Une virée au japon

Le voici le voilàààà vous l’aviez rêvé L’ARTICLE SUR LE JAPON ( On se calme. Doucement. Ca va aller. Pas d’hyperventilation )

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Je vous écris d’une petite auberge de jeunesse à Hokkaido, il fait un peu trop froid dehors et c’est un peu trop cosy à l’intérieur, alors je me laisse aller au geekage.

Mais venons en au fait. Comment en suis-je arrivée là?

L’envie de partir. Cette cloche qui sonne dans ta tête et qui te dit « hola, maintenant tu t’es bien reposée ma vieille, il va falloir que tu t’actives un peu et que tu ailles découvrir le vaste monde! » Des amis à voir. Des mises au point nécessaire comme seules peuvent le faire les voyages, lorsqu’on a le temps de cogiter seul , sans les accroches famillières d’un cocon protecteur, lorsque tout s’effiloche autour de soi, qu’on ne se reconnaît plus dans nos propres pas, que le fil de notre moi se déroule pour ne laisser que le noyau à nu. Que tes certitudes sont laissées chez toi, en compagnie de ton matos, tes pierres, ton sel, ton tarot.

Ca m’a posé pas mal de problèmes, se demander ce qu’est une sorcière en voyage. Que garde-t-on? Comment honorer nos dieux lorsqu’on est toujours sur le départ ? Est ce que cela a du sens de les honorer dans un lieu ou ils ne sont pas forcément chez eux, eux non plus? (je pense en particulier aux Landsvaettir, les esprits du lieux, je pense pas que ça serve a grand chose de leur faire des offrandes en dehors de leur « périmètre  » si j’ose dire)

J’ai fait le tri. Je me suis aidée de mes runes. Ok, les runes je les garde. Tarot? Non. Sel, bougies? Je pourrais en acheter la bas si besoin. Pierre? Ok la encore, un tri.  J’essaye de garder à l’esprit le côté pratique, et le fait qu’il va falloir s’adapter et faire avec ce qu’il y a là bas. Les codes, les objets sacrés, tout ce langage qu’on a pu tisser dans l’environnement qui est le notre se doit d’être détricoté puis réappris, réintégré.

Je pense que le premier truc à garder à l’esprit quand on voyage, c’est qu’on est pas chez soi. (CAPITAINE OBVIOUS ME VOICI) Et par là, c’est comme quand on est invité chez quelqu’un, c’est a nous de respecter les coutumes d’autrui et de ne pas chercher à les imposer à autrui. Quand tu te pointes sur le territoire des Kamis japonais, tu les salues. Tu les respecte. Un vers du Havamal (les dits d’Odin) me reviens justement à l’esprit:

Un invité se doit d’être courtois

Lorsqu’il arrive à table

Et s’asseoir dans le silence,

Les oreilles attentives,

Ainsi s’acquière l’attitude la plus avisée.

Ou encore

Un voyageur ne peut transporter

Meilleur équipement que le bon sens,

Meilleur encore que des richesses pour un misérable,

Ainsi loin de sa propre halle.

Le bon sens. Cette petite voix qui nous dit « non, ne fais pas ça…ah! Tu l’a fait, ah bah tant pis, je te laisse te planter now ». Le fait de respecter l’espace d’autrui, de prendre un temps pour observer, ingérer les codes et garder la bonne distance avec autrui, esprits ou homme. J’ai l’impression que c’est quelque chose qui se retrouve en pratiquant, en s’écoutant, par l’expérience. Connection avec le chakra racine comme qui dirait, ou plutôt comme si , instinctivement, on puisait dans cette espèce de source infinie, cette caverne de connaissances disponible pour qui sait la trouver , et qui nous aide à « vivre ensemble ».

Je suis revenue à un quartier de Tokyo où j’avais habité pendant plus d’un mois. Il y avait là bas un petit temple ou j’avais pris l’habitude de me recueillir, bien avant la Wicca. J’adorais l’autel des Kitsune, les esprits renards, messager d’Inari. Premier réflexe après avoir posé mon sac, encore marinant dans mon jus après les 20h de vol avec escale et la nuit blanche, je vais au temple.

Sur le chemin, je sens soudain des picotements, comme un sas. Et puis comme une bouffée de chaleur de bienvenue. Oui, je suis contente aussi de vous voir.

Shrine water basin, Japan

Je me purifie les mains à l’entrée avec l’eau sacrée. Prendre le bac de la main droite, verser l’eau sur la gauche, changer de main, purifier la droite, porter un peu d’eau à sa bouche sans la boire, puis rincer la poignée avant de le replacer. J’en profite pour purifier mes bracelets, complètement saturés après le trajet. Et puis je vais saluer les kitsune au temple. Je laisse toute ma fatigue, mes doutes, mon stress, ma peur glisser , je laisse l’énergie du temple saturer tout mon être jusqu’en être rassasiée par tous les pores.

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Le japon est vraiment un pays ou le sacré à gardé jalousement la part du Lion. Tokyo est une ville extrêmement aérée par rapport à Paris, tu peux te retrouver sur les carrefours submergés de marée humaine, d’enseignes lumineuses qui tapissent les murs des gratte-ciel sans fin, et deux rues plus tard, tomber sur un temple , ilôt de calme poussant comme par miracle dans l’enfer urbain. Ou tomber au détour d’une rue sur des boutiques fantastiques, comme la merveilleuse Darwin room , mon repaire autoattitré , dans le district de shimokitazawa:

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J’ai compris pas mal de choses en continuant mon voyage. Même si la spiritualité japonaise est très différente de l’ensemble des croyances néo-paiennes, j’y ai retrouvé des connections– l’utilisation de l’encens, l’eau purificatrice, l’espace sacré (formé par les Torii, les portes rouges–il est dit qu’ un Kami vit dans cet espace, c’est pourquoi il faut éviter de marcher sur la ligne formée par la porte) , les offrandes…Tout ce qu’on peut ressentir pysiquement ici.Tous ces espaces sont vivants, entretenus depuis parfois des centaines d’années, respectés; c’est quelque chose qui nous manque aujourd’hui en france, ou les lieux paiens sont soit tombés en désuétude, soit reformés tant bien que mal par nos efforts. L’autel perso est important, certes, mais il fait pâle figure à côté de ces monuments. Pan dans ta tronche, petite paienne .

J’ai aussi trouvé un truc pour finir un projet que j’avais en France, et que j’ai compris en regardant les Onamoris, les petits paquets qu’on vend aux temples, et qui renferment des trucs divers et variés. Je voulais, avant de partir, me fabriquer un petit charme, une sorte de petit sachet en tissus brodé d’un symbole, rempli de plantes séchées et cousu pour qu’on ne puisse plus l’ouvrir. Mais quelque chose ne fonctionnait pas. Et j’ai trouvé ce qui fallait rajouter: le noeud.

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Et oui. Un noeud. Qui scelle le charme.

Je garde ça dans un coin de ma tête pour le mettre en application plus tard et perfectionner le shmilblick, je vous montrerais!

En attendant je continue mes peregrinations à Hokkaido, cela s’annonce…étrange, mais on verra bien.

Léchouilles de Kitsune, et une petite chanson en prime

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