You know nothing John Snow (ou la vertu de l’ignorance )

    Les livres proposent à nos coeurs

De ne rien faire

Et ainsi, rien n’est laissé inachevé.

Tout le monde est occupé à aller de l’avant

Mais à cause de ca ils ont la tête ailleurs,

Nos esprits sont vides, sérieux et étranges.

Nous sommes conscients que rechercher le succès à tout prix est une absurdité.

Le mieux est d’être tout simplement vide.

Bon voila. J’ai envie de gueuler. Et puis de balancer des coups de pieds dans la fourmillière. Oui ca m’arrive assez souvent, j’ai depuis toute petite des phases comme ça, ou tu te sens comme obligée de faire « le ménage ». Autant au niveau spirituel que physique. Sortir toutes les saloperies de ton placard mental comme tout ce qui se traîne dans la penderie de ta chambre, et balancer tout ce qui est obsolète.

Faire le point. Le point? C’est moi ce point. Point sur une feuille blanche, comme un grain de sable perdu au fond d’une chaussure. Qu’est ce qui fait de moi ce grain de sable? Qu’est ce qui me sépare des milliers d’autres grains de sables, en quoi suis-je si particulière? Qu’est ce qui me défini comme moi? Mes émotions, si fluctuantes? Dans ce cas là le « moi » est aussi changeant que ne peut l’être le temps irlandais. Mes croyances? Mes principes? Ne sont ils pas que la somme de l’environnement dans lequel j’ai grandit, de mes rencontres, mes expériences, les gens qui m’entourent? Si j’enlève tout ca, que reste-t-il?

Etre Vide. Le paradoxe de la non-dualité.

Ces deux phrases me tournaient incessamment dans la tête depuis quelques jours. Depuis quelques mois, ou années peut être. Mais ça n’est que maintenant qu’elles ont réussit à se frayer un chemin jusqu’à ma conscience. Comme s’il s’agissait d’une injonction, venue…De Moi? Des esprits? De l’Univers? Aucune idée. Mais je sais qu’il s’agit d’une expérience à tenter.

Peut être ai-je été influencée par des amies qui sont en pleine phase minimalisme/zero déchet. La vertu d’une telle austerité? Enlever les couches. Se débarasser de cette carapace qu’on accumule toute notre vie et qui nous « fige ». Pourquoi joue-t-on les escargot? Peut être parce qu’on a juste peur du vide. On a peur d’être face avec nous mêmes , et avec ce qui se cache derrière. Alors on fait des trucs. On lit, on parle, on travaille, on écoute de la musique, on jardine. Mais qu’est ce qui se passe si on essaye de faire le silence en nous?

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Makoto Yukimura, Planètes(je l’ai dejà posté dans le coin BD)

On a peur d’être perdu. Seul. Cette carapace, tous nos objets, objets de rituel, livres, vêtements, maquillages, maison, tout cela nous sert aussi à tenir à distance tout ce qu’on a pas envie de regarder, ou d’écouter. Les voix du passé. Tout ce dont on a honte.Ce qu’on ne laisse pas couler. Nos peurs, nos regrets, nos passions, les voix qui nous crient de faire autrement. Cela nous rassure que d’avoir l’impression d’appartenir à un groupe via ces objets, partagés par d’autres dans la communauté.

Mais essayons. Rien qu’un instant. Faire le tri. Se debarrasser de toutes les vieilles fringues, chaussures, vêtements, vieux papiers, chargeurs, photos, se confronter à ces pièces qui portent des évènements joyeux, ou tristes, de nous mêmes. Est ce que ca nous correspond encore? Ou est ce que ca nous empêche de changer , parce que nous éspèrons nous raccrocher à quelque chose de stable, quelque chose sur quoi on peut compter, quelque chose qui nous rassure sur le fait qu’on existe, que « ça c’est bien moi »?

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Oui mais. Souvent, beaucoup d’objets peuvent être des chaines. Ce « moi  » auquel vous vous rattachez, est ce celui que les autres veulent que vous soyez, celui que la société veut que vous soyez? Ce que vous essayez d’être dans une volonté maladive de vous intégrer?

Faire le vide permet de voir ce à quoi nous attachons VERITABLEMENT de l’importance. Car vous m’objecterez, si tout ce que nous sommes n’est qu’une masse d’émotions fluctuantes et de souvenirs ou expériences, ressentis et relations, il n’y a pas de Moi Fixe. Juste l’égo qui s’énerve quand on le titille un peu trop. L’égo, c’est juste la manière dont on se compare en permanence avec les autres. Je sais pas si vous avez remarqué, mais on fait ca tout le temps. Tu arrives dans une pièce, tu ne peux pas t’empecher de penser « ah , je suis plus jolie que, ou moins jolie que… » Au taff « je suis plus compétente que, ou moins compétente que », « je suis mieux fringuée », « je suis une merde par rapport à… » « je suis moins courageuse que »… Et c’est ca, selon Krishnamurti (un vieil indien, il y a une super conf de lui sur le fait de souffrir et faire souffrir autrui par ici ) qui mène à la souffrance. La comparaison entraine une souffrance psychologique. Tu souffres parce que quelqu’un a dit une saloperie sur ton compte. Parce que tu as une image de toi même, et tu as une image de ce que les gens projettent sur toi. Et que cette image est soit « au dessus de » soit « en dessous de » …tes propres standards, de ce que tu voudrais être. Tu juges. Quand tu juges , tu compares, automatiquement. « ah, ca c’est bien, ca c’est mal ».Juger les actes mauvais d’autrui te permet d’expulser un certain sentiment de culpabilité. « Ah mais non, MOI AU MOINS je ne ferais jamais une chose pareille »! Tu te dédouannes de la possibilité de commettre tel ou tel acte.

Bon. Admettons que le problème soit notre égo. Il suffirait juste de s’en débarasser non? Mais comment? ET qu’est ce qui se passerait sans égo?

Quelque part, aussi nul et limité qu’il puisse paraître, on a besoin de l’égo. Ne serais- ce pour communiquer avec autrui. On a besoin de savoir ce qui defini le « moi » , on a besoin d’avoir conscience de soi même et de ses actes. Mais se definir en revient à se comparer à autrui, toujours et encore . On tourne en rond.

Oui mais? On est condamnés à faire le loup en cage alors?

Selon Alan Watt (un gars incroyable qui a été un des premiers à transmettre la philosophie Zen et bouddiste à l’occident, ses conférences sont extraordinaires), qui à lui même repris les principes de Carl Jung , il faut apprendre à écouter le Moi. Le Haut Moi, celui qui est plus large que l’égo. Cette petit voix , cet instinct, qui nous lie au tout et nous donne comme une « fonction » parmi ce grand flux de toutes les vies. Cette chose qu’on est sensé posséder dès la naissance et qui forme l’axe principal, notre lien entre terre et ciel. Et pour l’écouter, il faut apprendre à faire le silence en nous.

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Tu la sens la zenitude?
Facile à dire. Mais comment on s’y prend?

En essayant de remonter le flux des pensées. Ne surtout pas essayer de bloquer les pensées, ca ne fait qu’aggraver la chose. Se laisser couler. Ecouter. S’écouter soi même. Ecouter notre propre souffrance, tout ce qui fait comme des « noeuds » en nous. Etre attentif à tout le monde qui nous entoure. Aux gens, à la lumière, à notre nourriture. Ne pas être concentré sur une seule chose, mais s’ouvrir et accepter tout ce qui arrive. Accepter de baisser les barrières et de laisser couler toute l’eau en nous. Ca ne se fait pas en un jour. Moi même j’en suis tres loin. Je vogue. Je prends conscience de certaines choses et de cette petite voix en moi, jours après jours. Je prends conscience que lorsque j’écoute la souffrance, ou la joie d’autrui, elle résonne avec moi. Et que lorsque je la laisse résonner, elle s’écoule et permet à l’esprit et au corps de se soigner.

Le problème est toujours le meme: ce sont les blocages: blocages psychologiques, matériels, qui viennent de notre vécu, ou certains diront, de notre karma. De nos ancêtres. C’est effrayant de laisser ces blocages couler. Qu’est ce qu’on deviendra sans eux? Beaucoup ne sont pas prêts à tenter l’expérience. Leur souffrance est, ce qu’ils pensent , ce qui les définit. Sans cette souffrance, ils ne seront plus eux mêmes. Je préfère penser que sans la souffrance on est plus apte à être ce que l’on est vraiment, et pas ce que les évènements ont imposés en nous comme chaînes.

Quelle importance y a-t-il dans le fait de poser la question de la joie si je suis en train de souffrir? Puis-je comprendre la souffrance? C’est mon propre problème, le fait de ne pas être heureux. Je suis heureux lorsque je ne suis pas en train de souffrir, mais à partir du moment ou j’en suis conscient, ça n’est plus du bonheur. Du coup, je me dois de comprendre ce qu’est la souffrance. Puis-je comprendre ce qu’est la souffrance alors qu’une partie de mon esprit est tendue dans la poursuite désespérée du bonheur, recherchant un moyen de sortir de cette souffrance? Ne dois-je ainsi donc pas, si je veux comprendre la souffrance, être totalement Un avec elle, ne pas la rejeter, ne pas la justifier, ne pas la condamner, ne pas la comparer, mais juste être avec elle et la comprendre?

La vérité est simplement que le bonheur viendra si je comprends comment écouter. Je dois apprendre à écouter la souffrance; si j’apprends à écouter la souffrance j’apprends à écouter la joie, parce c’est ce que je suis.

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Jiddu Krishnamurti
Et la mort. Parlons en de la mort. Je crois que ce la société d’aujourd’hui en a fait est ce qui m’énerve le plus. On a tué la mort. Et du coup, on a tué la vie aussi. En la gardant le plus loin possible de nous, en l’enfermant dans des hopitaux, des steaks sous cellophanes, en gardant à distance tout ce qui rappelle la décomposition, la moisissure, les odeurs… Des légumes , un corps qui se décompose, ca shlingue. Et beaucoup. Mais c’est un processus nécessaire pour générer de l’humus, la vie de la terre. Ce qui va te permettre de faire pousser tes légumes et va te permettre de manger. On essaye de garder toute bactérie à distance. Mais le corps humain est constitué de 10 bacterie pour une cellule de tissus humain: toutes celles qui sont dans notre tube digestif sont essentielles pour digérer (d’ailleurs beaucoup de maladies immunitaires, cystites et problèmes de digestion viennent du fait que toutes ces bactéries sont extrêmement affaiblies par les traitements, l’asseptisation de la nourriture, le manque de variété et de Vie dans ce qu’on mange, le manque de fraicheur–bouffe de la terre mec, c’est bon pour ton colon–et je ne rigole même pas), nous en avons tout autant sur notre peau, qui nous protègent de l’éxterieur. Oui, ca fait peur, la mort. Mais là encore, c’est quoi mourir? Le grand saut? Et les problématiques de Karma, de réincarnation? On en fait quoi?

Ca serait très long d’en discuter en détail ici. Et je pense sincèrement que tout est une affaire de croyances et de projections; comme si chacun de nous était une facette d’un gigantesque diamant, qui reflétait une partie differente du monde; ce reflet est une interprétation de ce grand tout, et pourtant, elle est légèrement biaisée. Et heureusement. Car ces différences de réflections entraînent des polarités, des conflits, des frictions, des tensions. Qui génèrent de l’énergie par leurs ondulations . Noir-Blanc. Homme Femme. Lumière Obscurité. Bien Mal.  Deprimé Joyeux. Crête creux.

Comme une vague.

Je me suis reveillée il y a deux jours avec une vision étrange: Deux vagues, parfaitement symétriques, prêtes à s’écraser l’une contre l’autre. Avec quelqu’un au milieu. Et la sensation que si je comprenais ce qui se passait à l’instant même ou les deux vagues se rencontrent , je saisirais quelque chose d’important.

Mais pour l’heure, je suis toujours aussi ignorante. Je m’efforce de le rester, pour ne pas tomber dans le dogmatisme, ni tenter d’imposer ma propre vision des choses à l’autre. J’essaye de déconstruire ce filtre qui est posé juste devant mes sens. C’est long. C’est passionnant. C’est une évolution et une quête de tous les instants.

Tu est prêt à mourir uniquement si tu comprends le principe de la vague. Si tu comprends que tu es la Vague dans son ensemble; les creux, et les crêtes: tu es tout autant l’espace noir qui se trouve juste après la Mort, que la lumière dans la caverne que nous appellons vie.

Alan Watts

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