Se protéger: qui, quand , pourquoi, comment?

1son

Jillian Tamaki, Deep cuts

J’imagine que tout le monde ici à déjà entendu parler tôt ou tard de l’importance de se protéger dans sa pratique. Se protéger des énergies venant d’autrui ( tristesse, colère, problèmes divers et variés…), se protéger des choses ou gens qui pourraient nous pomper notre énergie, se protéger de sorts dirigés à notre encontre, d’entités ou tout simplement de sensations désagréables, mais aussi d’intrusions extérieures pas forcément malsaines mais qui ne sont juste pas voulues, parce que merde l’intimité quand même c’est important.

Pour ceux qui ont commencé leur pratique avec la Wicca, ou qui le sont toujours, une des premières choses qu’on vous apprend, c’est de tracer un cercle. Parce que lorsqu’on effectue un rituel, on ouvre un genre de porte, et dans ces moments là, on est sensé être plus vulnérable à d’éventuelles entités . Mais ce n’est pas tout: pour moi, quand on créé son cercle, on fabrique une sorte de cocon. On fabrique un mur qui va servir de chaudron ou d’alambic à la réaction que nous sommes en train de concocter: on appelle les énergies qu’on veut au coeur de ce petit cocon, et cette matière première va s’amalgamer, se densifier; se transformer dans cette graine qu’est le cercle en quelque chose de nouveau, qu’on va ensuite envoyer ou disperser à la personne ou à l’évènement désiré par la méthode de notre choix.  Pour faire le cercle, on t’apprend en Wicca à travailler avec les 4 éléments disposés aux 4 points cardinaux: air, terre, feu, eau. Tu es sensé ressentir, et visualiser les quatre énergies t’entourer l’une après l’autre, tisser une bulle protectrice tout autour de toi . Certains travaillent avec les gardiens des points cardinaux, d’autres avec les élémentaux, certains avec des pierres, d’autres avec des plantes…

y3iWzYf

En pratique, c’est moins impressionnant que ça, désolée.

Je vais vous parler de mon expérience personnelle, qui n’est en aucun cas un modèle à suivre, mais peut être que ça pourra vous amener a aborder la chose d’une manière un peu différente!

Pour commencer, dans mon cas, je n’ai jamais eu un seul rituel qui ne se soit déroulé de la même manière. J’ai l’impression, comme quand on discutait avec un ami, que lorsque je commence a prévoir et organiser un truc, l’univers se fait un malin plaisir de contredire mes plans machiavéliques. J’y peux rien, c’est comme s’il s’amusait à se rire de moi dès que j’essaye de travailler mon côté control Freak. Ca ne marche juste pas avec moi, le contrôle. L’énergie fait  n’importe quoi et part dans tous les sens. Un oreiller prend feu. Je me retrouve à manipuler de l’énergie en faisant la cuisine , en marchant ,en dessinant, en faisant mon jardin,en dansant  mais lorsque que je me retrouve assise au milieu de mon cercle avec mon encens , mes bougies, mon eau et tout mon barda paien, rien ne marche. L’énervement qui se succède au désastre astral. Parfois, j’arrive à quelque chose. Mais jamais grâce au moyen que j’avais prévu en amont.

1443543559-wingardium-leviosa

Comment ça c’est pas comme ça qu’on fait?

Ca peut être plutôt frustrant comme état de fait. On a tendance à se demander si faire un cercle est vraiment nécessaire, ce que ça apporterais si on s’en passait, si se protéger est vraiment important et si au final notre rituel à un effet autre que de celui de se croire dans Harry Potter.

Qu’à cela ne tienne, j’ai testé les rituels sans cercle. Et bien en fait, c’est beaucoup plus difficile de retenir de l’énergie en place. Pour ce qui est des problèmes de vulnérabilité, j’avoue que je ne les ai jamais ressentis, je n’ai jamais eu l’impression d’être dérangée par quoi que ce soit durant mon rituel; tes sens sont plus aiguisés, mais je ne me suis jamais faite posséder par l’esprit de belzébuth ni celui d’Elton John (ça aurait été marrant).

Pour être honnête, mes états de vunérabilité, je les ressentais beaucoup plus fortement durant ma jeunesse, à cause de mes problèmes de santé qui ont tendance à baisser tes barrières au maximum, te rendant perméable à tout ce qui t’entoure, bien ou mal: j’étais devenue une vraie éponge, je captais tous les problèmes et humeurs des gens, au point d’en être gorgée jusqu’à l’os, malade physiquement et mentalement, comme d’une brume noire qui m’étouffait. Le sommeil m’était difficile, là aussi, j’étais extrêmement vulnérable. J’ai appris, en entrant dans l’ésotérisme, à faire face à cette brume. En me purifiant par le feu, puis en me protégeant grâce à l’obsidienne, qui je pense, m’a véritablement sauvé la vie en une période difficile.

L’obsidienne te créé une protection incroyable, et très efficace.

Trop efficace.

Tu es protégée au point ou tu ne sens plus les autres, ni ce qui t’entoure.

Tu restes à tourner en boucle en toi même, avec ta propre énergie formant un bouclier mêlé de celle de l’obsidienne qui sert de vecteur à ta propre énergie, un peu comme le courant le long des rails d’un train. Et tu te rends compte que si tu ne purifies pas ta pierre, tu t’emmures avec tes propres problèmes et tes propres pensées, mauvaises pour certaines. J’en étais devenue très dure, je rejetais en bloc et reflétais tout ce qui m’arrivais, comme un miroir. Pour que rien ne puisse m’atteindre. Pour que je puisse être tranquille en moi même et rester telle que j’étais, dans un état de quiétude et de stabilité qui m’allais parfaitement, comme un bébé qui refuse de quitter l’utérus de sa mère, parce que la lumière, les sons, les odeurs le blessent.

Et puis est arrivé un vendeur de pierres qui m’a fait prendre conscience de tout ça.

« Si tu veux que je puisse te lire, il faut que tu retires ça. Elle est chargée à bloc. »

En me protégeant, je refusais que les autres voient ce que j’étais. Je refusais d’être percée à jour. Je refusais de m’ouvrir, de paraître vulnérable, d’accepter que l’on me touche, je ne communiquais pas avec l’autre.

Et du coup, je refusais de guérir. Parce qu’on ne se guérit pas tout seul. On a besoin des échanges d’énergie avec les autres, on a besoin de se refléter en autrui, de se comparer, de donner, de recevoir sans cesse, parce que tout coule autour de nous, parce que nous sommes tout ce qui nous entoure et qui évolue en permanence, notre être coule en permanence, devient, se transforme.

tumblr_mj4ohwwSJd1s6fgo9o1_r1_1280

Art: Jillian Tamaki

Du coup j’ai abandonné l’obsidienne. Ca a été très dur au début, je m’en séparait un jour, puis la remettais, puis m’en séparait plus longtemps, pour ne la remettre qu’aux moments de tension et quand j’en avais besoin. J’ai appris a travailler avec des protections moins drastiques, qui permettent aux énergies extérieures d’entrer en nous, mais en les filtrant, et l’un de mes symboles préférés de protection favori (gravé dans un pendentif en bois et activé avec une goutte de mon sang, pour ma part) est celui-ci:

Helm-of-Awe

C’est l’ aegishjalmr , ou le gouvernail de l’effroi. A l’époque des Vikings, on l’utilisait pour créer l’illusion que ce qu’on regarde n’était pas ce qui parait être, en le cachant aux yeux de ses poursuivants, par exemple; c’était souvent des femmes qui l’utilisaient aparemment, très certainement des praticantes du Seidhr, un genre de chamanisme nordique(en très très gros hein, je ne suis pas la plus calée pour parler de ce sujet là mais c’est très interessant pour qui veut bien se donner la peine de creuser) . On gravait le symbole sur une peau de chèvre, puis on le lançait sur la tête de celui qui voulait se cacher.

D’un point de vue énergétique, le symbole fonctionne comme un filtre: personnellement, je vois chacune des branches comme tant de canaux vers tous les points de l’espace et du temps, avec une structure en coupe ou en fourche à chaque extrémité pour accueillir et accumuler l’énergie le long du canal, et puis trois étages (les trois traits qui barrent chaque rayon) qui se chargent de filtrer l’énergie avant qu’elle n’arrive au centre, où se trouve la chose à protéger. Je trouve que c’est plutot un bon compromis , parce que ça permet à l’énergie d’entrer et de sortir, mais ça filtre les trucs indésirables.

Malgré tout, je ne garde jamais mes protections très longtemps: avec le temps, elles peuvent devenir inefficaces , comme certains talismans à base de plantes qui ont fait leur temps, ou tout simplement parce que je n’ai pas envie d’être protégée: c’est comme les plantes que tu fais pousser en extérieur: si tu les surprotèges, que tu leur mets en permanence engrais, pesticides, que tu les cultives en serres en conditions stables, elles vont devenir faibles et vulnérables au plus petit changement; alors que si elles sont exposées à des conditions difficiles, elles vont devoir s’adapter , évoluer,  réagir aux évènements extérieurs et devoir s’associer avec d’autres plantes pour former un écosystème, trouver de nouvelles solutions pour s’adapter aux insectes et maladies…c’est comme de vouloir garder un enfant dans une bulle de plastique pour lui éviter d’être contaminé par les germes: c’est la meilleure solution pour qu’il tombe malade ; et très gravement, alors que si tu l’habitues a se confronter a des bactéries et germes dès son plus jeune âge, le système immunitaire apprend à se défendre et devient plus solide. Au niveau énergétique, chez moi, ça s’exprime par une tendance à « brûler » lorsque je commence a accumuler trop d’énergies négatives ou que je me retrouve à proximité d’un truc pas cool. Plutôt que de me protéger, je laisse les choses faire et j’absorbe, puis je purifie avec le feu. J’aime bien cette fonction de nettoyage, plutôt que de rejeter en bloc ce qui me dérange, j’ai envie de transformer les énergies pas cool en truc un peu plus sympa. Ca demande une bonne grosse dépense d’énergie, mais vu que j’en ai à revendre, j’avoue que cette fonction d’éboueur pyromane de l’énergie me convient plutôt bien! J’utilise un peu tout ce qui se trouve a ma disposition: mon énergie perso, ou un cercle de bougies au centre duquel je m’asseois, l’énergie du soleil, le mantra de Durga ou celui d’Agni, la danse, ou la musique.

tumblr_static_tumblr_mp1plywrqg1qaiz7oo1_500

J’aimerais bien être aussi classe que ça mais je serais plus proche de Neville Londubas dans les premiers tomes d’Harry Potter, n’en déplaise à Georges Abitbol, l’homme le plus classe du monde.

Bien sur, certains sont plus fragiles que d’autres: il existe des gens naturellement plus vulnérables aux énergies qui les entourent, qui auront besoin de filtres beaucoup plus puissants que des gens qui ne ressentent pas grand chose, ou possèdent naturellement une énergie qui les protège de ce qui se passe tout autour. Mais être plus vulnérable amène à une plus grande conscience de tout ce qui se passe autour, et malgré les difficultés que cela entraîne, le jeu en vaut la chandelle!

Publicités

Une réflexion sur “Se protéger: qui, quand , pourquoi, comment?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s