vibratoire élevée ». Mais non, pas du tout! Ca accumule juste plus d’énergie, mais rappellez vous l’histoire de Napoléon et du pont diantre! Trop d’énergie, ça détruit le système. Il faut juste atteindre un point d’équilibre, on peut avoir besoin de fréquences plus hautes , ou plus basses, selon les besoins. Et encore une dernière chose avant que je vous laisse cogiter sur tout ça: la purification, vous pensez que c’est quoi dans tout ça?

Pour moi, une purification, c’est juste ramener les cellules à leur état d’équilibre, tout simplement. Leur ramener des ions négatifs ou en donner, selon le besoin, créer une circulation dans notre propre corps, celui d’autrui ou une pierre , une chose, afin qu’elle regagne son équilibre. Et la charger, c’est la mettre en hyperpolisarisation, pour qu’elle puisse a son tour donner de l’énergie et des ions négatifs.

Allez. Je vous laisse avec le chant de la terre enregistré par la nasa, c’est magnifique, on dirait des chants de baleine! (au final, c’est ptêt elles qui ont tout compris avec leurs chants…)

Faut il croire en nos dieux?

C’est une question assez récurrente en ce moment . Et la réponse la plus populaire c’est « oui, il faut croire en nos dieux, parce qu’ils en savent plus que nous, qu’ils font forcément ça pour notre bien parce que nous ne sommes qu’un vecteur et qu’on doit mettre notre égo de côté pour le bien du monde, même si ça ne nous semble pas cool sur le moment, et patati et patata. »

Certes.

C’est bien joli tout ça, mais faudrait juste pas oublier que les dieux sont tous différents. Et par là, ils ont forcément des façons de faire, des valeurs à défendre , des caractères et des envies différentes. Qu’ils peuvent aussi se fouttre sur la tronche les uns les autres. Alors qui a raison dans ce cas là? On ne DOIT PAS leur faire confiance. On DECIDE de leur faire confiance. C’est pas la même chose. Trop souvent dans le paganisme, et dans l’ésotérisme en général, je retrouve cet espèce d’idée que si un dieu nous envoie un signe pour qu’on fasse quelque chose, et bien on se doit de la faire. Et plus vite que ça. A la niche l’humain apprivoisé. Et que si on ne le fait pas, et bien hop, le baton. T’avais pas qu’à te rebeller, minable humain.

Et bien non. Je suis désolée, mais je ne suis pas d’accord. Il est peut être des dieux qui aiment, et qui ont besoin qu’on leur obéisse en tous points, mais perso, je ne pourrais jamais jeter aux ordures mon libre arbitre . Je suis bien consciente que le libre arbitre est très relatif; qu’il dépend de notre éducation, de nos expériences, de toute celle bouillie socio-culturelle dans laquelle nous évoluons en permanence, enfin je veux pouvoir avoir l’impression de réfléchir à mes actions, et à leurs conséquences; à la portée de tout ce que je peux faire moi, en tant qu’humaine.

Et puis il y a tellement de non-païens qui s’en sortent tellement bien. D’eux même, ils mettent des projets en place, se prennent en mains pour construire un futur plus ouvert, plus tolérant, occupent leur temps et leur énergie à soigner les autres, la planète. J’ai tendance à penser que les dieux et esprits influencent parfois de manière inconsciente les gens qui ne les percoivent pas directement; mais tous ces gens là ne le font pas pour les dieux, ils le font pour autrui, pour se sentir bien, pour exister dans un monde dans lequel ils ont envie de vivre, et en étant conscient que leurs actions ne se résument pas qu’à leur gueule, mais impregnent la toile de la vie toute entière.

J’en pleurais l’autre jour. En voyant des païens se fouttre sur la gueule pour des conneries. Qui vantaient l’unité. Mais ne se rendaient pas compte qu’ils faisaient preuve d’un ségrégationnisme violent envers les non-païens. C’est toujours plus facile de prétendre qu’on a raison lorsqu’on est en groupe, ou lorsqu’on cache nos actions sous couvert « d’une demande ordonnée par une puissance supérieure ». Les écarts sont tellement faciles; c’est quelque chose qui se propage insidieusement, quelque chose qui nous grignote l’esprit et laisse l’esprit de groupe penser à notre place.

« On a dit ». Non.

VOUS avez dit.

C’est VOTRE voix qu’il faut écouter en premier, et non pas celle, extérieure à vous, qui vous procurerais le sentiment de puissance et d’unité le plus fort. On adhère à ce que dit et fait la majorité, on se sent direct mieux. On se justifie « oui mais nous on agit pour le bien et pour l’équilibre , au contraire des athés/chrétiens/juifs/politiques-tous-des-pourris/intolérants (rayer les mentions inutiles). Qui fait preuve d’intolérance ici?. Comme dirait Brassens,

La seule révolution possible, c’est d’essayer de s’améliorer soit-même, en espérant que les autres fassent la même démarche. Le monde irait mieux alors.

Bon il disait aussi « Le pluriel ne vaut rien à l’homme, sitôt qu’on est plus de quatre on est une bande de cons » mais c’était moins sympa, mon but n’est pas de vous faire fuir mais de vous inciter à réfléchir à la question.

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Odin et Bifrost, par John Bauer (et pas Jack Bauer)

Odin est l’un de ceux qui m’a appris l’importance du libre arbitre et de la réflexion personnelle, et pas toujours de façon sympa (jamais rien de bien méchant jusqu’ici ) . Je me suis amusée un jour à tirer les runes pour certains de mes amis, en lui demandant ce qu’il pensait de ces personnes en question. Et bien le résultat était souvent assez drôle; la plupart du temps bien sentit, sans compromis et bien cinglant comme il le faut. Pan dans le mille, prends ça bien profond ta lance gungir dans le ass. Pour moi c’était quelque chose du genre  » Tu manques d’esprit d’initiative jeune padawan. Tu peux mieux faire et arrêter de te reposer toujours sur autrui pour mener à bien tes projets ».  Et les personnes dont il approuvait le comportement, c’était la plupart du temps des personnes dotées d’une perception bien personnelle de la divinité. Des gens doté d’une grande ouverture d’esprit, qui remettaient sans cesse le divin en question, restaient ouvertes au jugement et paroles d’autrui en le questionnant en permanence. Des gens qui avancaient par eux même, sans attendre de signes en permanence de leurs « dieux ».

Je n’en suis pas encore là. Je fais ma fière, mais je suis la première à faire des tirages pour tout et n’importe quoi. Se laisser guider, c’est tellement plus pratique. Avant j’étais plutôt du genre tête brûlée « RIEN NI PERSONNE NE ME DIRA CE QUE JE DOIS FAIRE »! mais j’en suis venue à basculer dans l’excès inverse, c’est à dire de me laisser trop aller à attendre des signes et des instructions de mes dieux.

C’est un équilibre difficile à atteindre. Prendre conscience que l’on est un vecteur, que certaines choses ne dépendent pas de notre volonté propre et que ce qu’on « veut » n’est la plupart du temps qu’une insurrection de l’égo, mais qu’en même temps on ne peux changer les choses qu’en agissant de nous mêmes. Agir pour le monde. Agir et être à l’extérieur de soi.

J’ai l’impression qu’un des autres gros symptômes du paganisme aujourd’hui c’est l’excès de sérieux. Tout m’apparaît comme un poil grandiloquent, comme si on était obligé de se justifier comme étant « un vrai de vrai » en participant à des cérémonies guindées où en honorant nos dieux sans un pet de travers. Sérieusement? Les dieux ont de l’humour, et encore heureux! Checkez le passage où Loki s’attache les couilles à une chèvre pour faire rire l’assistance (bon..chuis pas sure que ça me ferais rire aujourd’hui ça en fait) , vous verrez si on est sérieux H/24 chez les dieux. Et si l’on commence à tomber dans la peur de « oh non je ne vais pas dire ça sinon ça va offenser mes dieux, ils vont se venger! » on est pas fini! La peur ne dois jamais, au grand jamais, être un moteur. Si ça l’est, posez vous les bonnes questions. Est-ce que c’est vous qui voulez de cette relation avec vos dieux et eux qui en profitent parce qu’ils aiment ça? (il en est surement ainsi avec certains, mais moi c’est pas mon truc la promesse du tazer si je fais un pas de côté) Est-ce que c’est plus facile pour vous de vous poser en position soumise pour avoir à ne pas poser de question, et pour ne pas assumer les conséquences de vos actes?

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Idunn et Loki, par Jack Bauer

Une des techniques du Vieux (comprendre: Odin) pour me donner une petite leçon de vie; c’est soit de se faire passer pour quelqu’un d’autre, soit d’envoyer Loki à la place pour jouer les caméléons. Exemple: il y a quelques temps, je suis soudain tombée sur un article sur la déesse Feronia: une déesse antique de la nature sauvage, du marché, qui vagabondait sous les traits d’une petite vieille demandant l’aumône et qui donnait cadeaux ou sorts en fonctions des rétributions. Me suis dite « chouette! elle est géniale elle! Je vais lui faire quelques offrandes et puis on verra ». Très bon tirage de runes à son égard. Cool. Je tire chaque matin une carte de l’oracle des couleurs. Et là, ça fait deux matins que je tombe sur la carte « dieu aime faire des farces, ce que vous attendez n’aura pas lieu sous la forme présumée ». Bon. Ok, on verra bien (la dermière fois que je l’avais tirée, j’avais pété un rétroviseur et cramé ma terrasse en une seule journée)

Pour commencer, je cherche des offrandes pour Feronia. Pour ça, j’aime bien utiliser la technique de la pièce de monnaire: pile c’est Non, face c’est Oui. Des fleurs? Non. Tu veux un sanctuaire dans la nature? Non. Ah, bizarre pour une déesse de la nature sauvage, mais passons. Des fruits? Oui. Pomme, clémentine? Oui. Des branches? Non. Et desfois ça oscille. J’achète un petit bouquin sur les plantes médicinales. Je lui demande de m’indiquer des plantes qui correspondraient à certains de mes amis. Gingembre, Epine-vinette, Romarin. Et moi? Chiendent. Ah bah merci! Je dois le prendre comment? Un poil vexée mais pas plus que ça, je continue ma journée. Et puis au fur et à mesure de mes questions, le doute me saisit. C’est moi ou ça se fout de ma gueule par ici? Des infos parfois contradictoires, moqueuses.

Putain, si ça se trouve, c’est pas du tout Feronia la haut. Merde, je me suis encore faite avoir. Je prends Tiwaz, la rune qui me sert lorsque j’ai besoin de la vérité de la part de quelqu’un. Je pose la question « Es tu Feronia? »

-Non.

Bon. Au moins on est fixé. Est tu un mec?

-Je ne suis pas une fille (Berkana à l’envers)

Odin?Loki?

Mannaz à l’endroit. Raidho à l’endroit. Hein? Loki et Odin? Sur le coup, je ne comprends pas. Et puis…Attends…Mannaz c’est l’intelligence. Raidho ça peut être « ce qui est envoyé ». Ok, Loki le larbin d’Odin qui est passé dans le coin pour me mettre un petit coup de pieds aux fesses comme à chaque fois que je commence à baisser ma garde et à être un poil trop bisounours.Oui, c’était pour mon bien au final, c’était tordu comme la plupart des interventions du Vieux, mais c’est ce qui marche avec moi. Il ne me protègera que très rarement. Si je lui demande un service, et qu’il estime que je peux m’en charger moi même ou que le fait de le surmonter toute seule sera plus à même de me faire évoluer, et bien il me fera comprendre tranquillement que non, il n’est pas mon homme à tout faire .  ( a contrario, les déesses genre Kali sont beaucoup plus actives et n’hésitent pas à intervenir directement)
Alors, est ce que je crois en mes dieux?Alors là je ne vous répondrais pas.

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J’tai bien niquée , ma vieille.

Le voleur de feu

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Car Je est un autre. Si le cuivre s’éveille clairon, il n’y a rien de sa faute. Cela m’est évident : j’assiste a l’éclosion de ma pensée : je la regarde, je l’écoute : je lance un coup d’archet : la symphonie fait son remuement dans les profondeurs, ou vient d’un bon sur la scène.

Si les vieux imbéciles n’avaient pas trouvé du Moi que la signification fausse, nous n’aurions pas à balayer ces millions de squelettes qui, depuis un temps infini, ont accumulé les produits de leur intelligence borgnesque, en s’en clamant les auteurs!

En Grèce, ai-je-dit, vers et lyres rythment l’Action . Après , musiques et rimes sont jeux, délassements. L’étude de ce passé charme les curieux, plusieurs s’éjouissent à renouveller ces antiquités : — c’est pour eux. L’intelligence universelle a toujours jeté ses idées, naturellement ; les hommes ramassaient une partie de ces fruits du cerveau : on agissait par, on en écrivait des livres : telle allait la marche, l’homme ne se travaillant pas, n’étant pas encore éveillé, ou pas encore dans la plénitude du grand songe. Des fonctionnaires, des écrivains: auteurs, créateur, poète, cet homme n’a jamais existé!

La première étude de l’homme qui veut être poète est sa propre connaissance, entière ; il cherche son âme, il l’inspecte, il la tente, l’apprend. Dès qu’il la sait, il doit la cultiver; Cela semble simple : en tout cerveau s’accomplit un développement naturel; tant d’égoistes se proclament auteurs, il est bien d’autres qui s’attribuent leur progrès intellectuel ! Mais il s’agit de faire l’âme monstrueuse : à l’instar des comprachicos, quoi! […]

Je dis qu’il faut être voyant, se faire voyant.

Le Poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens. Toutes les formes d’amour, de souffrance, de folie; il cherche lui-même, il épuise en lui tous les poisons, pour n’en garder que les quintessences. Inneffable torture ou il a besoin de toute la foi, de toute la force surhumaine, ou il devient entre tous le grand malade, le grand criminel, le grand maudit, — et le suprême Savant! — Car il arrive à l’inconnu! Puisqu’il a cultivé son âme, déja riche, plus qu’aucun! Il arrive a l’inconnu, et quand, affolé, il finira par perdre l’intelligence de ses visions, il les a vues! Qu’il crève dans son bondissement par des choses inouïes et innomables : viendront d’autres horribles travailleurs ;  ils commenceront par l’horizon ou l’autre s’est affaissé!

Donc le poète est vraiment voleur de feu. Il est chargé de l’humanité, des animaux même. ; il devra sentir, palper, écouter ses inventions  ; si ce qu’il rapporte de là-bas a une forme, il donne forme : si c’est informe, il donne de l’informe. Trouver une langue; — Du reste, toute parole étant idée, le temps d’un langage universel viendra ! Il faut être académicien, — plus mort qu’un fossile, — pour parfaire un dictionnaire, de quelque langue que ce soit. Des faibles se mettraient à penser sur la première lettre de l’alphabet, qui pourraient vite se ruer dans la folie!

Rimbaud, lettre à Paul Demeny, 15 mai 1871

J’en avais un peu raz le bol des recontructivistes paiens-qu’ils soient nordiques, celtiques, druidiques, narcissiques ou j’ailasciencinfusiques , surtout lorsqu’ils sont intolérants et qu’ils considèrent les autres formes de paganisme–en particulier eclectiques — comme un ramassis de bouses qui ne méritent même pas qu’on salisse la semelle pour eux, sous prétexte « qu’ils sont tellement plus true »,  pas comme tous ces « wiccaneries » tout juste bons à faire de la magie petit poney! « . Alors j’ai posté du Rimbaud (oui je sais, ma vengeance est terrible, j’aurais pu lacher des hordes de loups sauvages et autres Goules des tourbières , mais faut pas déconner avec Aalzen les mecs!)

Si vous êtes reconstructivistes, ne le prenez pas mal. Surtout si vous ne cherchez pas à l’imposer a autrui. Je respecte cet état d’esprit, c’est l’intolérance qui me débecte. J’aime me cultiver. J’aime le Havamal , les Eddas, les confessions d’Isobel Godwie et les histoires d’Alice Kytelers. Mais je ne pourrais pas m’appliquer à les ancrer dans MA réalité, dans MON présent, de manière totale et exclusive. J’aime puiser dans les vieux textes; mais ils doivent servir de référence, et non pas de traité de Loi: les réinterpréter, les  réasaisonner, les remanier pour les adapter à notre pratique me semble la meilleure manière de se les réapproprier.

Une religion qui n’évolue pas est une religion morte. Les dieux évoluent (et oui! Comment pourraient ils communiquer avec l’humain d’aujourd’hui autrement? Quand un Dieu t’envoie un signe…via Super Smash Bros Melee tu rigoles, je t’assure). Les humains évoluent. Alors faut s’y faire et avancer main dans la main, au lieu de déblatérer des âneries et de s’emmurer dans ses écrits. Il n’y a pas d’élistisme, je ne vois pas pourquoi la spiritualité et l’épanouissement personnel ne pourrait pas être a la portée de tout le monde. Il nous faut réinventer en permanence notre relation au divin. Notre rapport au monde. Notre rapport aux autres. Trouver un langage qui convienne à notre monde, qui lie les gens, qui nous lie aux dieux, aux esprits, au vivant. Et ce langage ne se trouve pas dans le passé; en tout cas pas seulement. Il est la somme de tout ce que l’humanité a été, de notre futur, de notre présent. Et si vous manquez d’un point d’appui, trouvez le dans les choses simples. Une main chaude dans la votre. La pluie froide qui vous cingle le visage et coule dans votre coup. Les mains dans la terre, le rayon de soleil d’une fin de journée. Une caresse à votre chat qui a squatté votre lit. Votre sang qui pulse dans vos veines.

Et si vous êtes toujours pas content, adressez vous au dragon.

(par Nathalie Hall)

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