Retour au vert

J’étais assis dans l’herbe

Les jambes croisées

Lorsque mes jambes fondirent.

Elles coulèrent dans la boue,

Mais ça me va, je n’en ai pas besoin.

Celui qui les veut peut les manger en guise de coupe-faim!

Je pense avoir plutôt bien mangé avant d’être mort.

Qu’importe si l’on nous dit que nous ne pouvons revenir en arrière.

C’est ce que nous feront, nous reviendrons parfois sur la colline.

Je pensais que les nuages seraient toujours là

Se tenant au dessus de ma tête

Un édredon sous les cieux,

Un gant de cuisine d’ivoire.

Les arbres ne m’ont jamais manqué

Ni les gens qui y vivent

Je n’aurais jamais pensé que cette colline pouvait être un monstre que nous partagerions.

Un monstre que j’aimerai connaître

Un ami que je chevaucherais pour rentrer à la maison

Il pourrait nous dire de ne pas avoir peur

Parce qu’on ne ferait que perdre notre temps.

Qu’importe si quelqu’un nous dit que nous ne pouvons revenir en arrière

Qu’importe si quelqu’un nous dit que nous ne pouvons pas le faire,

Nous le feront.

Traduit de The hills, Snowmine.

J’ai rêvé de Pan cette nuit. La veille on avait été faire un feu près de la rivière avec deux amies, on a ramené des camemberts, des bougies et une lampe à huile, et de la tisane. On s’est installées sur le sable alors que la lune brillait de sa moitié étincelante à côté des étoiles et que le glouglou de la rivière nous enveloppait de son grondement. On a allumé le feu avec du bois sec , des pommes de pin, on a gardé des braises pour faire cuire les camembert alors qu’on gardait une autre partie de feu pour nous chauffer et nous éclairer. On a parlé de tout et de rien, on a pas ritualisé, une pote à pris une photo . « oh regarde, on dirait une femme, avec les cheveux de feu et les mains jointes!-c’est Brigid! « me répond elle. On se marre. On est tous paiennes dans l’âme, mais on ne se l’avoue pas. Celle qui a pris la photo est protégée par Brigid et Thor. Je ne sais pas si elle même le sait. Elle ne fait pas de rituels, ne célèbre pas les sabbats et n’a jamais ouvert un cercle ni appelé les éléments de toute sa vie. Elle tue des petits lapins pour en faire des civets, parce qu’elle adore la viande. Elle n’a jamais fait d’offrande de nourriture sur un quelconque autel. Elle n’en a pas besoin, en fait. Ce qui est le plus important, c’est ce que tu ES. C’est ta façon d’agir avec les autres, c’est ce que tu créé, c’est ce que tu donnes au monde qui t’entoures. Et pas l’assiduité avec laquelle tu essayes de reproduire des rituels wiccans, ou de toute autre branche vaguement ésotérique.  Ta spiritualité se construit dans ton rapport avec le monde. Dans ton rapport avec les arbres, les gens, les objets, le temps, l’espace. Tout ce qui connecte. Elle doit te correspondre, tu dois te sentir à l’aise avec, sans qu’elle ne se transforme en chaînes.
Mais revenons à Pan.
J’ai quitté mon travail. Bye bye écran , espaces confinés et pauses café. Je pars faire du woofing (tu travailles dans des fermes bio en échange du gîte et du couvert) histoire de savoir ce que ça fait de suer toute la journée, d’avoir les mains défoncées et de patauger dans le compost et la gadoue (je vous cache pas que je risque d’aimer ça! Mon p’tit côté maso) . Je ne sais absolument pas a quoi ça va mener, mais on verra bien.
Et voilà que je rêve de Pan. Celui qui est à cheval entre le monde sauvage et les monde civilisé. Le vît frétillant. Le semeur de panique. Le bon vivant. Avec ses cornes, ses pattes de bouc et des tatouages en forme de spirale qui lui ornent le torse et les bras.
phil
Je vous vois venir. NON il ne ressemblait pas à ça.
pane
Hum. Non plus à ça. Bonjour l’angoisse.
pan(
Il ressemblait plus à ça. Ouais, beau gosse un peu.
Vers quoi ça va me mener tout ça? J’en sais rien. J’essaye toujours de prendre du recul avec les rêves, il y a toujours un travail de filtrage à faire pour savoir quels rêves ont un message autre que celui de servir de poubelle mentale à nos rêves, fantasmes, angoisses et expériences. Savoir comment notre petite cervelle retranscrit les messages lorsqu’il y en à , sachant que chacun possède un langage très légèrement différent est un sacré taff qu’on ne saurait réduire à un bête dictionnaire de rêves ou à des significations de totem trouvées sur internet: souvent c’est le contexte, les expériences qui leur font suite et celles qui sont leur sont antérieures, des tirages parfois et signes qui peuvent nous mettre sur la voie, mais il ne faut jamais rien prendre pour acquis, et toujours se laisser une possibilité de divergence.

Et lorsque la tête ne suit plus et est incapable de répondre aux exigences de l’âme, ce sont les jambes qui prennent le relais. Ce sont elles qui nous mènent là ou l’esprit refuse d’aller, par peur. Ce sont elles qui nous portent vers là où la tête reste à hurler, paniquée parce qu’elle a peur de changer. Ce sont elles qui trouvent le pont par dessus l’abîme . On peut leur faire confiance, les laisser prendre les rennes alors que l’on prend soin de cette bonne veille tête pleine de vieux os et de débris de vies .

 

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