Totems et serpents à plumes

J’ai rencontré l’autre jour chez une amie quelqu’un qui m’a donné une définition plutôt intéressante de l’animal totem:

« L’animal totem, contrairement à ce qu’on pourrait penser , c’est pas forcément un animal qui nous ressemble. C’est plutôt un animal qui t’accompagne durant une ou plusieurs vies, le temps que tu intègre ses leçons qui t’aideront au niveau de ton évolution spirituelle. »

Les leçons dispensées par cet animal totem sont appelées « médecines », ainsi le jaguar va dispenser indépendance, vision, force et patience, la baleine va dispenser tout ce qui est en rapport avec la mémoire, l’intuition et le pouvoir des sons, le lézard va avoir un rapport avec la régénération et les rêves, le moustique va juste t’apprendre à emmerder les gens en faisant des bruits chiants quand ils essayent de dormir.

Bon évidemment je fais des éééénormes raccourcis, les « médecines » dispensées par les animaux peuvent dépendre du contexte social-culturel et de la vision qu’on en a, il faut savoir passer outre les pavés copiés collés qu’on trouve sur le net et voir que le concept d’animal totem est quand même quelque chose d’incroyablement anthropomorphisé (=on projette notre vision d’humain sur le comportement animal), mais ça nous permet, comme tous les symboles, d’avoir une grille de lecture intéressante du monde.

Les symboles étaient partout. Les immeubles et les images étaient créées pour être lues comme des livres. Tout était en relation avec quelque chose d’autre; si tu avais le bon dictionnaire, tu pouvais lire la Nature elle-même. Il n’est pas surprenant de trouver des philosophes qui utilisent le symbolisme de leur temps pour interpréter la connaissance qui descend d’une source mystérieuse.

Phillipe Pullman, La croisée des mondes

Perso, j’ai toujours été fascinée par le concept du « daemon » dans la croisée des mondes: une entité indépendante de ton propre corps, qui possède une parole et un pouvoir de réflexion propre, qui prend la forme d’un animal qui ne peut pas s’éloigner de toi de plus de quelques mètres, et qui disparait lorsque tu meurs. Une manifestation extérieure d’une partie très légèrement différente de ton âme, l’animus Jungien, le Nahualli des Mayas.

 

Cette même personne nous a proposé de checker quel était notre animal totem. Moi, enthousiaste comme toujours, bondis sur l’occaz. Il se met debout, fait quelques gestes pendant qu’on continue à discuter autour d’un thé. Pas de préparation, par de rituel compliqué à base d’encens, d’ouverture de cercle et d’appels aux éléments, ni de tambours ou de chants. « mais tu n’utilises pas d’objets ou d’instruments? » « nope. Juste mes mains , parfois des pierres. » J’aime ce genre de simplicité, cette manière de travailler à l’instinct, avec ce qu’on a sous la main. Pas besoin de se trimballer avec une valise pleine de bric à brac, tu te poses juste avec toi et ton environnement, et basta. Certains diront que le rituel, la préparation de l’espace est la condition sine-qua non à la canalisation et à la transformation de l’énergie, qu’il faut créer une sorte de cocon où, tout comme le chaudron du druide  ou l’athanor de l’alchimiste , l’énergie accumulée peut se transformer en autre chose. Ces gens n’ont sans doute pas tort, c’est peut être juste une question d’outils, au final. Le but, c’est quand même d’arriver à un résultat qu’on s’est fixé, et peu importe la méthode si elle marche pour nous.

Bref, le verdict est tombé. D’abord pour un ami, ensuite pour moi.

« c’est un oiseau noir et bleu. J’ai cru que c’était un perroquet au début, mais en fait non.

-Attends…Ca me dit quelque chose ton truc. Y’a quelques années, j’ai rêvé d’un oiseau bleu, j’avais fait des recherches pour voir s’il existait vraiment un oiseau dans le monde réel qui ressemblait à ça, je l’avais même mis en photo facebook à une époque »

Je lui montre:

Yucatan Jay adult

Bernard le Geai du Yucatan.Hello you, happy to meet you.

« -attends, je checke pour voir si c’est celui là…Ouep, c’est bien ça! »

On se regarde. Décidément, y’a pas de coïncidences. Il checke pour les autres. Un lézard, une étoile de mer. Un cheval ailé.

« Et on peut avoir des animaux fantastiques? Genre des dragons et tout?

-ouaip, mais les dragons en totem j’en ai jamais encore vu.

-Et ça peut être tout et n’importe quoi? Genre un ver de terre ou un acarien?

-Ha oui, ça peut être plein de trucs, les gens pensent toujours à des trucs clichés comme les loups ou les tigres-persos j’ai pas beaucoup vu de gens avec des loups en totem-mais y’a tellement d’animaux sur terre, souvent même je vois une image, mais je suis incapable de mettre un nom sur l’animal. Bon par contre, les totem virus ou bactérie, ou acarien, chuis pas sur que ça existe. »

On continue à discuter. Sur notre sensation que le printemps est très , très lourd cette année. « J’ai l’impression de patauger dans la mélasse « , je lui dis. » Comme si la terre était lourde et collante, comme l’impression d’avoir une poix noire et gluante collée au pattes. Comme si la lumière coulait par des fissures, comme si le réveil devenait difficile. » Je repense à la substance gluante du dieu cerf mort dans Mononoke. Ou à cette chanson de Joanna Newsom

Mononoke_Nightwalker_Blob

Spring did range, weeping grass
and sleepless broke
itself upon my winter glass.

And I could barely breathe for seeing
all the splintered light that leaked.

(Le printemps a changé, pleurant de l’herbe

Et , privé de sommeil, il se brisa

Contre la vitre de mon hiver.

Et j’avais du mal respirer en voyant

Toute la lumière brisée qui s’en écoulait.)

 

« Ah ouais, c’est exactement ça que j’ai ressenti! »

Les connivences. C’est par là que tu arrives à tester tes limites: là ou ta vision se recoupe avec celle des autres sans que vous ne vous soyez concertés au préalable, vous pouvez faire confiance à votre ressenti.

Des connivences, ou expériences de synchronicité selon Jung, j’en ai encore expérimentées quelques unes de bien dingues avec mon retour en France . A mon retour à l’aéroport, ma mère avait mis sur mon siège un symbole de Quetzalcoatl que j’avais fabriqué il y a quelques années, puis que j’avais bazardé. « ah, je l’ai retrouvé en rangeant! »qu’elle me dit. Puis elle m’offre un assortiment de plumes jaunes, bleues, vertes et blanches ramenées lors d’un de ses voyages. Jusque là, je ne fais pas gaffe. Quetzalcoatl est un dieu avec lequel j’ai un rapport tout particulier, c’est a peu près le seul avec le trickster Raven (un dieu amérindien, au final vu mon totem de la famille des corvidés, ça m’étonne moyen . Faut croire que mon totem porte définitivement une énergie de Trickster. Trickster sympa qui aime aider la race humaine, mais fourbe et opportuniste quand même.) dont je supporte la présence.

Et puis voilà que je rencontre une personne qui a fait complètement changer ma vision du monde, qui a ouvert une porte que je n’osais emprunter jusque là, par peur, par conventions sociales, parce que je m’étais emmurée moi même. Et que cette personne porte un tatouage de Quetzalcoatl.

Et , cerise sur ce gâteau cerise-chantilly bien trop beau pour que j’arrive totalement à y croire (ne jamais rien garder pour acquis, ça c’est un de mes principes, même l’appui le plus solide peut s’effondrer), mon totem est un geai du Yucatan, la région d’origine du culte de … Kukulcan, le Quetzalcoatl maya. Et oui, moi, française de souche aux origines nordiques, je me retrouve attifée d’un totem mexicain. Comme quoi!

 

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Graouh!

 

Ah! Au fait! Je passe du coq à l’âne (bâté), mais j’avais promis dans l’article précédent de vous donner quelques tips pour transporter vos couteaux:

  1. Transportez les toujours dans une housse, et posés au fond du sac, ou dans le coffre de la voiture (pas à portée de main sur le siège conducteur, par exemple). Le but est que le couteau ne soit pas a portée de main et qu’on puisse le dégainer à tout bout de champs. Oui je sais, ça serait rassurant de se trimballer avec un couteau à la ceinture lorsque vous rentrez toute seule le soir dans un coin craignoss, mais on évite. Gardez le à la ceinture pour vos excursions en forêt ou camps d’immersion.
  2. Si vous projetez de prendre l’avion, ne les mettez évidemment pas dans votre sac à main ou sac de voyage en cabine, mettez le en soute, et surtout déclarez les en ligne lors de la prise de billet. Ca vous évitera de mauvaises surprises si jamais le bagage en soute est fouillé. La transparence est essentielle.

Voilà! Pour l’instant je ne me rappelle pas d’autres conseils, mais si vous respectez déjà ces deux règles, vous aurez de bonnes chances de faciliter votre intégration sociale!

 

 

 

 

 

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