La kundalini

snake

Illustration tirée du Livre Rouge de Carl Jung.

Difficile d’écrire ce soir. A chaque fois que j’entame une phrase, j’ai l’impression qu’elle est vide de sens, que les mots s’entrechoquent et rebondissent entre eux sans trouver d’échos avec ce que j’essaye de dire.

Mais bon. Essayons d’en parler quand même. Oh et puis plutôt qu’un grand discours, voilà plutôt un petit dessin que j’ai fait ce matin:

random

J’ai commencé à le gribouiller sans trop faire gaffe, avant de me rendre compte qu’en fait, c’était une représentation assez fidèle de l’état énergétique dans lequel je me trouvais.

Le chaos. Un encéphalogramme qui se barre en sucette. Un relevé sismique de tremblement de terre.

Et les dieux et esprits qui maintiennent le silence radio. Forcément, je l’avait cherché. Fallait pas les envoyer bouler. Et puis finalement, j’avoue que ça me fait du bien, ce silence. Ca fait déja presque un an que mes perceptions se verrouillent,  que le troisième oeil prend des vacances et que j’apprends à reconstruire une coquille à l’épreuve des balles. A croire qu’un petit malin en haut avait bloqué délibérément la fenêtre afin que je prenne du temps pour m’ancrer , me structurer, et acquérir assez de maitrise pour  pouvoir gérer l’afflux d’informations si par hasard cette fenêtre venait à se réouvrir.

J’avais recommencé à pratiquer le yoga depuis quelques mois, et je faisais en prime quelques exercices de Kung Fu qui me restaient de mes quelques années de pratique. Et il y a quelques jours, je me suis retrouvée dans cet état particulier de fébrilité que je pensait avoir oublié: une impulsion énergétique bien particulière, comme un tremblement qui remonte dans tout le corps, une perception accrue de tout ce qui t’entoure: la lumière qui te blesse , la musique qui semble résonner tout autour de toi et qui forme des échos comme si les notes s’entre-pénétraient, des nuits agitées aux rêves perturbants , très sensuels puis qui basculent dans la paranoia et l’horreur, et puis la sensation d’avoir une barre de cuivre parcourue d’électricité à la place de l’épine dorsale. Des sensations de froid intense, une réaction exagérée à la présence d’autrui, des dégagements de chaleur incroyable, une envie de vomir qui verse soudain dans une envie d’avaler 50 moutons avec leur laine sur le dos, et puis une perception complètement biaisée du temps et de l’espace: soudain, c’est comme si ton crâne était un ballon trop gonflé et que les yeux allaient te sortir par les orbites, et puis tu ne sais plus si tu as pris 10 minutes pour attacher ton manteau au porte manteau parce que tu es restée là à fixer la texture de ton bouton ou si tu as fait le mouvement beaucoup trop vite pour un humain normal.

Et puis il y a Loki qui décide de se pointer. Alors que tous les autres font la sourde oreille. Toujours à se ramener aux moments les plus impromptus . Tu as beau essayer de le garder le plus loin possible de toi, tu l’évite, mais il trouve toujours le moyen de te fumer mais bien méchant, ou de te donner un coup de pouce , quelque chose que lui seul peut t’offrir , pour te tourner le dos l’instant d’après et t’en remettre plein la tronche, histoire que tu te mordes les doigts de lui avoir laissé un peu d’espace.

Mais tu t’en fous de tout ça, parce que dans l’état ou tu es, tu as l’impression que tu pourrais soulever des montagnes, et l’instant d’après tu t’écroules sur ton lit et tu ne peux plus bouger, et tu restes là enroulé dans ta couverture en attendant que ça passe. Ta sensation du danger s’est complètement évaporée; tu pourrais très bien te faire écraser là maintenant tout de suite que tu t’en foutrais totalement, de toute façon le monde est tellement beau et cet état de béatitude est tellement plaisant, tu pourrais rester là en plein milieu de la route une éternité. Heureusement qu’il te reste une once de bon sens pour ne pas finir aplatie comme une crêpe.

Ca  m’était déjà arrivée il y a quelques années, et je ne comprenais absolument pas ce qui se passait. Et j’ai flippé. J’en ai fait des crises d’angoisse, pendant des années. Maintenant , je prends ça avec le sourire, j’aime presque ça. Certains appellent ça des manifestations de la Kundalini, ce serpent d’énergie lové  à la base de la colonne vertébrale. Pour ma part, c’est une manifestation plutôt soft, pour certains, c’est clairement une torture; j’imagine que chacun en a une expérience différente; c’est quelque chose qui n’est ni quantifiable, ni qualifiable: c’est juste une quantité incroyable d’énergie qui est libérée et qui remonte le long de la colonie vertébrale. Et là tu prends conscience de tout ce qui dort en toi. Du potentiel de captage et de stockage immense de l’être humain.

C’est Krishnamurti qui disait que la Kundalini, c’était juste toute cette incroyable quantité d’énergie qui restait coincée à cause de tous nos blocages en tout genre. Que l’énergie, quelle qu’elle soit, se devait d’être utilisée à bon escient sous peine d’être bloquée . Pour quels motifs, alors ça, je ne pourrais malheureusement pas vous le dire; à vous de les trouver, ou de les choisir!

caducee

 

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