Cueillette de plantes sauvages: Alliaire officinale, nombril de vénus et douce-amère

Hello les gens! Ca faisait longtemps non? (au moins UNE SEMAINE!)

Bref. Me revoici, surfant sur les vagues de mon installation en Irlande. Sans vouloir trop m’attarder sur ma vie, je me suis installée tranquillou, je commence la reconnaissance des environs, je me balade pour trouver des coins tranquilles pour me ressourcer dans la nature (je suis tombée sur un tilleul gigantesque juste à côté d’une petite rivière…sublime, dommage qu’il y aie pas mal de déchets, va falloir que je ramasse tout ça , ça sera une bonne offrandes aux esprits du lieux) , j’essaye d’être sociale comme je peux , je reconstruis tout doucement mon espace en tissant ma toile un fil après l’autre.

tumblr_nolpliJufv1syb85xo1_1280

Illustration: Lucien Lévy-Dhurmer

J’essaye de ralentir. Prendre conscience de tout ce qui me reste à faire, y aller étapes par étapes . Se structurer au sein d’un nouvel espace n’est jamais facile, la perte de repères est toujours extrêmement fatigante pour le moral et le le physique, tu dépenses une montagne d’énergie hallucinante à trouver un compromis entre essayer de te protéger  et en même temps s’adapter et apprendre de son nouveau milieu, tel un petit poisson rouge balancé au milieu de l’océan (NEMOOOOOOOO!)

Je ne suis pas quelqu’un de particulièrement sociable à la base, je me sens toujours mieux seule au milieu des arbres qu’en compagnie nombreuse; j’adore les gens, c’est juste que je me sens très vite enfermée, ou opressée au sein d’un grand groupe . Tu as l’impression d’être décalée, à côté de la plaque, obligée d’exercer un contrôle sur ce que tu es pour rentrer dans le moule sociétal. Et même si ce jeu en société est indispensable dans les relations humaines, il m’a manqué durant toute ma jeunesse, et encore maintenant, je n’ai pas encore ce petit quelque chose qui fait que tout coule de source dans la relation avec l’autre; c’est comme si je m’imposais en permanence un « filtre » qui m’empêcherais de ressentir trop profondémment ce qui m’entoure.

Mettre à bas ce « filtre », comprendre pourquoi et quand il se met en place, et comment le contourner pour prendre du plaisir à être avec les gens au lieu de se perdre dans les méandres des suggestions et projections mentales qui ne font que t’enfermer encore plus en toi même est un sacré travail de tous les instants.

C’est un travail de prise de conscience, de compréhension des mécanismes de défenses qu’on a pu développer à cause/grâce à nos expériences passées et notre sensibilité.

Simplement laisser les choses couler lorsqu’on les sens venir, laisser couler les sensations qu’on capte, celles qui viennent de nos défenses. Ne pas fermer nos portes, laisser le flux du monde et des autres entrer en nous. Ne pas laisser l’eau stagner en nous, tous ces souvenirs, peurs, angoisses qui se transforment en une eau noire qui nous enlise, transforme une partie de nous en un marais insalubre (et vive les moustiques et les crocos là dedans) .

Demande à l’eau de couler. Ne te ferme pas. Si tu es en colère contre quelqu’un, c’est que ça te renvoie à quelque chose que tu n’aimes pas chez toi. Si tu es dure avec les autres, c’est parce que tu es dure avec toi même . Si tu traites autrui avec respect , tolérance et gentillesse, tu fais de même avec toi même.

Chère Baba Yaga, les gens me disent parfois que j’ai l’air faché alors que c’est juste que je m’ennuie. Est-ce qu’ils voient quelque chose en moi que je ne vois pas moi même?

Baba Yaga

L’ennui est comme le dessus d’une vieille souche détrempée, l’eau de pluie qui tombe dans ce petit puits rend possible la décomposition vers laquelle les cellules se laissent naturellement aller. Que se passe-t-il donc en toi pour que tu stagnes si facilement? Remues l’eau morte et regarde ce qui se passe tout au fond.

Via Taisia Kitaiskaia

Il me reste encore pas mal de travail à faire là dessus, mais j’ai l’espoir d’arriver à renverser la tendance!

En attendant je m’attelle à reconnaître les plantes du coin que j’intègre petit à petit à mon alimentation. Je me suis achetée un mini-blender, c’est ultra pratique pour faire des genre de pestos végétaux: tu prends tout ce qui te passes sous la main, tu mixes avec de l’huile d’olive, du citron et de la sauce soja et hop! T’as un super truc à tartiner sur ton pain du midi (tu peux même pousser l’awesomitude jusqu’à faire ton pain toi même, mais bon faut avoir un four et du temps devant soi!) Je fais déja quelques salades avec du plantain, des jeunes feuilles de tilleul (ultra bon et très doux, je vous conseille!), quelques orties cuisinées comme des épinards et de la vesce comme dans l’article précédent, et j’ai appris à reconnaître trois nouvelles plantes que je vais vous présenter par la suite (toutes les plantes que je vous présenterai dorénavant sur ce blog seront des plantes que j’aurais touchées, senties,et goutées quand comestibles, et cueillies avec mes petites mimines):

-L’Alliaire Officinale ou herbe à ail ( Alliaria petiolata )

alliaria_petiolata

Elle est aparemment devenue envahissante aux états-unis, en tout cas en France je n’en ai presque pas croisé, mais j’en ai trouvé par ici. Elle aime bien les clairières et les lisières de forêt, les bords des murs, il ne faut pas la confondre avec les Dentaria, Osmorhiza claytonii,et Saxifraga virginica : vous pouvez la reconnaître facilement grâce à l’odeur légèrement aillée que dégagent ses feuilles lorsqu’on les froisse (l’odeur est un très bon moyen de reconnaître les plantes médicinales et/ou toxique) et la forme caractéristique des feuilles.

Vous pouvez en faire des pestos, des salades, cuire les feuilles comme des épinards, ou encore se servir de ses graines pour faire un genre de moutarde (d’où le nom anglais Garlic Mustard ) . Les feuilles sont tendre , pas poilues ou coriaces comme peuvent l’être d’autres plantes sauvages; et en plus ça a plein de propriétés médicinales: elle est diurétique, on l’utilise aussi pour traiter l’asthme, ou la goutte, ou encore fraiche en cataplasme, pour désinfecter .

Et nos ancêtres les utilisaient déja depuis trèèès longtemps, la preuve, on a même retrouvé des traces de graines sur des poteries datant de 6000 AVT JC! (whouuu, prends ça dans les dents)

Le Nombril de Venus (Umbilicus rupestris)

Alors celle-ci, impossible de la confondre avec une autre plante. Ca ressemble un peu a une espèce de cactus qui aurait copulé avec une girolle, c’est gorgé d’eau (une plante « succulente » on dit aparemment en botanique, et je vous assure que mon palais la confirme comme succulente également au niveau culinaire). Elle aime les vieux murs, les vieilles pierres toutes humides, les endroits ou le soleil ne passe pas très souvent. Je ne me souviens pas en avoir vu en France mais je sais qu’il y en a , en tout cas ici, au royaume de l’humidité et des vieilles pierres, elle s’en donne à coeur joie la petite!

Celle-ci par contre , il vaut mieux éviter de la cuire, c’est un peu un gros gâchis; le meilleur moyen de la cuisiner, c’est fraîche, en salade. N’oubliez pas de cueillir celles qui sont hors d’atteinte des pipis et cacas de renards ou autres ragondins (qui transmettent la leptospirose), c’est préférable lorsqu’on consomme les plantes crues. En plus elle a un super goût, qui peut être légèrement amer lorsqu’elles sont vieilles ou qu’elles produisent des fleurs.

Nicholas Culpepper , un physicien, astrologiste, botaniste et herbaliste (qui n’est pas très considéré aujourd’hui, car il appliquait une classification astrologique aux plantes, on comprenne que ça plaise moyens aux scientifiques modernes) lui prétait des vertus dépuratives, et un effet particulièrement bénéfique sur les reins: elle est sensée être efficace contre la plupart des maux d’origine « chaude »:

« Boire le jus ou l’eau distillée de nombril de Vénus est très efficace contre toutes les inflammations ou échauffements non-naturels, pour refroidir une brûlure d’estomac, un foie chaud, ou les intestins: les feuilles, le jus, ou l’eau distillée, appliqués en externe, soignent les boutons, l’ergotisme (un genre d’intoxication provoqué par la consommation d’un champignon présent dans le seigle), ainsi que d’autres échauffements externes. Le jus ou l’eau aide à purifier les reins stagnants, qui sont blessés ou ulcérés par les calculs; ils font aussi uriner, sont efficaces contre les oedèmes et aident à dissoudre les calculs rénaux. Lorsque qu’on l’ utilise dans un bain, ou écrasée pour en faire un onguent, elle calme les veines enflammées; et est également très efficace contre la goutte et la sciatique, et combat les noeuds présents dans le coup ou la gorge, qui se nomment le mal du roi: Le jus ou l’onguent soignent les engelures et les bleus, en les aidant a disparaître rapidement. »

Pour plus d’infos , n’hésitez pas à aller checker la vidéo suivante, qui vous permettra de bien reconnaître le nombril de Vénus:

Nous allons donc finir notre petit article avec une PLANTE TOXIQUE! (yeaaaah vous l’attendiez celle là, avouez! Une plante magique :D) j’ai nommé la très jolie Douce Amère (Solanum dulcamara)

9f77fc30b3bac73875c562e8602b84db

(dorénavant, j’utiliserai cette illus de Pam Wishbow pour parler des plantes toxiques, histoire d’être sure et certaine que quelqu’un qui aurait lu l’article en diagonale ne s’amuse pas à les ajouter à sa salade)

solanium dulcamaria

Jasmin à gauche, douce-amère à droite, et l’insecte c’est un magnifique sphinx à tête de mort et sa chenille de toutes les couleurs

La douce-amère fait partie de la famille des Solanacées (en anglais on les appelle les Nightshade, c’est quand même vachement plus classe), dont font partie entre autres la Belladone, la Datura et la Mandragore, et aussi…la patate. Et oui la patate on dirait pas comme ça, mais c’est sacrément badass. On consomme les tubercules (donc la chose informe que nous appellons « pomme de terre »), mais les feuilles , et toutes les parties vertes des turbercules sont toxiques et contiennent de la solanine, un poison assez violent, que seule la larve de quelques papillons comme le Sphinx tête de mort peuvent boulotter tranquillou, alors que ça peut vous allonger raide mort . La solanine provoque des troubles cardiaques, vomissements, nausées, diarrhées, paralysies, fièvres, hallucinations; évitez de manger des feuilles de patate si vous voulez vous tapez un trip, les effets secondaires risquent de vous gâcher le voyage.

La Douce Amère aime les endroits un peu sombres, et surtout très humides, comme les bords de vieux murs ou les points d’eau.

En magie, elle est réputée être protectrice lorsque accroché dans un endroit secret de chez vous, ou aider a soigner les souvenirs amers lorsque portée sechée, dans un petit sachet par exemple. Elle est utile si vous faites de la magie Faery (ce que je ne pourrais pas confirmer, je n’en fais pas) , et est associée à Mercure et Saturne.

La Douce-amère est moins toxique que ses congénères, aparemment les amérindiens l’utilisaient en pommade pour traiter l’arthrite, les tumeurs, les problèmes digestifs… Mais là encore, je ne vous conseillerais pas de faire de même!

Vous pouvez trouver d’autres informations sur la douce amère par ici, mais c’est en anglais!

Solanum_dulcamara(2)

Allez des bisous à tous, et à la prochaine!

Publicités

Les Mariris, langues de feu des esprits des plantes

Pour continuer avec les plantes, voici un petit extrait de Journal d’une apprentie chamane , de Corine Sombrun. Elle y raconte sa rencontre avec un chaman d’amazonie (un vrai hein, pas un de ces énièmes gars qui se prétendent chamanes parce que c’est un moyen sur et efficace de s’en mettre plein les poches, aux détriments des pauvres touristes en mal de magie dans leur vie qui finissent par la risquer, leur vie , car prendre des substances comme l’ayahuasca sans contrôle strict d’une personne expérimentée, ça peut être extrêmement dangereux) , qui lui enseigne ce que sont les Mariris, les esprits des plantes.

mariri4

Je parle des serpents à Francisco. Ceux dont j’ai eu la vision hier. Il sourit. Il me dit que le serpent est le symbole de l’ayahuasca. Les avoir vu sortir de mon corps et se transformer en branches veut dire que l’esprit de l’ayahuasca est entré en contact avec moi et qu’il a accepté le processus de guérison. Il ajoute que c’est toujours sous cette forme que l’esprit de la plante apparaît. Surprise. Silence. Pensée profonde. Si cette vision est commune à plusieurs personnes, c’est peut être qu’elle est une réalité. Quel est cet esprit-serpent qui entre en contact avec nous? Je commence à comprendre pourquoi, partout à Sachamama, on peut lire des petits panneaux qui serinent : « Une vision est une réalité. »

Faut travailler en plus. Cours sur le Mariri. Moi je ne ris pas. Bon. Alors commençons par le début. Un malade vient voir le chaman. Le chaman doit organiser une séance d’ayahuasca pour entrer en contact avec l’esprit qui fait souffrir le malade. Une fois le contact établi, le chaman doit « aspirer » le mal du corps du patient. Pour ça il a une arme : le Mariri. Ce Mariri est l’esprit qui, au travers du chaman, va aspirer le mal du patient. Il est représenté comme une langue de feu, qui sort de la bouche du chaman et sur laquelle va venir se coller le mal du patient. C’est donc grâce à ce Mariri que le chaman peut aspirer le mal, sans craindre de le voir « pénétrer » en lui. Un peu comme un aspirateur à miasmes. Que le chaman doit donc obligatoirement posséder. C’est le maître qui apprend à son élève la technique d’aspiration du mal.

Comment un chaman peut-il obtenir ce Mariri? Grâce aux plantes maîtresses qu’il va « diéter » et qui, s’il le demande, vont faire don d’un Mariri à l’apprenti chaman.

La formule magique pour demander un Mariri? Elle se prononce dans le language des plantes, qui sont les icaros.

Un étudiant particulièrement doué peut obtenir un Mariri en trois mois. Il doit pour cela faire une diète spéciale, tout en demandant à la plante de bien vouloir lui donner ce Mariri. Puis s’en remettre à son maître, qui va également demander à la plante de bien vouloir donner un Mariri à son élève.

Si la plante accepte, elle appelle l’esprit d’un Mariri et le transmet à l’apprenti chaman par l’intermédiaire des rêves. L’apprenti va alors rêver que la plante lui offre le choix entre quatre Mariris, sous forme de quatre flammes, de quatre couleurs différentes: blanc, vert, rouge ou noir. Il n’a plus qu’à choisir celui qu’il fera sien. S’il choisit le blanc ou le vert, c’est qu’il est décidé à soigner, à faire du bien. S’il choisit le rouge ou le noir, c’est qu’il est décidé à faire du mal, de la magie noire. Il deviendra un black shaman.

Une fois ce choix fait, le Mariri entre dans le corps du chaman. Au début, il est petit, il n’a pas un grand pouvoir, il est alors comme un « bébé » qu’il va falloir nourrir et entretenir pour le rendre fort et puissant. Sa nourriture sera le tabac, que le chaman va fumer ou boire en potion. Sa nourriture sera également le parfum, dont le chaman va se servir pour l’honorer.

Les disciplines de diète et d’isolement sont destinées à faire en sorte que le chaman reste « en contact » permanent avec son Mariri. S’il ne suit pas la discipline requise, s’il boit de l’alcool par exemple, et qu’il perd le contrôle de sa raison, le chaman va perdre son Mariri. Lors de vomissements sans fin. Le Mariri pourra alors se retourner contre lui et le tuer.

Mais comment on « diète » une plante vous me direz? Il faut , comme son nom l’indique, observer une diète très stricte (pas l’alcool, pas de sucre, pas d’excitants , ni de piment, ni de graisse, ni de sel) durant un certain temps, afin de nettoyer l’organisme et de devenir plus « perméable ». L’ayahuasca se charge, lui aussi, de nettoyer le corps (lorsqu’on en prends, il parait qu’on vomit, qu’on peut avoir des grosses crises de caca liquide…c’est un peu le gros ménage de printemps super bourrin, les blocages physiques, émotionnels et psychiques ressortent sous une forme solide) .

Ensuite on va en forêt avec le chaman, on va voir la plante qu’on veut diéter, on lui demande la permission de la couper, puis on lui chante un « icaro », les chamans lui soufflent aussi de la fumée de tabac dessus en guise d’offrande. On met les feuilles à macérer toute la nuit dans de l’eau , et on garde quelques branches avec soi , sous son lit par exemple, pour attirer l’esprit de la plante. Le lendemain matin, on prend la tasse , on chante un icaro et hop re-fumée de tabac sur la tasse. On boit le contenu d’un trait, et ensuite, on ne doit voir personne de la journée, pour entrer en contact avec la plante, et observer 8 jours de diète .

71O-3JnxtvL

Image tirée du livre rouge, de Carl Jung

Quelques plantes sauvages pour commencer la cueillette

Je vous mets quelques photos de plantes que j’ai ramassées dans ma belle campagne (oué, je vous soule un peu avec mes articles, mais demain je pars pour dix mois en Irlande  et internet est tout pourri la bas, du coup je ne sais pas trop quand je reviendrai) . Celles-ci sont suffisemment caractéristiques pour être reconnues facilement, j’espère que ça vous aidera pour la cueillette!

Au pire, ça vous fera ptêt tilt si vous les croisez au détour d’un chemin ou d’un jardin 😉

On commence par…

LES PLANTES TOXIQUES (yeaaaah!)

DSC_4670

On commence avec la fameuse Hellebore Verte , que j’ai trouvé à la lisière d’un bois. Il existe de nombreuses espèces d’hellébore, dont la noire (appellée ainsi parce que ses racines sont noires), celle habituellement utilisée en magie, et la blanche. L’hellébore verte était cultivée dans les jardin de moine pour soigner des affections cardiaques et nerveuses, mais je ne vous conseillerais pas de vous faire une tisane avec , elle est fortement toxique. Elle est l’un des quatre poisons de sorcière, avec la Cigüe, la jusquiame et la belladone, et entrait souvent dans la composition du fameux onguent de vol des sorcières, dont elles se tartinaient à l’époque pour entrer en transe. Vous pouvez utiliser en nécromancie, ou pour les sortilèges de banissement: elle est extrêmement puissante, à approcher avec respect et circonspection. Elle a une sacré énergie, il me suffisait de rester au dessus avec les mains tendues vers le plan d’hellébore pour ressentir aussitôt des vertiges. Pour ce qui est d’entrer en contact avec, perso c’est pas encore le cas, je pense que ça demande du temps et du doigté, madame est capricieuse.

DSC_4671

Le chèvrefeuille, que vous pouvez trouver en abondance dans les sous-bois. Attention, celui-ci est aussi toxique. En magie, il est dit attirer l’amour et l’argent, et protéger le jardin du mal . On peut bruler les fleurs qui sentent hyper bon en guise d’encens pour purifier l’atmosphère.

LES PLANTES COMESTIBLES

DSC_4672

On utilise la consoude pour faire le fameux purin , qui équilibre le compost en raison de sa teneur en potasse. Mais autrement vous pouvez utiliser ses grandes feuilles poilues un peu comme les feuilles de vigne, vous les faites cuire à l’eau une minute pour les ramollir, puis vous faites une farce à base de ce que vous voulez (riz/petits légumes/noix par exemple) , vous enroulez les feuilles de consoude autour de la farce et hop à griller au four avec un filet d’huile d’olive, c’est extra. Autrement, au niveau magique, c’est une plante eau/saturne, une des plantes sacrées d’Hécate.  On peut la brûler avec de l’armoise pour aider à la divination, ou en garder une feuille dans son bagage pour se protéger pendant le voyage. On l’appellait Con-soude parce qu’il était dit que prise en aliment ou en tisane, elle aidait à ressouder les os. Vous la trouverez un peu partout dans les prés humides et en lisière de forêt.

DSC_4677

Le plantain est l’une des plantes du charme nordique des Neufs herbes sacrées. Il est coriace, sert a peu près à tout, soigne les blessures et piqures (vous en mâchez quelques feuilles et les appliquez sur les blessures) , est très efficace en cas de rhumes ou de bronchites pris en tisane, c’est un peu l’herbe qui ne paye pas de mine mais qui cache bien son jeu. Vous pouvez faire un pesto plantain/feuilles de framboisier, il parait que c’est très bon (ma mère a testé). Au niveau magique, le plantain est sensé aider dans tous les charmes liés à la force, la protection et le soin. C’est une plante très sympa, toujours prête à aider, vous pouvez la cueillir sans trop de soucis. Vous le trouverez surtout sur les chemins en terre.

DSC_4678

Le Cerfeuil musqué, dont je ne vous conseillerais pas la cueillette si vous êtes novices, parce qu’on peut le confondre avec sa pote moins sympa la cigüe. Au contraire de le cigue qui a une odeur désagréable de pipi de chat, le cerfeuil sent très bon, et il n’a pas de taches rouges sur sa tige, qui est creuse et crénellée. En magie, le Cerfeuil musqué est l’une des 9 herbes sacrées, il est sensé protéger et purifier, comme ses confrères du charme.

DSC_4679

La grande Berce (et pas la grande Bertha, pardon c’était nul comme blague) , aussi appellée l’herbe à lapin, est assez commune dans les prés. Ca ressemble un peu à une grande rhubarbe, en plus dentelé. Attention à ne pas la confondre avec la Berce du caucase, qui est phototoxique: la Grande Berce a plein de petits poils doux sous les feuilles et sur la tige, que la Berce du caucase n’a pas, les feuilles de la grande berce sont aussi moins dentelées.

On peut utiliser les jeunes feuilles comme des épinards (n’essayez pas les grandes, c’est dégueu, j’ai testé), par contre vous pouvez faire des super salades avec la tige, que vous épluchez comme une tige de rhubarbe et que vous coupez en petit morceaux avec de la feta, des tomates, des concombres… Elle est hypotensive et diurétique , et riche en vitamine C au printemps. Je ne lui connais pas d’usage magiques, mais sait on jamais!

DSC_4700

L’Egopode est très commune dans les sous bois, on peut la consommer jeune en salade, ou plus vieille comme des épinards. Sa saveur est plutôt sympa, assez forte, et sa texture plutot douce, comparée à d’autres plantes sauvages. Pas d’usage magique connu, mais elle était appellée Herbe aux goutteux, car elle était réputée aider à soigner…la goutte.

DSC_4697

Le Geranium herbe à Robert n’a rien a voir, contrairement à ce que son nom indique, avec le géranium de ton balcon, qui lui doit être un poil toxique. On la trouve un peu partout sur le rebord des chemins et pieds des murs, son odeur est très agréable, on peut en faire des vins parfumés. On utilisait son infusion pour lutter contre la dysenterie et les hemorragies utérines, pour aider à stabiliser le taux de sucre dans le sang et pour désengorger les mamelles des vaches .

DSC_4695

La Vesce commune est intéressante parce que riche en protéines. Elle a un très agréable gout de petits pois, on la trouve surtout sur le bord des chemins et dans les champs, elle est aussi beaucoup utilisée en agriculture biologique. Pas d’utilisation magique connue au bataillon, mais par contre on sait qu’elle était une part certaine de l’alimentation de certains hommes du néolithique, et qu’elle était cultivée par les romains.

Voilà! On arrête la pour ce soir, bonne nuit les coccinelles et a bientôt! Une petite photo de Melchior et Balthazar mes nouvelles mini-opales, comme promis (pas plus grandes que l’ongle de mon pouce, mais costaudes! J’ai du mal à les apprivoiser ces saligaudes)

DSC_4701DSC_4706

(On dirait des minis Icebergs, c’est vraiment rigolo)

Débuter avec la cueillette sauvage

Me revoici dans l’arène pour vous donner, comme promis dans le dernier article , quelques détails concernant la cueillette sauvage.

Si vous avez envie de vous y mettre, pour récolter vos plantes vous même et les utiliser soit à des fins magiques, soit à des fins culinaires, soit à des fins médicinales, ou pour toute autre raison, il y a quelques règles à respecter afin que la cueillette et la dégustation, ainsi que la conservation se déroulent dans les meilleurs conditions possibles.

Sachez qu’il est plus facile d’utiliser les mêmes règles et de faire preuve des mêmes précautions pour toutes les plantes que vous cueillez, du moins lorsque vous commencez, comme ça si par exemple vous voulez utiliser votre aubépine pour en faire une tisane calmante ou en fumigation pour purifier un endroit, et bien y’aura pas de soucis en aval.

tumblr_nnpit0y9jh1qg132eo1_1280

La première difficulté à laquelle vous aurez à vous confronter, et non la moindre, est celle de l‘identification des plantes que vous cherchez. Soyez sur, et absolument certain, qu’il s’agit bien de la plante que vous voulez cueillir. Certaines plantes ont des cousines toxiques, comme par exemple le cerfeuil musqué qui ressemble à la cigüe. Pour éviter de passer de vie à trépas pour une bêtise, prenez un bouquin avec vous comme L’herbier a croquer , de François Couplan pour les débutants, ou Le régal Végétal pour ceux qui ont envie d’un truc plus consistant. Je préfère personnellement les ouvrages « non magiques » pour ce qui est de reconnaître les plantes sauvages, ils sont en général mieux documentés et plus complets; je recherche ensuite en aval les applications magiques des plantes qui m’intéressent , par exemple sur ce site là. Si vous n’êtes pas sur, cueillez quelques brins de la plante et ramenez les chez vous pour essayer de les identifier; ça peut etre un exercice sympa pour commencer .

Ensuite, soyez au courant des risques de maladies transmises par des parasites ou virus transmis par l’urine des animaux, comme l’echinococcose ou la douve du foie. (bon courage si vous allez lire les articles, c’est super dégueulasse. Mais que ça ne vous effraie pas, si l’on respecte quelques règles on a aucune chance de chopper ces saloperies) .

L’echinococcose est transmise par l’urine d’animaux sauvages, les cas sont très rares (15 par an environ) , et la plupart se concentrent dans l’est de la France et le massif central (voir la carte de Wikipédia), si vous allez ailleurs y’a aucun soucis. Mais si vous avez vraiment peur, cueillez les herbes qui se trouvent a plus de 50 cm du sol, ou dans votre jardin, aucun risque qu’il y aie du pipi de renard dessus.

Pour la douve du foie, on la trouve dans le cresson sauvage et dans les pissenlits qui se trouvent en aval des ruisseaux ou paissent des bovins ou ovins (vaches et moutons), du coup évitez simplement d’en ramasser et préférez le cresson cultivé.

Si malgré tout ça ça vous fait encore grave flipper toutes ces histoires de parasites qui vous bouffent le foie (nooooon reveneeeez je vous assure c’est bien les plantes sauvages!) , dites vous qu’il existe une solution toute simple qui permet une consommation sans risque des légumes.

Et oui. La cuisson. Normalement, si vous cuisez vos légumes, y’a plus aucun soucis. Bon par contre, la plupart des vitamines et micro-organismes nécessaires à la digestion se trouvent dans le légume cru et sont détruites à la chaleur, du coup c’est vous qui voyez!

Si vous partez pour une longue balade, n’oubliez pas votre pince à tique, pour la retirer vite fait, essayez de portez des collants ou leggins, afin d’éviter de chopper la maladie de lyme qui est une belle saloperie et transmise par les piqures de tique. Prenez aussi un petit flacon d’huile essentielle de lavande aspic, efficace contre tout type de piqures (ou mâchez du plantain avant de l’appliquer sur la piqure, ça marche aussi), et puis une bonne bouteille d’eau contre la désydratation, ainsi que quelques offrandes pour les esprits du lieux et pourquoi pas un outil de divination pour etre sur qu’on vous autorise à cueillir les plantes concernées.

Pour ce qui est de la cueillette proprement dite, ainsi que de la conservation et de l’utilisation des plantes , vous pouvez aller voir la vidéo de Lyra Ceoltoir (du blog Herbwitchery) qui est vraiment super bien faite; elle vous donne plein de tuyaux pour cueillir, faire sécher , conserver et enfin utiliser les plantes, comme par exemple:

Utiliser un panier en osier pour mettre les plantes qu’on cueille , afin de participer à la pollenisation et d’éviter d’abimer votre récolte (et puis c’est toujours sympa, le côté petit chaperon rouge en balade pour aller voir sa mère grand)

Ne pas utiliser de couteau en fer , certaines plantes n’aiment pas ça, en particulier celles qui sont liées à la faery. J’en ai eu la confirmation lorsque j’ai été cueillir de l’hellébore, j’avais des branches d’aubépine dans mon sac et je mets la main pour chopper mon couteau afin de l’utiliser pour couper l’hellébore, et BIM je me pique, mais bien méchant. J’ai essayé quand même (je n’avais aucune idée à l’époque que certaines plantes puissent ne pas aimer le fer), rien a faire, je n’arrive pas à couper les tiges. Solution: utiliser un couteau en céramique style celui là que j’adore, ou vos petites mimines .

DSC_4689

Faites juste attention si jamais vous cueillez des plantes qui ont une sève corrosive comme l’hellébore, mettez des gants , sinon vous risquez d’avoir des surprises.Pour vous donner un exemple, j’ai été cueillir de l’hellébore , puis je me suis mise à décortiquer les cosses pour récupérer les graines (personne a empoisonner je vous rassure, mais l’hellébore est une super plante pour tout ce qui est de banir les trucs pas beaux et méchants) , et là je sens que le bout de mes doigts me pique et devient rouge, je commence à avoir des vertiges. Je vais vite me laver les mains et regarde sur internet, et je m’aperçois que le suc est corrosif, et que les principes actifs peuvent passer dans le sang. Je vous avoue que j’ai un peu flippé quand même, j’étais shootée pendant au moins 3h, rien de grave, juste la légère impression d’être un peu bourrée ou d’avoir fumé. Donc prudence, renseignez vous bien; bien que les plantes toxiques soient dans l’ensemble assez rares dans la nature, c’est important de savoir les reconnaitre.

Evitez les plantes de bord de routes . Les voitures qui passent relâchent pas mal de pollution, qui peuvent passer dans les plantes. Pareil pour ce qui est de la cueillette en milieux pollués, vaut mieux éviter; c’est une raison pour laquelle j’aime cueillir mes plantes moi même et savoir d’où elles viennent, car leur teneur en principes actifs dépend de l’endroit où elles poussent.

Cueillez vos plantes de préférences le matin,  et lorsqu’elles sont sèches. Je crois qu’il existe différentes heures ou jours , voir saisons spécifiques à la cueillette de telle ou telle plante, ça ne fait jamais de mal de se renseigner, mais en général c’est le matin que les plantes sont au « must » de leurs arômes .

Triez et Rincez bien votre cueillette, surtout si vous allez la consommer après. Lorsque ce sont des plantes aromatiques de votre jardin, on conseille souvent de ne pas rincer , car la encore, ça retire pas mal de principes actifs. Mais pour celles cueillies dans la nature, il y a souvent de la poussière, ou des insectes dessus; il vaut mieux les laver , avec un petit peu de vinaigre de cidre dans l’eau de rincage c’est parfait. Triez votre cueillette en cueillant, et en rinçant une deuxième fois, histoire d’être bien sur de ne pas avoir autre chose que ce que vous voulez ; en particulier si vous partez pour cueillir différentes plantes, c’est toujours mieux de les stocker dans des sacs différents ou de bien les séparer, surtout s’il y en a des comestibles et d’autres pas.

Mettez les à sécher dans un endroit sec, chaud, sombre et sans poussière. La technique la plus simple est simplement de suspendre les bouquets tête en bas, en les attachant à un fil qu’on serre bien (les plantes se rétractent en séchant) . Attention à la lumière, ça a tendance a détruire les principes actifs de la plante, c’est pour ça que les faire sécher au soleil est en général une mauvaise solution.

Stockez les dans des pots en verre, à l’abri de la lumière, avec un bon étiquettage. Il est préférable d’utiliser des pots en verre avec un bouchon de liège, afin que l’air circule et que les plantes ne moississent pas. Sinon, les sacs en papier (éviter le papier blanc, qui contient du chlore et des agents blanchissants) style sacs qu’il y a dans les magasins bio pour prendre les trucs en vrac ou les légumes, c’est parfait; ou encore des petits sacs en tissus, c’est plus facile à transporter si vous partez en voyage.

Voilà! J’espère que ça vous aura aiguillés, n’hésitez pas à apporter des précisions/corrections si besoin, je posterais quelques plantes faciles à reconnaître dans le prochain article, avant de partir en Irlande demain !

DSC_4698

Voilà le premier de la série pour vous mettre l’eau à la bouche : le lierre terrestre (Glechoma hederacea), cette mauvaise herbe qu’on trouve dans tous nos jardins. Au gout très fort, on l’utilise en condiment un peu comme le persil ou le thym, pour relever les salades, potages, omelettes… J’adore ce gout, c’est hyper agréable, et plein de vitamine C. Elle est anti-inflammatoire, diurétique, astringente, expectorante; et en magie on l’appellait « couronne de terre », et réputée redonner des forces aux jeunes maman après l’enfantement, lorsque placées sous l’oreiller; on peut aparemment l’utiliser aussi pour la divination.

A ne pas confondre avec le Lierre Grimpant qui ne lui ressemble en rien, et qui lui, est toxique.

Nez dans l’herbe et sang de sève

Voilà. Je vous propose un truc les petits loups. Vous vous posez tranquillou, vous appuyez sur « play » ,et vous quiffez la vie en écoutant du Hildegarde de Bingen (une abesse de je-ne-sais-plus-quel-siècle, une fille incroyable qui a pondu un nombre effarant de textes sur les propriétés des plantes et pierres, la philosophie, la musique, les enluminures… Oui, je ne sais pas comment elle avait eut assez de toute une vie pour faire tout ça) .

tumblr_nlr3ebO0Tk1tlbsrbo1_540

On ne prend jamais assez le temps de faire les choses, de s’imprégner de ce que chaque chose nous donne. L’ancrage, par la terre, par le contact avec tout ce qui nous entoure, créé des courants avec ce tissu de la vie qui frémit sous nos impulsions. Pas d’ancrage, pas de chocolat   et c’est le carnage assuré. Peurs, angoisses, insatisfactions, insécurité …Si t’es pas en alignement avec le monde, il se créé un décalage, tu deviens Soul Blind. (j’avais fait un petit article dessus si jamais ça t’intéresse, petit internauteur en voyage dans l’outre-espace la blogosphère). Tu sens qu’il y a un truc qui cloche, et tu dérape. Bim dans les graviers. Que faire pour retrouver cet alignement? Ce qui nous parle le plus.  Jardiner, courir, faire du Kung Fu, du Tai-Chi, du dessin, de la pâte à sel ou des bougies , du moment que ça nous rends conscient.

Allez hop, voilà petit extrait de Tribulations d’une chamane à Paris, de Corine Sombrun parce que je l’aime bien et que ça explique plutôt bien le shmilblick:

A force de faire plusieurs choses a la fois, je ne prenais jamais le temps d’écouter ce que chacune me disait.  » C’est pour ça que tu es fatiguée. Dans ton agitation, tu ne peux pas voir tout ce qui t’entoure, les couleurs, les odeurs, les goûts, les textures t’offrent une énergie inépuisable. Mais, pour les recevoir, tu dois déjà apprendre à leur donner ton attention. »

Et j’ai compris soudain pourquoi ses gestes à elle me semblaient posés, profonds, enracinés. Uniques. En les faisant, en les pensant, en les écoutant les uns après les autres, elle pouvait en capter toutes les énergies.

Pour moi qui suis un poil hyperactive (syndrôme de l’ère numérique?) , c’est un véritable challenge que de me reposer et de prendre conscience de chacun de mes gestes. Souvent, dans mon cas, au lieu d’avoir une circulation fluide entre la pensée et l’acte, la pensée part dans toutes les directions à la fois et le geste, déstabilisé et désorienté par ce chaos , se heurte aux possibilités et finit par foirer (comprendre: je casse un truc ou je frappe quelqu’un sans faire gaffe).

Il faut tout réapprendre. C’est long. C’est chiant. Ca demande de se structurer; en ça travailler avec Athéna est salvateur, je ne la remercierais jamais assez. Elle met de l’ordre dans mes pensées, en me forçant à réfléchir à mes actes et mes pensées, à remonter à la source à chaque fois que je joue au chat et à la souris avec moi-même, me forçant à régler les problèmes plutôt que de les enterrer sous le paillasson .

Un vendeur de pierres m’avait dit un jour que j’étais comme l’obsidienne ou l’opale: sans structure (tiens donc, mes deux pierres favorites). Vitreuse, ou Hyaline , histoire de faire plus scientifique: les cristaux présents dans les autres minéraux ont eut le temps de se former avec le temps, de grandir et de choisir une structure , de se canalyser. Alors que dans les structures vitreuses, l’énergie peut se disperser dans tous les sens, c’est le royaume de la potentialité et des chemins multiples; le seul moyen de leur donner une forme, c’est de les sculpter, ou de les briser. (ou les deux?) Et alors? Dois-je me sculpter en flèche, en miroir, en galet poli? En éclat?

DSC_4693

Ma dernière acquisition: Jean-René, une mini-opale de feu. Je suis absolument fascinée par les merveilleux relfets de l’opale, j’en ai acheté deux autres mais je vous présenterais Melchior et Balthazar une autre fois!

Enfin. Je dévie. Revenons à la terre. Depuis quelques mois, je fais un gros travail d’ancrage. Lorsque je faisais des apnées du sommeil, j’étais beaucoup plus fatiguée, mais beaucoup plus « ouverte »: j’avais souvent des perceptions accrues, des états de veille étranges entre deux mondes…Mais ça venait toujours de manière complètement incontrôlée. Tu me demandais de m’asseoir et de rentrer en transe comme ça hop, c’était mort. Et puis bonjour au taff les apnées du sommeil, quand tu es en mode zombie h/24 , que tu n’arrives pas à aligner trois mots ni à te concentrer sur ton écran, et que parler aux autres te demande un effort tellement considérable que tu préfères pioncer avec de la musique dans les oreilles, l’esprit entre deux eaux et le corps bien content de se laisser aller à l’état d’apoplexie .

A commencé un très long travail d’ancrage, une bonne grosse purification bien bourrine pour délier les principaux blocages, un réapprentissage de la perception de ce qui m’entoure.Yoga, balade, jardinage. La terre. Les végétaux. En me collant à un arbre, en étendant ma perception, j’ai l’impression de comprendre comment l’arbre me perçois: comme un hamster. Qui passe son temps à courir dans sa roue, à mordre les barreaux, à grignoter sa graine de tournesol et a rester coincé dans son tube parce qu’il est trop con et qu’il croit qu’une fois dedans, il peut faire marche arrière.

Ok , arbre. Montre moi. Plante, enseignes-moi.Même si je perds en « perception », tant pis .(c’est ce qui s’est passé, je n’ai plus de visions de ouf ou d’espèce de transes chelou de demi sommeil comme j’avais avant, va falloir que je regagne ça à la sueur de mon front, je me sens comme Lyra qui a perdu la capacité de lire l’aléthiomètre, c’est assez frustrant j’avoue)

J’ai commencé à travailler un peu un bout de jardin durant mon temps passé à la campagne, j’ai planté de l’engrais vert pour revitaliser la terre fatiguée.

DSC_4685

Il y a deux mois il n’y avait que de la terre nue à cet endroit, mes graines s’en sont données à coeur joie, une vrai forêt vierge (je suis sure qu’il y a un vélociraptor de planqué là dedans)

Je me suis un peu interessée a la permaculture, pour quand j’aurais mon vrai chez moi , parce que j’aimerais être autosuffisante autant que possible et manger MES tomates, et puis j’ai potassé aussi le super bouquin Vivre en pleine nature, de François Couplan. Ca n’a rien à voir avec Man Versus Wild, je vous rassure.

manvswild

Alors là, je viens de tuer ce crocodile avec mon pouce, je vais donc le dépecer avec un couteau fait en ongle incarné taillé et en faire une bonne soupe,et après je dors dans ses intestins pour me tenir chaud durant la nuit.

Non. Vivre en pleine nature est axé sur la survie douce, ne pas rejeter toute « civilisation » mais apprendre à se démerder avec le minimum, bâches, pastilles pour désinfecter l’eau, sac de couchage, farine complète, huile, sel et surtout apprendre à reconnaître et respecter les principales plantes sauvages. François Couplan a pas mal travaillé avec des peuples amérindiens, la notion de respect et d’harmonie avec la nature, l’échange avec les esprits est sous-jacent dans toutes ses démarches: tu ne prends que ce dont tu as besoin, tu en fais bon usage, tu demandes, tu remercies.

J’ai commencé à tester quelques plantes, les plus faciles a reconnaître sans risquer l’intoxication, en les intégrant petit a petit a mes menus, histoire de ne pas changer d’habitudes trop violemment.

Parce que les plantes sauvages, ça a une sacré énergie, et ton corps n’est pas habitué à ça. Ca a des gouts, des textures inhabituelles, et puis tu le sens quand tu l’ingères. Tu es ce que tu manges; l’addage prend ici tout son sens. Quand tu manges, tu te « charges » de tout ce que ta nourriture à été. L’endroit ou elle a poussé , ou gambadé, ou nagé, ce qu’elle a elle même ingéré, son histoire. Un transformation, une incorporation s’opère.

Les plantes sauvages ont beaucoup plus de minéraux, de vitamines et d’acides aminés que ne possèdent la plupart des légumes cultivés aujourd’hui. Il faut évidemment prendre quelques précautions avant de s’y mettre sérieusement, s’armer de courage (je vous rassures, jusqu’ici je ne me suis jamais retrouvée a vomir mes tripes, ni même a ressentir la moindre nausée; par contre desfois c’est chaud à manger, trop d’énergie , tu as l’impression d’être calée direct)

Je vous filerais quelques tips dans le prochain article, ou je vous posterais plus en détail mes cueillettes et quelques trucs a respecter avant de se mettre /en se mettant/ à la cueillette sauvage.

DSC_4656

Et pour finir, un bel exemple de foirage: le vin de sureau qui était juste dégeulasse (vieux gout de pipi bonjour) . Dommage, la photo était classe.

Le charme des Neuf Herbes sacrées

Je vous ai fait la présentation des neufs herbes sacrées dans l’article précédent , et maintenant voici le moment que vous attendez tous…

*roulements de tambours*

Le chaaaaaaaaarme! (en vieil anglo-saxon puis en français , comme ça si vous êtes des puristes vous pourrez le réciter en anglo-saxon.) Désolée pour la trad un peu à la one again, vous pouvez trouver une version anglaise par ici.

Gemyne ðu, mucgwyrt, hwæt þu ameldodest,
hwæt þu renadest æt Regenmelde.
Una þu hattest, yldost wyrta.
ðu miht wið III and wið XXX,
þu miht wiþ attre and wið onflyge,
 
þu miht wiþ þam laþan ðe geond lond færð.

Rappelletoi, Armoise, ce que tu as fait savoir,
Ce que tu as arrangé à la Grande proclamation.
Tu étais alors appellée Una, la plus ancienne des herbes,
Tu as le pouvoir contre trois et contre trente,
Tu as le pouvoir contre le poison et contre l’infection,
Tu as le pouvoir contre le fou répugnant qui vagabonde à travers les terres.

Ond þu, wegbrade, wyrta modor,
eastan openo, innan mihtigu;
ofer ðe crætu curran, ofer ðe cwene reodan,
ofer ðe bryde bryodedon, ofer þe fearras fnærdon.
Eallum þu þon wiðstode and wiðstunedest;
swa ðu wiðstonde attre and onflyge
and þæm laðan þe geond lond fereð

Et toi, Plantain, mère des herbes,
Qui s’ouvre depuis l’Est, la grandeur incarnée,
Par-dessus toi les chariots craquent, par-dessus toi les reines chevauchent,
Par-dessus toi les mariées crièrent, par-dessus toi les bœufs renâclèrent.
Tu leur résistes tous, tu tiens bon contre leurs assauts.
Puisses-tu de la même façon résister au devant du poison et de l’infection
Et contre le fou répugnant qui vagabonde parmi les champs.

Stune hætte þeos wyrt, heo on stane geweox;
stond heo wið attre, stunað heo wærce.
Stiðe heo hatte, wiðstunað heo attre,
wreceð heo wraðan, weorpeð ut attor.
þis is seo wyrt seo wiþ wyrm gefeaht,
þeos mæg wið attre, heo mæg wið onflyge,
heo mæg wið ðam laþan ðe geond lond fereþ.
Fleoh þu nu, attorlaðe, seo læsse ða maran,
seo mare þa læssan, oððæt him beigra bot sy.

Stune est le nom de cette herbe, elle grandit sur une pierre,
Elle résiste au poison, elle se bat contre le poison
Elle se nomme Ortie, elle attaque le poison,
Elle rejette celui qui fait preuve d’hostilité, elle fait sortir le poison.
C’est l’herbe qui a combattu contre le serpent, elle a le pouvoir contre les infections,
Elle a le pouvoir contre le fou répugnant qui vagabonde le long des champs.
Fais donc s’envoler, Venom-loather (Vipérine?), les poisons les plus grands
Même si tu es un poison moindre, jusqu’à temps qu’il soit soigné des deux.

Gemyne þu, mægðe, hwæt þu ameldodest,
hwæt ðu geændadest æt Alorforda;
þæt næfre for gefloge feorh ne gesealde
syþðan him mon mægðan to mete gegyrede.

Rappelle-toi, Camomille, ce que tu es censée savoir,
Tout ce que tu as accompli à Aloford,
Jamais un homme ne devrait perdre sa vie à cause d’une infection
Après avoir eu de la Camomille comme aliment.

þis is seo wyrt ðe wergulu hatte;
ðas onsænde seolh ofer sæs hrygc
ondan attres oþres to bote.
ðas VIIII magon wið nygon attrum.

Il s’agit de l’herbe qui est appelée « Wergulu » (nb: il s’agit du cresson d’eau).
Un phoque l’a envoyée depuis l’étendue de la mer,
En guise de barrière contre le poison, d’aide pour autrui.
Elle se dresse contre la douleur, elle combat le poison,

 
Wyrm com snican, toslat he man;
ða genam Woden VIIII wuldortanas,
sloh ða þa næddran, þæt heo on VIIII tofleah.
þær geændade æppel and attor,
þæt heo næfre ne wolde on hus bugan.

Un ver vint en rampant, il ne tuait rien.
Puis Woden (nb: le nom germanique d’Odin) prit neuf brins de gloire,
Il frappa la vipère qui se scinda en neuf parties.
Là la Pomme accomplit ce qu’elle devait faire contre le poison
qu’ainsi Il [le grand serpent] ne puisse jamais entrer dans la maison.

odin

« Méhéhé, je vais te défoncer, petit bâtard de serpent » dit le grand Odin

Fille and finule, felamihtigu twa,
 
þa wyrte gesceop witig drihten,
halig on heofonum, þa he hongode;
sette and sænde on VII worulde
earmum and eadigum eallum to bote.
Stond heo wið wærce, stunað heo wið attre,
seo mæg wið III and wið XXX,
wið feondes hond and wið færbregde,
wið malscrunge manra wihta.

Cerfeuil et fenouil, duo de grande valeur,
Ils furent créés par le Grand sage,
Sacré au paradis alors qu’il se pendit:
Il  les plaça et les envoya dans les sept mondes,
Parmi les démunis et les fortunés, en guise d’aide pour tous.
Ils se dressent contre la douleur, ils se battent contre le poison,
Ils marchent tout aussi bien contre 3 et contre 30,
Contre la main du fou et contre les nobles intrigues
Contre les enchantements des viles créatures.

Nu magon þas VIIII wyrta wið nygon wuldorgeflogenum,
wið VIIII attrum and wið nygon onflygnum,
wið ðy readan attre, wið ðy runlan attre,
wið ðy hwitan attre, wið ðy wedenan attre,
wið ðy geolwan attre, wið ðy grenan attre,
wið ðy wonnan attre, wið ðy wedenan attre,
wið ðy brunan attre, wið ðy basewan attre,
wið wyrmgeblæd, wið wætergeblæd,
wið þorngeblæd, wið þystelgeblæd,
wið ysgeblæd, wið attorgeblæd,

Maintenant les neuf herbes ont le pouvoir contre neuf esprits mauvais,
Contre neuf poisons et contre neuf infections:
Contre le poison rouge, contre le poison fou,
contre le poison blanc, contre le poison bleu pâle,
contre le poison jaune, contre le poison vert,
Contre le poison noir, contre le poison bleu,
contre le poison brun, contre le poison écarlate,
contre les cloques de ver, contre les cloques d’eau,
contre les cloques de dards, contre les cloques d’épine,
contre les cloques de givre, contre les cloques de poison,

gif ænig attor cume eastan fleogan
oððe ænig norðan cume
oððe ænig westan ofer werðeode.
Crist stod ofer adle ængan cundes.

Si un seul poison vient en volant depuis l’Est,
Ou d’aucun venant du Nord, [ou d’aucun venant du Sud],
Ou d’aucun venant de l’Ouest jusqu’aux gens .
Le Christ se dresse contre les maladies de toute sorte

 
Ic ana wat ea rinnende
þær þa nygon nædran nean behealdað;
motan ealle weoda nu wyrtum aspringan,
sæs toslupan, eal sealt wæter,
ðonne ic þis attor of ðe geblawe.

Moi seul connais un courant bondissant
Et les neuf vipères s’éloignent de celui-ci.
Que toutes les herbes germent depuis leurs racines,
les mers se retirent, toute l’eau salée,
lorsque je souffle ce poison hors de toi.

Mugcwyrt, wegbrade þe eastan open sy, lombescyrse,
 
attorlaðan, mageðan, netelan, wudusuræppel, fille and finul,
ealde sapan. Gewyrc ða wyrta to duste, mængc wiþ þa
sapan and wiþ þæs æpples gor. 
 
Wyrc slypan of wætere and of axsan, genim finol, wyl on þære slyppan and beþe mid æggemongc, þonne he þa sealfe on do, ge ær ge æfter. 
 
Sing þæt galdor on ælcre þara wyrta, III ær he hy wyrce and on þone æppel ealswa; ond singe þon men in þone muð and in þa earan buta and on ða wunde þæt ilce gealdor, ær he þa sealfe on do.

L’armoise, le Plantain qui s’ouvrent depuis l’Est, le Cresson d’eau, la Vipérine, la Camomile, l’ortie, la pomme sauvage, le cerfeuil et le fenouil, du vieux savon;
Broyez ces herbes jusqu’à obtenir une poudre, mixez-les avec le savon et le jus de pomme.
Puis préparez une pâte avec de l’eau et des cendres, prenez le fenouil, mettez-le à bouillir avec la pâte et puis rincez-le avec un œuf battu , à la fois avant, et après avoir appliqué le baume.
Chantez ce charme trois fois au-dessus de chacune des herbes avant de  les préparer, faites la même chose avec la pomme. Puis chantez le même charme au-dessus de la bouche de l’homme que vous voulez soigner, dans chacune de ses oreilles, puis sur la blessure, juste avant d’appliquer le baume.

20550remedies

*Gloups* Elle est dégueu ta soupe Jean-Jacques!

Les neufs herbes sacrées

Je vous avais parlé précédemment du fameux Charme des Neuf Herbes, qui mentionnait neuf plantes sacrées.

Ce texte provient d’un manuscrit anglo-saxon dantant du Xème siècle après JC (pas Jacques Chirac hein, on parle bien du barbu qui multipliait les pains là), nommé le Lacnunga, et nous indique, assez précisémment d’ailleurs, comment utiliser les 9 herbes sacrées pour soigner toutes sortes de maux.

Il est assez difficile de savoir dans quelle mesure ces herbes étaient utilisées à l’époque Viking étant donné que le texte en question date d’une époque postérieure, où la religion chrétienne était déja passée avec son bon gros rouleau compresseur. Tout ce qu’on sait, c’est qu’il y est fait mention d’Odin (Wotan) qui « coupe » un « ver » (le dragon/serpent, symbole de mal et de maladie dans les textes chrétiens) en neufs maux, pour que ceux-ci puissent être soignés par les Neuf Herbes.

Vu que vous mourrez tous d’entendre ce que sont ces Neuf Herbes sacrées, les voici. On est pas encore tout à fait sûr de l’équivalent de certains des noms anglo-saxons de ces plantes, je vous donnerai du coup les associations les plus probables.

1) Mucgwyrt : l’Armoise (Artemisia vulgaris), aussi plante d’Artémis qui aurait, selon la légende, enseigné au centaure Chiron leurs vertus médicinales pour qu’il en fasse des médicaments. Les armoises étaient majoritairement des plantes qui assistaient les femmes dans leur vie intime (qui pouvaient même provoquer un avortement), on les utilisais aussi selon Pline et Dioscorides pour soigner l’épilepsie ou les calculs rénaux.

On l’appellait aussi « herbe de feu », car elle était brûlée sur les autels, elle est un très bon purificateur avant un rituel. Lorsqu’on la porte sur soi, il est dit qu’elle protège des enchantements et du mauvais oeil, et des dangers qui guettent le voyageur.

gravures_plantes_-_0159_armoise_commune
2) Wegbrade : Le Plantain, le truc que vous retrouvez partout dans votre jardin sans trop savoir à quoi ça sert:

Il fait partie des plantes du jardin d’Hécate, mais était aussi consacré à Ares/Mars. D’après Dioscorides, il fallait cueillir le plantain après le coucher du soleil, en lune descendante et de la main gauche pour qu’elle aie le maximum d’efficacité (tout comme la Verveine) Favorise la guérison, soulage les piqûres d’insecte, désinfecte et cicatrise; même Hildegarde de Bingen vantait ses bienfaits.  La plante portée en amulette soulagerait des maux de tête (elle est liée au signe du Bélier)

62-Dioscoride_A

3) Stiðe : l’Ortie (Urtica Urens)

On ne compte plus les vertus de l’ortie aujourd’hui, très riche en minéraux, acides aminés et vitamines (en particulier en fer, c’est parfait pour nous les filles! Ca a une texture un peu dégueu mais en soupe ou dans des pains comme le pain à l’ortie et au fenouil d’Hildegarde, c’est super bon. ) Elle est reminéralisante, hémostatique, dépurative, galactogène, diurétique…plein de noms à coucher dehors pour dire que si vous avez des bons gants et pas peur d’écumer la campagne, tous ses bienfaits seront votre!

Si vous avez de l’asthme, vous pouvez les mixez avec du miel et de l’eau, mais attention à avoir un trèèès bon mixer si vous ne voulez pas vous retrouver avec le palais qui pique. Lorsque vous les cuisez, plus de problème, toutes les substances qui causent les irritations sont dégradées; vous pouvez les ruminer sans craindre de retours de dard.

Portées sur vous séchées, les orties sont sensées renvoyer les sorts à l’émetteur, elles gardent les esprits à distance lorsque disposées tout autour de la maison.

On peut l’utiliser dans un bain purifiant, ou les brûler.

Illustration_Urtica_dioica0_clean

Attorlaðe , ou Venom-Loather: on est pas certain de l’herbe à laquelle ce terme fait référence, ça pourrait être la Vipérine ( Echium vulgare ), des plantes de la famille des Solanacées comme la Belladone, ou encore de la Bétoine.

ebo10951

Deux types de vipérine : On peut la consommer en thé contre la fièvre, c’est un diurétic et expectorant, fonctionne aussi contre les inflammations. Selon Dioscoride, quiconque porte de la vipérine sur lui se prémuniera des morsures de serpents (on croyait que la forme de la fleur, qui ressemblait à un machoire ouverte de serpent, les repoussait grâce à son aspect; ce lien forme/utilité était assez courant en magie )

5 : Mægðe : la Camomille (Chamaemelum nobile ): c’est une herbe qu’on peut utiliser sans trop de contre-indications: on la connait surtout pour ses vertus calmantes , mais elle est aussi antifongique, antispasmodique, anti-inflammatoire. Elle est très bonne pour tous les problèmes d’estomac, qu’il s’agisse de brûlures (Hildegarde de Bingen conseillait de la bouillie de camomille pour les problèmes de digestion), problèmes de gaz, ou autres.

En externe, on peut l’utiliser sur les yeux fatigués (gardez les sachets d’infusion à la camomille, mettez les au frigo et après sur les paupières, c’est super pour dégonfler les yeux de patate du matin!) Ca marche aussi sur les brûlures légères, et les irritations anales et génitales (vous le savez maintenant!)

En magie, elle est associée au soleil, aux dieux Baldr, Ra, Cernunnos, Lugh…du moment que ça brille et que c’est jaune c’est bueno. Vous pouvez mettre des feuilles tout autour de votre maison pour lever des sorts qui se seraient égarés là, ou l’utiliser en infusion et en asperger les fenêtres pour éviter aux entités de venir vous embêter chez vous alors que vous avez besoin d’intimité, merde.

En bref, la camomille est un excellent relaxant, et c’est parfait si vous avez des mioches un peu trop agités. (TIENS! DORS! *attaque marteau camomille* )

Chamaemelum_nobile_-_Köhler–s_Medizinal-Pflanzen-012

-6  : L’ æppel : la pomme (sauvage)

Je vous passe sous silence (ah bin non, finalement) les multiples qualités de la pomme. Comme dirait l’adage « une pomme par jour garde le docteur à l’écart!’ Les pommes sont des excellentes coupe faim, rafraichissantes, elles aident à baisser le taux de cholestérol dans le sang, aident à la digestion .

Au niveau mythologique alors là c’est la Panacée, entre les pommes d’or de l’immortalité gardées par la déesse nordique Idunn, la pomme interdite croquée par cette grande fenouille d’Eve, la pomme de Blanche Neige (sisi c’est mythologique!) , on a de quoi faire! Elles font de très bonnes offrandes à Idunn, Freyja, Eris, Pomona; on peut les utiliser coupée dans leur largeur pour les rituel de récolte (ça fait une étoile à 5 branches yeah) , ou verser du cidre sur le sol avant de planter quelque chose en offrande.

Malus_sylvestris

7 : le Wergulu : Cresson de fontaine (Nasturtium officinale)

Alors lui, il est bourré en Fer, en Calcium et en Vitamine C; et il n’est pas en reste pour toutes les autres vitamines et minéraux présents en quantité non négligeable chez ceux de son engeance. Je ne vous conseillerais pas de manger du cresson sauvage parce qu’il peut abriter la douve du foie, un parasite pas cool du tout; même si la chance est négligeable, mieux vaut ne pas tenter. Les romains et les Grecs en faisaient déja une grosse consommation, Diosorides en vantait les propriétés aphrodisiaques (il a fumé je pense), on le présente aussi comme contre poison à la nicotine. Attention à ne pas en abuser, c’est purgatif!

Illustration_Nasturtium_officinale0

8 : Fille :Cerfeuil musqué (Myrrhis odorata ), ou thym. Il y a eu la aussi pas mal de débats quand à savoir de quelle plante il s’agissait, mais il est plus probable qu’il s’agisse du cerfeuil musqué (le même qui ressemble à la ciguë!. Evitez de cuisiner ce que vous pensez ressembler à du cerfeuil, déja en général on mange la racine, ensuite il a pas mal de cousin toxiques)
Avec le fenouil, il est dit que ce sont les deux herbes qui sont nées d’Odin lorsque celui-ci se pendit durant 9 jours et 9 nuits pour découvrir le secret des runes. Je n’ai pas trop d’autres informations au niveau magique et mythologique sur le cerfeuil, si quelqu’un a je prends!
Illustration_Myrrhis_odorata0
9 (et dernière! ouf) Le Fenouil  ( Foeniculum vulgare )
L’autre plante née des tendances maso d’Odin, donc. C’est une plante qui peut ressembler (avec beaucoup d’imagination, z’ont encore fumé) à un gros phallus ; on peut la lier aussi à Dyonisos. Elle possède pas mal de propriétés médicinales: carmitative (contre les prout), galactogène ( aide à fabriquer du lait chez les femmes enceintes), diurétique (pour faire pipi), emménagogue ( stimule l’afflux sanguin dans les régions sexuelles , bah voila on y vient au pénis) , expectorant, antispasmodique.
Elle est super pour tous les problèmes d’estomac, tout comme les graines  d’anis (d’ailleurs, si vous avez la gerbe, buvez un petit verre de pastis ça marche très bien, mais attention que ça ne devienne pas une habitude hein) , et elle était utilisée en magie blanche et magie rouge , grâce à ses propriétés aphrodisiaques.
Pour les autres propriétés magiques, j’ai pas trouvé grand chose, il y a pas mal de bullshit aussi ( « it is also widely believed to be a Protective Herb with the specific power to Ward Off Troublesome and Meddling Individuals, especially those who work for the Police, Immigration Services, Tax Department, and other Government Agencies. « …allez les mecs, on sait bien que tout ça c’est juste pour faire vendre à ceux qui ont des problèmes avec le FBI , qui s’appellent Edward Snowden ou qui ont pas envie de payer leurs impôts)
fenouil, aneth doux
Pour le charme des neufs Herbes sacrées en lui même, je vous le mettrais dans un prochain article, ça fait trop long là.
Enjoy and keep smiling, witches and wizards!
edf99da4a3e427fbe8457fc544b03bc0