Le pouvoir de désillusion et le charme d’internet

Les choses qu’un homme a vu et entendu sont des fils de vie, et s’ils arrivent à démêler ces fils de la quenouille emmêlée de la mémoire , ceux qui le désirent peuvent les broder en la tapisserie de croyance qu’ils désirent. Moi, comme n’importe qui d’autre, ai brodé ma propre tapisserie, mais j’espère qu’elle me tiendra chaud; et qu’elle ne finira pas par prendre ma place.

L’espoir et la Mémoire ont une fille , et son nom est Art, et elle  a construit son nid bien au delà du champs de désespoir ou les hommes accrochent leurs tapisseries sur des bâtons fourchus pour qu’ils leurs servent d’étendard de bataille.

Oh, fille aimée de l’Espoir et de la Mémoire, reste avec moi encore un peu.

William Butler Yeats, préface de The Celtic Twilight, 1893

J’ai lu un article formidable coécrit par deux personnalités que j’adore: John Howe, illustrateur attitré du Seigneur des Anneaux, et Robin Hobb , auteure du merveilleux cycle de fantasy l’Assassin royal et Les aventuriers de la mer. Ils y décrivent leur rapport au merveilleux, tout d’abord par une courte description des transformations des divers personnages de foklore à travers les âges , puis ensuite par un reflexion personnelle sur notre perception du monde centrée sur l’humain et notre rapport à internet.

Vous pouvez aller lire l’article entier par ici: http://www.john-howe.com/blog/2016/03/15/the-spell-of-disenchantment/

 

On peut se demander de manière légitime « mais ça sert à quoi de fantasmer sur des mondes de fantasy , des trolls, des licornes, des dragons et des elfes, ça va pas te faire avancer dans la vie ni t’aider à trouver de la bouffe, il est où le côté pratique? » Ce à quoi John Howe répond:

Notre monde est tellement plus riche de toutes ces informations non-pratiques. Cela ne nous aidera pas à trouver une place de parking, un restau sympathique ou un bon plombier, mais ça nous permet d’ouvrir nos horizons, autant les horizons de l’esprit que ceux qui nous sont plus lointains. Mutatis mutandis, tout change, tout reste pareil.

Peut importe à quel niveau tes capacités de rationaliser peuvent s’appliquer, peut importe à quel point tu appliques le doute, peut importe à quel point tu peux être  pratique, peut importe jusqu’à quel point on porte aux nues le progrès, ni à quel point tes sciences sont scientifiques; peut importe ta vitesse de téléchargement, le fantastique refusera toujours de s’incliner avant de quitter la scène.Tout troll qui se respecte ne se laisse pas abattre si facilement.

Oui je sais, je me contredis. Moi qui prônait l’application de la méthode scientifique à tout rituel et qui ne prétendais que la magie n’avait d’intérêt que si elle était pratique, me retrouve maintenant à dire qu’en fait, on s’en fout de la praticabilité.

Il faut dire que je suis quelqu’un de morcelé. Quelqu’un qui, comme Paragon dans les Aventuriers de la mer de Robin Hobb, marche en permanence sur le fil du rasoir qui sépare le blanc du noir, le ying du yang, la science de la magie, le masculin du féminin, le pratique de l’imagination. Quelqu’un qui cherche désespérément à rassembler les pièces éparses de son Soi malmené, pour regagner un équilibre. Et regagner cet équilibre passe par le fait de tisser des liens entre toutes ces notions en apparences contradictoires, parce qu’elles font toute partie de moi. C’est a dire chercher à trouver un lien entre science et magie; me rassurer en corrélant découvertes scientifiques et pratique, douter de ma magie et de ma sanité , parce que d’un je ne suis pas de celles qui arrive a chaneller directement avec esprits et divinités (comme je l’expliquais, j’en suis à une phase d’ancrage, c’est a dire couper toute relation direct avec l’autre monde afin d’être assez solide si la porte s’ouvre à nouveau), essayer de museler cette imagination débordante par une main de fer afin de garder un équilibre entre ciel et terre.

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Image : sarakipin

Enfin plutôt que de continuer à tergiverser là dessus, je vais vous traduire quelques extraits de l’essai de Robin Hobbes. Parce que c’est important en ce moment. Parce qu’internet est devenu une hydre incontrolable dans laquelle on a vite fait de se perdre. Parce que la magie existe, et qu’il est important que chacun trouve la sienne, sans chercher à copier celle d’autrui.

« Tout d’abord, il y a une question que j’adore poser aux enfants. Le enfants de 8 ou 9 ans sont parfaits, mais parfois on peut avoir une réponse interessante avec un enfant de 14 ans.

« Est ce que tu as découvert ta propre magie? »

Quelques enfants malheureusement, ont déjà été désenchantés. Privés de ce droit de croire. Ils sont persuadés que la magie est tout aussi imaginaire que le père Noel ou l’homme vert. Et si tu laisse ces enfants en ma présence assez longtemps, je peux parfois essayer de la faire revivre. Mais ça prend du temps. Ca n’arrive pas dans une maison ou en face d’un ordinateur. Ca n’arrive même pas avec un livre et une tasse de thé devant un feu de cheminée, même si c’est un enchantement d’une sorte différente.

Ca se passe en dehors, dans le monde. Ca n’a pas besoin d’être une forêt primordiale. Tu peux trouver la magie dans une ferme ou dans un jardin de balcon. John, je le crois, la trouve dans les vieilles pierres moussues travaillées et touchée par l’humain, sur les plages sauvages et dans le tronc des très vieux arbres. Il y a une sorte d’enchantement dans les tracteurs rouillés, et la magie se trouve dans un nid d’oiseau orné de coquilles vide. La magie, c’est un rang de radis qui perce le sol noir et humide. Elle est la respiration d’un bébé chien. Elle est dans la vieille machine à coudre de ma mère, et dans les pipes sculptées de mon père.

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Image:junyiwu

Non. Je ne parle pas de métaphores, similitudes ou autres pirouettes littéraires.Je vous dis quelque chose de vrai.

Et vous le savez qu’il y a du vrai là dedans, et vous ressentez un certain inconfort à l’admettre. Mais il fait sombre dedans et j’ai une tasse de thé chaud et un chat sur mes genoux entre moi et mon clavier. Alors pour une fois, parlons en.

Avez vous découvert votre Magie?

C’est mon cas.

Non, je ne vais pas vous le prouver. Je ne vais même pas vous dire en quoi elle consiste. Et je ne ressens aucun besoin de le justifier.

Tout simplement parce que tout comme tout auteur de fantasy ou de SF le sait si bien, » toute science suffisemment avancée n’est pas bien différente de la magie », « toute magie qui peut être prouvée devient de la science ».

Demander à la magie qu’elle se « prouve » par une méthode scientifique et tout aussi déraisonnable que de prouver le pouvoir de l’amour en psychologie. Clamer que l’enchantement et la science ne peuvent cohabiter est une restriction qu’on s’impose, qui , pour moi, n’a aucune base logique. Ca me rappelle tout ces gens qui me insistent sur le fait que les e-books seront la mort du livre!

Voici le problème que je rencontre dans ma vie de tous les jours. Il y a une restriction terrible qui s’opère dans le flux que vous êtes autorisés à avoir. Il y a une forte tendance, tout du moins ici, aux US, de croire que vous avez à choisir. La science. La religion. L’enchantement. Faites votre choix.

Désenchanter les jeunes est vu comme une étape nécessaire dans leur évolution vers l’âge adulte. Quand est-ce qu’on vous a dit qu’il n’y avait pas de père Noel? Et est ce que c’était véritablement nécessaire qu’on vous dise quelque chose comme ça? Quand est ce que la petite souris a cessé de laisser des pièces d’argent sous votre oreiller? Quand est ce que votre trèfle à quatre feuilles a-t-il été relégué au rang de « superstition stupide »?

Et surtout, pourquoi?

Vous n’avez pas à laisser tomber ça. Je peux souder un circuit électronique, aller au Liddl le dimanche, et soigner votre verrue en vous l’achetant pour une pièce d’argent. Mes parents m’ont donné tout cela, et ne m’ont jamais demandé que j’abandonne aucune de ces choses pour en avoir une autre.

Voici une histoire vraie. J’ai vécu pendant un an tout près d’une station de surveillance de satellite du nom de Chiniak, sur l’île de Kodiak, en Alaska. Et durant toute cette année, ils commencèrent à avoir des problèmes avec l’équipement. Des bugs inexpliqués aparaissaient. Un grand nombre d’hommes qui travaillaient là avaient des ancêtres Hawaiens, et ils firent venir une sorte de chaman (désolé, je ne connais pas le nom exact) qui leur conseilla de faire un cercle de sel tout autour de l’installation. Ils commencèrent donc à le faire, ce qui prit des tonnes de sel et beaucoup de temps.

Pendant ce temps, un autre expert vint. Son analyse scientifique était que l’électricité produite par la terre à cet endroit était mauvaise pour les instruments. Son conseil? Saler la terre aux alentours pour permettre une meilleur conductivité.

Et ainsi le problème fut résolut grâce à la convergence de la science et de la magie. Très pratique, j’ai toujours pensé. Personne n’a a être en tort. Personne n’a besoin de déposer les armes.

Mais revenons à la question que j’adore poser aux enfants. « Avez vous donc trouvé votre magie? »

Il y a des enfants qui bloquent complètement quand je leur demande. Parce que cette question implique que s’ils ne l’ont pas encore trouvée, c’est qu’il la trouveront dans le futur. Qu’ils peuvent la trouver. Que j’espère qu’ils la trouveront. Ca leur donne le droit. Certains me disent immédiatement ce que leur magie est. « Les oiseaux font attention à moi ». » Je peux faire souffler le vent ».

Et beaucoup d’enfant deviennent immédiatement suspicieux, si ce n’est en colère. « La magie, ça n’existe pas » qu’ils assurent, comme si je les avais insultés. Comme si j’avais volé une pièce de l’âge adulte qui venaient de gagner, juste en posant une question. Et si jamais je pose cette question en la présence d’adultes, certains reculent direct comme si je venais de corrompre leur enfant « De quoi parlez vous? » une mère me demandait. « La magie, ça n’existe pas ».

(‘ De quel conte de fée vous êtes vous retirée? » J’ai voulu lui demander)

Dans quelques articles précédents, John mis le doigt sur quelque chose d’important à propos des enfants et du dessin. Tous les enfants savent dessiner. Jusqu’à que quelqu’un leur dit qu’ils ne peuvent pas, que c’est pas bien ou pas assez bien. A ce niveau là, beaucoup d’enfants s’arrêtent de dessiner et ne recommencent jamais plus.

Et ça se passe de la même manière pour notre capacité d’émerveillement. Cela existe pour nous, jusqu’à ce que quelqu’un nous dise que c’est pas bien, ou que ça ne peut pas être prouvé.

Qu’est ce qui se passerait si vous vous donniez là permission, pour une seule journée, de croire que vous possédez de la magie en vous? Qu’est ce qui se passerait si vous autorisez ce don à coexister avec la science, la religion et internet, sans conflits et contradictions?

Même si je ne vous demande pas de me croire quand je vous dit que j’ai trouvé ma magie, je vous demande de penser à la chose suivante: « Peut être que ça veut dire qu’il n’est pas encore trop tard pour trouver ma magie. »

Je me suis éloignée très loin de mon sujet originel.

Mais dans l’espace qu’il existe entre les chapitres que je devrais être en train d’écrire, j’aimerais suivre l’un des affirmations intrigantes que John à fait: « Nous nous sommes inévitablement placés au centre de l’univers avec nos préoccupations envers notre univers intérieur. »

Wow, est ce qu’on en est vraiment arrivé là. Internet est bien évidemment la première chose qui me vient à l’esprit. Mais laissez moi revenir en arrière un peu juste avant de plonger là dedans.

Chacun de nous créons notre propre réalité. Lorsque j’étais enfant, je passais des heures à me demander comment chacun d’entre nous voyait le monde. Littéralement « voir ». Est ce que mon « vert » est le même que le « vert  » de mon voisin? Il n’y a aucun mot qui nous permettrait le savoir, car tous les mots qui sont reliés au « vert » sont subjectifs. Peut être que si je me branchais sur votre cerveau, je découvrirais que votre gazon est mon rouge et que le votre est en fait marron (je ne parle pas des cônes et batonnets qui se trouvent au fond de la rétine, mais de l’expérience subjective qu’on en a) Je me demande si le temps passe de la même façon pour chacun d’entre nous. Est ce que ta minute subjective est la même que la mienne? Parfois mes minutes sont très rapides, et parfois je me déconnecte complètement du monde des autres, et je suis en retard pour un rendez vous (ça m’arrive souvent quand je vais dans la forêt. Je pense que je suis partie pour une heure, je reviens et je vois que le dinner est déja passé et que les gens sont partis devant la télé. Ou, encore plus bizarre, je me dépêche de rentrer à la maison pensant que je suis partie pendant des heures, et qu’une seule heure à passé pour les gens que j’y ai laissé. Est ce que j’ai passé une frontière du pays des fées ou le temps passe différemment? Est ce que c’est grave si c’était le cas?)

Mais je disgresse.

Je suis déjà partie bien trop loin de ce que je pensais que j’allais dire.

Nos univers personnels incluent nos codes personnels de bien et de mal, notre reconnaissance ou déni d’une présence divine, une supposition de l’endroit où nous trouvons dans la hiérarchie sociale et de toutes les pièces qui forment notre identité. Nous créons ce « normal » comme une armure dans laquelle nous vivons. Pour certains d’entre nous, cela inclus la race, le sexe, et l’identité nationale. Nous sommes, chacun de nous, un petit château sur la colline et certains d’entre nous ont de très petits pont-levis par lequels nous régulons qui nous laissons entrer et ce que nous acceptons comme « ce qui doit être ». Certains d’entre nous dénient la science. Certains dénient la spiritualité. La plupart se positionnent quelque part entre ces deux extrêmes. Certains admettent l’émerveillement. Une petite part d’entre nous seulement non seulement l’admettent, mais le chérissent et le nourrissent.

Mais cela m’attriste de dire que j’ai rencontré un grand nombre de personnes qui n’admettent aucun émerveillement dans leur monde personnel. Aucune magie, aucun mysticisme, aucune spiritualité. Pas de dieu, ni de Satan, pas de djinn, pas de fées dans le jardin. Les elfes, les nains, les licornes, les trolls, les divinités qui vivent dans les fontaines. Ne soyez pas bêtes! Ils n’ont jamais jeté de sel par dessus leurs épaules.

Qui vit dans leur monde? Uniquement des gens, et ces sacs de viande qui bougent, les animaux. Les arbres ne leurs paraissent vivants que parce qu’ils ont besoin d’eau et qu’ils grandissent. Ca me parait vraiment bizarre de m’imaginer que certains d’entre eux lisent de la fantasy. Ils n’admettent pas la possibilité de l’émerveillement dans leurs vies de tous les jours, et si je la mentionne dans la mienne, je suis gentiment (ou parfois brusquement) rabrouée. Comment donc un adulte, cette entité rationnelle dotée d’une éducation occidentale croire en de choses pareilles?

Et pourtant ils tombent parfois sous le coup du plus grand enchantement de notre temps. Dans l’armure de ce qu’ils croient que le monde est, ils s’aventurent en dehors, pour combattre ceux qui n’admettent pas leur réalité.

Vous vous rendez bien compte que je parle d’internet.

Nous vivons aujourd’hui dans un temps ou nous créons communément un monde électronique où nous, humains, vivons et jouons et travaillons et les hommes sont au centre de cette création. Ca n’est pas qu’un simple jeu multiplayer en ligne dont les humains sont le point central. Ca n’est plus simplement Second Life, qui depuis 10 ans est encore d’actualité pour beaucoup de gens. Ca représente TOUT CELA à la fois.

Et ce monde est entièrement humain.

Pas de chiens autorisés. Pas de rennes, pas d’herbe, pas de moustiques, pas de virus. Juste des gens. Juste des pensées de gens et juste de l’interaction humaine. La nature est encadrée avec précision et reléguée au rang de jpgs, gifs et tifs. Les chats portent des chapeaux et disent des trucs marrants. Le monde naturel n’est admis qu’à travers un filtre anthropocentré. Et si jamais quelque chose va mal dans ce monde, cela ne peut être qu’un homme le responsable.

Tous les jours je m’aventure dans ce monde anthropocentré. Et tous les jours je pense qu’on à fait un mauvais taff lorsqu’on à créé cette nouvelle réalité.

Et il n’y a aucun charme là dedans.

Comme j’aimerais pouvoir dire cela.

Mais ça n’est pas vrai.

Car le charme de ce monde est plus captivant que même la Foret. Plus prenant que l’Histoire. Fait par les humains, taillé pour les humains, il nous appelle, encore et toujours, comme les Sirènes sur les rochers. J’ai vu des mariages rater parce qu’une personne à oublié sa maison et sa famille pour rejoindre des potes de World of Warcraft. « je dois y aller. Ils ne survivront pas sans moi. » Des parents jouent alors que leur enfant meure de faim.

Et pas qu’une fois.

Dans un monde fait par les humains pour les humains, le charme est surpuissant.

Tout les réseaux sociaux et blogs que nous créons impliquent que lorsqu’on poste quelque chose à propos d’une situation, quelque chose est changé. Le fait de l’écrire est important, et poster devient la marque d’une importante incantation. On en rigole, mais combien d’entre nous pouvons ignorer un avis qu’on ne supporte pas sur internet? Ou se réfréner de « liker » quelque chose qui résonne avec nous? A la fin de la journée, combien d’entre nous reviennent à leur page facebook pour observer les réactions que l’on à reçu, ou retourner sur cette discussion sur Reddit ou Twitter pour ajouter un commentaire final? On a toujours ce petit sentiment d’accomplissement lorsqu’on le fait. Gagner un badge sur ce site là, devenir un Top reviewer sur Amazon, passer les mille post ou avoir 1000 follower sur Twitter! Des prouesses magiques.

C’est le miroir magique duquel on ne peut détourner notre regard. On peut commander à notre propre reflet, être ce qu’on choisit d’y projeter. L’étang dans lequel Narcisse se regarde n’est rien sur internet. Choisissez votre avatar. Devenez ce que vous voulez.

Je suis tout aussi coupable que quiconque.Il y a 30 ans, je ne passais aucun temps sur le net. Le téléphone était assez rapide pour moi, et la piscine d’AOL m’offrait toute l’interaction online dont j’avais besoin ou pour laquelle j’avais du temps.

Et maintenant, en plus de mon monde réel et de ma famille, de la ferme, des mes animaux et des tâches ménagères, j’appartiens à un monde virtuel tout aussi demandant. Non, même plus encore. Ma famille sait qu’il y a mieux à faire que de débouler dans mon bureau et me taper sur l’épaule lorsque j’écris. En tout cas, au moins les membres de la famille qui marchent sur deux pattes et sont à mes côtés depuis au moins 10 ans le savent! Mais les mails, twitter, et Instagram ne connaissent pas ces barrières. Si je ne les fais pas taire, ils s’incrustent, et ceci 24H par jour, car mon monde virtuel est basé en Europe, en Asie, mais aussi en Australie. Littéralement, à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, si je le permets, mon téléphone et mon ordinateur émettent de petits couinements qui m’avertissent que mon univers électronique à besoin de mon attention. Facebook. Deux sites web. Instagram. Twitter. Tumblr. Vine. Oui. Tous à la fois, et peut être même plus si je ne peux les en empêcher.

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A quel point cet enchantement est-il réel?

Sans aucun doute, c’est une création extraordinaire. Les téléphones portables sous les angles des tables nous enchantent. Les amis imaginaires qui existent sous forme d’avatar sur l’écran nous tirent hors de nos dinners de famille et de nos conversations dans les voitures. Les voilà, les trolls de John, les voila revenus à la vie, puissants et qui menacent les ponts de pixels que les gens essayent de construire entre eux. « Ne nourissez pas les trolls! » on nous prévient. Imaginez un monde ou les trolls peuvent faire du Vaudou. Vous pouvez l’appeller lynchage online si vous préférez. Les trolls attaquent un teenager en une horde mâchant et mordante. Les autres rassemblent, tout comme les corbeaux appellent au meurtre qui veut molester une chouette. Les becs et les machoires ne cessent tant que le suicide n’à pas lieu. Le tout accomplit grâce au toucher intangible de l’électronique.

 

Des dieux mineurs font retentir leurs blogs sur le firmament. Les puissants sont aussi cruels et racolleurs que les anciens dieux de l’Olympe. Si vous n’êtes pas d’accord avec eux, vous serez la cible de moqueries. Les chiens de l’enfer et les harpies ne sont rien en comparaison de la colère de centaines de posts et d’emails qui pleuvent sur vous et coulent de votre écran dans votre « vraie » vie. Soyez dans l’offense, et vous serez bannis dans le monde de la non-existence, « unfriended » ou bannis de votre ISP. Si vous vous aventurez dans les sites interdits aux gens de bien, où vous pensez pouvoir tout trouver pour presque rien, et les nains de l’envie découvriront votre identité et infiltrer votre machine avec spywares ou virus.

Une chasse aux sorcières? Salem ne peut même pas espérer en faire autant.

Y’a t’il des elfes clairs dans le monde de l’internet? Ceux qui postent des images de chat, partagent leur photos, leur art et leurs histoires, peut être qu’ils s’agit d’eux .
Ils sont comme de petits brownies, ils font un peu de bien sans qu’on ne les remarque. Ils fondent des campagnes pour permettre au monde d’être un peu plus égal, en demandant à chacun un don. Ils repostent les annonces pour retrouver des chats errants ou des enfants en fugue. Ils cliquent sur une petite icône souriante en dessous de l’un de vos commentaires. Ca n’est pas si mauvais que ça par ci , à partir du moment où tu restes sur le chemin du vent qui passe entre ces forêts de données et d’utilisateurs.

Rappellez vous l’ancienne magie. Ne révélez jamais votre véritable nom à un étranger, car cela lui donne un grand pouvoir sur vous.

John écrit  » l’émerveillement échappe à toutes les tentatives d’organisation, et de dogmatisation, il sera toujours changeant et fluctuant comme un feu follet, passant outre les définitions faciles, et lorsque piétiné, il ressurgit toujours autre part. »

Il a tout a fait raison. »

 

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JOSEPH STELLA. The Virgin, 1926

 

 

 

 

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