Connais toi toi-même…Et tu connaîtras le monde et les dieux

12226957_484513181730199_4436117932229450219_n

Je sais pas c’est quoi cette main mais elle est très cool

Tout le monde connait le fameux « Connais-toi toi même » . Sensé avoir été l’un des trois préceptes gravés sur un temple de Delphe, certains auteurs le font suivre de  » Et tu connaîtras l’univers et les dieux ». Sous entendu, la connaissance approfondie de soi-même mène à une compréhension  plus aigue du monde qui nous entoure.

C’est que j’aime bien appeler le paradoxe de la chaussette retournée; quand tu retournes une chaussette, l’intérieur devient l’extérieur et l’extérieur devient l’intérieur. Les deux sont interchangeables; ça n’est pas pour rien qu’on lie l’infiniment grand à l’infiniment petit, le réseau neuronal à la structure des galaxies, les atomes aux étoiles, la circulation des veines à la circulation des fleuves…Nombreux sont ceux qui font le parallèle entre notre organisme et l’organisme terre, entre l’exploration intérieure et les voyages extérieures: l’esprit humain est ainsi fait qu’il fonctionne par connexions et par associations, et c’est ce qui lui permet de donner du sens aux choses, c’est ce qui lui permet de relier les choses entre elles pour en faire un puzzle harmonieux, c’est ce qui permet aussi d’utiliser la Magie: un Sigil pour tel esprit, une plante pour une autre, un symbole pour une planète pour un dieu pour une ou plusieurs propriétés particulières. Quand tu tires un oracle, tu fait fonctionner ce réseau de symboles et de signes: tu lies la forme au sens, tu assembles le puzzle et tu cherche le ou les indices vont faire matcher toutes les infos en ta possession, que ce soit tes propres connaissances,  la forme du symbole en lui même (par exemple, pour les runes, j’aime bien juste me concentrer sur la forme et ce qu’elle m’évoque, en essayant de passer outre ce que j’ai lu sur la rune en question: je vois Hagalaz comme un pont entre deux chemins, une fracture brutale qui va dans un sens passé futur, une déviation) .

Si toutes ces connexions fonctionnent pour le monde que nous voyons et percevons avec nos sens, pourquoi ne fonctionnerait il pas avec notre monde interne? Ce que nous y percevons est lié à l’extérieur et au réseau des sens par les mêmes connaissances, les mêmes symboliques et le même langage que celui que nous mettons en marche lorsque nous marchons , jouons, échangeons, apprenons. Connaître nos mécanismes , ce qui cause nos angoisses, nos référents, nos blessures et nos sources de joie, c’est, en les comparant à l’extérieur, reconnaitre des loi universels chez l’homme, des lois qui assurent la cohésion du système dont ils dépendent, et en même temps reconnaître ce qui fait notre particularité.

Car je ne le répèterais jamais assez: il est très, très important de reconnaître notre individualité, et de la travailler: ce qu’on pourrait appeller le Soi de Carl Jung (ce dont j’ai déja parlé dans des articles précédents) , ce « machin » qui est là, quelque part, est qui fait qu’on ne va pas forcément utiliser la même méthode qu’autrui pour arriver à un même résultat, qu’on ne va pas avoir besoin des mêmes choses pour être épanouit: quelqu’un va avoir besoin de solitude, l’autre d’être en contact permanent avec les gens, l’un de peindre, l’autre d’être dans l’organisation, l’autre de faire le tour du monde en voilier, l’un de s’occuper de ses enfants, l’autre de faire des confitures dans un jardin paumé dans la montagne…. Les généralisations sont très dangereuses, elles amènent les gens à vouloir absolument rentrer dans des cases pour avoir le sentiment d’être acceptées, mais elles finissent frustrées voir névrosées parce qu’elles se forcent à être quelqu’un qu’elles ne sont pas.

On nous rabâche tellement de faux préceptes aujourd’hui, sur ce qu’il faut manger pour être en bonne santé, sur la taille et le poids qu’il faut faire, sur ce qu’il faut aimer, sur le fait qu’il faut être vegan pour sauver la planète ou qu’il faut « tout voir en positif pour attirer du positif dans sa vie. »

 

Et bin non. Désolée mais je ne suis pas d’accord. Tout d’abord parce que ça sert à rien vouloir absolument voir tout en positif. Je sais que c’est la mode en ce moment, être beau content et youpi c’est génial la vie les mecs, pourquoi vous vous plaignez le monde est beau! Toutes les thérapies de bien être et les formules magiques pour être heureux au quotidien c’est bien joli, mais c’est se voiler la face. Je ne dis pas qu’il faut être malheureux tout le temps: mais voir les choses en blanc est aussi faux que voir les choses en noir. Pour moi, les deux teintent notre vision du monde, et nous empêchent de voir ce qu’il est. Quelqu’un de déprimé va avoir tendance à penser que le monde entier lui en veux et que même ce rouge gorge tout mignon qui chante dans le jardin est moche et lui casse les oreilles; tout comme quelqu’un qui va se forcer à être joyeux tout le temps va trouver ça normal que son patron l’exploite ou que son mari la batte. Non. Mille fois non. Si l’on se sent mal, c’est qu’il y a une raison. C’est un signe que l’esprit envoie pour dire qu’il y a quelque chose, au fond de nous ou tout autour (mais j’ai l’impression que c’est la même chose, au final), qui n’est pas harmonieux, qui n’est pas en accord. Qu’il y a quelque chose à changer. Que si dans ce monde on sent qu’il y a des disharmonie, et bien il faut en prendre conscience, pour voir comment, à notre niveau, on peut trouver des solutions pour les régler afin de se sentir bien. Qu’un travail d’introspection nous mène à cette harmonisation, tout comme un voyage extérieur nous aide à nous harmoniser intérieurement; tout comme faire le ménage chez soi nous aide à faire le ménage à l’intérieur, tout comme raconter sa vie permet de mieux la comprendre.

tumblr_nymitgGh7b1rdbuvwo1_1280

Allez c’est parti Alfredo! (par takitakos )

Je déménage encore (pas pour aller très loin), et je me rends compte en rangeant tout mon barda  que j’accumule toujours un tas de trucs incroyables. J’essaye le plus possible de synthétiser et d’épurer ma pratique, de voir quels objets me sont vraiment indispensables, quelles plantes conserver, quelles fringues seront pratiques, esthétiques et durables, de quoi j’aurais besoin si jamais je me retrouvais soudainement à la rue et obligée de me débrouiller toute seule, obligée de conter sur mes propres connaissances et mon adaptabilité.

Mon principal soucis, ce sont es bouquins; j’adore toujours en acheter 36000 sur des sujets divers et variés, mais je me retrouve toujours avec des kilos et des kilos a transporter d’un point à l’autre; la connaissance , ça pèse son poids.

…Et en fait, si la connaissance ne pesait rien au final? EN voyant l’évolution d’internet et la manière dont la transmission de savoir évolue aujourd’hui, je me dis qu’en fait, on est en train de revenir à une transmission orale: y’a qu’a voir aujourd’hui, on écoute ou on regarde surtout des conférences youtube ou des émissions radios (ou alors ça tient surtout à moi qui travaille de cette manière) , on lit de moins en moins de bouquins; y’avait même un spécialiste de la transmission d’informations sur internet qui s’était aperçu qu’internet avait carrément changé la structure même du réseau neuronal d’apprentissage: on apprends plus de la même manière aujourd’hui qu’il y a 50 ans. Et quand on y pense, il n’y a pas que des mauvais côtés à cela: il existe maintenant plein de chaînes youtube super intéressantes; n’importe qui peut partager ce qu’il a envie de dire même si c’est pas toujours très pertinent (mais après, à nous de faire le tri, et c’est ça qui est difficile: ne pas être noyé sous l’information): au final, dans les sociétés  médiévales et antiques, la transmission se faisait surtout oralement, il n’y a qu’à voir dans les sociétés druidiques: le savoir n’était pas quelque chose de figé, il évoluait, se complexifiait, se transformait pour s’adapter à son environnement et s’enrichissait au contact de ceux qui le transmettaient; tout comme les chants de baleine possèdent un rythme qui est en constante évolution, tout comme le flux de la vie; tout comme le concept de droit d’auteur qui était presque inexistant au moyen âge .

Le problème principal du savoir et de sa transmission aujourd’hui, c’est la surcharge d’informations, et le côté copié collé qui vient du manque d’expérience: celui qui enseignait, c’était celui qui avait vécu la chose, et qui pouvait en parler avec le langage de ses mains, ses pieds, le langage des odeurs , des sons et des couleurs; ainsi le savoir se fixait dans nos cellules, était compris, engrangé, et transmis à nos descendants: ça n’est qu’en vivant la chose qu’on la comprend vraiment, comme l’on comprend un théorème de maths lorsqu’on l’applique.

Et c’est là un peu mon gros dilemme en ce moment: l’insatisfaction permanente lié au manque d’expériences sensorielles: j’ai besoin de comprendre le soleil en sentant sa chaleur sur ma peau, de comprendre comment une plante grandit en la plantant, de comprendre le vent en chevauchant, de comprendre l’effort grâce aux courbatures. Je pense tenter quelques expériences d’ici quelques mois , et verrais si cela m’apporte ce que je cherche, ou au moins participe au chemin.

tumblr_nt8lzzIeEl1spzxrdo1_1280

Illus: Man Arenas

Et deux conférences youtube qui m’ont inspiré pour cet article:

Chemins de sagesse

Le cercle de la vie; initiation chamanique d’une psychothérapeuthe

A bientôt!

 

 

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s