Retour à l’intimité

We took a walk to the summit at night, you and I
To burn a hole in the old grip of the familiar, you and I
And the dark was opening wide, do or die
Under a mask of a million ruling eyes

Agnes Obel, Familiar
J’ai appris ces derniers temps à revenir à l’intimité. Revenir  à soi même, refermer les portes et laisser le silence et l’espace se faire au milieu du tumulte.
On ne peut pas créer sans espace. La musique est faite de silence, le dessin est fait d’espaces vierges, la nuit est remplie de vide et le vent se créé parce qu’il y a des dépressions entre les espaces. La circulation ne peut se faire que parce qu’un endroit est vide, et que l’autre est plein. Si tout est plein, on en arrive à l’asphyxie, à la saturation.
Internet est saturation. Saturation d’informations, d’idées, de concepts, d’avis, de morceaux de vies plus ou moins répétés, réorganisés, dupliqués à l’infini jusqu’à n’être plus que l’ombre d’eux même.  On se gave jusqu’à exploser de tout ça, par peur du vide. Mais qu’est ce que cela créé? La fin de la diversité. La fin de l’individualité. L’aplanissement des vagues. La création, l’inventivité meurt de s’être trop gavée. On meurt  , asphyxiés par ce cocon de sécurité sensé nous protéger du vide entre les étoiles.
Mais ce vide, c’est nous aussi. C’est la condition pour l’attraction. On se doit de retrouver ce vide, cet espace en nous même. Pour respirer à plein poumons l’air nouveau qui rentrera et fera exploser de joie chacune de nos alvéoles.
Ca m’a mit longtemps avant de retrouver ce vide. Déjà, se déconnecter de facebook m’a fait un bien fou. Je n’ai pas de smartphone et me débrouille à l’ancienne, avec des cartes ou à l’instinct lorsque je dois retrouver mon chemin. Quand je donne un rendez vous, je m’arrange pour y être à l’heure et à l’endroit donné: le fait de prévoir te donne des points d’accroche dans le monde réel, des points de rencontre et de mouvement. J’ai refait face à ce vide, frustrée comme je l’étais de sentir que justement rien ne venait. Rien en création.L’impression de plus pouvoir se connecter à ce flux d’information qui s’organise et qui passe par toi lorsque tu créé. Certains l’appelleront la noosphère; cette noosphère qui à du bien s’appauvrir du fait de l’absence de différenciation.
La diversité créé le mouvement, comme dans un écosystème; c’est cette diversité qui permet de former un tout riche et qui donne une raison d’être à tout ce qui la compose. La diversité ne peut être atteinte que par la séparation. Séparation, et désir de réunion créent ces manques que l’on cherche à combler, créent l’individualité, créent les désirs qui façonnent le monde. Créent l’espoir, les peurs, la colère, la joie de revoir un ami que l’on avait pas vu depuis une éternité. La nuit créé le désir de la lumière, le froid celui du chaud, et inversement.
Et que fait on? Internet à comblé tous nos désirs: désirs de réunion, désirs de compréhension d’autrui: on a l’impression d’avoir un espace ou l’on peut enfin dire tout ce qu’on est et ce qu’on pense, tout ce qu’on rêve, tout ce qu’on a sur le coeur.
Enfin c’est ce que l’on croit; car l’aspect pervers de tout ça, c’est qu’on se fait imprimer, compresser, aplatir par ce poids d’infos qui nous façonne , et que l’on ne s’en aperçoit pas maintenant. Nous sommes rendus à cet état de flegme qui nous ferait accepter a peut près n’importe quoi. Malgré toute l’illusion de fusion que nous promet internet, rien de tout ce que nous ne pourrons jamais écrire sur nous, partager, échanger ne sera assez pour nous définir et nous représenter dans toute notre complexité. Big Brother? Non, plutôt la tyrannie du plaisir et du gavage en série.
huxley-versus-orwell-comic.jpg
Je n’ai pas l’intention de me lancer dans une bataille contre tout ça. Je pense plutôt qu’il est important de responsabiliser chacun par rapport à sa propre prise en charge, d’aider chacun à retourner à son propre vide et à lever les barrières pour se laisser assez de place pour descendre en lui même, et se retrouver.
Balance.
Repetition.
Composition.
Mirrors.

Most of all, the world is a place where parts of wholes are described
within an overarching paradigm of clarity and accuracy.
The context in which makes possible an underlying
sense of the way it all fits together,
despite our collective tendency not to conceive of it as such.

But then again, the world without end is a place where souls are combined,
but with an overbearing feeling of disparity, disorderliness.
To ignore it is impossible without getting oneself into all of kinds of trouble,
despite one’s best intentions to not get entangled with it so much.

The books; smells like content.
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