Conserver et stocker ses plantes médicinales

Salut tout le monde!

Comme vous pouvez l’imaginer; c’est pas forcément la joie pour tout le monde dans cette période un peu trouble. Alors plutôt que de vous rabâcher ce qu’on vous matraque déjà dans les médias, je vais plutôt vous donner quelques petites infos pratiques sur la manière de conserver et de stocker les plantes médicinales, histoire de vous changer les idées et  d’embrayer sur un truc constructif, plutôt que de se laisser bouffer par les actualités anxiogènes. Parce que c’est important de s’informer, certes, mais notre vie ne doit pas se suspendre pour autant, et revenir à des choses du quotidien est la meilleure manière de s’ancrer et de digérer tout ça, chacun à notre manière.

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Lotus égyptien, dans le Temple de la Flore de Robert John Thornton, téléchargeable par ici.

Revenons en à nos plantes. Comme vous le savez très certainement, la façon la plus connue de conserver ses plantes, c’est tout simplement de les faire sécher . Lyra Ceoltoir aka Herbwitchery vous donne déja pas mal de tips sur son blog, ou dans ses super vidéos, en particulier dans son Kit de démarrage pour travailler avec les plantes, ou elle vous explique les vertus de certaines plantes ainsi que la meilleure manière de les faire conserver ou sécher , autrement j’ai déja fait un petit article qui explique rapidement comment cueillir et faire sécher les plantes.

Bon. Qu’est ce qu’il y a a ajouter dans ce cas là?

Plein de choses, je vous assure! On s’ennuierait vachement si on avait déjà fait le tour de la question!

Déjà, ce qu’il faut retenir avant tout, c’est que les plantes possèdent tous des principes actifs , des molécules qui vont avoir des effets divers et variés. Ce sont ces actifs qu’on retrouve très concentrés dans les huiles essentielles, obtenus par distillation. La concentration de ces principes actifs varie selon l’année, le climat , le terrain où la plante pousse, l’ensoleillement…C’est bien pour ça que la médecine moderne a tendance à regarder l’herboristerie comme une discipline un peu bâtarde et incertaine; on ne peut vendre au client une concentration certaine en principe actifs. Mais hé, c’est ça la vie! Il en est de même pour les cultures; vouloir en toute saison avoir des pommes vertes ou des poivrons est une aberration; tout change, évolue, et notre corps lui aussi se transforme en même temps que les saisons, il aime les choses variés et a besoin de se nourrir des nutriments et de l’énergie liée au cycle de la lumière et de la nuit, du printemps et de l’automne, de la pluie, du froid et du chaud.

Hildegarde disait à propos des plantes, dans son Physica que je viens juste de recevoir:

Chaque plante est soit chaude soit froide, et grandit de cette manière là, car le chaud de la plante signifie l’esprit, et le froid, le corps. Elles fleurissent, en accord avec leur nature, selon si elles grandissent dans un environnement froid, ou chaud. Si toutes les herbes étaient chaudes et aucune n’était froide, cela poserait de grandes difficultés au consommateur. Si toutes les herbes étaient froides, elles provoqueraient des déséquilibres chez les gens, car les choses froides s’opposent au chaud, et les choses froides résistent au chaud. Certaines plantes ont en elles le pouvoir des arômes les plus puissants, ou la dureté des arômes les plus amers. Par ces vertus, elles répriment et gardent à distance beaucoup de maux causés par les esprits mauvais ( à l’époque, on croyait que les maladies étaient causés par les esprits, forcément mauvais dans un contexte catholique).

Il y a aussi des herbes qui ont en elles de l’écume des éléments. Grâce à celles-ci, beaucoup de gens ont essayé de trouver fortune. Le Diable  les adore et mélange sa nature à elles (m’es avis qu’il est justement la question des plantes psychotropes utilisées entre autres dans les onguents de vol des sorcières, comme la belladone, la mandragore, la jusquiame et la datura)

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Mon Physica, oui c’est en anglais, et oui la photo est perrave, j’avais rien d’autre qu’une tablette à disposition.

C’est rigolo comme dans les écris d’Hildegarde on peut trouver des connections avec la médecine chinois qui fonctionne elle aussi sur les principes chaud/froid, humide/sec; chaque particularité d’une plante permettant ainsi de traiter l’excès causé par une maladie (par exemple, si vous avez une inflammation (donc excès de chaud) vous aller appliquer une plante froide, alors que si vous avez un coup de froid, vous aller appliquer une plante chaude)

Chaque plante possède donc un, ou plusieurs principes actifs.

MAIS ce qu’il faut bien savoir, c’est que tous les principes actifs ne se conservent pas de la même façon, et ne sont pas solubles ni miscibles avec tout. Certains principes actifs sont volatils, du coup boum quand vous faites sécher les plantes ils s’envolent, certains sont détruits avec la lumière (pour ça qu’il vaut mieux conserver ses plantes dans l’obscurité ), d’autres sont détruits avec la chaleur, d’autres ne sont pas miscibles avec l’eau. Vous aurez beau faire des tisanes ; ça ne servira à rien.

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Gif: Sachin Teng

Vous avez donc d’autres choix qui s’offrent à vous pour conserver et extraire les principes actifs:

 

La distillation , c’est comme ça qu’on fabrique les huiles essentielles. Mais c’est un processus qui demande une énorme consommation d’énergie, beaucoup de matériel, et beaucoup de patience. Je passerais donc cette technique sous silence, n’étant pas très facile à mettre en pratique.

Les infusion nourrissantes: on fait macérer en grande quantité , et pendant plusieurs heures, une ou des plantes afin de faire un breuvage qui va être très concentré. L’eau à la particularité d’extraire très bien les minéraux, les vitamines et nutriments; notre corps étant majoritairement constitué d’eau, on assimile très bien les infusions.

Mode d’emploi: utiliser si possible les plantes séchées. Les principes actifs sont plus concentrés, ou en mettre plus si vous utilisez les plantes fraîches. On utilise environ 30g de plantes, qu’on recouvre avec 1L d’eau bouillante. On met un couvercle histoire d’éviter aux essences volatiles de se barrer aux quatre coins du globe, et puis on laisse macérer 4h (seulement 2h pour les fleurs fragiles comme l’aubépine, 8h pour les racines) . On filtre, et on consomme, chaud ou froid. Le breuvage doit être conservé au frigo et consommé sous 48h, en cas d’odeur suspecte, hop, au jardin ! (ça fait un super compost, vu que c’est bourré de minéraux, les plantes adorent ça, la tisane moisie)

Plantes qui se prêtent bien à l’infusion nourrissante: Orties, trèfle rouge, fleurs et fruits du sureau, fleurs d’avoine, feuilles de framboisier, racines de bardane, stellaire, feuilles et graines de plantain, feuilles et fleurs de tilleul, feuilles, fleurs et fruit de l’aubépine, baies d’églantier, feuilles et fleurs de Molène.

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A mon humble avis, ce genre de bocaux est parfait pour stocker toutes les alcoolatures, huiles macérées et vinaigres. Le tout c’est que ça soit bien hermétique.

Les miels de plantes. Comme vous le savez très certainement, le miel est un remède incroyable; bourré de vitamines, antiseptique, cicatrisant, anti-inflammatoire…Alors combiné à des plantes, c’est la panacée!

Mode d’emploi: couper les plantes fraiches, et remplir un bocal jusqu’au bord; puis ajouter le miel légèrement chauffé jusqu’à recouvrir bien les plantes. Laisser infuser 6 semaines; vous pouvez ensuite soit le filtrer et enlever les plantes, soit les laisser dedans. Vous pouvez conserver ces miels pendant très longtemps, rappelez vous qu’on à retrouvé des miels dans les tombeaux égyptiens qui étaient encore consommables! (je sais pas trop quel gout ils devaient avoir par contre)

Plantes qui se prêtent bien au miels: L’anis, la camomille, les graines de fenouil, la mélisse, la lavande, la marjolaine, la menthe, les pétales de rose, l’aubépine, le romarin, la sauge, le millepertuis, la verveine, l’achillée, le thym, l’hysope, le radis noir, l’oignon, l’ail…. (les derniers sont très efficaces pour des rhumes)

Les vinaigres de plantes: le vinaigre est un excellent extracteur de minéraux et de vitamines, et il aide le corps à se purifier, et à se rééquilibrer.

Mode d’emploi: Remplir un bocal ou une bouteille avec des plantes fraiches (attention si votre goulot est petit, vous allez galérer a retirer les plantes de là, je parle par expérience) , puis remplir avec du vinaigre pasteurisé. Attendre 6 semaines  en secouant assez régulièrement le mélange, puis filtrer. On peut les conserver jusqu’à un an.

Posologie:  1 cuillère à café par 50 kg de poids, deux à trois fois par jour. Une cuillère à café correspond à 10 gouttes d’alcoolature.

 

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Teinture de millepertuis avant l’ajout d’alcool, non cette image n’est pas de moi

Les alcoolatures(ou teintures): elles ont l’avantage de se conserver pendant très longtemps , et on peut les trimballer un peu partout (c’est toujours plus pratique d’avoir une petite bouteille sur soi que sa hotte de plantes). De plus, elles agissent très rapidement, on peut les administrer tout de suite en cas d’urgence sans attendre par exemple que la plante infuse, et la concentration en principes actifs est plus élevée.  L’alcool est un solvant très puissant qui peut dissoudre les cires, les résines, la plupart des alcaloïdes (la morphine du pavot, l’atropine de la belladone, l’aconitine de …l’aconit, ou encore la caféine ou la codéine , ect…) ainsi que beaucoup de composés de plantes. L’alcool est donc un solvant de choix pour beaucoup de plantes dont les principes actifs ne se dissolvent pas dans l’eau.

Mode d’emploi: remplir un bocal, ou une bouteille de plantes fraiches de préférence (attention encore à la taille du goulot , même combat que pour les vinaigres); puis remplir à raz bord (c’est très important de ne pas laisser dépasser à l’air de plantes, qui pourraient pourrir) avec un alcool de bonne qualité, de 50° (une bonne vodka, ou un bon rhum, ou encore un alcool destiné aux liqueurs, quelque chose de neutre).  Laisser macérer 6 semaines au minimum avant de filtrer, en vérifiant le contenu de temps en temps. Attention si vous utilisez un alcool qui n’est pas assez fort, ça peut se mettre à schlinguer, je parle d’expérience. Vous pouvez aussi utiliser des écorces, racines ou feuilles séchées pour les alcoolatures, ne remplissez pas tout le bocal avec car elles vont se réhydrater dans l’alcool et prendre plus de place.

Posologie: 30 gouttes (une cuillère a café = environ 150 gouttes, vous pouvez facilement trouver des pipettes doseuses dans n’importe quelle pharmacie) soit une pipette toutes les 30 à 60 min en cas de crise, ou 1 à 3 pipettes par jour en cas de problème chronique.

–Les onguents: Là, c’est la graisse qui va retenir les principes actifs. On utilisait beaucoup cette méthode au début du XXème siècle et avant, on faisait cuire les plantes fraiches ou sèches dans du suif, de la graisse de boeuf ou de l’huile de lin jusqu’à ce que les feuilles soient craquantes, puis on les retirait de l’huile et on laissait refroidir le tout. Le problème de cette méthode, c’est qu’elle est un peu violente pour certaines plantes, dont les principes actifs vont être détruits à la chaleur; mais c’est une bonne manière de fabriquer un onguent assez rapidement, d’extraire pas mal d’autres principes qui eux ne passeraient pas dans une simple infusion ou macération. Cette méthode marche bien avec des plantes comme les feuilles de sureau, de laurier, le romarin, les Artemisia (armoise et absinthe), les résineux et plantes avec des feuilles assez dures.

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Huile de millepertuis, toujours pas de moi; quand j’aurais un appareil digne de ce nom j’essayerais de vous faire des belles photos!

Les huiles infusées: même principe que les onguents, c’est la graisse qui va absorber les principes actifs. Cela marche très bien avec des plantes plus fragiles , comme les fleurs (l’huile de calendula est une merveille), les roses, le géranium, la lavande, la menthe, l’hysope, la camomille…

Mode d’emploi: utiliser de préférence des plantes fraîches, qui sont débarrassées de toute humidité (ne pas les cueillir avec la rosée du matin ou après une averse, par exemple). On stérilise bien les bocaux préalable (10 min dans une casserole d’eau bouillante), et on les sèche bien, car toute humidité peut poser problème à la macération.  Les laisser sécher de quelques heures à une journée pour celles qui sont plus « grasses », comme la consoude, les broyer légèrement et remplir les bocaux. Remplir le bocal avec une huile de première pression à froid de bonne qualité, comme de l’huile d’amande, de l’huile de jojoba, de l’huile d’olive ou autre, selon vos goûts et l’usage que vous aller en faire (consommation, massage…) Vérifiez qu’aucune plante ne dépasse de l’huile, puis laisser macérer 6 semaines avant de filtrer, l’idéal étant qu’elles restent à proximité d’une source de chaleur.

Ces huiles sont très efficaces en externe contre les irritations, blessures, crevasses, coups de soleils, problèmes de peau et aussi contre les mycoses vaginales, ou juste pour prendre soin de votre peau tous les jours. Elles se conservent quelques années à l’obscurité.

Voilà! J’espère que ça vous donnera envie d’expérimenter pleeein de chose et de tester vos talents de sorcière! Rappelez vous juste (allez, faut bien que je fasse la morale un peu sinon ça serait pas drôle) de toujours tester d’abord vous même vos concoctions , d’abord en petite dose, et d’en observer les effets avant de se risquer à les administrer à autrui. Même chose pour les enfants, n’utilisez que des dosages très faibles et des plantes douces. Pour le reste, vous êtes des gens bien et responsables, je vous laisse faire ce que vous voulez 😉

 

Source principale pour cet article: le merveilleux hors série « Comment devenir autonome » de Kaizen, que vous pouvez commander par ici.

Des bises les poireaux ! A bientôt pour de nouvelles aventures, prenez soin de vous!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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