Traité de guérilla verte à l’usage des sorcie(è)r(e)s en herbe

bombeafissures.jpg.pagespeed.ce.jFyraN7iuF

Avez vous déja entendu parler du Guérilla Guardening? C’est un mouvement activiste écologiste, originalement créé par Liz Chrystie en 1973 à New York , et dont l’objectif était de convertir un lotissement abandonné de Manhattan en jardin collectif. C’est un mouvement qui prône la réappropriation de terrains dans un intérêt commun, une transformation du paysage urbain (et autre!) , des actions en faveur de la biodiversité . Les Guérilla Guardeners sont pacifistes, et prônent une révolution des moeurs en semant tout aussi bien dans les consciences que dans tout terrain propice au retour en force tranquille du végétal: fissures, terrains vagues, murs, trotoirs… Ce mouvement a essainé partout dans le monde, et la France n’est pas en reste grâce au Guérilla Guardening France, leur approche est tout aussi sensible que politique, jugez plutôt:

Nos actions sont une forme d’art urbain qui a pour objectif bien plus que celui de faire joli. Il nous permet de faire passer un message, de questionner les passants, d’expérimenter des formes de communication diverses. L’incroyable diversité d’actions possible grâce au végétal permet à chacun de s’exprimer comme il le souhaite. Nous militons pour un retour au concret, au sensible (touché, vue, odorat, gout, ouïe…), l’utilisation du corps, d’une gestuelle, de la matière vivante ou organique, à utilisation des mains, des outils, des plantes et leur diversité de formes et de couleurs.  La guérilla jardinière est un laboratoire d’idées concrètes explorant les limites de l’art des jardins. La « gratuité » de l’acte artistique semble primordiale pour permettre une liberté d’expression, pour accepter de se mettre dans une autre temporalité : celle des saisons et du temps qui passe.

Nos médiums sont des terres, du compost, des graines, des plantes, des boutures, de la mousse avec comme cadre de l’eau, du soleil, du temps. Comme support le milieu urbain – délaissés , toits, trottoirs, fissures, murs, limite de jardin privatifs etc …

On pourrait remonter jusqu’au XVème siècle pour trouver l’origine du guérilla guardening, avec les actions des « Diggers » tels que Gerrard Winstanley et William Everard qui luttèrent contre l’enclosure ( l’appropriations  des terrains collectifs cultivés par de grands groupes qui mirent en place des taxes, une agriculture à grande échelle qui fut les prémisce du capitalisme) . L’enclosure enlevait aux petits fermiers jusqu’ici indépendants la possibilité de vivre du glanage, de mettre de côté pour faire commerce des récoltes en trop et surtout de disposer entièrement de leurs propres ressources. Elle a été à l’origine de la migration de beaucoup de fermiers vers la villes, qui ne pouvaient plus assurer leur subsistance. (c’est très bien expliqué dans le super bouquin Caliban et la Sorcière de Silvia Frederici, une paienne activiste (et féministe, mais c’est une autre histoire et je ne veux pas aborder cette problématique par ici, dans le sens ou je ne veux pas militer uniquement pour le droit des femmes, mais surtout et simplement pour le droit de la terre, des Hommes et du vivant en général) )

Bref! Devenir un guérilleros en herbe, c’est essayer, à sa façon et par plein de petites actions, de changer le monde à son niveau. Je ne crois pas en les grandes batailles érigées contre les grandes institutions pétrolières ou agroalimentaire comme Monsanto, je ne vois pas comment concrètement se battre contre l’arrivée au pouvoir de  tout un tas d’horreurs, je ne vois pas comment m’opposer aux lois totalement abberrantes comme le traité transatlantique ou ce catalogue de semences qui est une limitation insensée de l’expansion de la biodiversité.

Non. Je crois en la révolution de l’homme par l’intérieur, en le pouvoir de se changer soit même pour que le rayonnement se propage dans notre entourage , je crois en les consciences qui s’aiguisent et qui ne demandent qu’à adhérer à des micros mouvements et à toutes ces alternatives qui fleurissent en ce moment tels que les jardins partagés urbains, l’association de pierre rabhi Les Colibris , l’association Graines de troc qui permet de revendre sous le manteau n’importe quelle semence déloppée dans son jardin sans se préoccuper de ce satané catalogue ou encore Kokopelli , qui s’est d’ailleurs prise pas mal d’amendes pour avoir revendu des semences non répertoriées, mais qui tient bon envers et contre tout.

D’ailleurs leurs graines sont super, j’ai planté un mélange « engrais vert » ( ça nettoie et revitalise le sol, apporte de la matière organique pour l’année suivante) dans le jardin de mes parents avant de partir , regardez moi comme c’est beau! (il parait qu’il y a plein d’abeilles dedans, je suis happy 😀 )

unnamed

eofjperfd

Et puis voila petite armoise plantée à l’entrée du jardin, qui j’espère deviendra grande. Je l’ai plantée là pour qu’elle serve de protectrice au jardin et à ses habitants.

Il me semble très important aujourd’hui de suivre de près toutes ces initiatives d’indépendance énergétique, la reprise du commerce à très petite échelle , privilégier l’artisanat (pour ça que j’adore les boutiques éso ou les petits stands aux events avec des gens qui fabriquent leurs onguents, leurs savons, shampoings, bougies ou pain eux même, ça possède un cachet et une énergie bien particulière) . Se poser comme sorcière, c’est petit à petit apprendre a se réancrer dans le monde, c’est renouer entre l’humain et la nature. Et dès que ce processus est enclenché, on devient de plus en plus sensible à tout ce qui nous entoure. On ne peut pas continuer à cautionner le gâchis, la pollution des eaux et de l’environnement, dans le sens où ce qui affecte l’environnement nous affecte nous. Faire des petits efforts tous les jours, comme essayer de réduire nos déchets, passer avec un petit sac poubelle dans un endroit un peu crado pour faire un peu de toilette à dame nature, utiliser des produits de nettoyage non agressifs pour l’environnement ( vinaigre blanc, savon de marseille, bicarbonate et j’en passe) , acheter des fruits et légumes de saison… Tout ça, c’est donner . On ne faisait jusqu’ici que prendre et consommer, il nous faut maintenant donner pour équilibrer la balance.

Depuis que j’ai déménagé, je me suis mise très sérieusement à la cuisine.

url

Bon, pas exactement celle là mais ça s’en rapproche. Cuisiner, c’est une véritable alchimie, dont la pierre philosophale se trouve dans votre estomac une fois la transformation opérée. Quand tu cuisines, tu ajoutes ton énergie à l’énergie présente de base dans tes aliments, tu créée et tu confectionnes quelque chose d’équilibré: c’est le rôle des aromates (j’essaye d’utiliser de plus en plus de plantes fraiches) , des condiments. Lorsque ton palais te dis « mais c’est bon ça! » , c’est tout simplement un indicateur d’équilibre dans ton plat. Sucré et salé, amer et acide… mais aussi  toutes les senteurs et aromes , textures, couleurs de tes aliments créent un tableau olfactif, gustatif et visuel (j’ai pas encore entendu mon riz chanter, ça viendra ptêt) , dont non seulement toi tu te régales, mais aussi les esprits du coin. Et oui. Bizarrement, la cuisine dans laquelle je passe beaucoup de temps est la pièce de la maison dans laquelle les énergies sont les plus agréables; il y a une petite baie vitrée qui donne sur un tout petit jardin en friche dans lequel j’ai mis quelques pots de plantes aromatiques (catmint, ciboulette, sauge, camomilles achetées sur le marché à une petite grand mère qui faisait tout pousser chez elle, le persil et le basilic que j’ai acheté en supermarché sont mort au bout de deux semaines, ils ont pas supporté les conditions extérieures, et je n’avais pas envie de les garder à l’intérieur) .

Je n’oublie pas de lancer un petit bout de pain chaque fois que j’en fabrique un dans le jardin, pour les oiseaux et les esprits du lieu. J’aime pétrir la pate pendant longtemps, c’est relaxant, tu la sens gonfler sous tes doigts, devenir plus élastique, se transformer sous l’action de la levure et de l’eau.

Le problème dans la plupart des aliments qu’on achète aujourd’hui, c’est qu’ils n’ont plus d’énergie, c’est une des raisons pour lesquelles je bascule doucement dans l’alimentation sauvage. Les légumes cultivés (du moins ceux industriellement, et même les légumes bio souvent), c’est prouvé, ont deux fois moins de nutriments que les légumes sauvages. Et même quand tu fais ton jardin, sauf si c’est de la permaculture, ils sont souvent moins énergétiques. Pourquoi? Parce qu’on les force à pousser là. La vie appelle la vie; et par exemple lorsque tu ne cultives que des carottes, elles n’auront pas le privilège de profiter de telle ou telle plante qui pousse à proximité et qui va repousser telle ou telle limace ou mouche, ou qui va lui apporter de la matière organique nécessaire à son épanouissement: les végétaux, comme le restant du vivant, ont besoin de tisser une toile les uns avec les autres pour pouvoir grandir et exprimer tout leur potentiel; certains ont besoin de certaines conditions, plus sèches, humides, argileuses ou rocailleuses, froid ou chaudes, et toute cette différence entraîne une répartition homogène au sein de tout l’habitat disponible. Le corps sait ce qui est bon pour lui, mais lorsqu’on le « coupe » d’aliments naturels, en le saturant de trucs déja cuisinés par exemple, il y cherche l’énergie, ne la trouve pas, en redemande. Et on mange sans trop savoir pourquoi.

Voilà pour aujourd’hui! J’ai découvert quelques nouvelles plantes sauvages dont je vous parlerais la prochaines fois (toutes testées et mangées par ma personne évidemment 😉 : la Patience sauvage ( Rumex obtucifolius, de la famille de l’oseille), le tilleul, le Gaillet Gratteron et la ronce.

A la prochaine, les sorciers en herbe!

mesclun-de-plantes-sauvages

Allez. Pour vous donner envie de vous mettre au vert.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s